Au milieu de la folie Death
Metal du début des années 90, la Suède aura vu fleurir de partout des combos oeuvrant dans ce style, pondant au passage quelques premiers albums cultes (Where No life Dwells, Into the Grave, Left
Hand Path,…).
Hypocrisy est arrivé un peu plus tard avec leur bon premier album
Penetralia, et du coup n’a pas connu le même engouement que les productions du « Big Four » (
Unleashed, Grave,
Dismember,
Entombed).
Mais, alors que dès le deuxième album certains commencent déjà à donner dans la redite stérile (Grave) voire l’ennui le plus complet (
Unleashed),
Hypocrisy brutalise encore son Death
Metal, faisant de son second disque
Osculum Obscenum (1993), une bombe mettant en lumière le côté déjà obsolète d’albums comme You’ll
Never See et
Shadow in the Deep. En effet alors que beaucoup de ses compatriotes se mordent la queue sans pouvoir se renouveler,
Hypocrisy développe comme jamais son côté sombre et sans concession à la manière d’un Into the Grave sous anabolisants et avec des influences américaines.
L’intro on ne peut plus occulte donne le ton avant le terrifiant
Pleasure of Molestation où la lourdeur des guitares (pas de doute c’est bien le son suédois) et le mordant des riffs n’a d’égal que la noirceur des textes et des atmosphères développées. L’occultisme est la principale influence des lyrics (
Necronomicon,…) et transparaît largement dans la musique, déversant une haine viscérale, palpable à travers les guitares ultra lourdes de Peter Tägtgren et la basse bulldozer de Michael Hedlund. Lars Szoke le batteur n’est pas en reste et malgré un bucheronnage plutôt conventionnel ne néglige pas quelques accélérations énergiques comme sur le final de Exclamation of a Necrophage.
Pour les plus sceptiques qui n’auraient pas encore réagit (si c’est possible) les rythmes brise nuque de
Osculum Obscenum auront raison du plus stoïque d’entre vous, de plus un élément important vient magnifier les titres : la voix terrifiante de Masse Bromberg, un chant de grizzli faisant allégeance à
Satan… Comme dirait un collègue qui apprécie également cet album : les morceaux d’
Osculum Obscenum semblent vomis des enfers par la bouche de Belzébuth, là réside sa force loin des délires science-fiction (fort bien foutus par ailleurs) qui deviendront les siens dans le futur. Quoi qu’il en soit
Osculum Obscenum est doté d’une pochette morbide, quasi dérangeante, collant au mieux à l’esprit du disque.
Toujours dans le mode 38 Tonnes,
Inferior Devoties martèlent des rythmiques entêtantes, un solo déstructuré du meilleur effet et un pont central d’une efficacité redoutable. On notera au passage la reprise de
Venom Black
Metal, bien plus brutale pour l’occasion. Afin de renforcer encore l’impression de malaise émanant de ce disque, Peter Tägtgren et ses sbires vont jusqu’à flirter avec le
Funeral Doom sur le pachydermique, lancinant et implacable Infant Sacrifices.
On notera que
Nuclear Blast a fait une intéressante réédition de Osculum Obcenum avec en bonus le mini CD
Inferior Devoties contenant à l’époque deux nouveaux titres de bonnes factures, une version différente de
God is a Lie (présente sur
Penetralia) et la reprise de
Slayer Black Magic, vous y trouverez aussi 4 titres de l’album dans leurs versions démo soit au total 75 minutes de (très bonne) musique. Hélas le disque suivant The
4th Dimension n'aura pas la même aura démoniaque et il faudra attendre
Abducted pour voir
Hypocrisy trouver une nouvelle voie, plus éloignée du Death brutal mais de grande qualité egalement.
Osculum Obscenum reste l’album le plus marquant de la longue carrière d’
Hypocrisy et figure pour ma part au Panthéon du Death
Metal suédois et du Death tout court. Je ne m’explique toujours pas pourquoi ce disque ne fait pas l’unanimité sur SOM, mais au moins ma rédaction contrebalancera celle du dessus, beaucoup moins flatteuse pour les suédois (sans rancune mon Tonio).
BG
Je ne peux aller que dans le sens de Beergrinder cocnernant ce monstre!!!! Un des albums m'ayant foutu une des plus grosses claques de ma vie. Inexpliquable en soit, mais il provoque en moi ce je ne sais quoi d'indescriptible qui va au-delà de la simple analyse technique mais vient directement titiller les émotions, et qui fait qu'à chaque écoute, je suis transcendé. Assurément au sommet du death suédois, au même niveau que Like an ever flowing stream ou Into the grave. Et au-dessus de Where no life dwells et Left hand path. Mais ce n'est que mon humble avis.
Merci pour cette chronique qui pose d emblé la vrai question, à savoir pourquo cet album n'est pas mieux consideré? Decouvert grace à Negator voilà deja bien longtemps, je réecoute en cette periode qlq "vielles saloperies".excellent.
En effet, il est curieux de voir a quel point les avis sont tranchés au sujet de cet album qui reste pour ma part le meilleur du groupe et une référence du death metal en général.
En commande, intéressant de savoir que Hyprocisy a procréé dans le death Old School, j'ai hate d'écouter,le dernier en date était bon mais les riffs reste très moyen et linéaire.
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