Origins

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Nom du groupe Eluveitie
Nom de l'album Origins
Type Album
Date de parution 01 Août 2014
Labels Nuclear Blast
Style MusicalFolk Death
Membres possèdant cet album161

Tracklist

1. Origins 02:13
2. The Nameless 04:12
3. From Darkness 04:11
4. Celtos 03:57
5. Virunus 04:51
6. Nothing 00:57
7. The Call of the Mountains 04:14
8. Sucellos 05:05
9. Inception 03:46
10. Vianna 03:36
11. The Silver Sister 04:15
12. King 04:33
13. The Day of Strife 03:49
14. Ogmios 00:29
15. Carry the Torch 04:37
16. Eternity 02:34
Bonustracks (Mailorder Edition)
17. L'Appel des Montagnes
18. Il Richiamo dei Monti
19. Il Clom dallas Muntognas
20. De Ruef vo de Bärge
Total playing time 57:19

Chronique @ AlonewithL

05 Septembre 2014

Eluveitie est devenu en quelque sorte le Hello Kitty de la scène folk metal.

Quand vous posez la question de savoir quel groupe de folk metal vous appréciez le plus, « Eluveitie » figurera en très bonne place. Et cela à la grande surprise des aficionados qui ne garde en mémoire de la formation helvète que les ouvrages « Spirit » et « Slania », au dépend de la suite de la discographie laissant davantage à désirer. Cette renommée doit beaucoup au fait de figurer chez le géant Nuclear Blast, leur assurant une large distribution et une représentation quasi unique pour un genre plus underground qu’il ne parait. Il faut dire que le folk comme le pagan sont mal représentés dans les étals. Ce qui fait même dire à certains qu’il n’y a que peu de représentants du genre. Ce qui en vérité est totalement faux. En tout état de fait, cette situation profite beaucoup à un « Eluveitie » de plus en plus dispensable d’album en album, récitant désormais la même leçon celtico death mélo, si on fait l’impasse sur l’intrus « Evocation I ». « Origins » est une sorte de continuité de « Helvetios », l’ouvrage qui l’a précédé deux ans plus tôt. Il n’est en rien le retour aux sources tant espéré. A trop profiter des opportunités qui lui sont offertes, à trop miser sur un public prêt à consommer, « Eluveitie » est devenu en quelque sorte le Hello Kitty de la scène folk metal.

Une narration, ça produit toujours son petit effet. Encore plus quand on la sert avec des branlements symphoniques et une petite touche celtico-irlandaise. La narration du vieillard, à la manière d’un Orson Welles sera servie en tout début et en fin d’album, sur la piste éponyme et sur « Eternity ». Et comme c’est tellement trop bon, les suisses rajoutent la narration d’une vieille, mais aussi d’une adolescente sur « Nothing », puis sur « Ogmios », qui jouent le rôle d’interlude durant le déroulement du disque. En fait, l’auditeur aura compris lors de son écoute que c’est un moyen comme un autre de combler le vide. Il est un vrai que l’on pouvait s’attendre à bien plus palpitant à l’écoute de ce nouveau disque. Déjà les parties folkloriques auraient trop tendance à faire ressortir la culture irlandaise. Nous comprenons bien qu’il s’agit d’une culture celtique fameuse et savoureuse. Mais ceci est étranger à la Suisse, ou à la Gaule, terre de destination de l’album et de la formation. C’est comme si « Cruachan » venait régulièrement s’inviter lors d’une prestation d’un groupe de death mélodique de seconde catégorie. L’effet est particulièrement frappant. L’effort d’authenticité de « Spirit » s’en est allé prendre le large.

Et cette formule ne s’articule pas facilement comme tend à nous le prouver « The Nameless ». Sur ce titre les instruments folkloriques donnent d’ailleurs l’impression de se débattre face à une partie metal monobloc pas très subtile, et assez morne au final. Nous pouvons ressentir la même difficulté à travers « Virunus ». On a beau relever un sursaut joyeux en refrain, ça reste fade pour autant. Tout au plus pourra-t-on se contenter du break atmosphérique ou encore de la ballade irlandaise en fin de morceau. Le folk domine rarement, mais il existe des chansons où celui-ci occupe une place importante, notamment avec « From Darkness », obtenant toujours ce couplage identique « Cruachan »/death mélodique que sur « The Nameless », mais cette fois la partie folklorique y montre véritablement ses dents. Le virulent « The Day of Strife » en est une autre illustration. On pourrait malgré tout lui reprocher une certaine redondance. « Celtos » accorde également une partie belle au folk. Pour la seule fois de l’opus, nous avons là un extrait de folk continental fidèle à l’idée que l’on peut se faire d’un groupe de folk metal suisse inspiré de l’Histoire de la Gaule antique. A noter que le refrain reprend l’entame de la célèbre chanson traditionnelle bretonne « Tri Martolod ». Ce qui fait répétition quand on sait déjà qu’ « Inis Mona » issu du volume « Slania » s’en était très largement inspiré.

Le gros de l’album est dirigé par le death mélodique. « Eluveitie » renforce la tendance par rapport à leur précédent album. Ainsi, le folk ne figure plus qu’en tant que misérable apport sur le nerveux et réactif « The Silver Sister », et du coup altère le morceau au lieu de l’enjoliver. Sur ce registre, « King » s’en sort bien mieux. Ce titre affiche de la détermination, semble moins bouffi que les autres extraits. Le folk, même à proportion minimale y est correctement incorporé. On y retient en seconde partie de morceau une excellente et rapide cavalcade au violon. A l’inverse, nous avons des chansons moins sous l’emprise de la hâte, mid tempo pour celles-là, comme c’est le cas pour « Carry the Torch » se manifestant pourtant par une rythmique puissante et concassée, toutefois adoucie par l’omniprésence de la mélodie. Seulement, « Vianna » figure presque comme un échantillon d’adoucissant à côté. Un titre assez terne et plat, sans grande saveur, doit-on reconnaître, malgré la jolie voix d’Anna Murphy.

Parfois, on est amené à se poser des questions sur les travaux et les inspirations du groupe. « Eluveitie » sort momentanément des sentiers battus sur certains extraits, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça surprend. Par contre l’effet n’a rien de positif. On retrouve ainsi en bonne place Anna Murphy sur « The Call of the Mountains » dans une sorte de court échantillon d’« Evanescence », distillant mal ses relents pop rock. L’auditeur sera plus partagé entre un « Sucellos » et un « Inception » qui s’affirment tous deux dans un style plus contemporain, incorporant du core tapageur, rageur. Cependant, le mariage avec le folk n’est pas des plus alléchants. Avec ses diverses transitions, son break tribal, « Sucellos » se montre un peu plus élaboré qu’ « Inception », qui s’illustre lui ostensiblement comme une suite, mais dans une musique plus nerveuse et aiguisée. Pour ses cas, la patte d’ « Eluveitie » est quasi méconnaissable, mais à vrai dire, ce n’est pas plus distrayant en soi.

Rien n’a véritablement changé depuis « Everything Remains As It Never Was ». Le groupe tenu par Chrigel Glanzmann s’évertue à resservir depuis trois albums un contenu sans trop d’originalité, sans véritable authenticité, sans réel adorateur. « Eluveitie » est un leader contesté et contestable, qui ne mérite pas d’être placé autant sous les projecteurs au su des productions qu’il nous offre depuis quelques années. Le souvenir des bons albums commence à vieillir, si bien que l’on pourrait appeler cela désormais de la nostalgie. Oui ! Il est grand temps pour eux de revenir à ce qu’ils faisaient. Il est grand temps pour « Eluveitie » de revenir à ses origines, de se redonner une seconde jeunesse. Il n’y a rien de pire pour un groupe d’être placé dans un rang que l’on ne devrait pas occuper. La chute en cas de disgrâce pourrait être vertigineuse.

12/20

25 Commentaires

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Sowilo - 08 Septembre 2014: @Furia j'ai déjà posé une oreille sur presque tout ça, et sur le reste, je me rattraperai, promis! J'aime bien Dalriada moi, c'est plus enjoué, festif. Et @AlonewithL euh, ça ça dépend totalement de l'orientation d'un groupe et de ce qu'il veut en faire. Pour le coup, à mon avis Eluveitie pourait (supposition) être dans un cas ou fans, labels et autres les obligent à continuer à faire du death mélo qui rentre dans les cases, alors que trahir les plus bornés et virer vers d'autres horizons serait à mon avis certainement une bonne idée pour eux. Je ne sais pas pourquoi, je les en crois capables si ils osaient.
Furia - 08 Septembre 2014: @Sowilo : Héhé, je me disais aussi, mais bon... COmme quoi tu la connais pas mal la scène folk !
leprechaun - 10 Septembre 2014: Mon gros avantage est que j'ai commencé à écouter Eluveitie avec Helvetios! Donc comme j'ai vraiment bien aimé ce dernier, je trouve Origins aussi bon voir meilleur!
Pour faire simple, Cruachan (que je suis depuis leurs débuts) représente le "true-folk" et Eluveitie le "bubble-folk".
Dark_Scorpio - 01 Octobre 2014: Snif, ouin, snif... Ils sont où les Eluveitie de la grande époque, ceux de Slania, de Tegernako, d'Inis Mona, de Druid, My Gaulish War, Uis Elvetie...? Ils sont où ces malades mentaux qui m'ont fait aimer le folk death, aimer le pagan? Ils sont où, les fissurés qui ont fait bouillir leurs salles de concert ( je pense notamment au Pagan Fest de Rennes en 2008 )? Je suis entièrement d'accord avec cette critique : d'un point de vue technique, cet album est "propre", "abouti", ou encore "efficace", mais d'un point de vue esprit, on a effectivement l'impression qu'ils ont embauché les anciens d'Evanescence et un spécialiste des remix pour leur servir d'inspiration...pas que les titres soient spécifiquement mauvais ( encore que, à bien écouter, ils ne soient quand même pas glorieux ), mais le problème vient surtout du fait qu'il n'y a rien, ni la rage des premiers albums, ni le côté "fun" ( ou "stupidement sautillant" comme diraient certains ), ni rien...ça se prend au sérieux en ressortant album après album les mêmes airs et les mêmes combines fadasses, inodore, incolores..."King" sort son épingle du jeu, mais comme tous les albums chez Nuclear Blast : il faut UN titre qui cartonne pour vendre l'album, et le reste on se met en roue libre... Alors, OUI, Eluveitie a été, et reste encore un géant de la scène Metal. OUI, Eluveitie est un grand groupe, et ils ont dans leur bagages mes morceaux préférés, et un univers unique, à la fois puissant, mélodieux et original. Mais NON, ressortir la même sauce sur différents plats ne les rends pas tous excellents, et NON, vouloir toucher un public aussi large que possible n'améliore pas la qualité, bien au contraire; dans leur cas, cette ouverture et le "lissage" de tous leurs morceaux leur font du tort ( et le tort tue ), car à force de vouloir vendre au lieu de vouloir séduire, on va finir par les comparer aux prostitués du Folk-Death, un genre pas assez représenté pour se permettre pareille dégringolade... Pou rester dans le domaine des comparaisons, ça me fait penser à l'évolution des consoles de salon ( PS4, XBOX One ): de plus en plus de moyens, de plus en plus d'acheteurs, mais finalement de moins en moins de titres intéressants et désormais le même arrière-goût désagréable une fois l'album terminé... A QUAND LE RETOUR D'ELUVEITIE, un retour à leurs VRAIES origines, un son crado, rythmé, entraînant et bourrin, bref, ce qui a construit leur renommée et en a fait une grande formation?
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