End of Disclosure

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Nom du groupe Hypocrisy
Nom de l'album End of Disclosure
Type Album
Date de parution 22 Mars 2013
Labels Nuclear Blast
Enregistré à Abyss Studio
Style MusicalDeath Mélodique
Membres possèdant cet album180

Tracklist

1. End of Disclosure 04:46
2. Tales of Thy Spineless 04:36
3. The Eye 05:41
4. United We Fall 04:50
5. 44 Double Zero 04:27
6. Hell Is Where I Stay 04:34
7. Soldier of Fortune 04:51
8. When Death Calls 03:54
9. The Return 06:06
Bonustrack (Digipack Edition)
10. Living Dead 03:51
Bonustracks (Vinyl Edition)
10. Living Dead 03:51
11. They Lie (The Exploited Cover) 02:37
Total playing time 43:45

Chronique @ Eternalis

01 Mai 2013

Hypocrisy maitrise tellement son sujet qu’il ne semble même plus en vouloir, paraissant presque être un fardeau pour lui

« Je ne suis pas un adepte de la musique fast food, vite expédiée, vite oubliée »
Peter Tägtgren

Voilà ce que dit l’homme lorsqu’on lui demande pourquoi son groupe initialement principal parait aujourd’hui être devenu son propre side project. Effectivement, si l’on met de côté le dvd live, il y a eu une fois de plus quatre longues années entre deux opus d’Hypocrisy, soit une période deux fois plus longue, encore une fois, que lors des années les plus fastes du combo suédois.

De plus en plus occupé avec un Pain devenant fortement imposant en termes de succès commercial et de tournées (le groupe ayant lui aussi eu droit à son dvd l’hiver dernier en la présence de "We Come in Peace"), Peter ne chôme pas non plus dans son Abyss Studio en tant que producteur ou guest sur un nombre incalculables de disques chaque année. En cela, il apparait presque évident que le musicien, désormais quarantenaire, ne dispose encore du don d’ubiquité pour se mouvoir à plusieurs endroits en même temps. Le suédois avouera lui-même qu’il fut également lassé d’Hypocrisy, de son statut de groupe culte dans lequel il n’est pas à l’aise, tout autant que dans son rejet ponctuel de refaire un album de metal extrême, genre qu’il quitte irrémédiablement au fur et à mesure que Pain grandit.

"End of Disclosure" fut donc composé dans une complète quiétude, sans informations de la part du groupe qui souhaitait la tranquillité la plus totale pour pondre ce douzième album. Finalisé intégralement par Peter, déclarant sans fioritures qu’Horgh ne fut qu’un musicien de cession et que Mikael Hedlung dû faire face à des problèmes personnels qui l’empêcha d’apporter sa pierre habituelle à l’édifice de l’album, l'album est l’œuvre d'un seul homme.
Voulant revenir volontairement au Hypocrisy du début des années 2000 afin de délaisser l’orientation plus brutale et technique de "Virus" et "Taste of Extreme Divinity", "End of Disclosure" s’impose comme la suite logique de "The Arrival" ou "Catch 22". Autant dire que les mélodies font un retour en force dans le corps des compositions, tout autant que les claviers spatiaux et les refrains ravageurs, Hypocrisy retrouvant des structures bien plus simples et accrocheuses. "End of Disclosure" ouvre d’ailleurs le bal et s’inscrit directement dans la lignée d’un "Eraser", lourd et mélodique, effaçant de manière presque imperceptible l’inévitable sillon entre Hypocrisy et Pain. Les riffs sont très simples, la batterie uniquement en double pédale (pas de blast), la basse en forme de marteau pillon et le chant de Peter retrouve un grain aigu et criard, loin de l’orientation plus rauque et tranchante des dernières années.

Forcément, le groupe s’énerve férocement sur le morceau suivant, "Tales of thy Spineless", s’ouvrant sur une redoutable descente de toms et un riff quasi black ainsi qu’un hurlement suraigu du génial suédois. Néanmoins, les mélodies reprennent rapidement du service sur le couplet, avant de nouvelles accélérations émaillant le titre un peu partout. La production est extrêmement claire et limpide en totale opposition, une fois encore, à "Taste of Extreme Divinity" où la technicité demandait un résultat plus compacte et tranchant. Ici, le son se veut très aéré et laisse énormément de place aux samples, ceci devenant évident sur le break narratif de Peter où on se croirait presque dans "Psalms of Extinction".
Il est donc difficile de réellement savoir s’il faut accueillir positivement ou non ce demi-retour aux sources, signe d’une lassitude des opus précédents mais également d’un mode automatique plus que flagrant à l’écoute de l’album. On croirait justement que l’album a été écrit rapidement pour le jeter en pâture aux fans. Évidemment, l’écriture étant de la main d’un professionnel de longue date, le résultat n’est pas mauvais, mais loin d’être transcendant également.
Les riffs en soi ne sont guère surprenants ou créatifs (bien moins que dans les derniers Pain en tout cas) et ne sont que des tremplins pour des refrains certes énormes, mais symbole d’une pauvreté parfois évidente (la mélodie énorme du refrain de "The Eye" ne pouvant masquer la fadeur du riff central). Une composition comme "44 Double Zero" semble tout droit sortir des faces B de "Catch 22" mais sans la cohérence de l’opus en question, malgré, une fois encore, un refrain énorme et taillé pour exploser les scènes des festivals mais paré d’une mélodie pas uniquement simple, mais simpliste.

Impossible également de ne pas évoquer "Soldier of Fortune", composé avec son fils, mais souffrant tout autant de ce syndrome handicapant d’auto-plagiat et de facilité parfois consternante. Certes, les vocaux de Peter sont toujours aussi excellents, la production est parfaite (trop ?) mais ce genre de mid tempo ne fait plus mouche aussi, malgré les accords plus sombres et syncopés de certaines parties (son fils se mettra-t-il au metalcore ?). Plus morbide, "When Death Calls" retrouve cet indispensable élan qui permettrait presque à la fin d’album d’obtenir cette fameuse lumière, même si ce sentiment est en parti lié à la capacité incroyable du vocaliste à savoir moduler sa voix comme bon lui semble. "The Return" termine l’ensemble sur une note plus épique et atmosphérique, là aussi dans une formule déjà connue et établie par les suédois lorsqu’il faut finir un disque.

Difficile de juger l’album dans sa qualité intrinsèque, mais inévitablement de le faire dans son intégrité et sa forme. Hypocrisy maitrise tellement son sujet qu’il ne semble même plus en vouloir, paraissant presque être un fardeau pour lui. "End of Disclosure" manque d’âme et de passion, de risques et de folies, de tripes. Peter ne savait pas par quel bout commencer et, à l’écoute du disque, on dirait presque qu’il ne l’a jamais trouvé (le bout). Il pourra ravir les fans de "The Arrival", décevoir ceux qui attendaient un retour aux sources bien plus violent ou ceux qui auront simplement aimé une continuité, voir un nouvel album avec des couilles et qui aurait réellement osé proposer de nouvelles choses. "End of Disclosure" est presque un produit marketing, dans son genre. Et venant d’une icône comme Peter Tägtgren, c’est vraiment dommage.

25 Commentaires

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ANDRAS - 05 Mai 2013: décevant! j'ai l'impression que le groupe s'essouffle.
NICOS - 20 Mai 2013: Je suis en train de l'écouter...et vu la chronique d'Eternalis et les commentaires, je m'attendais à la catastrophe. Je suis donc agréablement surpris.

Les deux derniers Hypocrisy étaient d'excellents Skeuds, pour moi les meilleurs depuis Abducted. Preuve que le groupe à su se renouveler et ne pas perdre le fil comme la majeure partie des groupes de sa génération.
m0nkeyz - 11 Juin 2013: Salut et merci pour ta chronique



Alors je rejoindrai un peu NICOS, certes l'album n'est clairement pas leur meilleur, ni leur plus inspiré, et encore moins leur plus hargneux. Néanmoins on en oublie un peu la partie "hypocrisy maitrise tellement son sujet", ça reste un death melo d'excellente facture, avec des vocaux exceptionnels, des refrains pour la pluspart qui font mouches. Et une aisance telle qu'elle mène presque logiquement à la lassitude, tant pour les fans que pour le groupe, comme un solide monument, construit jusqu'à la dernière brique, inébranlable mais en même temps fini, et donc n'apportant plus grand chose, si ce n'est des angles de vues différents du même édifice. L'apanage des grands groupes. Donc pour résumer, on stagne avec cet album, de manière évidente, mais le tout reste tellement bien construit que j'accepte volontiers la nouvelle prise de vue, et je lui aurais peut être donné un peu plus que 13, note un peu sévère à mon goût.



Merci encore pour ta chronique, un avis vraiment intéressant et constructif.
metalmarc - 26 Juin 2013: Bonne chronique, pour ma part ce n'est pas un album inintéressant, mais un album qui m'a très vite lassé. Vu deux fois en concert cette année et franchement "End of Disclosure" et "44 double zero" sont, à mon sens, indigeste en live. Hypocrisy reste un groupe énorme, carré et pro, peut-être trop d'ailleur. Wait and see
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