The Great War

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Nom du groupe Sabaton
Nom de l'album The Great War
Type Album
Date de parution 19 Juillet 2019
Labels Nuclear Blast
Enregistré à Black Lounge Studios
Style MusicalPower Mélodique
Membres possèdant cet album52

Tracklist

1.
 The Future of Warfare
 03:26
2.
 Seven Pillars of Wisdom
 03:02
3.
 82nd All the Way
 03:31
4.
 The Attack of the Dead Men
 03:56
5.
 Devil Dogs
 03:17
6.
 The Red Baron
 03:22
7.
 Great War
 04:28
8.
 A Ghost in the Trenches
 03:26
9.
 Fields of Verdun
 03:17
10.
 The End of the War to End All Wars
 04:45
11.
 In Flanders Fields
 01:57

Durée totale : 38:27


Chronique @ Eternalis

08 Septembre 2019

Le groupe semble ne composer qu’un patchwork étendu de morceaux ...

True Metal, Act III – Sabaton

Troisième et dernier chapitre consacré aux nouveaux albums de groupes que l’on peut qualifier de « true » dans l’attitude de leur metal, dans la fidélité à leurs racines et dans le rapprochement de leur démarche, bien que musicalement différent. Après Hammerfall et Freedom Call, c’est Sabaton qui a sorti (un peu avant d’ailleurs, veuillez m’excuser pour ce retard) son neuvième album. En moins de quinze ans, avec une productivité exemplaire, les suédois sont passés d’outsider à un véritable leader du power metal, que l’on voit partout, tout le temps, à chaque festival, de pied d’affiche à désormais headliner. Sabaton est omniprésent, il produit désormais son propre festival et ces caractéristiques sont autant la force que la faiblesse d’un groupe qui a déjà perdu la moitié de son line up à cause de son rythme infernal qui n’est pas sans rappeler les cadors des années 80 (Iron Maiden, Judas Priest ...) qui ne s’arrêtaient jamais et ne vivaient que pour la musique.

En quelques années, le groupe emmené par le très charismatique Joakim Broden et le compositeur Pär Sundström a écumé le monde entier pour promouvoir son heavy power à l’atmosphère unique, inspiré intégralement des guerres des hommes, martelant des rythmes martiaux, un phrasé unique, une voix reconnaissable entre mille et une mélodie toujours présente. Sauf que voilà, malgré un capital sympathie énorme (qui n’aime pas ces mecs sympas qui rient tout le temps, reprennent les Village People et déchainent les foules ? Et ce n’est pas le double concert presque charitable du Hellfest pour remplacer Manower cette année qui enlèvera cet état de fait...ce sont des types géniaux), les choses commencent à s’obscurcir en studio.
Il faut le dire, Sabaton c’est une machine de guerre en live. Carrés, refrains énormes, chœurs fédérateurs, chanteur qui court partout, pyrotechnie...les morceaux ont tous les ingrédients pour détruire les salles et les festivals. C’est d’ailleurs ce qui se passe à chaque fois. Mais sur disque, les albums se ressemblent tous plus les uns que les autres depuis déjà un moment, à tel point que les setlists en deviennent interchangeables et que le groupe peine à trouver un nouveau souffle dans ce domaine. Tout est toujours aussi bien fait qu’au premier jour, et c’est sans doute le souci. Depuis "Primo Victoria", avec les aboutissements que furent "The Art of War" (qui fit passer un énorme cap au groupe) et "Coat of Arms" deux ans plus tard, Joakim et Pär sont rentrés dans une routine créatrice, dans un moule formaté dont ils ne sortent plus depuis déjà plusieurs albums. La production est toujours similaire, le changement de personnel n’a absolument rien changé, notre moustachu vocaliste chante presque de façon similaire et les thèmes récurrents, marque de fabrique des suédois, les enferment encore un peu plus dans une similarité confondante.

"Heroes" et "The Last Stand" souffraient énormément de cet état de fait. Celui des « albums de plus », pas forcément moins bons que les prédécesseurs mais dont on ne retient que peu de choses. Trop peu car ils ressemblent comme deux gouttes d’eaux aux autres, qu’on finit inexorablement par ressortir car étrangement plus « frais » que les nouveaux.
Que dire de "The Great War" ? Son concept centré sur la première guerre mondiale, déjà évoquée dans "The Art of War", permet déjà d’avoir un artwork extraordinaire et très fort. Quel constat dressé après plusieurs semaines d’écoutes ? Qu’il est le nouveau Sabaton, point. Comme justement ses compères de HammerFall, on reconnait le combo après quelques secondes mais difficile d’en sortir quelconque nouveautés, améliorations ou motifs de sortir ce neuvième opus du lot en comparaison des prédécesseurs.

Annoncé comme plus mélodique et centré sur les guitares (il est vrai que les soli de Tommy Johansson sont particulièrement travaillés, comme ceux de "Devils Dogs" ou "82nd All the Ways" qui ressortent du titre), il reste bien trop ancré dans ses principes pour développer un réel enthousiasme. Aucun doute sur sa capacité à bouger les foules, mais difficile de crier au génie après une écoute au casque. Pourtant, "The Future of Warfare" débute le disque de façon étonnante. Basé sur des chœurs, peu de guitares, un chant presque narratif et profond, un refrain n’en étant pas vraiment un, une partie de batterie technique et surprenante mais surtout une dimension épique et dramatique assez inédite (magnifique solo), qui laisse vraiment augurer du meilleur pour la suite, comme si le groupe avait compris que le changement était nécessaire. Non pas que le résultat aurait été forcément réussi, mais il aurait permis de tester des choses, d’intégrer de nouveaux éléments, de surprendre...dans un sens comme dans l’autre. L’expérimentation n’est pas toujours bonne à prendre mais ce sont les potentielles erreurs qui font évoluer les artistes. Car dès "Seven Pillars of Wisdom", on comprend que ce n’était qu’une fausse alerte. On reprend du rythme, le riff revient aux fondamentaux, le chant de Joakim reprend tous les tics qui a fait son succès (rauque, en roulant les « r », en finissant les phrases sur une envolée descendante) et le morceau ne semble exister que pour balancer son refrain. Rien à dire dessus, si ce n’est que c’est la même chose qu’avant. Ni moins bon, ni meilleur. Juste pareil.

On verra bien la tentative de nouveaux sons sur l’intro de "The Attack of the Dead Men", avec des claviers électroniques un peu datés, et un refrain qui semble vouloir apporter une différence mais ne va pas au bout des choses. Peut-être parce qu’il est trop court et que le groupe ne lui laisse pas sa chance, à cause d’un riff beaucoup trop pauvre. Idem pour l’orgue de "The Red Baron" qui, une fois l’intro terminée, disparait presque au profit d’un pur moment Sabaton. On se retrouve avec un titre classique sur lequel se superpose des sonorités presque 70s qui semblent encore se demander ce qu’elles font là. Dur dur que d’essayer de chasser les habitudes, surtout avec des titres n’atteignant presque jamais les quatre minutes et restant ancrés dans des schémas très basiques du couplet/refrain/solo.
Toujours assez mid tempo, le manque de changement de rythme n’aide pas non plus à créer une dynamique. "Fields of Verdun" accélère le tempo mais nous sommes déjà en fin d’album et il est sans doute déjà un peu tard. Restera un beau moment avec "Great War", épique à souhait et émotionnelle, digne d’une BO de film (impressionnant ces chœurs) dont on regretterait presque l’utilisation systématique de claviers synthétiques là où de véritables musiciens à cordes pourraient amener Sabaton dans une dimension supplémentaire. Ces mêmes claviers qui conféraient puissance et personnalité en début de carrière mais qui, désormais, semblent être un véritable « gimmick ». "The End of the War to End All Wars" s’ouvre justement sur un piano mélancolique et laisse croire à un dernier titre très différent mais cela ne dure qu’une minute et, une fois encore, un ensemble de violons auraient pu apporter une dramaturgie encore plus poussée à ce titre fleurant Hollywood dans la démesure de ses chœurs et l’omniprésence des arrangements. Les guitares se mettent en retrait, Joakim est excellent et on pourrait apercevoir un éventuel avenir, dans un horizon plus symphonique (le final évoque presque Nightwish) et riche, si les suédois osaient sortir de leur confort et de leurs carcans.

Toujours très efficace et rompu à l’exercice de la composition de titres taillés pour le live, Sabaton ne sort néanmoins pas de son créneau et reste dans le syndrome du groupe qui n’avance plus vraiment. Difficile de reprocher quoique ce soit à "The Great War", tout comme ses prédécesseurs. Il n’a pour seul défaut que d’être étrangement similaire aux huit autres, sans personnalité propre, sans ambition propre. Le groupe semble ne composer qu’un patchwork étendu de morceaux sans donner de personnalité attitrée à ses albums. Les fans y trouveront toujours leur compte mais les grincheux risquent d’être toujours plus nombreux si rien ne change dans les années à venir. Espérons que le groupe trouve la distinction entre fidélité et conformisme...tout leur challenge résidera peut-être là.

5 Commentaires

12 J'aime

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zuluwhite - 08 Septembre 2019:

Oui j'ai écouté l'album c t pas mal mais je ne l'ai jamais réécouté car c'était sans aspérité trop convenu (contrairement à toi j'avais vachement aime le précédent album avec des efforts pour produire des sons différents) ils vont aussi tomber dans le commme d'hab métal comme de nombreux pairs s'ils continuent comme ca. Mais ouf on a powerwolf qui a sorti un album très réussi l'année dernière

Dark_Gargoyle - 08 Septembre 2019:

Entierement d'accord avec ta chronique. Bon album mais trop prévisible. Manque un ou deux titres qui sortent de l'ordinaire et l'album aurait été très bon au lieu de bon seulement. La prochaine fois peut être en prenant plus de risque qui sait...

JeanEdernDesecrator - 09 Septembre 2019:

Merci pour ta chronique objective et détaillée. Comme j'aime pas Sabaton, ça m'évite d'avoir à l'écouter en entier, arfff ! Ça sert aussi à ça, une chronique...

Eternalis - 12 Septembre 2019:

Si on peut rendre service .. laugh

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