Periphery II: This Time It's Personal

Liste des groupes Metal Moderne Periphery Periphery II: This Time It's Personal
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Nom du groupe Periphery
Nom de l'album Periphery II: This Time It's Personal
Type Album
Date de parution 03 Juillet 2012
Produit par
Style MusicalMetal Moderne
Membres possèdant cet album64

Tracklist

1. Muramasa
2. Have a Blast (ft. Guthrie Govan of The Aristocrats)
3. Facepalm Mute
4. Ji
5. Scarlet
6. Luck As a Constant
7. Ragnarok
8. The Gods Must Be Crazy!
9. Make Total Destroy
10. Erised (ft. John Petrucci of Dream Theater)
11. Epoch
12. Froggin' Bullfish
13. Mile Zero (ft. Wes Hauch of The Faceless)
14. Masamune
Bonustracks
15. Far Out
16. The Heretic Anthem (Slipknot Cover)

Chronique @ The_Black_Doll

14 Septembre 2012

Periphery en fait trop, il n’a rien changé, il n’enclenche rien émotionnellement

Le djent... Rien que la prononciation de ce mot provoque le débat au sein de la scène metal, pourtant il semblerait que le genre s’étend depuis quelques temps.
Je n’entrerais pas dans une discussion à polémique en disant si ce genre est bourré de défauts ou alors que c’est un brillant tournant, le futur du metal (j’extrapole, certes, mais il m’arrive de voir ce genre de discours)... Non, non et non, nous ne sommes pas là pour ça, nous sommes là pour étudier de près le nouveau Periphery.

Après un premier album qui, à peine sorti d’usine, fait éclater une aversion pour les uns et une véritable admiration pour les autres, la recette n’était absolument pas exempt de défauts qui auraient mérités d’être corrigés au plus vite.
Car Periphery semblait être un groupe dont les influences étaient tellement évidentes, qu’il faisait partie de ceux qui n’ont pas de personnalité marquée, misant sur une recette entièrement mathématique (pour reprendre les termes de Eternalis) fortement influencé par Meshuggah, à tel point que rien ne ressortait réellement d’une musique à la production certes particulièrement soignée, mais qui manquait cruellement de caractère, il n’y avait pas vraiment de fond.

C’est seulement deux ans après l’album éponyme que Periphery se relance pour composer un nouvel album prévu pour le 3 Juillet 2012, et c’est toujours Misha Mansoor qui se chargera de la production ainsi qu’un petit nouveau dans le groupe, Adam «Nolly» Getgood qui assurera aussi la basse et quelques parties de guitare.

Intitulé «II» (pour l’originalité, il faudra vraiment retravailler ça) avec comme sous-titre «This time it’s personal», référence directe au film «Les Dents de la Mer 4», le nouveau cru du groupe se présente de façon sobre avec une jaquette ornée du logo du groupe, teintes rouges sur fond noir, encore une fois l’originalité n’est pas vraiment au rendez-vous, autant même être honnête, malgré le fait que l’ensemble soit assez dépouillé, le tout ne fait pas vraiment d’effet...
En tout cas, cela respecte une certaine continuité par rapport à l’album précédent.

Ouverture sur fond de musique ambiante, relaxante, aérienne, on se laisse doucement transporter par un petit air entêtant plutôt agréable à l’écoute, «Muramasa» démarre l’album de façon honnête, puis vient le chant de Spencer Sotelo, et là par contre, ceux qui n’ont guère apprécié son travail vocal sur l’album précédent n’accrocheront probablement pas encore une fois, les autres retrouveront une voix qui les a charmés et renforcera probablement leur expérience, puisque l’on retrouve la même prestance que la dernière fois, et malgré le fait qu’il semblerait que cela soit légèrement retravaillé, il n’en est pas moins que le résultat reste peu convaincant et peux même provoquer une aversion totale au chant clair désormais de plus en plus présent.

Une première chose frappe l’esprit, la musique de Periphery semble avoir prit un tournant plus rock, mais ne délaisse en rien ses tendances metal prog, ou «djent», comme vous le voulez... Seulement quelque chose subsiste, la musique ne fait pas vraiment mouche, mais bon il ne s’agît que d’une petite entrée pour nous préparer à un «Have a Blast» ouvert par un violon virevoltant mais qui semble faire «accessoire», puisque nous ne l’entendrons plus de tout le reste du titre, qui se révèle dans l’ensemble particulièrement décevant, car nous retrouvons les mêmes tares que sur l’album précédent: c’est fade, professionnel avec une technique solide comme le roc, mais il ne s’y dégage rien...
Spencer Sotelo et ses envolées dans les aigus suivant des parties hurlées et chantées transpire le déjà entendu chez... Protest The Hero... Son travail est beaucoup trop ressemblant à celui de Rody Walker, la sensibilité en moins, les parties growlées semblant, certes un peu mieux que auparavant, mais sonnant encore trop forcées, et quasiment toujours doublées, une opération qui peux, certes, apporter plus d’épaisseur, mais qui là est si souvent utilisé que cela en devient franchement indigeste.

L’instrumental ne fait pas vraiment mieux, malgré les passages plus planants, l’ensemble tombe comme un soufflé, et c’est la même chose tout le long de l’album, les morceaux s’enchaînent sans surprise, le fait que le genre commence déjà à être sévèrement surchargé se fait ressentir... On aurait presque dit une sorte de course à la technicité, délaissant alors l’émotion, qui est pourtant la sensation primordiale que la musique est sensée toucher, mais là non, «Scarlet» et ses forts relents de Meshuggah à cause de ses parties de guitares coupées à la hache sous une distorsion propre aux suédois, «Ragnarok» et un espèce de faux-semblant de folie semblable à un Protest The Hero privé de sa superbe, le tout bercé par des claviers qui commencent sérieusement à devenir agaçants tellement leur place est prédominante.

La structure reste la même, une alternance de passages calmes et aériens puis des accès de violence et ensuite des breakdowns peu inspirés, et rebelote. On fini déjà par être lassé au bout d’une dizaine de minute, à cause d’un résultat téléphoné et mal géré.

Même le titre «Make Total Destroy» (au nom particulièrement ridicule il faut le dire, sonnant cliché au possible), accompagné d’un clip pourtant joli à voir, n’insuffle rien du tout à une recette qui a déjà fini par devenir lourde, et c’est encore pire lors de ces passages où on pourrait presque hurler au plagiat de Meshuggah (oui encore une fois), même distortion, la même tendance à utiliser les bends, la même façon de jouer saccadé, mais sans la fougue des suédois.
Periphery semble songer à la technicité d’abord, les émotions c’est plutôt «on verra ça après» avec une fâcheuse tendance à la procrastination.
Les guitares jouent une musique fade, sans inspiration, sans originalité, la batterie de Matt Helpern manque cruellement de variété et ne fait que suivre le troupeau, la basse ne se démarque pas du reste, et le chant est loin d’atteindre les sommets du génie, sonnant comme du déjà vu et manquant encore de maîtrise totale, elle est même encore trop trafiquée, doublée sur presque la totalité des titres, ce qui laisse penser à une voix sans profondeur qui peine vraiment à convaincre.

Pour conclure l’album, le groupe nous sert un breakdown qui fini franchement par être lourdingue, indigeste au possible et incroyablement répétitif, et ce pendant plus de 2 minutes, pour ensuite s’éteindre dans un fade-out qui n’enlève rien à l’agacement de l’auditeur face à autant de facilité.

Car oui, encore une fois on pourrait songer à la notion de facilité, car les influences sont encore ici beaucoup trop fortes, l’inventivité n’est pas au rendez-vous malgré quelques bonnes idées, mais la bande à Misha Mansoor semble encore privé de personnalité, ce qui est tout de même peu reluisant en constatant le bagage et l’expérience des membres. Mais sortir des riffs complexes et des solos ressemblant plus à des avalanches de notes, ne fait forcément la musique qui touchera l’auditeur, il faut savoir aussi se maîtriser, chose encore absente sur cet album.
Et les guest stars n’aident guère à rattraper l’ensemble, même John Petrucci ne parvient pas à soutenir pleinement une musique encore pleine de défauts.

Une production en béton n’assurera pas forcément le succès d’un album, il faut aussi de la personnalité, de l’imagination, il faut savoir se démarquer et éviter d’user et d’abuser d’une seule et même chose, et il semblerait que Periphery n’ai pas retenu la leçon, préférant officier dans une musique boursouflée de technique, à nouveau rembourrée par de la technique, et saupoudrée de technique. Periphery en fait trop, il n’a rien changé si ce n’est que le virage plus rock, mais il n’enclenche rien émotionnellement.

15 Commentaires

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Silent_Flight - 18 Septembre 2012: Ok sorry, I understand now.
dreamofwolve - 20 Septembre 2012: 3 rigolo? 3 fanboy? ou plutôt trois personne n'ayant pas le même avis. Si j'ai mis moins 1 c'était parce que je n'ai pas aimer le premier album pour les même raisons que vous n'aimez pas celui-ci. D'ailleurs je pense même que celui-ci arrive plus facilement à provoquer des émotions que le premier. Ex: Muramasa, Refrain de Froggin' Bullfish, break de Have A Blast, Scarlet, Erised où encore la fin de Luck As A Constant. Alors que le premier j'ai encore du mal à en trouver. Enfin ce n'est que mon opinion.
Skullface35 - 06 Octobre 2012: Chacun ses coups et ses douleurs... perso j'ai aimé et je comprend aussi ton point de vue, merci pour cette chronique qui donne un avis différent du mien.
Anath - 02 Fevrier 2013: Mouai perso je trouve qu'au contraire , ils commencent à avoir leur propre personnalité, c'est un album abouti est très travaillé , bonne chro' au passage ;)

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