A New Kind of Horror

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Nom du groupe Anaal Nathrakh
Nom de l'album A New Kind of Horror
Type Album
Date de parution 28 Septembre 2018
Style MusicalGrindcore
Membres possèdant cet album14

Tracklist

1.
 The Road To…
 01:49
2.
 Obscene As Cancer
 03:03
3.
 The Reek of Fear
 03:20
4.
 Forward!
 03:29
5.
 New Bethlehem / Mass Death Futures
 03:27
6.
 The Apocalypse Is About You!
 03:02
7.
 Vi Coactus
 03:43
8.
 Mother of Satan
 03:25
9.
 The Horrid Strife
 03:27
10.
 Are We Fit for Glory Yet? (The War to End Nothing)
 04:10

Durée totale : 32:55

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Anaal Nathrakh



Chronique @ Eternalis

07 Octobre 2018

Un condensé de violence, de haine salvatrice et expiatoire qui explose à la tronche de l'auditeur

« Les tranchées lors de la première guerre mondiale devait être ce qui se rapproche le plus de l’enfer sur Terre ».
V.I.T.R.I.O.L

L’enfer sur Terre. Depuis dix albums et vingt ans, le duo schizophrène britannique s’attache à déclamer chaos, horreur, brutalité pure et folie furieuse à travers une musique nihiliste et profondément intense. De leurs débuts grindcore à l’incursion du black metal vers des aspirations bien plus industrielles, noise et expérimentales depuis "In the Constellation of the Black Widow", Anaal Nathrakh cultive sa différence et ravage désormais les planches.
Qu’on se le dise, la bête est certes en constante évolution et toujours aussi indomptable, mais elle est néanmoins reconnaissable distinctement dès les premières mesures et son influence malsaine plane comme le mal sur les dix compositions de ce "A New Kind of Horror".

Pour l’anniversaire (si l’on peut dire ainsi) de la fin de la Grande Guerre, V.I.T.R.I.O.L et Irrumator ont décidé de se pencher sur l’enfer des tranchées et de s’inspirer de la poésie écrite à l’époque par les acteurs et témoins de cette guerre, revenant ainsi à un thème qu’il avait déjà exploité dans le terrifiant "Hell is Empty, All the Devils are Here".
Retrouvant également une production très claire et massive (moderne diront certains), moins sale et noisy que sur "The Whole of the Law" et plus proche de celle de "Desideratum" dans son impact et son côté claquant.
"The Road To..." est une introduction devenant traditionnelle, avec un riff plombé et ultra lourd, quelques mots sentant déjà la démence, une production prête à exploser afin de mettre sur orbite "Obscene as Cancer" qui débute sur un blast effrené et les hurlements du vocaliste timbré. Alternant comme d’habitude les vocaux black, death, grind et complètement saturés, il propose une fois de plus un refrain en clair toujours aussi bien foutu, jamais trop mélodique et permettant de faire encore plus ressortir la démence des parties extrêmes. Il se permettra même un break quasi à capella, où quelques notes de claviers surprennent, dans la même veine que le fabuleux "Idol" sur "Desideratum".
"The Reek of Fear" se veut plus violent encore et laisse exploser certaines parties vocales complètement hallucinées et bestiales et des parties claires dérangeantes à souhait, comme ils l’avaient fait sur "Extravaganza !" sur l’album précédent. Le riff est lourd, des samples ajoutent un chaos indus et crade à l’ensemble et on se dit qu’on ne peut pas être complètement sain d’esprit pour composer pareil déflagration. Difficile d’être complètement surpris puisque nous sommes face à du pur Anaal Nathrakh mais le duo continu de se réinventer, de proposer de nouvelles idées et de paraitre toujours aussi pur et sincère dans sa démarche.

"Forward !" qui suit par exemple, où les programmations de batterie sonnent comme des mitrailleuses, comporte un aspect plus moderne, syncopé, presque core mais se veut toujours aussi nihiliste dans les vocaux black metal et cette ambiance glauque qui plane par l’intermédiaire des samples et du tempo ralentissant intelligemment par instant. Le chant clair n’est pas devenu systématique puisque ce titre en est dépourvu même si les hurlements sont parmi les plus audibles que Dave Hunt est dû nous gratifier depuis ses débuts. "Mother of Satan" nous replongera en revanche dans les albums plus anciens du combo, notamment avec l’alternance vocal dont il sait faire preuve et ces riffs hurlants s’accompagnant de blasts d’une rapidité effroyable. Le refrain (si on peut appeler ça comme ça) est vicieux à souhait. Idem concernant "The Apocalypse is About You" qui mélange habilement le côté black/grind de toujours avec quelques mélodies bien sentis, loin d’être lumineuses car emplis d’un évident désespoir mais permettant d’aérer la violence perpétuelle du propos. On y décèle même des spoken words, comme pour une bande son du film de la destruction finale. Une vision presque cinématographique également perceptible sur l’ambitieux "New Bethlehem / Mass Death Futures" qui incorpore également des notes de piano, un refrain qui pourrait quasiment évoquer Septic Flesh, des samples très grandiloquents se mêlant au monde déchainé et fou du duo. Bien sûr, une fois de plus, Anaal Nathrakh se reconnait entre mille mais on ressent également le besoin des musiciens de proposer autre chose et de ne pas répéter ad vitam aeternam une même formule. La brutalité, l’extrême, la démence et l’ignominie humaine sont toujours présente mais la forme se pare de nouveaux outils de destruction.

"Are We Fit for Glory Yet (The War to End Nothing)" termine ce court instant de barbarie (trente deux minutes) dans un déluge presque christique, comme si les anges de la destruction accompagnaient V.I.T.R.I.O.L dans ses déclamations.
"A New Kind of Horror" est un condensé de violence et de haine salvatrice et expiatoire qui explose une fois de plus à la tronche de l’auditeur. Passé maitre dans cet art finalement complexe de mêler créativité, expérimentation et intensité sans jamais renier la violence et la haine au profit d’une quelconque accessibilité. Paradoxalement, on remarque que les anglais parviennent à rassembler un large auditoire, et pas uniquement spécialisé dans le black ou le grind. Une chose est certaine, ce dixième opus est un nouveau recueil de leurs esprits dérangés et de « la voix démoniaque qui sommeille en chacun de nous » dixit le vocaliste. Une voix qui prend plaisir à ressurgir à chaque écoute, au fur et à mesure que nous plongeons dans les arcanes de la démence des anglais. Une démence que l’on écoute en boucle, encore et encore, quitte à se perdre définitivement. Anaal Nathrakh, ou le plaisir coupable de se délecter de la violence humaine.

9 Commentaires

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HeadCrush - 09 Octobre 2018:

Merci pour cette chro Eternalis, de mon point de vue tes mots traduisent bien la fureur et le nihilisme de certains de ces titres. Cet album, sans est sans compromis ni même, une quelconque envie de plaire. 

C'est un véritable album extrême au bon sens du terme, la musique qu'il nous offre est brutale voire chaotique par moments, superbe quoi.

Ah oui, perso, je m'en fous de la note, c'est la musique qui m'interesse.

mayhem13 - 09 Octobre 2018:

Supertiptip, même s'ils rajoutent quelques nouveautés, leur musique est devenue bien trop prévisible. En tout cas, c'est l'effet que ça m'a fait. 

Groaw - 09 Octobre 2018:

18, c'est ce que j'aurais pu mettre sur The Whole Of The Law et encore en poussant bien la note. L'album avait le mérite d'être certes violent mais ces petits côtés industriels, ce rythme effrené, cette destabilisation et bien sûr cette puissance faisait de l'opus une pièce à part dans la discographie d'Anaal Nathrakh.

Honnêtement, sur cette nouvelle galette, je m'ennuie un peu à certains moments et je ne retrouve pas forcément cette fougue que j'aurais pu trouver auparavant. On sent néanmoins que sur certains titres, Anaal Nathrakh tente d'inover un peu comme sur Forward!. Dommage, je trouve le potentiel pas forcément bien exploité.

deathDelirium - 19 Octobre 2018:

Je ne suis pas du tout d'accord. C'est le pire album du groupe, une mauvaise copie de Desideratum qui était déjà une copie de Vanitas, lui-même parodie de Passion. Tout est prévisible et hormis les banger dans Forward qui m'ont bien fait rire, on perd tout ce qui rendait The Whole Of The Law bon (le fait d'assumer encore plus le côté indus) pour revenir en arrière et nous offrir un patchwork de ce qui a fait leur originalité  depuis "When Fire Rains Down From the Sky, Mankind Will Reap as It Has Sown". L'enchaînement refrain en clair/passages extrême est horrible et on dirait juste une juxtaposition de tout ça sur Reaper. Bien dommage. Ils ont sorti deux albums cette année (Ce sont les mecs de Fukpig aussi) et les deux sont décevants, quel malheur.
Je finirai par dire (ouuh le relouu) que le black metal est présent dans le groupe depuis le premier album ( et avant), étrangement (je croyais l'inverse, moi) le grind est venu après. Codex Necro contient des riffs qui pourraient très bien être pondus par Mayhem. 
Voila, j'ai été un raide, désolé ahahah

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