Juggernaut: Omega

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17/20
Nom du groupe Periphery
Nom de l'album Juggernaut: Omega
Type Album
Date de parution 27 Janvier 2015
Style MusicalMetal Progressif
Membres possèdant cet album47

Tracklist

1.
 Reprise
 01:25
2.
 The Bad Thing
 05:53
3.
 Priestess
 05:03
4.
 Graveless
 03:55
5.
 Hell Below
 03:42
6.
 Omega
 11:44
7.
 Stranger Things
 07:35

Durée totale : 39:17


Chronique @ Eternalis

04 Fevrier 2015

"Juggernaut" est clairement la meilleure production à ce jour de Periphery

Afin de créer du lien. Periphery débute la seconde partie de son périple avec un rappel sobrement nommé "Reprise" de "A Black Minute", introduction de "Alpha". Le chant clair de Sotelo est toujours autant dans le tempo, la basse s’impose dans le mixage mais "The Bad Thing" vient très rapidement couper les débats et dresser un portrait bien plus belliqueux, rageur et brutal des américains. Trouvant dans son spectre vocal une propension impressionnante à varier ses graves dans ses hurlements, Spencer recouvre à merveille les riffs syncopées et tranchants comme des rasoirs des trois guitaristes du groupe. Son chant clair, plus en retrait, n’est qu’un rappel d’une mélodie entériné sur la première partie de l’album mais ici utilisée de manière plus pernicieuse et sombre.

Alors que l’illustration principale de "Alpha" allait vers les teintes chaudes du rouge et du orange, la tout aussi sublime illustration de "JuggernautOmega", tire vers le bleu et le vert et présente une colline forestière sur laquelle se tient une unique bâtisse isolée et visiblement hantée. "The Bad Thing" voit le retour de soli mélodiques qui apportent un véritable plus à la musicalité du titre, sans sombrer dans une technique facile malgré les possibilités quasi infinies qui s’offrent aux guitaristes du groupe.
"Hell Below" est de ce fait l’un des titres les plus techniques et sombres que le groupe ait jamais composé. Suffocant à l’extrême, utilisant des chœurs clairs pour apporter une aura malsaine impressionnante et un chant hurlé vomissant littéralement ses mots, le titre écrase tout sur son passage et dispose d’un des riffs les plus écrasants jamais entendus, bien aidé par le son dantesque concocté par le groupe lui-même en totale autonomie.
A l’inverse, "Priestess" est la suite logique de "A Heavy Heart" sur la première partie, créant le lien entre Periphery et une vision plus pop mais ne reniant en rien la musicalité et la richesse sonore. Spencer s’en sort, une fois de plus, admirablement bien dans ce registre et démontre des progrès effectués immenses entre "This Time it’s Personal" et aujourd’hui. Le groupe sur les arpèges, ne jouant presque pas en saturé et se laissant porté par la mélodie vocale principale, prépondérante et dominante là où les guitares ont plus souvent le rôle de dominatrice et de vecteur d’émotion.

Évidemment, n’affichant que sept titres au compteur dont un intermède d’une minute, le gros poisson prend la forme d’un titre éponyme long de onze minutes, exercice inédit chez Periphery. Ouverture au piano, première phase de pur djent technique et agressif puis ouverture vers des contrées représentatives de l’évolution présente chez les américains sur "Juggernaut". Le groupe prend le temps de poser son atmosphère, une ambiance glauque et sombre, autant présente chez les riffs que dans les parties vocales se permettant énormément de libertés et de surprises. "Omega" reprend même, sur son ultime partie, le refrain de "Alpha" dans une vision apocalyptique et chaotique du plus bel effet, comme pour garder ce lien perpétuel entre les deux albums, cette cohérence rendant le projet plus ambitieux encore.

"Juggernaut" est clairement la meilleure production à ce jour de Periphery, mais il faut également comprendre que, même s’il semble plus opportun d’écouter les deux facettes de l’album l’une après l’autre, "Alpha" et "Omega" sont deux œuvres indépendantes capables de vivre seules sans la présence de son compère. "Alpha" se montre peut-être plus complet que "Omega" mais ce dernier bénéficie avec son titre éponyme et "Hell Below" de deux titres proprement exceptionnels. Quant à "Alpha", il est en revanche une porte d’entrée intéressante dans le projet "Juggernaut" mais également vers un panel de sonorités complètement nouvelles pour Periphery, n’ayant à la fois jamais été aussi mélodique, agressif, pop et technique.
Une très belle réussite prouvant que le djent peut réellement proposer de la nouveauté dans un marasme musical où l’on tend à penser que tout a déjà été dit. Periphery veut nous prouver le contraire et "Juggernaut" est une première pierre à un édifice devenant par la même occasion bien plus conséquent et massif. Ne cédez jamais aux préjugés, car les américains viennent de mettre la mandale du début d’année dans le genre .

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