The Symbol Remains

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17/20
Nom du groupe Blue Öyster Cult
Nom de l'album The Symbol Remains
Type Album
Date de parution 09 Octobre 2020
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album38

Tracklist

1.
 That Was Me
 03:18
2.
 Box in My Head
 03:45
3.
 Tainted Blood
 04:17
4.
 Nightmare Epiphany
 05:30
5.
 Edge of the World
 04:52
6.
 The Machine
 04:14
7.
 Train True (Lennie's Song)
 03:57
8.
 The Return of St. Cecilia
 04:12
9.
 Stand and Fight
 04:48
10.
 Florida Man
 04:08
11.
 The Alchemist
 06:00
12.
 Secret Road
 05:24
13.
 There’s a Crime
 03:37
14.
 Fight
 03:12

Durée totale : 01:01:14

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Blue Öyster Cult


Chronique @ Hibernatus

06 Novembre 2020

ça valait le coup d'attendre 19 ans

Le retour annoncé d'une légende plonge toujours le fan dans une attitude ambivalente, où l’enthousiasme le dispute à l'angoisse. Combien combien d'anciennes stars ont raté un come back trop tardif, ayant asséché toute inspiration et affichant une trop déclinante technique ? Blue Öyster Cult, pionnier du Hard Rock américain, est actuellement le doyen des dinosaures du Metal. L’essentiel de leur discographie date des années 70 et 80, seuls deux albums studio, par ailleurs assez bons, étant millésimés 1998 et 2001. Vont-ils se montrer à la hauteur de l'ambitieux titre de leur nouvelle cuvée, « The Symbol Remains », et de sa présomptueuse livrée, où le chaotique logo du groupe tombe du ciel façon marteau-pilon ? Vingt ans après (ou presque), sauront-ils, comme les mousquetaires d'Alexandre Dumas, brandir une rapière aussi acérée qu'en leurs vertes années ?

Homme de peu de foi ! Mais bien sûr qu'ils l'ont fait ! Pour oser douter de la Secte de Long Island, je vais me flageller au knout armé de coquilles d’huîtres. L’inattendu retour de BÖC est remarquable, avec une heure de musique, 14 titres et que du bonheur.

Ne subsistent du combo originel que les inoxydables Eric Bloom et Donald « Buck Dharma » Roeser, les frères Bouchard ayant depuis longtemps quitté le groupe, ainsi qu'Alan Lanier, décédé en 2013. Pour autant, leurs remplaçants ne sont pas des nouveaux venus, ils ont largement tourné ou enregistrés avec BÖC et sont imprégnés de l'esprit du Cult ; Danny Miranda (basse) et Jules Radino (batterie) forment une section rythmique efficace et subtile, assurément plus moderne et moins exubérante que Joe et Albert Bouchard, mais parfaitement à leur place, assurant pleinement la partie vocale complémentaire requise chez tout prêtre de l’Huître. Pour sa part, Richie Castellano (clavier, guitare, chant) délivre une prestation vocale parfaite sur les trois titres qu'il interprète en lead : peut-être un peu trop policé sur Tainted Blood, avec The Machine et The Return of St Cecilia, il sait incorporer cet indispensable aspect grinçant et décalé qu'exigent les lignes vocales du BÖC.

Puisqu'on parle de voix, relevons l'excellente performance des papys Eric et Buck. Leur registre est certes moins exigeant que celui d'un Rob Halford, mais on ne sent vraiment pas leur 70 ans bien cognés. Seuls 5 titres sont interprétés par mon chanteur préféré du Cult, Eric Bloom, et sa gouaille chargée d'acidité n'a pas pris une ride. Avec 6 chansons, Buck se taille la part du lion. Si dans le passé j'ai parfois trouvé sa voix un peu trop lisse, force m'est de convenir qu'il est ici impeccable, assurant à la perfection deux des fleurons de l'album : le blues-rock au majestueux raffinement de Florida Man et Fight, le dernier titre sur lequel je reviendrai. Ajoutons la belle maîtrise des chœurs, un must chez BÖC mais ce n'a pas toujours été le cas (« Mirrors ») ; placés en contrepoint ou renforçant le propos, ils sont toujours parfaits de justesse et d'à-propos.

Les premiers commentaires que j'ai lus évoquent l'aspect historique de « The Symbol Remains », comme si BÖC avait voulu brosser le fan dans le sens du poil en retraçant toute sa carrière. Un brin réducteur mais pas complètement faux. Ainsi, The Return of St Cecilia fait sciemment référence au vieux titre St Cecilia de « St Cecilia : the Elektra Recordings » publié en 2001 mais enregistré en 1969 et 70, au temps où BÖC s'appelait Stalk Forrest Group. On n'y retrouve pas le psychédélisme très typé Doors du morceau d'origine, mais la rythmique enflammée, la verve pleine d'entrain et de chaleur nous ramène au Hard Rock natif du groupe : chanté et signé par Castellano, il n'aurait pourtant pas déparé dans un « Tyranny and Mutation ».

That Was Me et There's a Crime évoquent le Hard/Heavy des early 80', agressif et teigneux pour le premier, plus rond et mélodieux pour le second. Magnifiquement chanté par Buck, le low tempo Secret Road, plein d'élégance et chargé de mystère, nous renvoie quant à lui à la seconde moitié des 70'. BÖC a fait aussi pas mal d'incursions dans le Hard FM, pleinement réussies dans « The Revolution by Night », beaucoup moins dans « Club Ninja ». Aimable et caressant, Box in my Head remplit bien les critères du genre, tandis que Tainted Blood nous rappelle opportunément que le Cult est un artiste dans le style de la ballade ; si l'on reste fort loin d'Astronomica, ce titre est joliment troussé. À défaut d'être mémorable, il s'écoute sans déplaisir.

On ne conçoit pas un disque de BÖC sans titre borderline, étonnant, prenant ses distances avec le Metal : on n'en manque pas ici. Je ne pense pas au bref passage Reggae de That Was Me, qui surprend sans casser le rythme (au reste, on avait eu déjà une petite touche Reggae dans « The Curse of the Hidden Mirror »), mais à des titres entiers franchement Rock'n Roll ou Blues-Rock : le boogie endiablé de Train True (Lenny's Song)) ; le très balancé The Machine, impossible à écouter immobile (mais au diable son importune intro à base de bruit de smartphone) ; l'envoûtant, captivant, profond Florida Man (coup de cœur de votre serviteur). Beaucoup plus Pop, le sautillant Nightmare Epiphany est épicé par la voix de Bloom. Il gagne en profondeur au fil des écoutes, avec des lyrics plus sombres que ce que la musique laisse imaginer, un procédé typique du groupe.

Ce côté clair-obscur est à l'honneur dans Edge of the World, un low tempo un brin menaçant, lead vocals hargneux (Bloom) et chœurs émollients, très BÖCien dans l'expression. Et BÖCien jusqu'à la caricature avec le puissant The Alchemist, encore mené par Bloom. On songe à Veteran of the Psychic Wars, en dépit des différences de structure : on est dans le mid tempo, pas dans le lourdissime, et la partie instrumentale s'envole quand l'interminable et somptueux solo de VotPW reste englué dans l'implacable rythmique du morceau. Pourtant, on en retrouve l'intensité dramatique, en plus théâtral et moins intériorisé, le même sens épique. Et puisqu'on parle d'épopée, que diable penser du guerrier Stand and Fight, où la Secte marche sur les traces de Manowar ? Instrumentation épurée, voix pleine de défi (Bloom toujours), chœurs emphatiques, BÖC ne nous avait pas habitué à ça. Pas le meilleur titre, mais mon nez s'allongerait façon Pinocchio si j'osais prétendre ne pas bicher à son écoute.

Et en conclusion de l'album, ce titre de 3'12 (qu'on aurait pu abréger des quelques secondes de machine à coudre de l'intro), brillante illustration du dandysme raffiné de BÖC : Fight. Un morceau qui claudique entre le Hard et le Rock, obsédante évocation de Thin Lizzy ! BÖC et Lizzy, je n'y avais jamais songé, partagent une semblable alacrité troublée d'une secrète fêlure. Rien que pour ce Fight, ça valait le coup d'attendre 19 ans.

Pourquoi tant de temps, d'ailleurs, quand le groupe tournait toujours épisodiquement ? Eric et Buck le justifient en expliquant qu'ils en avaient marre de perdre de l'argent en sortant des albums. Pas très R'nR attitude, diront certains. Je m'abstiendrai de tout jugement, les Anciens ont donné assez de gages en leur jeunesse, abandonnant de prometteuses études d'ingénieur pour se jeter à corps perdu dans la musique. Ils faut y voir, je pense, une blessure à vif qui transparaît dans leurs interviews, l'échec radical de leur album de 2001.

On est quand même bien content de les revoir aussi en forme. Sans être un grand album de BÖC, « The Symbol Remains » est des plus réjouissant : classieux, varié, fort bien agencé dans la succession des pistes, il fait honneur à la Secte. Nom d'une Hüître Bleue, je le répète encore une fois : vivent les vieux !

9 Commentaires

21 J'aime

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mechant - 08 Novembre 2020:

Je vais me faire plaise ces prochains jours en le commandant

Theoldmansaid666 - 17 Décembre 2020:

Masterpiece incontournable !!!!!!!!
Un groupe qui a 50 ans et qui sort un album réunissant tous les styles (jazz, pop, psyché, rock, hard, heavy ....) qui ont fait grandir le Hard & le Metal de 1967 à 2020, en sortant de leur zone de confort !
Seuls eux l'ont fait !!!!!!
Des musiciens exceptionnels qui ont su observer les différentes décennies et nous reviennent avec un chef d'oeuvre.

Le morceau stand or fight, malgré une voix moindre, n'est-il pas aussi un référence à Metallica et Manowar, qui nous sortaient les chefs d'oeuvre de 83 à 85 ?

Ecoutez ! Ecoutez ce disque en boucle ! Vraiment ......

Extraordinaire !


 

DIO41 - 20 Août 2021:

Comme Judas Priest avec son Firepower en 2018, le CULT  nous sort un joyau en 2020 : Incroyable ! avec des musciens qui ont passé 75 ans c'est dingue ! Au tour de Maiden maintenant ?

RockJensen - 20 Août 2021:

Les deux premiers morceaux du prochain Maiden "Senjutsu" annoncent un chouette retour aux sources! Notamment le morceaux "Stratego" et j'espère que la suite sera du même niveau. Mais clairement entre Judas Priest et BOC, on a été gâté sur les derniers opus.

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