Libertine Humiliations

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Nom du groupe Misanthrope (FRA)
Nom de l'album Libertine Humiliations
Type Album
Date de parution Novembre 1998
Labels Holy Records
Style MusicalDeath Progressif
Membres possèdant cet album118

Tracklist

1.
 Misanthrope Necromancer
 05:02
2.
 Matador de l'Extrême
 04:42
3.
 At 666 Days ...
 04:00
4.
 L'Ecume des Chouans
 05:36
5.
 Total Eclipse Chaos
 04:27
6.
 Sous l'Eclat Blanc du Nouveau Millénaire
 05:12
7.
 Crisis of Soul
 04:16
8.
 Combattant Sans Sépulture
 05:04
9.
 Antiquary to Mediocrity
 04:25
10.
 Humiliations Libertines
 05:20

Durée totale : 48:04


Chronique @ TasteofEternity

01 Janvier 2019

Le règne sans partage de Misanthrope

Vous souvenez-vous de l’époque de la sortie de cet album ? Sans doute pas mécréants, 1998, cela remonte loin, au siècle dernier pour ne pas dire au dernier millénaire… Alors exposé en couverture de la presse spécialisée telle une courtisane syphilitique, Misanthrope déploie son arsenal au moment où le death redevient confidentiel, et le black symphonique séduit une nouvelle génération de trendies, ha ha ha. D’un côté Philippe Courtois rayonne avec son label Holy Records (Nightfall, Septic Flesh, SUP…), de l’autre S.A.S de l’Argilière brûle les planches avec Misanthrope. Succès ne rimant pas toujours avec qualité, une investigation s’impose pour faire la lumière sur Libertine Humiliations.

Après une fin programmée (1666… Theatre Bizarre), une vengeance consommée (Visionnaire), Misanthrope pour vivre devait se métamorphoser. Visionnaire avait été le prélude à un apport de sang neuf. Dés lors renforcé durablement grâce à ses nouveaux membres permanents Jean-Baptiste Boitel et Alexis Phélipot, Misanthrope, profitait pour la première fois d’une troupe unie, sur laquelle il pouvait bâtir son oeuvre sans avoir peur de voir tout s’écrouler du jour au lendemain. A travers les 10 pièces qui nous sont proposées apparaît une cohésion indiscutable donnant naissance à un esprit qui permet à Misanthrope de gagner en puissance ce qu’il cède en extravagance, tout en s’affirmant comme jamais. Ainsi l’époque où Misanthrope léchait l’eau croupie pour survivre est bel et bien révolue. Ainsi l’époque des circonvolutions amphigouriques musicales sinueuses et interminables chargées à blanc est également révolue. Dorénavant la bannière flamboyante du Misanthrope brille au-dessus de toutes les autres. Sabres au clair, mousquets en pogne, la charge des 4 s’annonce une nouvelle fois dévastatrice.

Après avoir cédé à la colère et à la destruction, le phoenix du metal extrême français a su reprendre les rênes de son destin, pour ne pas sombrer dans l’oubli et l’absurde. Misanthrope repart en campagne, avec pour seul objectif d’embraser tout ce qui présentera sur son chemin. Toujours aussi engagé dans ses textes, où la poésie de combat (l’Ecume des Chouans, Combattant Sans Sépulture) tutoie des cieux divins, autant que la misère sentimentale (Humiliations Libertines, Antiquary to Mediocrity), Misanthrope sort de son tombeau pour revêtir sa couronne de lauriers. Car ne nous y trompons pas, c’est d’un triomphe romain qu’il s’agit, mérité ou non, la question n’est pas là. Le mystère continuant d’envelopper un groupe inclassable qui jongle avec virtuosité entre technique instrumentale et lyrisme textuel. Les extravagances de S.A.S demeurent circonscrites à l’écriture et déclamation de paroles provocatrices et licencieuses qui ne cessent de flageller l’esprit, la composition et les arrangements étant confiés pour la première fois à Jean-Jacques Moréac, connu et respecté pour son jeu de basse démoniaque, frère d’armes de toujours, secondé par un Jean-Baptiste Boitel aussi discret qu’inspiré. Il se dégage de l’ensemble une tempérance et un équilibre remarquables entre la puissance rythmique, un riffing tour à tour brutal et mélodique et un travail d’orfèvres sur des atmosphères grisantes. En matière de texture sonore, Visionnaire ouvrait une nouvelle voie que Misanthrope décidait de poursuivre en continuant sa collaboration avec Fredrik Nordström au Fredman Studio de Göteborg, la puissance sera mise au service de la mélodie mais dans un subtile jeu d’équilibre. Pendant ce temps, S.A.S achève sa mue. Personnage insaisissable dans ses postures comme dans ses atours (lunettes fumées, costume cintré, chemise à jabot, et fume-cigarette) à la fois bête de scène, manipulateur de foules, et fou du roi, l’éminence grise de Misanthrope n’en finit plus de faire tourner les têtes...

Attention Libertine Humiliations ne jure pas dans le paysage du Misanthrope. Tout au contraire, cet album met en lumière un groupe au sommet de son art. Il est difficile de retenir un titre en particulier tant l’intensité reste palpable tout au long de ces morceaux taillés pour être repris en choeur par les foules. En effet dès l’opener, Misanthrope Necromancer, l’auditeur est pris à la gorge, soulevé comme un fétu de paille et tournoie dans l’air au rythme des hymnes successifs, l'Ecume des Chouans et ses riffs entêtants, le percutant Total Eclipse Chaos, ou Combattant Sans Sépulture et son refrain machiavélique, telle une poupée de chiffon, pour finir en sang contre un mur, ravi autant que ravagé sur le sublime Humiliations Libertines. Le plaisir coupable ressenti à l’écoute de ce monument d’insanités n’a d'égal que celui éprouvé à sa composition et son exécution. Le plaisir, un mot qui s’affranchit des conventions sociales et de la bienséance, qu’il soit éprouvé sous des coups de fouet répétés, ou dans le prêche de la mise à bas de notre système, il représente surtout quelques instants d'éternité volés à un esclavage du quotidien, symbole d'une frustration sans fin. Il devient le maître-mot d’une entité au fait de sa gloire. Libertine Humiliations, ou l’invitation à vivre le plaisir quel que soit sa forme au-delà de tout jugement.

Qu'on se le dise le règne de Misanthrope ne fait que commencer.

2 Commentaires

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adrien86fr - 03 Janvier 2019:

Réconciliation avec Son Altesse ?

TasteofEternity - 03 Janvier 2019:

L’esprit de Noël sans doute... Je me suis remis à écouter 1666... Theatre Bizarre pour finir la chronique puis j’ai enclenché avec Libertine, j’y ai retrouvé le même plaisir 20 ans après donc voilà le résultat mais non toujours pas de rencontre ou autre. La tournée des 30 ans sera peut-être l’occasion si mon planning avec Mercyless me le permet ;)

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