Origine: The Black Crystal Sword Saga Part 2

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Nom du groupe Ancient Bards
Nom de l'album Origine: The Black Crystal Sword Saga Part 2
Type Album
Date de parution 25 Janvier 2019
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 Origine
 02:15
2.
 Impious Dystopia
 05:41
3.
 Fantasy’s Wings
 04:51
4.
 Aureum Legacy
 05:42
5.
 Light
 04:43
6.
 Oscurità
 06:20
7.
 Titanism
 05:09
8.
 The Hollow
 03:31
9.
 Home of the Rejects
 03:57
10.
 The Great Divide
 14:48

Bonus
11.
 Eredità Aurea
 05:42

Durée totale : 01:02:39


Chronique @ ericb4

05 Janvier 2019

Un retour sur des chapeaux de roues à l'aune de ce quatrième et dantesque mouvement...

Après deux années de silence radio, d'aucuns n'étaient pas loin de penser le groupe italien à bout de souffle, voire à jamais effacé du paysage power symphonique à chant féminin. Et ce, en dépit de leur forte implication, en 2015 et 2016, sur la scène metal internationale (Wacken Open Air, Made of Metal, Metal Female Voices Fest...). Ce serait faire fi du graduel rayonnement en live et de l'extrême ténacité du collectif trans-alpin, ce dernier ayant d'ailleurs fait évoluer son projet, et cela, au point de caresser l'espoir de faire désormais partie des valeurs confirmées de ce concurrentiel registre metal. Quelques treize années suite à sa fondation, le talentueux et prolifique combo reviendrait même plus boosté que jamais dans les rangs, déjouant ainsi ce pessimiste pronostic. Et ce, à l'aune de ce quatrième opus de longue durée dénommé « Origine - The Black Crystal Sword Saga Part 2 », sorti tout comme ses aînés chez Limb Music ; galette généreuse de ses 62 minutes où s'égrainent sereinement 11 pistes à la fois diablement vivifiantes, éminemment pénétrantes, un brin romantiques, dans la lignée atmosphérique de ses illustres prédécesseurs.

S'il n'a nullement tourné le dos à son passé, à commencer par ses thématiques originelles - ses textes nous plongeant à nouveau dans moult légendes nordiques et autres histoires japonaises -, le sextet rital insufflerait parallèlement un zeste de maturité supplémentaire et un regard un tantinet alternatif à son message musical. Par ailleurs, si elle se cale sur une architecture similaire aux précédentes cuvées, démarrant, elle aussi, par un bref et classique instrumental, alternant up, mid et low tempi, et finissant par une dantesque pièce en actes, la nouvelle offrande fait montre de quelques séries de notes inédites et d'une mélodicité plus exigeante et nuancée que naguère. Aussi, suivons nos six gladiateurs dans cette aventure, à savoir : le fondateur et claviériste Daniele Mazza ; la frontwoman aux puissantes inflexions Sara Squadrani ; le bassiste Martino Garattoni (Ne Obliviscaris, The Chronicles Project) ; le batteur Federico Gatti (Carnality, Wind Rose) ; le guitariste Claudio Pietronik (ex-Black Wings) et, plus récemment, le guitariste et growler Simone Bertozzi (Arcana 13, Empyrios, Undead, ex-Gory Blister, ex-The Modern Age Slavery). Une équipe de choc nous accueille donc à bord du vaisseau amiral...

A l'instar d'un puissant « The Alliance of the Kings » (2009), d'un flamboyant « Soulless Child » (2011) et d'un galvanisant « A New Dawn Ending » (2014) aux influences Rhapsody bien marquées, chacune des plages de cette nouvelle livraison nous immerge dans un univers power mélodico-symphonique à la fois épique, racé et frissonnant. De plus, le cadet des quatre méfaits témoignerait, lui aussi, d'une féconde inspiration de leurs auteurs, d'un enregistrement d'excellente facture, d'un mixage parfaitement équilibré entre lignes de chant et instrumentation, et surtout d'un souci permanent du détail de production. Ce faisant, la plantureuse rondelle nous octroie une saisissante profondeur de champ acoustique tout en ne concédant que fort peu de sonorités résiduelles, offrant ainsi un confort auditif suffisant pour aller jusqu'au terme de notre périple. Une pratique aussi fédératrice que rigoureuse dans son principe d'émission, à laquelle la valeureuse troupe nous avait déjà accoutumés, et qui a contribué à magnétiser le tympan plus que de raison...


Conformément à ses aspirations premières, l'inspiré sextet distribue sans compter ses coups de boutoir, générant alors bien souvent un headbang bien senti. Ainsi, dans la lignée d'un « Soulless Child », s'imposeront d'un battement de cils l'impulsif up tempo « Impious Dystopia » tout comme le vitaminé « Oscurità ». Mis en relief par les toniques impulsions de la déesse, elles-mêmes corroborées par d'ombrageux growls et une muraille de choeurs samplée, et tous deux alimentés par un riffing aussi massif qu'acéré et doublé d'un vibrant tapping, ces brûlots se dotent chacun d'un soufflant solo de guitare et de moult variations rythmiques. Et comment ne pas se sentir transporté par « Titanism », échevelant effort symphonico-cinématique infiltré par une basse vrombissante et foisonnant en changements de tonalité ? Bref, trois épiques et pulsionnels manifestes coulés dans le béton et qui nous amènent à renouer avec l'adn power symphonique propre à nos six belligérants.

Parfois, le propos se fait techniquement plus complexe, nos compères se plaisant alors à ouvrir le champ des possibles atmosphériques tout en parvenant sans l'ombre d'une difficulté à nous rallier à leur cause. Aussi sera-t-on irrémédiablement aspiré tant par le caractère enjoué qu'au regard du sémillant cheminement d'harmoniques transpirant par tous les pores du tempétueux « Fantasy’s Wings ». A mi-chemin entre un Nightwish estampé « Immaginaerum » et un Epica millésimé « The Quantum Enigma », cette grisante piste heavy symphonico-progressif en l'âme se pare, en prime, d'un rutilant solo de guitare que n'aurait nullement renié Lanvall (Edenbridge). Dans cette dynamique, et en dépit de ses innombrables frasques techniques, on ne pourra se soustraire ni aux truculents et intrigants gimmicks ni à l'onde de choc insufflée par d'intarissables frappes sèches de fûts coulant du dévorant « Home of the Rejects ». Un vibrant effort, s'il en est...

Par ailleurs, dans une visée foncièrement cinématique, nos six mousquetaires ont également orienté leur propos vers de sémillants espaces d'expression semi-instrumentaux. D'une part, c'est à contre-courant de nombre de ses homologues que le groupe italien ouvre les hostilités, et cela, à l'aune de la ''nightwishienne'' et prégnante entame « Origine ». Ainsi, si l'éveil orchestral s'effectue en douceur et s'avère convenu, sous couvert d'arrangements passés au peigne fin, le récitatif masculin en voix de gorge qui s'y agrège se fait, quant à lui, des plus pénétrants sur l'élégant et aérien mouvement. Dans cette lignée, on retiendra « The Hollow » eu égard à des arrangements dignes d'une grande production hollywoodienne. Parallèlement à un convoi instrumental qui n'a de cesse de se densifier et de nous envelopper, on sera happé tant par la majesté que par la puissance de choeurs évoluant à l'unisson. Autre corde à l'arc, et non des moindres, à mettre à l'actif du groupe.

Lorsqu'elle ralentit un poil la cadence de ses frappes, la troupe continue à nous surprendre par sa faculté à insuffler ces séries d'accords qui vous resteront suffisamment gravées en mémoire pour ne plus en ressortir. Ce qu'illustre précisément « Aureum Legacy », truculent mid tempo aux entêtants et ''delainiens'' refrains, jouissant d'une sente mélodique des plus immersives et de saisissantes montées en puissance du corps orchestral. Bref, un hit en puissance concocté par la formation italienne, sublimé par les fines modulations de la maîtresse de cérémonie et enrichi d'enveloppantes nappes synthétiques, poussant le chaland jusqu'au total enivrement de ses sens. Chapeau bas.

Que les amateurs de moments intimistes se rassurent, la bande des six leur aura concocté de caressantes portées, disséminant alors leurs mots bleus les plus sensibles. Aussi, ne pourra-t-on éluder « Light », ballade romantique jusqu'au bout des ongles adossée à une ligne mélodique d'une précision d'orfèvre et au fort impact émotionnel. Magnifié par les chatoyantes patines d'une interprète touchée par la grâce, doté de délicats arpèges au piano et d'un fin legato à la lead guitare, l'instant privilégié aux faux airs de « In My Arms » fera plier l'échine à plus d'une âme rétive.

Mais c'est surtout à la lumière de ses pièces en actes d'obédience symphonico-progressif que le club des six exploite plus volontiers son potentiel et qu'il semble plus largement encore bousculer la concurrence, d'où qu'elle vienne. Ainsi, à l'instar des trois volets (« Farewell Father » ; « Teardrop » ; « Il Grande e Forte Impero ») se succédant sur le corpulent « The Great Divide », le combo italien illumine l'espace sonore de sa charismatique empreinte oratoire et envoûte par les frissonnantes et innombrables ondulations de son corps orchestral. Au même titre qu'un dantesque « Hope Dies Last », au regard de ses sémillants harmoniques et de la multiplication de ses coups de théâtre, l'émotion sera au rendez-vous nos attentes. C'est dire que cette fresque imposera ses 15 minutes d'un spectacle épique, à la coloration opératique et cinématique, fort en contrastes vocaux et rythmiques, abondant en effets de surprise, que pourraient bien leur envier Nightwish ou Epica. Sans nul doute l'une des pépites de l'opus...


Résultat des courses : à la lumière de cette flamboyante et magnétique livraison, plus que de confirmer le potentiel pressenti lors de ses précédentes offrandes, la formation italienne ira jusqu'à le sublimer. C'est dire que les cinq longues années séparant cet opus de son aîné se voient récompensées par un message musical aussi émouvant que palpitant, sans fausse note ni baisse de régime, poussant à une irrépressible remise du couvert aussitôt la dernière mesure envolée. Pourvu d'une éblouissante technicité instrumentale, abondant en effets de contrastes, et témoignant d'un zeste de maturité compositionnelle supplémentaire, ce luxuriant manifeste renseigne également sur les progrès réalisés par la talentueuse frontwoman.

Eminemment diversifiée sur les plans atmosphérique, rythmique et vocal, dotée de lignes mélodiques plus nuancées aujourd'hui qu'hier et non moins accrocheuses, sous couvert d'une rutilante ingénierie du son, la quatrième pièce du puzzle pourrait bien contribuer à l'élargissement de la fanbase du combo. Bien plus abouti que « The Alliance of the Kings », tout aussi magnétique que « Soulless Child » et non moins racé que « A New Dawn Ending », le dernier bébé serait même de nature à propulser définitivement le collectif trans-alpin parmi les valeurs de référence du power symphonique à chant féminin. Du moins, on ne peut que le lui souhaiter...

Note : 17,5/20

1 Commentaire

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MacedonianKing - 05 Janvier 2019:

Il faudra que je l'écoute celui-là. Après avoir découvert le groupe avec le très bon "Souless child", j'avais été légèrement déçu par un " a new dawn ending" un peu moins inspiré. Mais ce sont des musiciens talentueux, un style que j'apprécie et le titre "Impious Dystopia" me semble prometteur. 

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