The Sin and the Sentence

Liste des groupes Metalcore Trivium The Sin and the Sentence
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17/20
Nom du groupe Trivium
Nom de l'album The Sin and the Sentence
Type Album
Date de parution 20 Octobre 2017
Style MusicalMetalcore
Membres possèdant cet album88

Tracklist

1.
 The Sin and the Sentence
 05:49
2.
 Beyond Oblivion
 05:17
3.
 Other Worlds
 04:50
4.
 The Heart from Your Hate
 04:04
5.
 Betrayer
 05:27
6.
 The Wretchedness Inside
 05:32
7.
 Endless Night
 03:38
8.
 Sever the Hand
 05:26
9.
 Beauty In the Sorrow
 04:31
10.
 The Revanchist
 07:17
11.
 Thrown into the Fire
 05:29

Durée totale : 57:20


Chronique @ Eternalis

27 Octobre 2017

"The Sin and the Sentence" sonne comme une résurrection. Celle d’un combo qui a pansé ses plaies [...]

Avancer. Tenter. Oser. Se perdre. Espérer. Finalement se retrouver.

Trivium a longtemps avancé, montant très haut, osant parfois certains paris mais s’est inévitablement perdu dans des tentatives maladroites d’évolutions artistiques semblant forcées et ne pas venir réellement du coeur. Les fans ont espéré, parfois désabusé, le retour de ceux que l’on pensait amener à devenir l’une des nouvelles figures de proue du metal avec un grand M, ce genre de groupe très rare qui parviennent à rassembler les foules de tous les horizons, de tous les genres, du fan acharné de metal extrême au mélomane de heavy en passant par ceux qui ne sont pas experts dans le genre mais qui s’y intéresse. Ceux qui, nous le pensons tous, seront amenés, un jour, à remplacer les éternels Iron Maiden, Metallica, Black Sabbath ou Judas Priest qui résonnent chez tous connaisseurs du genre.

Lorsque "The Crusade" est sorti, bourré de tubes, de thrash, de rage, de technique et d’une fougue complètement créditée par la jeunesse du combo, il était évident que Trivium irait très loin et serait forcément détesté par une frange de population pour qui succès est souvent l’égal de la facilité musicale ou de la prostitution sous l’autel du commercial. "Shogun" avait enfoncé le clou et "In Waves" avait été inespéré tant il parvenait à sublimer les premiers opus en y incorporant une maturité d’écriture, un concept ambitieux, une production plus fine et surtout une composition qui s’éloignait des genres pour devenir universel. J’avais même écrit à sa sortie qu’""In Waves" était l’un de ces albums dont les groupes n’en composent parfois qu’un seul dans une carrière", tout en espérant que le suivant me ferait mentir. Ce ne fut pas le cas…
"Vengeance Falls" souffrait de son prédécesseur par son manque de prise de risques, son pilotage automatique et ses surprises totalement absente. Un bon opus mais fatalement victime de l’excellence de son grand frère. "Silence in the Snow" fut quant à lui un naufrage. L’absence du chant extrême n’était pas la seule raison à cela. L’album était simplement peu inspiré, les morceaux répétitifs, les passages marquants sont encore recherchés et il faut bien avouer qu’après deux ans, peu de personnes doivent encore écouter l’album dans son intégralité.

C’est un euphémisme que de dire que "The Sin and the Sentence" ne sort pas dans un contexte optimal et que les floridiens ont plus que jamais aucun droit à l’erreur, sous peine de voir son statut et son image définitivement égratigné et à ranger du côté des espoirs déchus. Ce serait tout autant un euphémisme que de dire que ce huitième album est une réussite tant la claque qu’il inflige est violente. Autant qu’elle est inattendue il faut bien le dire.
Trivium retrouve tous les ingrédients qu’il faut. De la violence, de la technique, une mélodie savamment dosée, des refrains efficaces, des riffs acérés et surtout une qualité d’écriture qui commençait à lui faire défaut. "The Sin and the Sentence" pourrait être la suite d’"In Waves" qui aurait décidé de retrouver des structures plus alambiqués et progressives, moins évidentes, multipliant les cassures rythmiques, les breaks et les changements de rythme comme "Shogun" le faisait en son temps (même si ce dernier en abusait). La présence d’Axel Bent à la batterie n’y ait pas étranger puisqu’il insuffle une puissance extraordinaire à ces nouvelles compositions et impressionne tout le long du disque.
C’est avec le titre éponyme, étendard de ce nouvel album, que le quatuor ouvre les hostilités et il ne le fait pas à moitié. La patte très technique des guitares n’avait pas résonné ainsi depuis longtemps, tout autant que la production, très claire et surpuissante, fait la part belle à la caisse claire et aux cymbales, très en avant dans le mix. Le chant clair de Matt est rapidement accompagné de screams qui nous manquaient tant et prouve que le vocaliste en possède toujours sous le capot quand il faut envoyer du bois. Son chant clair se fait moins aseptisé, très chanté et les guitares se veulent mordantes. Le travail sur la batterie est énorme, que ce soit sur les parties lentes, les accélérations de double pédale, le jeu de tom ou encore les parties de blast beat qui intelligemment viennent apporter la puissance supplémentaire propre à apporter une couleur différente à un passage. Ce jeune batteur possède une palette impressionnante qu’il exploitera parfaitement sur l’album.

Outre ce premier titre, connu qui plus est à la découverte de l’album complet par l’intermédiaire d’un très joli clip, le plus surprenant est clairement le regain d’agressivité d’une grosse majorité de morceaux, ainsi qu’une noirceur inédite incorporée dedans. "Beyond Oblivion" s’ouvre sur un riff écrasant, une double pédale qui perfore le cerveau et un cri digne des débuts. Il est ensuite une formidable preuve de cette fameuse qualité d’écriture puisque le tempo évolue constamment, entre des passages presque planants, des chœurs très guerriers, un pré-refrain ultra mélodique qui enchaine sur un refrain qui torpille sévèrement par son blast beat. "Betrayer" est dans la même veine, débutant sur un Matt hurlant le titre de la chanson, puis partant en clair sur des descentes de toms avant de repartir sur des passages plus agressifs sur les couplets. "The Wretchedness Inside" retrouve carrément une vraie fibre metalcore, syncopée et brutale. Le riff est sec, tranchant comme un rasoir et, malgré quelques incartades de chant clair, se veut froid et radical, parfois uniquement centré autour des screams de Matt et de la basse démentielle de Paolo. Le solo en tapping donne le tournis et insuffle une aura presque malsaine à cette composition que nous n’aurions plus penser entendre chez Trivium depuis un certain temps déjà. Nous pourrions également la fabuleuse "Sever the Hand", alternant sans arrêt passages clairs et mélodiques et hurlements typiquement metalcore sur sa première partie. Puis vient un riff thrash et break taillé pour le live qui ferait presque penser à Slayer détruisant tout sur son passage (cette double jouissive). Et comme les surprises n’arrivent jamais seules, surviennent de nulle part ensuite des chœurs terrifiant de puissance, totalement guerriers et surpuissants qui, s’ils peuvent surprendre car peuvent paraitre greffer un peu maladroitement dans le titre, confèrent encore ce petit quelque chose qui fait de cet album un amoncellement de petites idées qui font les grandes choses.

Trivium n’a pour autant pas oublier les parties mélodiques et prouve par la même occasion que si "Silence in the Snow" était si faiblard, ce n’était pas parce qu’il était (très) mélodique mais parce que ses chansons l’étaient. Pensons forcément "The Heart from Your Heart" au riff certes syncopé et au tempo mécanique mais au chant uniquement clair sans pour autant ressentir une once d’ennui. "Beauty in the Sorrow" qui débute tout en douceur pour prendre de l’ampleur (ces riffs encore) malgré un chant plein d’émotion ou encore "Other Worlds" qui semble dépeindre un esprit tourmenté et torturé par les hurlements en toile de fond, le chant clair parfois susurré et les nombreux passages presque aériens emplis de maturité, de musicalité, de sagesse presque. "The Revanchist" et ses sept minutes rappellent le temps où Trivium aimait prendre son temps alors que "Thrown into the Fire" évoque un rappel du passé, terminant l’album sur cette mixture entre thrash, metalcore et heavy metal.

Plus qu’une surprise, "The Sin and the Sentence" sonne comme une résurrection. Celle d’un combo qui a pansé ses plaies, a relevé la tête et compris ses erreurs pour accoucher de ce maitre album. Si les premières écoutes se font encore avec quelques doutes, scrutant les détails comme par méfiance, habitué depuis quelques temps aux choix douteux (ressortir "Ember to Inferno" juste après l’échec de "Silence in the Snow" par exemple ?). Mais rapidement, les doutes s’envolent, le plaisir prend le pas et petit à petit, l’on se dit que Trivium vient peut-être de signer l’un des retours en force de cette fin d’année. Tout simplement.

10 Commentaires

17 J'aime

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dayedayedaye - 31 Octobre 2017:

Merci pour la chronique ! 

J'ai adoré trivium "d'avant" et je t'avoue que tu m'as donné tres envie d'ecouter cet album ! 

Merci ;-)

vulkan78 - 03 Novembre 2017:

J'ai accroché avec Ascendancy, j'ai beaucoup apprécié The Crusade puis un peu moins la suite bien qu'il y avait selon les albums de sacrés marceaux.

La première écoute m'a laissé un peu dubitatif pour ce nouvel album mais je dois bien avouer qu'après quelques écoutes en plus je me suis laissé prendre.  Il y a de bonnes compos, inspirées, biens construites et le nouveau batteur fait un travail remarquable, il apporte une vrai puissance qui est bienvenue.

nicko11 - 06 Novembre 2017:

Le meilleur Trivium depuis longtemps! Enfin ai-je envie de dire...

 

 
heavyjos84 - 02 Mai 2020:

merci pour cette belle chronique, ca donne envi d'écouter telement c'est bien expliquer

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