Soulless Child

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Nom du groupe Ancient Bards
Nom de l'album Soulless Child
Type Album
Date de parution 18 Novembre 2011
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album57

Tracklist

1. Struggle for Life 01:53
2. To the Master of Darkness 07:33
3. Gates of Noland 05:13
4. Broken Illusion 05:11
5. All that Is True 09:55
6. Valiant Ride 04:13
7. Dinanzi al Flagello 01:29
8. Soulless Child 09:15
9. Through My Veins 07:19
10. Hope Dies Last 14:31
Bonustrack (Japanese Release)
11. The Skies Above 03:17
Total playing time 1:07:32

Chronique @ ericb4

10 Septembre 2014

Une royale atmosphère insufflée par une pure merveille de power symphonique !

C'est au coeur de la vallée des rois du power symphonique que vient s'inviter un hôte sur lequel sont désormais pointés tous les regards. Muni de son premier album "The Alliance of the Kings" comme carte de visite, le jeune sextet italien n'a pas attendu longtemps pour nous offrir un épique "Soulless Child". Poussé à la fois par un précédent opus de belle facture et par une dynamique communicative, le combo signe là une pièce maîtresse d'une rare ampleur orchestrale. Ainsi, on perçoit d'abord l'empreinte de Rhapsody of Fire, sur le plan de la richesse instrumentale et de la profondeur de champ acoustique. Puis l'ombre d'Epica plane au niveau de l'architecture rythmique. Enfin, la patte de Nightwish s'observe tacitement concernant la précision des lignes mélodiques.

On constate avant tout une grande homogénéité stylistique, l'album gardant le cap sur l'axe power symphonique tout au long de ses dix généreuses pistes. Une orchestration massive et fougueuse se déploie avec majesté et vient répondre en écho aux qualités techniques inébranlables des solistes. De plus, les morceaux sont composés avec justesse, brio, et ont comme dénominateur commun la richesse des harmonies. Sur le plan vocal, le groupe s'est doté de choeurs chatoyants, venus arrondir les puissantes et toniques envolées de Sara Squadrani. Ainsi, eu égard à sa tessiture vocale au bel équilibre et grâce à ses modulations d'une maîtrise absolue, la jeune diva nous introduit élégamment dans le royaume des déesses du metal.

Une réelle évolution se fait sentir quant à la qualité du travail de studio par rapport à leur précédent opus. En effet, les arrangements sont plus soignés, les enchaînements s'avèrent plus minutieusement réalisés et le relief acoustique apparaît plus dense. Ainsi, les parties vocales sont mises en exergue. Ce qui permet alors d'apprécier la finesse d'écriture des textes, dont l'un est rédigé en italien.

Les morceaux s'enchaînent rapidement et ne nous laissent que peu de temps pour souffler. La sculpturale rythmique d'ensemble se fait souvent véloce, parfois changeante, jamais inexistante. Aussi, elle capte notre attention tout en taquinant habilement nos émotions. De plus, l'opus se plaît à abonder en palpitants soli de guitares et de claviers. Pénétrons alors dans l'enceinte de ce royaume pour toucher du doigt les trésors qu'il renferme.

Assez rapidement, les morceaux à la fois mélodiquement les plus lumineux et techniquement les mieux dessinés s'imposent d'eux-mêmes. Au coeur de cet écrin de pierres précieuses, quelques diamants se détachent, scintillant de mille feux.

Dès le début, à la manière de Rhapsody, le décor instrumental est planté. Grandiose entame orchestrale, le progressif "Struggle For Life" donne le ton et déjà le sentiment que l'on va assister à un spectacle musical de grande ampleur. S'ensuit immédiatement le puissant "To The Master of Darkness", qui ne démentira pas cette impression. Sur un taping frénétique se calent à la fois une riche orchestration, des choeurs enveloppants et de magmatiques impulsions vocales d'une sirène enjouée. Changements de tonalité et de rythme, breaks en embuscade suivis d'explosives reprises, soli de guitares et de claviers se faisant écho, rien ne manque dans cette pièce de théâtre instrumentale. A la manière d'Epica, forts d'un environnement orchestral colossal et bien inspiré, les refrains s'installent alors confortablement sur de somptueuses nappes harmoniques. Tout aussi roboratif, le complexe titre éponyme de l'album nous plonge dans un océan de saveurs instrumentales. Pénétrant, tranchant, époustouflant, ce titre hypnotique soigne particulièrement ses enchaînements et ses soli. De son côté, la voix de la diva s'inscrit parfaitement le long d'un chemin mélodique impérial et clôt le titre par un final à la fois subjuguant de justesse et éclaboussant de puissance. Enfin, parmi les hits de cet opus, se place l'incandescent "Through my Veins". Là encore, on suit les saltos vocaux de Sara avec délectation le long d'une rivière harmonique insolente de brio.

Par ailleurs, le groupe a également su jouer la carte de l'émotion. Et le grain de voix de la jeune italienne n'est pas étranger à ce sentiment. Sur le mélodieux "All That Is True", celui-ci se fait soudain plus clair, aérien, ondulant, avec quelques touchantes fêlures. En parallèle, l'orchestration nous invite d'abord à une douce ballade pour progressivement se muer en un ouragan rythmique dévastateur. Sous l'impulsion de choeurs en fusion, le tempo s'accélère, la puissance instrumentale s'intensifie et les dix minutes de ce morceau finissent en apothéose.

Au sein de la galerie, on ne pourra pas manquer "Hope Dies Last", la fresque de l'opus, celle-ci venant clore une oeuvre qui, à aucun moment, ne vient entraver notre plaisir. On a alors le sentiment de s'immerger dans un bain orchestral aux doux remous de la trempe de Rhapsody. Sur près d'un quart d'heure, la magie opère, en tapinois d'abord, avec emphase, ensuite. De jolies nuances de tonalité parsèment certains passages alors qu'un profond relief acoustique imprègne l'espace sonore de cet imposant tableau. Sont également mis en lumière de savants contrastes entre une respectable puissance instrumentale et une fragile et fondante impulsion vocale. Enfin, de magnifiques soli achèvent de nous convaincre du talent des prodigieux musiciens de ce combo.

On ressort de cet album conquis, avec l'irrépressible envie de le réécouter pour en apprécier davantage toute la teneur. Cette impression tient en partie à un propos musical subtil, complexe, flamboyant, et qui témoigne d'une épaisseur artistique indéfectible. Dans un même mouvement, l'oiselant message que délivre cet opus imprègne nos sens, fait preuve d'une grande authenticité et nous convie irrésistiblement à la table de la diva. On a alors le sentiment de déambuler dans les allées d'une royale atmosphère insufflée par une pure merveille de power symphonique.

Les amateurs de power symphonique et de metal symphonique en général y trouveront matière à satisfaire leurs aspirations les plus profondes. Grâce à ce louable album, le groupe pourra même prétendre élargir le champ de son auditorat à tous ceux que le metal à chant féminin peut intéresser. Nul doute que ces jeunes surdoués n'en resteront pas là et qu'ils continueront à alimenter de nouvelles productions autant qu'à parcourir les scènes du monde entier. Bref, une totale réussite qui fera date dans l'histoire musicale du groupe et qui pourra figurer en bonne place dans toute cd-thèque de metal symphonique à chant féminin.



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TheTenth - 11 Septembre 2014: J'ai découvert Ancient Bards avec le deuxième album, alors je me suis dit autant acheter le premier aussi. Et la voix m'a vraiment laissé sur le c.. Ecoutant beaucoup de chant lyrique dans le métal sympho, avoir une voix qui a du punch et de la puissance brute j'ai adoré. Je ne suis pas d'accord par contre sur les influences Epica ou Nightwish, certes dans le même genre général, mais version musique de film et/ou métal extrême pour les premiers et romantique / dépressif pour les deuxièmes. Rien de celà ici, juste du gros power avec des ambiances de ci de là.
ericb4 - 11 Septembre 2014: @TheTenth : Je comprends ton point de vue. On est plus proche de Rhapsody que des deux autres formations concernant l'économie-même de cet album, on est d'accord. Simplement, les lignes mélodiques suivies par le combo, par leur redoutable précision, rappellent par moments celles de Nightwish, comme sur Oceanborn. Mais tacitement seulement, sans coller aux voies stricto sensu déjà tracées par le groupe finlandais. Sans parler de l'univers sympho propre à Nightwish, bien entendu, puisque le combo italien s'en démarque par un son power bien marqué et qui en fonde son identité. Quant à l'influence d'Epica, elle ne semble pas évidente à première vue, mais l'architecture rythmique et le côté grosse production que l'on observe assez souvent sur cet opus peuvent faire penser à quelques titres du groupe néerlandais, notamment sur ceux contenus dans "The Divine Conspiracy". Les parties instrumentales qu'il contient suivent un même plan d'organisation rythmique. Sans pour cela les rapprocher au point d'en faire une pâle caricature, le groupe italien ne s'est pas laissé embarquer dans cet espace symphonique sans réagir. Il le fait de bien belle manière en sachant conjuguer tous ces courants d'influences, tout en préservant son étiquette power d'obédience symphonique qui en fait sa singularité.
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Chronique @ Sken

09 Juin 2013

Un disque de grande qualité

Un an à peine après la sortie de "The Alliance Of Kings", les italiens d'Ancient Bards rempilent pour un nouvel album chez le label Limb Music. Ce "Soulless Child" est tout naturellement la suite du premier "The Alliance Of Kings" poursuivant de ce fait la saga de l'épée de cristal noir. Après un premier essai tout à fait convaincant, une certaine attente se fait donc ressentir vis-à-vis de ce nouvel opus.

Niveau artwork, si le premier album, à l'image de son titre, mettait en avant le pourpre et l'armure des rois, cette suite nous offre un dessin bien plus sombre mais toujours concordant puisqu'elle nous présente un homme tenant dans ses bras un enfant mort.

Ce second opus ne marque pas de rupture ou de changement de style, le sextet évolue évidemment toujours dans ce power symphonique/épique mais des améliorations diverses sont à noter. Les instrumentations sont de meilleure qualité et laissent transparaître un souffle épique certain. Sur des morceaux tels "Gates Of Noland" ou le très entraînant "Valiant Ride" qui transcrit à merveille l'urgence dont il traite, ils s'avèrent particulièrement convaincants.

De même, la performance vocale de Sara Squadrani apparaît meilleure que sur le précédent album. Si la demoiselle possède toujours ce timbre si déroutant (notamment dans les aigus) elle arrive à mieux faire passer des émotions dans les passages les plus calmes, révélant ainsi une autre facette de son chant. La première partie très poignante de "All That Is True" en est le parfait exemple.

Le groupe semble globalement mieux maîtriser ce qu'il fait, les morceaux les plus longs sont variés et ne perdent pas l'auditeur en route, à l'image d'un "Soulless Child" ou d'un "To The Master Of Darkness" très cohérents. On a même le droit à un titre très percutant, véritable hit de cet album, l'excellent "Through My Veins" où la voix de Sara répond à un chant écorché masculin inattendu, donnant au morceau une vigueur et une puissance jouissives.

Enfin et ce n'est pas le plus mince des exploits, Ancient Bards arrive à se libérer partiellement de son influence principale, Rhapsody. A l'écoute de cet album, plus personnel, le rapprochement avec l'aîné italien est moins flagrant que sur le premier opus. Même si à l'image d'un "Dinanzi Al Flagello" ou du pavé final "Hopes Die Last", son ombre reste présente.

Essai transformé donc pour Ancient Bards qui non seulement confirme les espoirs suscités par son premier album mais s'émancipe également de ses influences pour livrer un disque de grande qualité. La maturité du jeune combo italien fait plaisir à voir et n'annonce que du positif en vue de la suite de sa carrière, une suite peut-être aussi épique que la musique qu'il pratique.

My Arms Get Stronger And Stronger
With Every Breath I Take
I Feel The Power Of This Sword
Through My Veins

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loupgerfaut - 09 Juin 2013: Parfaitement d'accord avec cette chronique, et je dois reconnaitre que je suis impatient de découvrir la suite de leur projet.
darthangel - 29 Juillet 2013: La chanteuse est en progrès vocalement. Les aigus sont moins désagréables que précédemment. Le hic c'est qu'elle cherche à monter parfois trop haut... Ce qui ne lui réussit pas forcément.
mhorgh62 - 08 Fevrier 2014: Une sorte de Rhapsody mais avec une chanteuse! :) C'est vraiment bien foutu! :)
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