Passion

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Nom du groupe Anaal Nathrakh
Nom de l'album Passion
Type Album
Date de parution 23 Mai 2011
Style MusicalGrindcore
Membres possèdant cet album133

Tracklist

1. Volenti Non Fit Iniuria 04:57
2. Drug-Fucking Abomination 07:24
3. Post Traumatic Stress Euphoria 01:40
4. Le Diabolique Est l'Ami du Simplement Mal 03:40
5. Locus of Damnation 01:00
6. Tod Huetet Uebel 04:14
7. Paragon Pariah 03:45
8. Who Thinks of the Executioner? 03:56
9. Ashes Screaming Silence 03:56
10. Portrait of the Artist 01:18
Total playing time 35:55

Chronique @ BEERGRINDER

20 Avril 2011

la puissance de Behemoth, la froideur de Mayhem et la violence de Brutal Truth…

Pour In the Constellation of the Black Widow, le duo anglais avait trouvé refuge chez Candlelight, puissant label au potentiel de distribution élevé, et sans atteindre la redoutable inspiration de Eschaton, Mick Kenney et Dave Hunt proposaient une musique toujours aussi vindicative et originale, mélange improbable de Grindcore teigneux, d’Indus et de Black Metal.
Insatiables, les britanniques remettent ça moins de deux ans après ITCOTBW, et sortent avec Passion (2011) leur sixième Full-Lenght. Comme l’artwork sombre et mortuaire le laisse penser, Anaal Nathrakh donne toujours dans la violence musicale et le côté misanthropique.

Le risque principal d’un groupe aussi productif, est d’enclencher sans s’en rendre compte le pilotage automatique et de proposer un disque moyen, sans saveur, voire complètement daubé, une crainte bien justifiée quand on écoute The Seventh Worshipper de Impiety… Seulement c’est bien connu, les anglais ne font rien comme les autres, en plus de conduire à gauche et de bouffer de la merde, ils inondent le marché du Metal avec des groupes plus insolites les uns que les autres tels Mithras, Akercoke, Bal Sagoth et le plus belliqueux d’entre eux : Anaal Nathrakh.
Ces derniers donc, malgré un stakhanovisme forcené au niveau des sorties (5 albums et un EP en 6 ans et demi quand même), ne donnent aucun signe de faiblesse, les morceaux de Passion sont au contraire plus agressifs et authentiques que jamais, vomissant une haine et une rage incommensurable envers la race humaine (quelle vermine aussi il faut dire !).
Les 20 premières secondes d’intro acoustique grinçante de Volenti Non Fit Iniuria ne sont que Prelude à l’apocalypse, qui débarque sous la forme d’un tonitruant « You’re a Fucking Asshole » à 1 : 48, à partir de là c’est l’enfer : la puissance de Behemoth, la froideur de Mayhem et la violence de Brutal Truth

Certes les plans sont désormais bien connus, notamment les chants clairs hurlés caractéristiques rappelant inévitablement les albums précédents, mais Passion est loin d’être une pâle redite, Drug Fucking Abomination débute d’ailleurs sur des étonnants linéaires mélodiques très typés Black suédois qui reviennent de temps à autres, notamment sur Le Diabolique est l’Ami du Simple. Mais ceci n’est qu’une ruse pour tromper l’ennemi qui se prend subitement une charge de Panzer à mi parcours sans comprendre ce qu’il lui arrive. Mais ce n’est encore rien comparé à l’ouragan Post Traumatic Stess, empreint d’une furie martiale incontrôlable, mettant en valeur le travail de programmation de la BAR, celle-ci se révèle avantageuse par rapport à un batteur, apportant ce côté Indus, inéluctable et mécanique. Cela dit, vu l’utilisation à outrance des triggers à l’heure actuelle, il n’est pas toujours évident de faire la différence : bon nombre de groupes jouent avec un vrai batteur et sonnent bien plus caricaturaux et robotiques (quand ce n’est pas plastiques).

Qu’on se le dise, Anaal Nathrakh n’en a pas fini avec cette pourriture d’humanité et est plus que jamais prêt à lui vomir un flot d’immondices à la gueule, et pour cela nul besoin de pentagram, de corpe paints ou d’en appeler à la nostalgie du petit moustachu allemand qui voulait purifier le monde, le duo nettoie à grand coup de blast-beat, de cris décharnés, de soli enchevêtrés et de riffs oscillant entre Grindcore et Black Metal. Tod Huetet Uebel a même des relents Crust avec une furie improbable, du genre Extreme Noise Terror fait du Black Metal.
Bien qu’un poil plus convenue, la fin du disque est également efficace, avec Who Thinks of the Executioner aux riffs incisifs et « in your face » dans un premier temps, poignants dans un deuxième, le tout au milieu de l’hystérie habituelle et des hurlements inhumains.

Passion montre une fois de plus la capacité créative du combo british, et même si le disque n’est pas révolutionnaire par rapport aux sorties précédentes, il est au niveau grâce à une qualité dans la régularité dont peu peuvent se targuer.
Original et implacable !

BG

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FBD5367 - 07 Septembre 2011: À force d'écoutes et suite ce que j'ai pu comprendre, j'ai bien l'impression que le groupe ne se contente pas d'invectiver et d'injurier la race humaine. Il ne se contente pas du nihilisme. Il aurait même tendance à vouloir réveiller les consciences, à secouer les êtres pitoyables qui peuplent la Terre pour qu'ils se reprennent ; parce que dire "c'est comme ça, on n'y peut rien" n'est pas une réponse valable ni digne d'une espèce dominante qui se laisse aller. Il faut (ré)agir.
BEERGRINDER - 07 Septembre 2011: C'est pas vraiment l'effet que ça me fait en écoutant Anaal Nathrakh, j'ai plutôt l'impression qu'ils veulent asperger l'humanité toute entière d'essence et y foutre le feu pour être enfin tranquille...

Tu peux te jeter sans problème sur les autres albums (notamment Eschaton pour lequel j'ai un petit faible), tout est très bon!
FBD5367 - 08 Septembre 2011: Les deux impressions ne sont pas incompatibles dans un sens... Ça serait intéressant de capter les paroles ou des interviews.

Pour ce qui est de leur disco, je compte bien me procurer le maximum ; ça faisait longtemps qu'un groupe ne m'avait pas fait cet effet depuis Napalm Death et ...And Oceans (Havoc Unit).

J'ai lu quelque part sur la toile que certains pensaient encore que Anaal Nathrakh avait quelque chose à voir avec le trou de balle, surtout depuis que le groupe est référencé Grind (avec toutes les extensions appropriées). Je pense n'apprendre à personne ici qu'Anaal Nathrakh est le début d'une formule prononcée par Merlin dans le film Excalibur de Boorman et qui signifie "le souffle du serpent (dragon ?)...". Merlin qui, par ailleurs dans le film, met en garde l'humanité sur son devenir au moment où la Magie quitte le monde pour le laisser aux Hommes.
NICOS - 15 Fevrier 2013: Excellent album. Mais le dernier VANITAS tue vraiment tout!
Quel groupe! Quelle discographie!
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Chronique @ thedeath666

24 Mars 2012

FREE THE BLOOD!

Attention, là, je m’attaque à un titan. Mais un vrai de vrai. Un monstre viscéral qui te bouffe les tripes et fout tes intestins au congélo pour l’hiver, on ne sait jamais. Car, oui monsieur, on peut être monstre et être prévoyant.
Trêve de plaisanteries, car Anaal Nathrakh ne plaisante pas. Il n’a jamais plaisanté d’ailleurs.
À l’intro, j’ai d’abord cru que j’allais me taper un énième disque de Black raw avec une prod’ de merde et des clichés assortis. Je me trompais. Putain, qu’est-ce que je me trompais, et quelle honte de connaître si mal le groupe!

Dès Violenti Non Infuria, tout est dit. Une brutalité sans précédent, et pourtant, il y a cette accessibilité redoutable, ouverte par un chant clair des plus grands crus qu’affectionne tant le groupe. Des mots-clé pour décrire l’album risquent d’être plus appropriés que des phrases-fleuve.
Oui ? Allez. Mais c’est bien parce que c’est vous. Disons… Brutalité, Mélancolie, Haine, Misanthropie, Agonie, Headbang, Vocaux Déchirés, Guests de malade, Traumatisme, Violence, et CDI (Coma à Durée Indéterminée).
Déjà, ça, ça doit être assez explicite. Et comme si ça ne suffisait pas, le skeud n’est pas fini qu’on a envie de le mettre sur Replay. Peut-être parce qu’on a jamais entendu ça. Car Anaal Nathrakh est le seul groupe au monde à jouer du Anaal Nathrakh. Merveilleux compliment me direz-vous, mais il n’est pas volé. Le mélange entre le sacrifice de 243 vierges et de chansons qu’on voudrait reprendre en cœur sans en connaître les paroles, voilà ce que propose Passion.
Il me semble avoir tapé le mot « accessible » tout à l’heure. Je reconnais que sur ce point là vous méritez des explications. Non pas que ce skeud soit le prochain Calogero, ce sont simplement les riffs de Mick Kenney et le chant clair de V.I.T.R.I.O.L (qui excelle toujours autant, si ce n’est plus, dans les vocalises extrêmes) qui vous prennent aux tripes sans crier gare dès la première écoute, ce qui rend le disque absolument frais. Frais mais sans répit. Quand on prend un malin plaisir à mélanger les genres les plus extrêmes qui soient (Black, Grind, Hardcore, touches de Transe), on ne taille pas des strings sur-mesure et avec (par exemple) Locus of Damnation, çavatrèstrèsvite. Maisalorstrèstrèstrèsvite. Le hurleur nous crache sa haine de l’humanité à travers d’incompréhensibles paroles. Et puis…

FREE THE BLOOD!

Bordel, pourquoi j’y ai pas pensé plus tôt! Cette phrase, sortant de la bouche d’Alan Dubin (Khanate), un des invités de l’album avec l’ex-Bethlehem Rainer Landfermann (à qui on doit un featuring de dingue sur la sixième plage) et Morie de Gnaw Their Tongues ; cette phrase, donc, représente parfaitement l’album et surtout le titre dont elle provient, à savoir Ashes Screaming Silence. Ouais. Tout au long de l’album, le sang coule à flot, et tant pis pour les âmes sensibles.

Pour ceux qui veulent la sacro-sainte comparaison avec l’album précédent, le contenu de l’album se rapproche beaucoup du titre More Fire Than Blood, et ce n’est pas pour nous déplaire, même s’il est indéniable que le groupe a évolué. Il s’est tourné vers quelque chose de moins extrême, peut-être, plus mélodique et émotionnel. Même en restant dans une brutalité jubilatoire, Drug Fucking Abomination est d’une tristesse infinie, tout comme Paragon Pariah, qui nous transporte dans un endroit désert, en ruines, apocalyptique, où seule la folie du refrain est réelle, plus rien d’autre n’a de sens. Et c’est avec cette impression que l’album nous laisse. L’impression d’être ravagé quelque part entre rage et désespoir. Passion est un album excellent du début à la fin, qui marque un tournant, bien qu’imperceptible, relativement important pour les Anglais, qui proposent une musique plus accrocheuse, quitte à perdre un peu de monstruosité au passage, mais Diable que c’est bon !
Ce n’est pas un disque que je recommande à tel ou tel fan de tel ou tel groupe. C’est un disque que je recommande, point barre. Une haie d’honneur pour Anaal Nathrakh, s’il vous plaît, parce que, putain, ils la méritent.

TheDeath.

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Tyrcrash - 03 Juin 2012: Excellente chronique, je n'ai pas encore pris le temps d'écouter cet album (il faut vraiment que je le prenne d'ailleurs). Mais ton analyse du groupe me paraît tout à fait pertinente: l'alliance d'une brutalité hors-norme et d'un easy-listenning incroyable. Ta chro est très bien avec juste ce qu'il faut d'humour. Je sait pas si c'est voulu mais l'utilisation de terme "frais" m'a fait sourire. (généralement on l'utilise pas vraiment pour ce type de musique^^)
thedeath666 - 03 Juin 2012: Ce n'était pas forcemment pour le côté comique, mais c'est mot qui caractérise bien la musique du groupe il me semble, aussi extrême soit-elle, elle change indiscutablement de ce que l'on a l'habitude d'entendre dans le Metal Extrême. Ton commentaire fait vraiment plaisir, mais personnellement, à la longue, je trouve que ma chro n'est pas à la auteur du disque et du monsieur qui est passé avant moi. ;)
Tyrcrash - 04 Juin 2012: En fait, la dernière fois que j'ai entendue le terme "frais" c'était pour caractériser Mac Miller (un rappeur US), donc fatalement accolé à Anaal Nathrakh, ça ne peut que faire sourire.
Si ça peut te rassurer, j'estime que ta chronique vaut celle de BG, lui reste dans un canon "scolaire" (il compare, qualifie et ne s'emporte pas,). Tandis que toi ya plus de ressentie et à mon sens une analyse pertinente et globale, qui n'existe pas chez BG (même si évidemment ça chronique est toute aussi intéressante)

thedeath666 - 04 Juin 2012: Sa plume est meilleure, tout simplement. Mais je ne vais pas m'étendre sur le sujet. Ici, on parle d'Anaal Nathrakh. ;)
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