Sviga Læ

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Nom du groupe Arckanum
Nom de l'album Sviga Læ
Type Album
Date de parution 18 Octobre 2010
Style MusicalBlack Pagan
Membres possèdant cet album57

Tracklist

1. Læ Elr 04:45
2. Gylðir Algørir 04:18
3. In Følva Felr 05:19
4. Goðin Eru Blekkt 04:19
5. Gramr Girnisk 05:05
6. Andskoti Ferr Austan 05:26
7. Múspellzheimr Kemr 04:35
8. Røk 03:53
Total playing time 37:40

Chronique @ enthwane

22 Octobre 2010
Arckanum est un mythe, que dis-je, une légende dans le milieu du Black Metal. Qui n'a jamais entendu ou vu Shamaatae faire l'andouille dans la forêt avec son masque de troll et son bâton pointu (sincèrement, pour ceux qui ne connaîtraient pas, ruez vous sur le clip de "Gava Fran Trulen", c'est de l'or en barre pour tout les amateurs d'humour involontaire) ?

Toute blague mise à part, je crois que tout beumeux normalement constitué peut dire qu'Arckanum peut se targuer de ne jamais avoir sorti de véritables bouses au cours de toute sa discographie, même si, certes, certaines réalisations sont loin d'être excellentes (mais également loin d'être abominables). Bref, cessons de sodomiser les mouches pour nous concentrer sur la nouvelle offrande de notre Troll suédois favori.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que j'avais totalement accroché les dernières sorties du groupe : de l'excellent "Antikosmos", pur, noir et éthéré, au petit dernier "ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ", puissant et fortement varié, avec toujours ces thèmes mythologiques quasi-incompréhensibles pour les non-initiés.

Les fans connaissent bien la philosophie de Shamaatae, fortement influencé par la pratique de la Magick, le mysticisme de la nature et l'école de pensée d'Aleister Crowley. Comme d'habitude, l'album traite d'un concept à part entière : sur celui-ci, le frontman traite du dieu Surtr, le géant régnant sur le monde des flammes nommé Múspellzheimr; mais également de Loki, dieu bien connu du panthéon nordique. "Sviga Lae" raconte, reconstitue la bataille entre ces deux divinités, pour le Chaos et ces dieux brûlants. Shamaatae, toujours documenté sur le sujet, traite avec sérieux de cette philosophie (il suffit de lire quelques unes de ses interviews pour voir à quel point il a foi en ses croyances), chose renforcée par l'écriture de ses textes en vieux suédois.

Alors, comment se présente "Sviga Lae", l'album cuvée 2010 d'Arckanum ?

Il est franchement bon. Pour résumer, il reprend la noirceur de ses premiers albums, le saupoudrant de riffs typiquement BM comme sur "ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ", tout en ajoutant le jeu de batterie typique de Shamaatae, qui se reconnaît entre mille (simple mais efficace), et enfin, ce feeling occulte qu'on ne trouve que chez Arckanum.

La production de ce "Sviga Lae" est cependant un cran en dessous de celle, incisive, du précèdent méfait d'Arckanum. Bien plus brouillonne, même au niveau des guitares, elle m'a dans un premier temps surprise. mais finalement, ce son un peu cracra ne fait qu'ajouter à l'atmosphère suffocante de ce disque. Mon seul regret concernant cette production, cependant, se trouvera au niveau de la batterie, dont le charleston est bien trop mis en avant, ce qui étouffe totalement la caisse et la grosse caisse durant les blasts. La voix éraillée de Shamaatae est cette fois-ci mise en relief avec un effet d'écho sur sa voix. Effet qui, encore une fois, surprendra au début, mais confortera par la suite.

"Sviga Lae" apporte une dose de bonne surprises, comme à l'accoutumée avec Arckanum. "Læ Elr", le titre d'ouverture, pose la base de ce qui sera ce disque : un Black metal racé et rageur. L'art se bonifie avec l'âge, et ce titre en est la preuve. Un mid-tempo très efficace suivi par une batterie punition donnent la marche à suivre pour la voix, reconnaissable entre mille, du frontman.

Puis détonne le premier blast du disque (raaaah, ce son de charley est agaçant), "Gylðir Algørir", marqué par des riffs incisifs et une guitare déchaînée qui se détache de la masse sonore ambiante. Un titre dans la pure lignée des premiers travaux d'Arckanum : simple et direct, et qui ravit les nostalgiques de "Kampen" et "Kostogher".

Troisième titre, "In Følva Felr" est probablement l'un des meilleurs titres de ce disque : le riff est horriblement accrocheur. Un titre très progressif, qui commence en mid-tempo pour finir dans une explosion de guitares soli (peu techniques, mais très belles) et de batterie infernale. Excellente pièce qui nous démontre que Shamaatae n'a pas perdu la main, entre les séances de Shamanisme nordique et les promenades en forêt.

Après ce titre très intense, Arckanum ne laisse pas l'auditeur se reposer, et attaque ce dernier déjà affaibli avec une bête vicieuse : "Goðin Eru Blekkt". Titre en alternance de blasts/lignes de doubles, avec ces riffs typiques, toujours aussi racés. A noter le rythme quasi-militaire de fin de titre, qui vous laissera sur le carreau. Tout simplement.

Puis vient "Gramr Girnisk", titre dans la droite lignée de ce disque, c'est-à-dire assez simpliste, mais toujours aussi puissant. Les blasts de fin de titre sont tout bonnement superbes, même si l'auditeur trouvera sans doute ce titre un peu trop long (pas assez de changements de plans rythmiques, malheureusement...).

Haaaa, quel riff, mon dieu, quel riff !! Le sixième titre, "Andskoti Ferr Austan", tout en lourdeur, réveillera ceux qui se seront un peu assoupis durant le dernier titre. Un titre aux rythmiques très doomesques, un timide blast en milieu de titre pour remuer l'audience, puis ce même rythme lent et entêtant, sur ces riffs de guitare assassins.

Avant-dernier titre de cette galette suédoise, "Múspellzheimr Kemr" et ses lignes de doubles lentes mais quasiment martiales, couplées à ces guitares entêtantes, sont du Arckanum pur jus : difficile pour le fan de ne pas craquer (même si, avouons-le, ce titre n'est pas hyper varié).

Dernier titre de "Sviga Lae", "Røk" est un titre surprenant. Un titre entièrement joué à la guitare, tantôt mélancolique, tantôt épique, avec quelques coupures de rythme des plus efficaces. En somme, un titre qui clôt ce disque avec maestria.

On me reprochera le track by track, certes. Mais pour reprendre le disque dans son ensemble, il en transpire quelque chose de palpable, qui va bien au-delà de la simple musique. Une véritable aura, chose qui a tendance à se perdre de plus en plus dans une scène aseptisée ressassant encore et toujours les mêmes clichés. Arckanum nous invite à une véritable messe noire, un rituel Shamanique, un appel aux forces de la nature et aux esprits qui nous dépassent.

Ce dernier disque d'Arckanum est un très bon album. Néanmoins, les fans regretteront peut-être le côté "coup de poing dans la face" et la production impeccable qu'on pouvait trouver dans le précèdent opus, "ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ". Je les regrette moi aussi un peu, il est vrai. Même si Shamaatae a, selon moi, décidé de mettre la production à la hauteur de l'ambiance de ce disque : noire, profonde et ésotérique. Tel un mystagogue, Shamaatae nous enseigne sa religion et nous raconte son panthéon, au travers d'une oeuvre dense, qu'il convient d'apprécier au fur et à mesure des écoutes. Même si l'on déplorera la pochette, extrêmement moche, ainsi que le manque de variété qui se fait discrètement sentir vers la fin du disque.

27 Commentaires

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Hellsheimer - 04 Novembre 2010: "En résumé : je t'autorise à aller te pendre, insignifiante et sombre merde prétentieuse d'internet-warrior."

Y'aura pas de prochaine fois.
Pour tout le monde.
enthwane - 04 Novembre 2010: Ha, effectivement, j'ai pas modifié le bon, donc mon message précèdent n'est pas crédible.

Message reçu, en tout cas. En voyant l'absence d'arguments et les propos grossiers avancés par NG, j'ai appliqué la Lex Talionis. Encore désolé.
Hellsheimer - 04 Novembre 2010: Merci.

retour aux commentaires.
enthwane - 09 Novembre 2010: Tout ça pour dire que cet album dépote, et qu'on le trouve de plus en plus profond à chaque écoute.

Et que oui, un fan d'Arckanum peut très bien apprécier "Antikosmos", en se fichant éperdument de l'avis des Trves (de balle) qui prennent leurs goûts pour généralité.
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Chronique @ valentheris

18 Janvier 2011

Malgré sa qualité intrinsèque, ce sixième opus risque de souffrir de l'épreuve du temps...

Depuis son retour sur le devant de la scène en 2008, Shamaatae divise les foules au rythme de ses sorties depuis un "Antikosmos" en demi-teinte, se révélant décevant pour de nombreux fans des premières heures d'Arckanum emplis d'espérance et tourmentés par l'attente, jusqu'à un "ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ" faisant presque l'unanimité sur sa qualité, bien que le nouvel aspect des compositions de ce dernier ne puisse pas être rapproché des Full-Lenght de la période "Fran Marder"-"Kampen", octroyant au projet du Suédois un nouveau chemin à emprunter, plus direct dans sa forme, lui offrant de nouvelles possibilités pour partager sa vision de la mythologie scandinave avec toujours cette touche si personnelle qui fait son succès.

Un an après la parution de ce dernier et suite à la sortie de l'EP "Þyrmir", Shamaatae quitte Debemur Morti Productions au profit de Regain Records pour la sortie de son sixième album en novembre 2010. Ce dernier né sobrement intitulé "Sviga Læ" incombe donc à la lourde tâche de répondre aux nombreuses questions que se posaient les fans, à savoir s'il allait être la confirmation de l'évolution du groupe dans le style de son prédécesseur, un heureux renouveau ou une déception amère. Si le contexte planant autour de cet album annonce du bon (celui-ci retraçant la guerre du génie du feu Surtr et de Loki, Ase malicieux et sournois) car semblant parfaitement adapté à l'art de Johan Lahger, le rendu final ne sera malheureusement pas à la hauteur de l'espoir que beaucoup auront placé dedans, bien qu'il soit tout de même d'une qualité certaine.

Alors que "Læ Elr" débute le récit de l'affrontement anti-cosmique par un riff incisif, sombre et immédiatement marquant par l'ambiance qu'il dégage, toujours soutenu par cette prestation à la batterie des plus correct et même assez efficace, alliant les différents grooves avec aisance, gardant un rythme véloce, apportant subtilement un surplus de brutalité bien maîtrisée au tout, une constatation se fait. Ce premier aperçu démontre une suite logique à ce qu'offrait "ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ", toujours sous cette forme de riffing mélodique parsemé de breaks bien placés distillant une forme de haine palpable et addictive et maintenant l'ambiance de l'album à un niveau égal tout au long de l'écoute. Shamaatae semble donc bien confirmer son évolution dans ce style de composition, oubliant la furie que l'on pouvait trouver sur un "Kostogher" et qui se faisait sentir tout au long de son déroulement, pour une hargne plus direct et plus classique dans son cheminement vers notre esprit.

En revanche, le tout n'est pas un copié-collé du cinquième opus, simplement une approche équivalente de l'art musical d'Arckanum. Là où tristesse et froideur émanaient précédemment à travers une dimension glaciale, "Sviga Læ" offre une dimension plus chaude à tout ceci, moins haineuse, mais plus agressive dans son ressenti, à l'image de "Goðin Eru Blekkt" et de son riff crépitant et vindicatif, renforcé par le chant de Shamaatae toujours égal à lui-même.
Il en va de même pour le terrible "Gramr Girnisk" qui saura ravir toute personne ayant apprécié le dernier effort d'Arckanum grâce à son riffing envoûtant et ses variations qui font mouche ou le classique mais efficace "Gylðir Algørir" qui offre quelque chose de plus épique par son alternance entre des parties plus tristes et des passages belliqueux.
Néanmoins, il réside des points faibles tels que "In Følva Felr", piste instrumentale arrivant bien trop tôt dans l'album, brisant le rythme amené par les deux premiers morceaux en dépit de sa qualité, ou encore "Andskotti Ferr Austan" qui s'avère manquer de véhémence et demeure bien trop classique.
Le rendu final demeure ainsi intéressant mais souffre de la comparaison avec le terrible "ÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞÞ" qui amenait un vent puissant et rafraîchissant sur la discographie du Chaos-Gnostique suédois, ce dernier Full-Lenght se révélant bien moins marquant après coup.

Il n'en demeure pas moins qu'Arckanum nous offre là une sortie des plus honnête comportant tout de même ses moments de gloire. Malheureusement, malgré sa qualité intrinsèque, ce sixième opus risque de souffrir de l'épreuve du temps, notamment à cause du peu de nouveauté qu'il apporte ce qui est regrettable.
Johan Lahger semble en tout cas avoir trouvé une formule qui lui correspond et si prise de risque il y a dans un futur proche, de nouvelles parutions réellement marquantes sont à prévoir. Shamaatae n'est pas dénué de talent et même lors de moments qui paraissent plus faibles, il arrive à nous offrir du bon, cet album en est la preuve.

Val'

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