1666... Theatre Bizarre

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Nom du groupe Misanthrope (FRA)
Nom de l'album 1666... Theatre Bizarre
Type Album
Date de parution Novembre 1995
Labels Holy Records
Style MusicalDeath Progressif
Membres possèdant cet album84

Tracklist

1.
 Gargantuan Decline
 07:21
2.
 Courtisane Syphilitique
 05:39
3.
 1666... Theatre Bizarre
 05:38
4.
 L'Autre Hiver
 06:30
5.
 Pirouetting Through the Gloom
 07:37
6.
 Aphrodite Marine
 04:22
7.
 Medieval Embroidery
 05:35
8.
 Mylène
 05:26
9.
 Trumpets of Hypochondria
 04:37
10.
 Schattengesang
 06:16
11.
 La Dernière Pierre
 08:09

Durée totale : 01:07:10


Chronique @ TasteofEternity

24 Décembre 2018

Masque de mort

Dramatis Personae

Alceste (as S.A.S Philippe Courtois de l’Argilière) : voix et guitares électriques
Philinte (as Jean-Jacques Moréac) : basse et guitares acoustiques
Du Bois (as Alexandre Iskandar) : claviers et orchestration
Oronte (as Charles-Henri Moréac) : traces guitaristiques
Célimène (as Séverine Foujanet) : muse enchanteresse

La scène est à Paris.

Acte III/ Grande Finale

Grandeur et Décadence de Misanthrope !!!

En l’an de disgrâce 1995, le sort de Misanthrope semble scellé. Le vilain petit canard de la scène death française tire sa révérence avant d’avoir pu accomplir sa mue et ainsi prendre son envol parmi les seigneurs du metal de mort. Tragédie ou bouffonnerie seul l’avenir le révèlera, pour le moment Misanthrope jette ses ultimes forces et talents dans un combat sans merci contre lui-même, son destin lui échappant de plus en plus, ouvrant la porte à un sabordage annoncé. Cependant l’animalité, cette vie de l’âme, torturée, continue de vibrer curieusement au sein de cette entité cadavérique en proie aux pires tourments appelant de ses voeux les plus pieux un trépas immédiat. Abandonné comme jamais, une résistance inattendue se fait jour, et c’est d’une main fébrile que Misanthrope empoigne pour ce qu’il espère être la der des ders sa guitare comme un noble chevalier dégainerait son épée. Qu’en sortira-t-il un formidable espoir, ou une immense désillusion, peu importe en définitive… Sera-t-il seulement capable d’arracher quelques harmonies ambitieuses, de graver quelques lettres grivoises et de générer quelques fulgurances soufrées, sans compter des édulcorations grand-guignolesques qui échoueront à faire tourner le misanthrope guerrier en pantin désarticulé, nul ne le sait.

1666… Theatre Bizarre ne se contente pas de clore la première trilogie de Misanthrope, il a pour mission de signer le testament d’un groupe qui n’aura jamais réussi à s’imposer tant ses contradictions sonnent comme irréconciliables pour le commun des mortels. Mais lorsqu’on s’appelle Misanthrope, le commun des mortels, la pensée de masse, pour ne pas dire la bien-pensance, ne peuvent altérer la détermination d’une entité créée pour marcher debout, le regard fièrement dirigé vers le ciel, avec pour seul habit une défiance permanente à l’égard de ce qui l’entoure. Les rats ont quitté le navire, parfait. Même l’esprit de fratrie n’a pu y résister. Se retrouvant acculé le duo historique Courtois/Moréac va relever le gant et se tailler une fin digne des princes. Cet album composé exclusivement par S.A.S cède aux délires théâtraux les plus paradoxaux, alternant avec hystérie, rythmiques death assourdissantes, et claviers aussi omniprésents qu'ubuesques, lignes de guitares ultra mélodiques, et basse virevoltante, harmonies baroques, et riffs à la Maiden, soli dévastateurs et guitares acoustiques mélancoliques, growl possédé et choeurs nostalgiques, paroles écrites à l’envie soit dans la langue de Molière soit dans celle de Shakespeare, voire celle de Goethe, bref un album qui déconstruit plus qu’il ne construit, sème le trouble et la division, se révélant le reflet d’une pensée paradoxale systématique d’un artiste déchiré entre implosion et explosion. La souffrance, l’incertitude et le regret ne cessent d’alimenter les délires obsessionnels d’un compositeur au firmament de sa mégalomanie musicale, convoquant à son envie tous les artifices pouvant servir autant que desservir sa volonté de création. 1666… Theatre Bizarre ou le bouquet final qui n’en finit pas de vouloir finir. Riche et maîtrisé, il n’en reste pas moins indigeste par ses rebondissements incessants qui empêchent de distinguer sa ligne directrice, décrivant une courbe dramatique accidentée impossible à suivre. Au détour de ce carnage annoncé, une immonde faute de goût, Aphrodite Marine vient ternir une fin méritante, à l’arrière goût d’Ange mal assimilé, hommage ou perdition, on ne saura jamais, mais quelle mièvrerie merdiquement sirupeuse à l’exception du solo. Heureusement cette errance est noyée sous un déluge de morceaux qui permet de limiter les dégâts. Tous les éléments décrits plus hauts se retrouvent dans le final de l’album, la Dernière Pierre, ayant pour objectif avoué de parachever une carrière incomprise. A ne vouloir se refuser aucun effet, aucune limite dans les sonorités comme les arrangements, dans une surenchère permanente entre lui et lui-même Misanthrope évite de peu la cacophonie, et meurt comme il a vécu, sans cadre ni limite, seul et inaccessible. Quel gâchis !!!

Sans emphase outrancière rien ne sert de vouloir se mettre en quête de Misanthrope.

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Hibernatus - 25 Décembre 2018:

"Sans emphase outrancière rien ne sert de vouloir se mettre en quête de Misanthrope" : une conclusion parfaite pour une musique insaisissable comme une anguille, balançant entre l'horripilant, le déconcertant et l'enthousiasmant. Merci pour la prose.

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