A New Dawn Ending

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17/20
Nom du groupe Ancient Bards
Nom de l'album A New Dawn Ending
Type Album
Date de parution 25 Avril 2014
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album51

Tracklist

1. Before the Storm 01:39
2. A Greater Purpose 07:55
3. Flaming Heart 06:52
4. Across This Life 04:31
5. In My Arms 05:25
6. The Last Resort 06:06
7. Showdown 12:48
8. In the End 05:11
9. Spiriti Liberi 04:49
10. A New Dawn Ending 16:37
Total playing time 1:11:53

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Ancient Bards

  • Before the Storm | Ancient Bards
  • A Greater Purpose | Ancient Bards
  • Flaming Heart | Ancient Bards
  • In My Arms | Ancient Bards
  • The Last Resort (feat. Fabio Lione) | Ancient Bards
  • Showdown | Ancient Bards
  • In the End | Ancient Bards
  • Spiriti Liberi | Ancient Bards
  • A New Dawn Ending | Ancient Bards


  • Chronique @ ericb4

    04 Octobre 2015

    A l'aune de cette onde de choc, le sacre du combo italien devient réalité...

    Il est des instants dont on se souvient et qui continuent à nous imprégner des années après nos premiers émois. C'est ainsi que le groupe de power symphonique italien nous encense de ses vibes depuis plus de cinq ans déjà. Après une discrète démo, le projet a commencé à prendre de l'ampleur, la valeureuse équipe ayant alors sculpté un premier album full length, regorgeant d'énergie et de suaves harmonies, intitulé : « The Alliance of the Kings » (2010). Mais, c'est surtout à la lumière de « Soulless Child » (2011) qu'ont frappé plus largement les gammes et les arpèges du doué combo riminien, celui-ci ayant ainsi concocté un album aussi flamboyant et authentique qu'enivrant et diversifié. Suite à un bref split, le collectif décide alors de revenir en force, à l'aune de « A New Dawn Ending », prêt à répondre aux assauts de ses homologues stylistiques, venant ainsi défier dans une même cour Against Myself, Delain, Xandria, Diabulus In Musica, Sirenia, voire Amberian Dawn ou encore Imperia. Avec de telles aspirations, à quel spectacle va-t-on être convié ?

    Le quintet mené par l'émérite mezzo-soprano Sara Squadrani a échafaudé une œuvre éminemment ragoûtante, intensément vitaminée, roborative et sensible, inscrite dans la lignée atmosphérique de sa précédente production sur le plan des compositions. Avec un souci permanent de lignes mélodiques épurées de toute note parasite, les titres s'enchaînent de façon cohérente, ménageant le plaisir de la découverte, chacun faisant montre d'une étonnante diversité des formes. Et ce, à l'instar de rythmiques variées, d'un riffing nuancé et de parties techniques toujours aussi bien inspirées, opportunément positionnées, les soli et ponts étant loin d'être rares et sans saveurs. Une place non négligeable a été laissée au déploiement de choeurs, agissant tels une déferlante qui, rarement, desserre l'étreinte. Quant aux paroles, elles témoignent d'un beau jeu d'écriture d'inspiration mythologique où les déités de tous bords abondent. Elles ne sont pas sans rapport avec le caricatural et sobre artwork de la jaquette d'obédience fantastique où deux dieux se font face, prêts à en découdre.
    La production, dans son ensemble, tout comme pour le précédent full length, nous fait profiter d'une qualité d'enregistrement de fort bonne facture, où les détails techniques et les finitions ont été passés au crible afin d'éliminer toute saturation ou grésillement inconfortable. De plus, le mixage a été peaufiné pour que lignes vocales et sections instrumentales soient parfaitement équilibrées entre elles dans l'espace sonore. On comprend, dès lors, que les conditions d'écoute s'avèrent quasi optimales pour nous faire traverser cet océan limpide à la profonde agitation intérieure.

    L'opus se parcourt comme un film, avec ses moments de félicité, ses rebondissements, ses frasques, une action mouvementée mais sachant cultiver quelques instants romantiques. Un travail minutieux lié à l'élaboration de cette offrande nous permet de suivre sans encombres un ruban auditif de plus de soixante-dix minutes, où se succèdent onze pistes de durées variables, dont deux fresques monumentales. Le plus souvent, l'environnement percussif est martelant, suivant un tempo plutôt alerte, la basse se fait vrombissante et les riffs corrosifs, non sans rappeler Against Myself, ou encore Anaria. Pénétrons sans plus attendre au cœur de ce message musical, à commencer par les moments power symphonique pur qui sont la marque de fabrique du combo transalpin.

    Démarrons le voyage par la mise en bouche instrumentale avant de plonger dans les entrelacs power ô combien revigorants et sinueux de la rondelle.
    Ainsi, des nappes synthétiques nous préparent à l'événement qui va s'ensuivre à l'aune de la laconique entame « Before the Storm », qui nous place dans une soyeuse atmosphère aux fines nuances mélodiques. Par un bel enchaînement, on pénètre ensuite dans les entrailles d'une première et magmatique plage, au tapping martelant, dotée de choeurs enveloppants et placides, à l'instar de « A Greater Purpose ». Majestueux et diluvien, ce titre épique déploie ses huit minutes chevaleresques aux subtiles variations de tonalité tout en suivant un cheminement mélodique invitant, non sans faire penser à Anaria. Un fulminant solo de guitare ravit le tympan, tout comme la patine vocale vivifiante de la maîtresse de cérémonie, habillant savamment couplets et refrains dans une orgasmique atmosphère. Et, le combo marque rapidement ses premiers points. Tout aussi rythmiquement fouettant, son voisin de bande, « Flaming Heart », aux riffs acérés, à l'empreinte symphonique bien marquée, livre de sensuels couplets, savoureusement mis en exergue par une Sara bien investie, sachant arrondir ses modulations sans se départir de sa puissance oratoire naturelle. Et ce, non sans rappeler Against Myself, avec une pointe de Sirenia dans les allonges instrumentales. Tel un mur indéfectible, les choeurs envahissent la piste afin d'escorter la sirène comme il se doit, densifiant l'espace vocal d'un cran. Un break vocal permet à un solo de guitare, signé Claudio Pietronik, de libérer avec brio sa sauvage empreinte, prestement rejoint par une chorale en liesse, évoluant crescendo. A la belle de prendre le relai, le long d'un parcours aux harmoniques diablement bien calées. L'adhésion à cette plage richement ornée s'opère au fil des écoutes sans plus nous lâcher d'un iota, les fines ciselures de la ligne mélodique n'étant pas étrangères à cet état de fait. De son côté, très tonique, « In the End » délivre avec exubérance sa couverture synthétique et un tapping mordant. Evoluant de concert, l'interprète et les choeurs s'unissent pour nous envoûter de leurs impulsions vocales. On tendrait parfois à perdre le fil du chemin mélodique, mais ce n'est là qu'illusion. Dans l'ombre des morceaux sus-cités, il n'en recèle pas moins son lot de moments vitaminés incitatifs au headbang. Dans cette mouvance, mais avec davantage de facilité d'accès, des riffs échevelés et une rythmique frondeuse nous installent sur « Across This Life ». Titre aux nuances de tonalité relevées par une chorale épaisse, sachant déployer une incandescente ambiance sans sacrifier son tracé harmonique, loin s'en faut. La déesse élargit son spectre vocal avec beaucoup de maîtrise, rarement éprouvé jusqu'alors, rendant ainsi les refrains catchy et rajoutant, dès lors, un supplément de salinité à une pièce qui pourtant n'en manquait pas.

    Le combo a su également tempérer les ardeurs d'un tempo jusque là effréné. Aussi, il n'a pas failli à son offre de mots bleus, comme il sait si bien le faire, à l'instar de moments intimistes inaliénables. Dans ce sillage, on ne résistera pas bien longtemps à l'ambiance feutrée de la somptueuse ballade « In My Arms ». Couplets et refrains s'enchaînent à merveille, la déesse témoignant d'un filet de voix des plus romantiques, à la fois délicat et chatoyant, avec un zeste d'intensité, pour capter nos sens et s'enquérir de nos âmes, même les plus rétives. La formule magique du succès est assurément contenue dans ce gemme qu'on ne tarde pas à se repasser, ne serait-ce que pour voir si la sauce continue de prendre. Pas de doute, l'émotion ne tarit pas au fil des écoutes. On comprend qu'on est face à un hit en puissance dans un registre tamisé aux saveurs délicatement acidulées dont on ne se lasse pas. Mais, le groupe ne s'est pas arrêté là. Autre ballade, à la rythmique un poil plus soutenue, « Spiriti Liberi » se révèle, elle aussi, délicieuse, densément peuplée, suivant un cortège instrumental souriant, à l'énergie savamment contenue. S'insinue un alerte et émoustillant picking, renseignant sur le haut degré de technicité du guitariste soliste. On ne restera pas de marbre non plus sous le joug du délicat vibrato assorti d'ondulations ouatées d'une Sara au sommet de son art. Exercice réussi de main de maître, qui rappellera le second opus du combo, dans ce compartiment.

    Comme pour conjurer la routine d'un classicisme auquel on aurait risqué d'être confronté, le groupe a diversifié son offre, veillant à étoffer son arsenal artistique. A ce dessein, il a basé une partie de son œuvre sur une combinaison de talents, à l'aune d'un confondant duo mixte. Ce faisant, il s'est montré entraînant, sans user de trop de puissance percussive, tout en conservant une instrumentation pléthorique et des choeurs qui ne le sont pas moins. Ainsi, « The Last Resort » nous place sur un parcours épique, où Sara partage le micro avec Fabio Lione (Rhapsody Of Fire, Angra), pour un duo prégnant et convolant à l'unisson, avec subtilité et un certain souci du détail. Et ce, au fil d'un parcours sinueux, à l'orchestration quasi ostentatoire, sachant néanmoins rompre la monotonie d'une rythmique à la régularité jusqu'alors pendulaire. L'instant devient dantesque lorsque les choeurs rejoignent l'heureux couple, pour finir crescendo. Pas de doute, on est soufflé par la prestation d'ensemble et on remettrait le couvert sans hésitation, pour jouir encore un peu de l'instant affriolant.

    C'est enfin dans le registre complexe des fresques que le collectif a également misé ses espoirs de nous rallier à sa cause, selon deux options différentes mais ayant pour point commun de privilégier la diversité atmosphérique. Exercice auquel il nous avait déjà habitués lors de ses précédents méfaits et qui lui ont plutôt réussi.
    D'une part, découvrons « Showdown », morceau de pas moins de treize minutes, d'une épaisseur artistique avérée, nous imprégnant de caressantes inflexions de la diva. La section rythmique use de nombreuses variations, assistée d'un tapping assassin, d'un riffing mesuré, de choeurs inaliénables, au fil d'une piste techniquement complexe, parfois déroutante, mais jamais dénaturée de sa substance harmonique. Un break se cale opportunément, dessiné par de fines ondulations oratoires de la belle, prestement rejointe par une ombrageuse présence des choeurs. Soli de guitare et au synthé dispensés avec maestria se succèdent avec précision, avant que la sirène ne prenne le relai et que les arrangements ne témoignent d'une patte experte pour nous octroyer des effets d'orchestration saisissants, dans l'esprit d'Epica. Une telle pièce est à appréhender dans son jus et à laisser mûrir au fil des écoutes. La mayonnaise finit, là encore, par prendre.
    D'autre part, dans son écrin, s'illumine tel un diamant « A New Dawn Ending », phénoménale fresque où les effets de surprise ne manquent pas à l'appel. A la fois outro et titre éponyme de la goûteuse galette, ce titre dépassant le quart d'heure a relevé le défi de nous retenir tout le long. Et il y parvient, sans même avoir à forcer le trait. Rythmique en mid tempo partiellement syncopée, riffs rétractiles, couplets affinés et refrains nuancés sont au programme, au sein desquels se déverse une onde vibratoire couplant la vocaliste soliste et la chorale, cette dernière déployant une envergure difficile à délimiter et à contenir. Le résultat est stupéfiant d'emphase orchestrale et de précision dans les accords, l'ensemble oral naviguant en symbiose, pour nous inviter à suivre le cortège instrumental dans de parfaites conditions, et ce, non sans rappeler Sirenia. Massifs, pénétrants, tranchants, les choeurs déchirent l'espace sonore de leur présence, quand un growler caverneux se fraye soudain un chemin. A la belle de nous ravir le tympan par une reprise sur le refrain, renforcée par la poignante escorte vocale. On ne peut que saluer un remarquable travail de cohésion globale, pour faire de ce titre une pièce d'orfèvre. Morceau gourmand dont on ne sort pas avant d'avoir une dernière fois goûté à un ravissant solo de guitare, à une cavalerie rythmique affranchie de toutes contraintes, ne manquant pas de nous happer, avant la clôture, octroyée par une judicieuse combinaison de voix et d'instruments. Le spectacle s'achève dans une magmatique atmosphère.

    Trois ans après « Soulless Child », on l'attendait de pied ferme, ce troisième full length. Et, force est de constater que le combo italien n'a pas plaint sa peine, ni faibli dans son élan d'inspiration pour nous livrer son lot de moments d'extase et pléthore de passages techniques éprouvés. En outre, une présence plus marquée des choeurs témoigne d'une évolution de l'architecture du message musical du groupe. On détient donc un album qui a tenu toutes ses promesses, et même un peu plus. Moins immédiatement accessible que son prédécesseur, cet opus n'en demeure pas moins solide dans sa structure rythmique et réjouissant dans son champ harmonique. C'est dire que, pour en dompter tous les tenants et les aboutissants, plusieurs écoutes attentives peuvent s'avérer nécessaires. A cette condition, on entrera véritablement en communion avec les éléments, habilement insufflés par la troupe, pour ne plus s'en détacher. Une qualité de production globale tout à fait satisfaisante, une diversité atmosphérique et vocale du propos plus étoffée que par le passé, quelques prises de risques, notamment sur les fresques, font de cette œuvre un autre incontournable message musical signé par le groupe.

    Ainsi, les aficionados, en nombre croissant, de nos jeunes prodiges italiens s'y retrouveront. Pour les amateurs de metal symphonique à chant féminin clair, ils pourront compter sur les talents conjugués de ce fringant combo pour offrir de nouvelles friandises à leurs tympans exigeants. Au-delà, pour ceux qui ne se sont pas encore aventurés à l'exploration de leurs œuvres passées, ils pourront probablement se laisser sustenter à leur tour par leurs gammes et leurs arpèges. Autrement dit, avec un tel bagage tissé sur à peine cinq ans, Ancient Bards fait assurément partie des groupes de cette obédience à retenir pour venir se greffer dans toute cd-thèque metal symphonique qui se respecte. On le comprend d'autant mieux que, désormais, nos acolytes commencent à fouler le sol de la cour des grands, au même titre que leurs homologues stylistiques désormais reconnus comme formations ascendantes, voire majeures. Et, ce troisième full length ne pourra que renforcer cette impression...

    6 Commentaires

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    Flandre - 06 Octobre 2015: Une Chronique conséquente et tellement bien argumentée! Merci Ericb4. Nos bardes italiens ont frappé un grand coup avec ce 3eme album! L'élève (Sara)aurait - elle dépassé le maître (Fabio) ?
    ericb4 - 07 Octobre 2015: Merci! Un bien bel album, en effet, qui marque une convaincante évolution du projet. Sara a bien progressé sur ses lignes de chant, tout comme les musiciens, déjà très doués. Et puis, le rôle conféré aux choeurs, repris aujourd'hui par un nombre croissant de groupes, donne une dimension plus épique encore au propos. Mais jusqu'où iront-ils ?...
    SilverClimber - 11 Juillet 2016: Très belle chronique qui explore tous les aspects de cet album avec beaucoup de détails et de précision. Je découvre, ce groupe avec cet album, et force est de constater qu'il sort du lot des "groupes de sympho à chanteuses". Beaucoup de travail, de sensibilité et un son qui leur est propre !
    ericb4 - 11 Juillet 2016: Merci tant pour le compliment que pour les observations. Il s'agit-là d'un album de confirmation d'excellente facture pour le combo italien, suite à ses deux précédents et remarquables méfaits. Avec, cette fois, un zeste de maturité supplémentaire concernant le déploiement des orchestrations et plus de nuances eu égard aux volutes oratoires de Sara. Bref, un groupe qui devrait progressivement trouver sa place parmi les cadors du metal symphonique à chant féminin...
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