Sign of the Hammer

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Manowar
Nom de l'album Sign of the Hammer
Type Album
Date de parution 15 Octobre 1984
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album444

Tracklist

1. All Men Play on 10 03:54
2. Animals 03:35
3. Thor (the Powerhead) 05:22
4. Mountains 07:40
5. Sign of the Hammer 04:16
6. The Oath 04:50
7. Thunderpick 03:33
8. Guyana (Cult of the Damned) 07:06
Total playing time 40:33

Chronique @ largod

19 Mars 2012

Le marteau sans la faucille

En début d’hiver 1984, ils reviennent. Un deuxième album en moins d’un an de la prolifique bande de guerriers au service du True Metal. Après un été glorieux pour le football français durant lequel Michel Platini enfila les buts plus somptueux les uns que les autres, lors d’un Euro de football ne parvenant pas à nous faire complètement oublier la cruelle désillusion de Séville deux ans plus tôt. Après un été lui aussi marqué par les sorties d’albums des nouveaux maîtres de la musique forte, Metallica et son Ride the Lightening, le Powerslave d’Iron Maiden, le Stay Hungry de Twisted Sister entre autres. Sans les traditionnelles peaux de bête ou illustrations à base d’heroic fantasy, le quatuor d’hommes de guerre propose cette fois-ci une pochette sans chichis ni fioriture. Après trois premiers albums où le visuel et la musique avaient ancré Manowar dans le power Metal, la touche très épurée de cette pochette pouvait laisser penser que l’accent allait être porté sur la musique, rien que la musique. Bingo! Les boys enfoncent le clou avec une production bien proche du « Hail to England » du printemps précédent. Beaucoup disait d’ailleurs à l’époque que ces deux albums auraient dû ne faire qu’un. J’imagine une fusion des brûlots de ces deux opus en un seul à l’époque. La faucille nous aurait sans doute sciés sur place, mais en attendant, c’est à nouveau un énorme coup de marteau sur la tête !

Lorsque l’on parle de Manowar, la notion de groupe est fondamentale. Le pilier et membre fondateur est le bassiste Joey DeMaio, géant au regard qui te fixe avec une telle force qu’il arrive à te faire faire un litre d’huile avec un noyau d’olive coincé entre les fesses. Un musicien engagé et puissant, mais également soliste faisant de manière coutumière l’étalage de son savoir-faire sur sa basse à 4, 5 ou 8 cordes, ou sa basse Piccolo, comme sur l’instrumental « Thunderpick » qui vous saisit sur cet album, pour sa diversité de technique et de son. Une sonorité de basse toujours très métallique et qui apporte ainsi la lourdeur endémique aux compositions du groupe. Pour avoir été roadie de Geezer Butler, il sait de quoi il en retourne. C’est d’ailleurs backstage d’un concert du Sabbath que Joey fait la connaissance par l’intermédiaire de RJ Dio (RIP) du second fondateur de Manowar, Ross the Boss, guitariste américain de ce magnifique combo Français Shakin’ Street, qui accueillit au tout début en son sein la future bassiste et le futur soliste de Téléphone, ainsi qu’un certain Nono… Ils scellent leur désir commun de bâtir un groupe à la puissance jamais égalée. Néanmoins, le jeu de Ross the Boss, alias de Ross Friedman, est plutôt inspiré de la période post-punk qu’il va mettre au service du heavy metal avec un certain bonheur. Après le passage rapide derrière les fûts de Carl Canedy puis Donny Hamzik, les deux compères seront rejoints pour l’album « Into Glory Ride » par le cogneur Scott Columbus (RIP), batteur puissant pas forcément le plus technique, mais qui frappera sans relâche ses peaux sur les rythmiques des principaux albums du groupe. Il fallait un vocaliste de la trempe d’Eric Adams pour délivrer les hymnes de Manowar. Ce chanteur hors pair délivre au passage une performance époustouflante sur ce « Sign of the Hammer ». Il évolue dans un registre animal, racé, lyrique voire possédé sur certains titres et donne le relief nécessaire à des morceaux de choix.

Ce second album de l’année 1984 doit s’écouter dans la continuité de son prédécesseur, certes, et aussi pour la cohésion d’ensemble des 4 musiciens qui proposent au cours de ces 8 morceaux une qualité et variété qu’ils eurent du mal à reproduire ensuite, en donnant parfois l’illusion de se répéter et de ne plus parvenir à se renouveler. Plus facile à écrire qu’à dire à ces quatre colosses en tête à tête, dois-je reconnaître. Néanmoins, Eric Adams en survolant chacun des titres arrive à hisser certains morceaux au firmament de leur discographie. Prenons « Thor, the Powerhead » qui dès son introduction donne l’indication du chef d’œuvre en puissance. Une ligne de basse de type tractopelle, une ligne de batterie fleurant bon la cavalcade de mammouths sur lesquelles viennent se greffer un riff acéré et une voix assénant l’ode au dieu Thor. Quelques chœurs lyriques et guerriers saupoudrent par instants ce morceau de bravoure, conçu pour la scène, et qui s’achève sur un hurlement guttural et tellurique d’Eric Adams, soutenu par ses trois compères. Du speed en début de face 2, pour les anciens possédant la version vinyle avec un « Sign of the Hammer » dont l’entame à la basse et à la guitare tourne au concours de celui qui sera le plus rapide sur ses cordes. Une rythmique sourde et puissante, emmenée par Joey, qui nous fait penser par moment à un Lemmy au meilleur de sa forme. La variation du chant d’Eric Adams est aussi saisissante. Alternant montées dans des aigus maîtrisés puis chant inquisiteur, ce title track rentre bien vite en tête comme si l’on venait de se nettoyer les oreilles avec deux lance roquettes. Au rayon du speed, « The Oath » déboule encore une fois soutenu par une rythmique basse/batterie dantesque. Les vocaux confinent à l’orgie pour Eric Adams, tout y passe : lyrisme, chant, cri, hurlements dans un ensemble torturé. Ross the Boss n’est pas en reste sur ces titres. Il intervient au travers de quelques soli de bonne facture et de riffs inspirés, et complètent l’impression de force dégagée par le groupe.

Manowar c’est aussi et peut être avant tout des hymnes, aux thèmes plus différents les uns que les autres. Rares sont ceux qui osent commencer leur album par un hommage à leur maison de disque. Manowar l’a fait ! Avec « All Men Play on 10 », ils tirent leur révérence à la compagnie Ten Records qui a eu assez de couilles pour signer le groupe le plus puissant de la planète. Étant quasiment les seuls à cette époque à avoir un deal de cette importance avec eux, leur affirmation un peu facile (vite, je me cache) et bâtie sur un titre lent et lourd donnait l’occasion à Eric Adams de délivrer, de sa voix claire, un chant profond, parfois presque à bout de souffle. Au rayon hymne à la ligne de basse de bombardier, on retrouve « Animals », assortie d’une gifle de batterie bien lourde. Le chant de cette œuvre de l’âge des cavernes est félin, bestial plus qu’animal. Encore une grosse performance vocale, puissante et possédée. La fin du titre en cavalcade du 7ème de cavalerie confine aux limites du délire collectif. Enfin, deux titres dépassant chacun les 7 minutes permettent à Manowar et, sans contestation possible, à Éric Adams de s’affirmer comme l’un des meilleurs vocalistes de Heavy Metal du moment. « Mountains » aurait pu aussi s’appeler « Calm Before the Storm » tant il oscille entre douceur et explosion de lourdeur. Basse et guitare soutiennent par leur feeling la démonstration d’un chanteur doué et raffiné. Ross the Boss et Joey deMaio sont eux aussi à féliciter pour un jeu d’une infinie tendresse. Le second morceau de bravoure « Guyana » revient sur les évènements tragiques du suicide collectif de la secte de Jim Jones en 1978 en Guyane Britannique. Titre magnifique où l’osmose des quatre membres de Manowar est parfaite. Rythme aux relents andalous et chant apaisé illuminent un titre lourd bien singulier dans sa construction et le ressenti de néanmoins légèreté qu’il procure. Ross the Boss laisse encore libre cour à son imagination.

Brillant témoignage de ce que Manowar aura produit de mieux au cours de sa carrière. Un début d’apogée atteinte pour ce groupe qui n’aura eu que la mauvaise idée de considérer leur combat contre le False Metal prépondérant à la carrière de musiciens qu’ils sont avant tout. La suite des aventures de ses géants sur le plan discographique connaitra des hauts et des bas. Bien dommage. Ils étaient revenus, une seconde fois en cette année 1984…

18 Commentaires

21 J'aime

Partager

largod - 21 Mars 2012: et oui, Zaz. Shakin' Street est un joyau mais aussi un creuset où les talents ont défilé.
l'ami Joey a été à bonne école et cela, comme toi, m'agace de les avoir vu mettre leur folklore en avant plutôt que la musique.
higgins - 30 Mars 2012: Encore une fois une chro juste, avec des infos correctes (ce qui n'est pas le cas de tout le monde) mais surtout cette capacité que tu as a nous ramenner au coeur des 80's....long live Largod
hammerdave - 27 Novembre 2014: très bon album, mon péféré de manowar.l' enregistrement n' est pas au top, mais ça donne un petit côté chaleureux a l' album
Vinarius - 08 Janvier 2016: C'est vrai que c'est très dommage, quand les compos sont aussi bonnes, d'avoir un son aussi pourri (néanmoins meilleur que celui du CD non remasterisé de Hail to England).

Je rêve des vieux albums de Manowar avec leur gros son lourd et actuel, de bons gros remasters seraient fortement appréciés (mais par pitié plus de ré-enregistrements...)
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Commentaire @ Arawn

15 Août 2005

Déjà le quatrième album pour Manowar qui confirme et perfectionne la ligne directrice illustrée par l’album précédent à savoir un Heavy bien rythmé et accrocheur. En effet si Hail to England laissait entrevoir une accélération, elle est ici flagrante avec «The Oath» qui est carrément speed et des chansons comme « Animals » ou «Sign of the Hammer» qui rentre dans la catégorie du heavy bien rythmé ainsi que des bonnes accélérations plus localisés comme dans le solo de «Thor». Encore une fois, Manowar montre son talent dans le côté accrocheur des chansons avec des refrains hyper efficaces qu’on retrouve entre autre dans «Sign of the Hammer» et «All Men Play on 10» (amusant pour un album publié chez 10 records) et des bonnes montées en puissance en particulier dans «Mountains» avec les passages du mi tempo avec chant mélodique au refrain bien heavy et guerrier. Avec Sign of the Hammer, Manowar trouve la parfaite adéquation entre l’atmosphère épique et majestueuse de son univers de constant hommage au metal transformant certaines partie des chansons en vrai hymne comme les refrains de «Thor» et «Sign of the Hammer», une atmosphère mélodique plus intimiste avec un chant plus doux et une basse plus acoustique tel le début de « Mountains », une atmosphère bien entraînante avec une influence speed qui s’affirme et l’habituelle atmosphère d’une intensité absolue dans les accélérations rythmiques ou les simples montés d’intensité avec la seule voix d’Adams. Comme d’habitude, outre les parties déjà chargés de basse, notamment dans «Mountains» et «Guyana», Joey Demaio s’offre une chanson en solo pour en remettre une couche avec Thunderpick aux légers accents hispanisants qui n’est en fait qu’une longue intro pour la dernière chanson de l’album, oscillant entre ballade mi tempo et un heavy plus rythmé. Avec un bassiste tel que lui, pas besoin d’une deuxième guitare.

0 Commentaire

5 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Commentaire @ Thekilling666

19 Mai 2009

Nous sommes en 1984, cette année n'est peut-être rien d'autre que l'année où le Heavy Metal est à son apogée. Quand on y pense, parmi les productions des grands groupes de Heavy de l'époque, que trouve-t-on ? Le Powerslave de Iron Maiden, le Defenders of the Faith de Judas Priest, et ce Sign of the Hammer de Manowar. Quelle année non ? Si on a tous nos albums préférés d'un groupe (avec des préférences qui divergent mais n'est-ce pas là qu'on reconnaît les grands groupes ?) je dois vous dire que celui-ci est sans doute mon premier choix chez nos défenseurs du vrai et seul Heavy Metal "couillu". Quand on le réécoute c'est vrai que la production a mal vieilli. Mais attention c'était déjà vrai à l'époque. Comparez la production d'un Powerslave sorti la même année, il n'y a pas photo. Bon, ce détail est finalement pas si handicapant quand les compositions sont bonnes, car oui c'est vraiment le cas ici. Non pas que je n'aime pas les albums précédents, que je trouve bons, mais il y a ici le petit plus, la touche de finition que je ne retrouve pas sur les précédents (certains parleraient de maturité). Pour moi cet album représente le must de la carrière de MANOWAR, ceci étant vous avez tout à fait le droit de ne pas partager cet avis. Car ici il n'y a rien à jeter et quand je dis rien c'est RIEN ! Peut-être que "Thunderpick", espèce d'introduction de "Guyana, Cult of the Damned" n'était pas indispensable, bon c'est juste pour chipoter hein. Parce que du Heavy Rock "All Men Play on Ten" au long morceau final "Guyana", tout y est très bon.

De l'hymne aux dieux nordiques ("Thor") avec ses petites touches de chœurs majestueux, au fabuleux mid-tempo "Moutains" (mon préféré sur l'album) et où Adams chante magnifiquement bien, et où on retrouve ces petites parties de gratte cristallines de Ross the Boss qui parsèment le titre, du nouvel hymne bien Heavy de "Sign of the Hammer" (si vous n'avez pas envie de lever votre épée - ou votre hache au choix selon vos goûts - là je ne comprends pas, enfin, cette réflexion s'adresse principalement aux hommes) ... c'est du Heavy Metal sans chichis, sans clavier (sauf un peu sur "Moutains"). Enfin "Guyana" termine l'album sur des accents hispaniques, de superbes refrains de ADAMS. Bref, vous aurez compris que là, ici, sur cette offrande, il y a unanimité pour dire que c'est un très bon album et quasi-unanimité pour reconnaître que c'est sans doute là leur meilleur. Note : 17/20.
Thekilling666

0 Commentaire

3 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire