Tervaskanto

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17/20
Nom du groupe Korpiklaani
Nom de l'album Tervaskanto
Type Album
Date de parution 26 Juin 2007
Produit par Jonne Jarvela
Enregistré à Fantom Studio
Style MusicalFolk Metal
Membres possèdant cet album371

Tracklist

1. Let's Drink 02:43
2. Tervaskanto 03:54
3. Viima 03:33
4. Veriset Äpärät 04:27
5. Running With The Wolves 03:53
6. Liekkiön Isku 02:56
7. Palovana 05:04
8. Karhunkaatolaulu 02:52
9. Misty Fields 03:25
10. Vesilahden Veräjillä 06:58
11. Nordic Feast 02:46
Total playing time 42:31
Bonus DVD (Live at Wacken Open Air 2006)
1. Journey Man
2. Happy Little Boozer
3. Korpiklaani
4. Pellonpekko
5. Tuli Kokko
6. Wooden Pints
7. Spring Dance
8. Hunting Song
9. Beer Beer
10. Midsummer Night
11. Il Lea Voibmi

Chronique @ AmonAbbath

04 Novembre 2009
Et dire qu'il y a quelques années le nom de Korpiklaani ne nous évoquait pas grand chose voire rien (une consonance pareille, je crois qu'on s'en souviendrait!)... De nos jours, chaque album que pond le groupe (à raison généralement d’un par an, la poule est féconde) est un moment attendu par beaucoup de fans assidus de Folk Metal. Alors certes, tous les disques ne seront pas considérés par la majorité comme des œufs d’or, mais s'il doit en être un qui peut se targuer d'être un grand album, c'est bien ce Tervaskanto.

Ceux qui ont suivi les finlandais depuis Spirit of the Forest ont pu être, de prime abord, déçus par la voie qu'emprunte Tervaskanto. Les violons sont vraiment mis de côté au profit d'instruments nettement plus folkloriques. Outre le jouhikko (d'origine celte, pense-t-on) et la flûte (très présente sur Let's Drink, j'y reviendrai), c'est, sans discorde, à l'accordéon qu'ils accordent une place de choix. Vous me direz peut-être que c'était déjà le cas sur Tales Along This Road, et j'acquiescerai, mais ici il a selon moi un rôle encore plus prédominant. On le remarque à l’écoute de Viima (Icy Wind) par exemple, sur laquelle l’accordéon offre un panel impressionnant d’émotions, mélangeant savamment bonne humeur avec mélancolie, pour un rendu proche, à l’écoute, de ce que l’on peut ressentir étant attablé avec une bande d’amis, autour d’un verre, à s’échanger des histoires tantôt drôles, tantôt tristes. Le rythme de ce titre et les parties de batterie, quant à eux, sont pratiquement stagnants, ce qui convient parfaitement à l’ambiance développée.

Palovana (Inner Fire) bénéficiera également de cet instrument décidément étonnant, accompagné d’une guitare acoustique et d’un violon discret, mais le tout sera plus mouvementé que Viima (Icy Wind). Une petite cavalcade en forêt au crépuscule ne fait manifestement pas de tort! Le chant de Jonne est superbe dans son style, robuste mais mélancolique (n’hésitez pas à tendre l’oreille sur ce très bon refrain).

J’ajouterai, en tant que troisième perle de cet album de toute manière globalement excellent, un Vesilahden Verajilla (At The Gates Of Vesilahti) qui déplaira sans doute à ceux qui n’aiment pas les morceaux relativement répétitifs. Dans la veine d’un hymne Folk tel Tuli Kokko (sur Tales Along This Road) en moins redondant, moins superflu, ce titre met la barre encore plus haut mélodiquement parlant. La mélancolie est une nouvelle fois de la partie dans cette chanson frôlant les sept minutes, agrémentée de détails qui ne se révéleront que lors d’une écoute attentive, au casque par exemple : le riff légèrement modifié à la fin, des apparitions de guitare acoustique, de belles lignes de basse. Et, alors que l’on croit la conclusion venue (lors du texte déclamé en finnois, sur un fond sonore qui s’amenuise), une dernière salve de cette superbe mélodie qui compose intégralement le titre ressurgit, pour le plus grand bonheur de celui qui en est épris.

Comme je l’ai dit, la flûte aussi a son importance, sur Let’s Drink par exemple. Elle fait son apparition dès le refrain passé, et amène cette touche froide mais agréable, qui, si l’on se laisse aller, rappelle la pureté glaciale de la neige.

Les morceaux plus « Metal » (comme VakiRauta, Beer Beer, sur les albums précédents) sont, eux, moins présents. Matson, de son côté, tabasse certes toujours les fûts comme un beau diable (l’instrumentale Running With Wolves, qui porte bien son nom), mais la magie du folk l’emporte, pour le coup, vraiment sur celle du riff. Ce n’est pas un mauvais point du tout à mon sens car Korpiklaani use ici de tout son talent pour que son disque ne soit pas mou, et l’on a droit à de nombreuses mélodies et ambiances. De plus, pas d’inquiétude car nous retrouverons quelques gros riffs dès le cd suivant, Korven Kuningas.

L’air de fête, bien qu’il éclate sur le final assuré par Nordic Feast, est donc implicite la plupart du temps, mais l’auditeur charmé saura le déceler. Il en résulte un Tervaskanto moins facile d’accès que ce que le groupe a pu composer jusqu’ici, mais peaufiné avec un savoir et un savoir-faire certains, et preuve est faite que Korpiklaani est loin d’être une machine à fric dotée d’un talent incertain. Un bien bel album de Folk Metal qui restera pour beaucoup, je le pense, le sommet de la carrière du groupe.

19/20

6 Commentaires

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Opalescente - 08 Novembre 2009: Un plaisir que de relire une autre de tes chroniques :)
Pour moi le "clan du corbeau" dévoile toute sa saveur en live. Je me souviens en particulier d'un acoustique en août qui avait pour moi redoré le blason un peu terni de nos païens.
Leurs compositions se sont montrées un peu inégales et malheureusement ils ont parfois sombré dans le mercantilisme. Heureuse de voir qu'ils arrivent encore à prouver qu'au delà de cette grosse machine à sous ils étaient avant tout, et demeurent encore parfois, des auteurs-musiciens de talent.
AmonAbbath - 08 Novembre 2009: Un groupe de folk qui signe chez Nuclear Blast, le mercantilisme entrera en effet forcément en jeu à un moment ou un autre. Je trouve que le dernier album, Karkelo, commence à vraiment sombrer là-dedans... Et dans un manque d'idées...
AmonAbbath - 09 Novembre 2009: Ca fait depuis ce Tervaskanto qu'ils sont sur nuclear... Je ne pense pas que ça ait affecté leur musique, mais je trouve que sur le récent Karkelo, l'excellent (en minorité) côtoie le bof voire le vraiment nul. Une panne d'inspiration à mon avis, j'espere qu'ils feront mieux la prochaine fois.
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Commentaire @ mattpriest

02 Juin 2007
Hé bien, on peut dire que la fraicheur finlandaise n'empêche pas le groupe d'être actif, même très actif !!! C'est le 3eme album des finlandais en 3 ans, excusez du peu !!!

Rien qu'à la vue de la pochette on s'attend à quelque chose de bon, et ceux qui ont pensé ça ne se sont pas trompés !!!

Korpiklaani continue sur sa lancée et nous matraque un folk métal de première catégorie, en effet l'évolution continue mais cette fois-ci se fait moins sentir que pour le précédent opus !!!

Les instruments folks sont toujours aussi bien mis en avant, les tambourins, la flûte et autres instruments folks de ce pays. Mais le côté Métal me direz-vous, vous en faites pas il est aussi présent, et même si les instruments folks font généralement les intros on a droit ici à du gros son métallique! Comme la chanson "Veriset Aparat" ou les guitares électriques commencent avec un rythme qui met tout de suite dans l'ambiance.

Les parties de batterie collent parfaitement à la musique et on est presque surpris par le talent du batteur, qui ma foi est excellent. Les guitares suivent en rythme et le chant reste une des bases fondamentales de leur musique, avec cette voix qu'on connait maintenant par cœur (enfin pour les fans comme moi).

L'ensemble est magnifiquement interprété dans un univers festif comme le groupe sait si bien le faire, on se croirait (comme à l'habitude me direz-vous) dans une taverne à chanter, avec une chope d'alcool à la main. C'est un sentiment que l'on retrouve encore ici, et encore plus lors du refrain de "Let's Drink" (ça veut tout dire ça), "Viima".

La plupart des textes sont en finnois, ça change pas, je dis presque car il y a certaines parties chantées en Anglais.

En bref c'est du Korpiklaani comme on l'aime, avec une petite évolution (dans la continuité) métallique, des ambiances toujours aussi festives mais aussi quelques unes mélodiques à souhait, qui sauraient nous faire rêver.

Un album très abouti même si ça reste à peu de chose près la même chose, mais ... quand on aime, on ne compte pas !!!

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AmonAbbath - 20 Mars 2009: C'est exact, cet album est un véritable aboutissement. Dans l'esprit plus folk que jamais, alors que les riffs restent bien présents. On peut dénoter que ceux-ci sont moins hard-rock que sur Spirit Of The Forest et Voice Of Wilderness.

Il semble que l'album Tales Along This Road est le tournant, qui amènera Korpiklaani à leur véritable style, pleinement développé sur Tervaskanto et Korven Kuningas. Les violons sont bien moins présents au profit d'instruments moins courants (accordéon notamment).

Korpiklaani joue la carte de la double identité : fêtard et mélancolique à la fois ce qui fonctionne à merveille et rend leur musique moins facile d'accès. Je n'ai pas du tout aimé les derniers albums à la première écoute (Tervaskanto et Korven Kuningas). Aujourd'hui, ils sont à mon sens deux des meilleurs albums de folk metal depuis l'avènement du style. c.q.f.d.
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