Après quelques bouleversements qui avaient grandement mis en péril Mark Reale et ses acolytes, notamment un changement de chanteur, selon votre modeste obligé, désastreux, le groupe avait réagi de bien belle manière en nous proposant de découvrir son disque le plus véloce et le plus accrocheur. Néanmoins ce
ThunderSteel, puisque c'est de lui dont il s'agit, allait-il augurer d'un renouveau durable ou n'était-il que le dernier sursaut d'une formation touchée au plus profond de son orgueil meurtri ? En cette année 1990 la sortie d'un nouvel effort intitulé
The Privilege of Power allait bientôt apporter toutes les réponses à ces interrogations.
Si l'essentiel de ce nouvel album demeure attaché à défendre la continuité de ce Heavy Speed
Metal instauré par un excellent
ThunderSteel,
Riot n'aura cependant pas omis d'y intégrer aussi quelques remarquables nouveautés susceptibles de décontenancer les puristes intransigeant adeptes d'une musicalité rectiligne et sérieuse, mais susceptibles, aussi, de ravir ceux qui, animés par une certaine ouverture d'esprit, seront à même de ne pas s'effrayer par ces quelques inspirations moins directement axé sur le
Metal. Et ainsi aux côtés des vifs et superbes Dancing of Death et son préambule oriental, Storming the
Gates of
Hell ou encore, par exemple, Black
Leather and Glittering Steel ces partisans d'une créativité plus large seront-ils ravis de découvrir d'autres titres qui, quant à eux, seront de nature à davantage les séduire.
Citons donc, afin d'illustrer le propos de ces inspirations moins sectaires, des morceaux tels que les admirables On your Knees au groove délicieusement particulier souligné par les interventions succinctes, mais efficaces, d'une section de cuivres ou encore tels que
Killer où ces intrusions se font plus présentes encore et où
Joe Lynn Turner (
Fandango,
Rainbow,
Deep Purple...) vient mêler ses chants à ceux de Tony Moore pour un résultat au swing très étonnant mais très réussis. D'ailleurs, il est à noter que la voix particulièrement ronde et chaleureuse de Joe Lynn, en contraste avec celle plus agressive et écorchée de Tony, se prête parfaitement à cet exercice particulier.
Mentionnons aussi, toujours encore mû par cette volonté de corroborer l'argumentation concernant les desseins moins segmentant de
Riot, un titre tel que la reprise de Racing with the
Devil on a Spanish
Highway, extraite de l'album Elegant Gypsy (1977) du guitariste de Jazz Fusion Al Di Meola, sur laquelle Mark Reale démontre tout l'étendu de son talent.
Au-delà de ces pistes rapides dévolues à un Speed
Metal cru et âpre, et en outre de ces chansons aux velléités plus expérimentales, ce Privilege of
Power nous propose aussi de nous égarer dans les affres de propos parfois Heavy
Metal traditionnel tel que sur le magnifique
Metal Soldiers, mais parfois aussi dans ceux d'une expression à la musicalité plus mélodique tel que sur les très bon Runaway ou Maryanne.
Plus varié et plus audacieux que ne le fut son prédécesseur, ce nouvel effort des Américains de
Riot devrait donc allégrement séduire ceux qui ne sont pas totalement hostile aux expériences artistiques prêtes à élargir l'univers créatif souvent étriqués d'artistes intraitables. Et qui devraient, très certainement, décevoir ceux qui, au contraire, ne jurent que par un rigorisme scrupuleux respectant les traditions. Au-delà de ces considérations, liées aux gouts respectables des uns et des autres, il conviendra de noter objectivement, si tant est que l'on puisse l'être, que ce Privilege of
Power n'est ni meilleur, ni pire que son prédécesseur mais qu'il est juste différent. Il appartiendra donc à chacun de savoir se positionner par rapport à cette différence.
Incompréhensible, oui incompréhensible, deux ans après un superbe "Thundersteel" Riot nous sert un album que je qualifie d'incompréhensible ?
Non pas que ce disque soit mauvais (ce n'est pas du tout ce que je pense), mais la logique aurait voulue que le groupe continue sur sa lancée (pour accéder enfin à une plus grande reconnaissance) en sortant, non pas un "Thundersteel II", mais au moins un album dans la même lignée musicale.
Or là si on se retrouve avec d'excellents morceaux de Speed Mélodique comme "dance of death", "storming the gates of hell" (avec ces étonnants cors de chasse en arrière plan, incroyable ???) et "black leather and glittering steel", de bons titres de Heavy Mélodique comme "maryanne" et "little miss death", du bon Heavy Metal avec "metal soldiers", et cerise sur le gâteau une sympathique ballade ("runaway"), on se retrouve aussi avec trois morceaux (sur dix) qui nuisent à l'ensemble.
Le premier "problème" n'est autre que l'entame "on your knees".
Mais pourquoi avoir ruiné ce très bon titre avec ces affreux cuivres qui n'ont rien à faire sur un disque de Riot ?
Deuxième "problème" pourquoi avoir repris ce morceau instrumental "racing with the devil on a spanish highway" du guitariste-virtuose de Jazz-fusion Al Di Meola (ce titre démonstratif lui aussi n'a rien à faire ici) qui placé en dernière piste clôture l'album de manière assez bizarre (heu ! c'est une compilation de guitar-héros que je viens d'écouter ? Non non, c'est bien un disque de Riot ??? Ah oui c'est écrit dessus, j'ai eu un gros doute !!!).
Quant au troisième "problème" il s'agit de "killer" (qui porte très mal son nom) le morceau que le groupe interprète avec Joe Lynn Turner (ex-Rainbow, ex-Yngwie J.Malmsteen, ex-Deep Purple et, et...ex-lui-même, non là je déconne !).
Cette chanson n'est ni plus ni moins que de la soupe F.M. !
Incompréhensible, incompréhensible que je vous dis, incompréhensible ???
Pour finir la pochette de cet album est très proche (mis à part la couleur) de celle de "Think This", le second disque de Toxik.Un groupe qui, lui aussi, après avoir sorti un excellent album ("World Circus") m'avait plutôt déçu.
Comme quoi qui se ressemble s'assemble.
J'ai enfin pu écouter plusieurs fois ce disque que je possède désormais. il était temps.
Tu écris Dark :
"Riot n'aura cependant pas omis d'y intégrer aussi quelques remarquables nouveautés susceptibles de décontenancer les puristes intransigeant adeptes d'une musicalité rectiligne et sérieuse, ..."
Ben je dois faire parti des puristes alors
. Qu'est ce que j'ai du mal avec ce disque!
Déjà, les nombreux sample au début des morceaux me gavent d'une force, ça n'en finit plus. Ensuite, après un "Thundersteel" aussi direct et heavy, j'ai du mal à m'y retrouver avec ces compos effectivement variées mais pas toujours à mon goût (non mais "Maryanne" quoi, pourquoi pas "Lucienne" aussi - notez que j'ai rien contre les Lucienne -). Et puis, tout comme Grogwy, les cuivres, j'ai pas pigé...
Bref, déçu malgré un énorme "Dance of death" digne du Helloween de la meilleure période, celle des débuts.
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