Recueil D'Écueils: les Épaves... et Autres Oeuvres Interdites

Liste des groupes Death Progressif Misanthrope (FRA) Recueil D'Écueils: les Épaves... et Autres Oeuvres Interdites
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Nom du groupe Misanthrope (FRA)
Nom de l'album Recueil D'Écueils: les Épaves... et Autres Oeuvres Interdites
Type Box Set
Date de parution 2000
Labels Holy Records
Style MusicalDeath Progressif
Membres possèdant cet album48

Tracklist

DISC 1 - OEUVRES INTERDITES
1. Le Lanceur d'Âmes
2. L'Envol
3. Courtisane Syphilitique 2000
4. Impermanence et Illumination
5. Les Litanies de Satan
6. La Druidesse du Gévaudan
7. L'Écume des Solos
8. L'Erotique Courtoise (Live)
9. At 666 Days (ft. Spiros of Septic Flesh)
10. Forever "Shattered" Failure
11. Movements for Hypochondriac Basses & Libertine Tempos
12. Le Roman Noir
13. Ouverture d'Avant Scène
DISC 2 - LIVE “BOOTLEG”
1. Futile Future
2. Total Eclipse Chaos
3. L'écume des Chouans
4. 1666... Theatre Bizarre
5. Encore
6. Misanthrope Necromancer
7. Bâtisseur de Cathédrales
8. Humiliations Libertines
9. Le Roman Noir
DISC 3 - LIBERTINE HUMILIATIONS
1. Misanthrope Necromancer
2. Matador de l'Extrême
3. At 666 Days…
4. L'écume des Chouans
5. Total Eclipse Chaos
6. Sous l'Éclat Blanc du Nouveau Millénaire
7. Crisis of Soul
8. Combattant sans Sépulture
9. Antiquary to Mediocrity
10. Humiliations Libertines

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Misanthrope (FRA)


Chronique @ TasteofEternity

07 Mars 2019

Un somptueux présent

Prenons un temps pour détailler ce coffret luxueux limité à 1793 exemplaires. Les moyens sont investis par Holy Records pour régaler les fans, visuellement le coffret accroche le regard reprenant les codes du groupe. On découvre un superbe triple digipack, accompagné d’un livret de plus de 70 pages, criblé de photos et de textes pour approcher au plus près de la bête, et un poster. Si le contenu est à la hauteur du contenant, alors il ne reste plus qu’à s’agenouiller.

Le premier pan du triptyque, Œuvres Interdites nous fait rentrer à pas feutrés dans le boudoir du Misanthrope. On reprend le cours de nos extravagantes aventures au temps présent pour mieux remonter et fouiller dans les souvenirs parfois lourds mais toujours éloquents d’une œuvre riche en émotion. L’identité de Misanthrope est scrutée à la loupe permettant d’apprécier le cheminement réalisé, et les transformations endurées. Dés l’ouverture, ce mélange de brutalité et d’orchestration nous saisit avec le Lanceur d’âmes et l’Envol, duo d’inédits récents, qui, sans apporter d’éléments nouveaux, poursuivent la quête misanthropique sans décevoir. Premier fantôme revisité qui nous renvoie à 1666… Theatre Bizarre, la Courtisane Syphilitique, et ses mélodies langoureuses entrelacées de riffs bien agressifs, relecture plus respectueuse que licencieuse. En face, la version live de l’Erotique Courtoise (1994) lynche un public enivré. Quant à la Druidesse du Gévaudan, elle enchante grâce à des lignes de basse instillant la folie dans une partition par trop propre. Misanthrope poursuit ses assauts, soufflant le chaud et le froid. Lorsqu’il s’enflamme, Misanthrope nous électrise avec une version française inédite du Roman Noir, où deux instrumentaux qui honorent le talent de messieurs Boitel et Moréac, en particulier un Ecume des Solos dévastateur. Le reste, il faut l’avouer n’arrive pas à s’extirper de l’ombre, manquant de fulgurances, et de brutalité pour marquer au fer rouge l’auditeur. Toutefois parmi ce dédale de cicatrices, Les Litanies de Satan, poème de Baudelaire, demeure une énigme comme Misanthrope nous en propose de temps à autres. De loin, le moins accrocheur des titres présents, et pourtant peut-être le plus riche, confession mêlée d’incantation sur une orchestration minimaliste, le masque tombe.

Pour la plupart des critiques, nous venons de passer le meilleur tiers, et là je dis sus. Live "Bootleg" est une œuvre à part entier. Un son rugueux, qui demande au départ beaucoup de concentration pour distinguer chaque instrument, se met à nous polir les conduits auditifs. La foule se fait entendre sans pour autant parasiter le son du groupe. La source est issue de différents concerts de la tournée Temple of Humiliations 99' mais seul le livret nous l’apprend car les titres s’enchaînent sans faiblir. Futile Future ouvre le bal tel un coup de canon, le groupe est au diapason, quand bien même à certains instants les lignes de guitare se chevauchant, quelques dissonances se font jour. Et c’est exactement ce genre de défauts que l’amateur des enregistrements live recherche, et non la perfection réenregistrée en studio comme tous ces albums depuis Alive de Kiss (1975), gigantesque escroquerie au passage, se plaisent à nous la vendre. Totale Eclipse Chaos déboule, et c’est un tonnerre de rage et de fureur qui s’empare du groupe, dans les phases les plus brutales, le son est un peu brouillon, mais le break aux claviers permet de remettre de l’ordre pour mieux repartir, solo de guitares et déclamations haineuses font le reste. Il n’y a pas de cassures visibles entre les morceaux, la communication avec le public est présente, permettant une véritable immersion et de partager des instants uniques. Le chemin de croix se poursuit avec l’Ecume des Chouans, d’une efficacité redoutable en live, la retranscription de Jean-Baptiste Boitel est juste monumentale. Le morceau qui suit casse l’élan salvateur entamé depuis l’ouverture opposant à la folie, la mélodie de 1666… Theatre Bizarre. Riche d’harmonies soignées et de riffs à l’élégance sophistiquée, entrecoupé de moments plus intenses, nous voilà en présence de l’un des grands moments de cet enregistrement. Le line-up est passé en revue par S.A.S clôturant une première partie puissante. Le second acte s’ouvre sur un Misanthrope Necromancer taillé pour la scène, dont le rôle est réduit à introduire une suite prestigieuse. Bâtisseur de Cathédrales, la fièvre monte d’un cran ! En dépit d’un son un peu lointain, il se dégage une présence monolithique qui s’impose jusqu’à l’explosion foudroyante après 2 minutes. La vague sonore qui nous submerge est à la fois indéfinie et dévastatrice comme un tourbillon. Le break n'y fera rien. Les éléments se déchaînent, guitares, basse et batterie, à tour de rôle, décident de ferrailler dur. Finalement celui qui s’en sort le moins bien c’est S.A.S qui doit faire face à un mur d’instrumentation d’une rare violence. Humiliations Libertines fait la part belle aux guitares et claviers, la voix de S.A.S ayant encore un peu de mal à s’extraire de cette férocité instrumentale. Le Roman Noir vient mettre un point final de la plus belle des manières, on retrouve enfin un S.A.S de gala, dont les déclamations nous parviennent sans que le message ne soit affaibli par des guitares par trop pressantes et agressives. Un hymne qui allie noirceur, mélodie et puissance à son paroxysme. Démonstration de force et d’engagement que cet enregistrement live qui est pour moi l’essence du metal, l’endroit où on ne peut plus se cacher. Misanthrope relève le défi, mais va encore plus loin décidant de privilégier l’authenticité à l’esthétique en carton des productions léchées en studio. Alors oui, il y a quelques larsens, sûrement quelques pains, dissonances, et autres indélicatesses, mais quand on fait dans le gras et le velu, il est permis de gâcher quelques munitions tant que l’ensemble n’en souffre pas. Pari réussi, Misanthrope éclabousse de sa superbe un auditoire acquis à sa cause, transformant la scène en chant de bataille pour notre plus grand plaisir. A découvrir ou réécouter au casque.
Alors bien sûr, les grincheux n'hésiteront pas à dénigrer l'objet parce que « leur » chanson ne figure pas sur la tracklist, pour ma part, il s’agit de Sous l’Eclat Blanc du Nouveau Millénaire, et bien je ressors Libertine Humiliations et je me la repasse.

Le troisième pan, c’est le triomphe de Misanthrope, l’album Libertine Humiliations, dont la chronique vous attend sur la page de l’album. Sa présence est déterminante contrairement aux apparences. En effet, ce coffret devient indispensable dés lors que son acquéreur ne possède pas Libertine Humiliations, pour les autres il demande d'être un fan acharné, ou amateur d'excentricités, pour éviter d'investir dans un futur nid à poussière.

En définitive, à la place de nous balancer une banale compilation en forme de best of ou de live, Misanthrope profite d’un moment rare, 10 ans de carrière, où son aura est visible des quatre coins de la France, pour faire plaisir et se faire plaisir. L’objet est magnifique, il vieillit très bien, et permet de se replonger dans les temps forts d’une carrière riche, très riche en coups de théâtre. L’histoire de Misanthrope est intimement liée à celle du label Holy Records, et c’est le moment de saluer, le dévouement, la patience et la persévérance de celle qui joue les petites mains de l’ombre, Séverine Foujanet. L’artificière qui accompagne, conseille, et met tout son savoir-faire aux services des groupes du label et de Misanthrope en particulier. Merci à Elle !!!


1 Commentaire

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choahardoc - 09 Mars 2019:

Sous l’Eclat Blanc du Nouveau Millénaire, say just word to me c'est trop ça Taste. Merci pour le papier en très bonne et due forme.

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