Omnipresent

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15/20
Nom du groupe Origin (USA)
Nom de l'album Omnipresent
Type Album
Date de parution 04 Juillet 2014
Enregistré à Chapman Recording
Style MusicalDeath Technique
Membres possèdant cet album78

Tracklist

1.
 All Things Dead
Ecouter03:36
2.
 Thrall:Fulcrum:Apex
Ecouter01:08
3.
 Permanence
Ecouter01:00
4.
 Manifest Desolate
Ecouter04:16
5.
 Absurdity of What I Am
Ecouter02:41
6.
 Source of Icon O
Ecouter02:01
7.
 Continuum
Ecouter01:53
8.
 Unattainable Zero
Ecouter04:41
9.
 Redistribution of Filth
Ecouter03:23
10.
 Obsolescence
Ecouter01:34
11.
 Malthusian Collapse
Ecouter04:11
12.
 The Indiscriminate
Ecouter04:23

Bonus
13.
 Kill Yourself
 02:12

Durée totale : 36:59

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Origin (USA)



Chronique @ Eligos

26 Mai 2014

Avec "Omnipresent", Origin signe un sans faute.

Les maîtres de la galaxie brutal death technique sont de retour et ils se nomment Origin. Leader incontesté de la scène metal extrême, la bande à Paul Ryan avait repoussé d’un cran les limites de la brutalité et de la vitesse avec le dévastateur Antithesis paru il y a déjà 6 ans. Attendu au tournant en 2011, les américains avaient confirmé leur statut avec un « Entity » plus varié et contenant quelques étonnantes expérimentations, le tout encore une fois, exécuté à une vitesse folle, voire surhumaine.

C’est donc en janvier 2014 qu’Origin retourne en studio pour capturer leur nouvelle offrande, Omnipresent. Tout d’abord, le groupe a fait de Jason Keyser (ex-Skinless) un membre à part entière après que ce dernier ait participé à la tournée d’Entity en tant que remplaçant de Mica Meneke. Mis à part cela, la formation ne vire pas de bord et reste fidèle à son label, Nuclear Blast (tout en s’adjoignant les services d’Agonia Records pour la distribution en Europe) ainsi qu’à son producteur en la personne de Robert Rebeck. Il en va de même pour l’artwork, encore une fois réalisé par Colin Marks. L’équipage étant au grand complet, le vaisseau Origin est donc prêt à remplir sa nouvelle mission avec brio. Direction : l’espace !

Omnipresent est l’expression même de l’insignifiance de l’espèce humaine dans l’Univers. Qui sommes-nous vis-à-vis de l’entité que représente l’espace, nous, humains ? L’humanité essaie de plus en plus d’explorer les confins de sa galaxie, de chercher de nouvelles formes de vie mais elle continue à subir le courroux des forces naturelles qui lui rappellent constamment qu’elle n’est rien. C’est autour de ce concept que s’articule l’album et on comprend alors mieux l’imposant agglomérat métaphysique représenté sur la pochette du disque : l’homme est condamné au milieu de tout cet enchevêtrement que forme l’Univers et il chute inexorablement vers sa perte…

Retour à la réalité, le décollage est imminent et il ne faudra que quelques secondes au groupe pour qu’il nous mette en orbite à grand renforts de blasts et de sweeps sur "All Things Dead" au refrain scandé imparable. A première vue, la recette Origin n’a pas vraiment changé et tous les ingrédients qui ont fait le succès du groupe répondent présent sur ce premier titre. Pourtant, sur ce disque, les américains sont allés encore plus loin que sur Entity dans les expérimentations et évite ainsi de proposer une pâle copie de ce dernier. On pensera notamment à "Redistribution of Filth" et ses riffs thrash/crust revisités à la sauce Origin ou au furieux "THRALL:FULCRUM:APEX" (certainement un des titres les plus rapides de toute la discographie du groupe !) et son break slam death sorti de nulle part. Autre élément à souligner, les sweeps de Paul Ryan sont plus variés, ce dernier ne se contentant pas d’utiliser uniquement les sonorités mineures dans ses passages les plus techniques comme sur "Unattainable Zero" qui apparaît comme étant le meilleur morceau de cet album de part son final lourd et rampant et ses échanges véloces entre Jason et sa bande. Beaucoup de fans soulignaient la baisse de débit au niveau des vocaux sur le précédent opus (et à juste titre) mais après plusieurs années à tourner avec le groupe, Keyser s’est appropriée une cadence proche de celle de James Lee (sans toutefois l’égaler) et livre une performance impeccable de ce côté-là, augmentant encore d’un cran la sensation de vitesse distillée par la formation. Cependant, c’est du côté de la partie instrumentale de leur musique que le groupe pèche par manque de vélocité et d’intensité. Les breaks sont nombreux et de nombreux riffs trop conventionnels viennent interférer avec les parties les plus nerveuses du combo, diminuant ainsi l’impact de ces dernières. Un exemple ? Le lent "Malthusian Collapse" qui tente de décoller au bout de 40 secondes sur une accélération dont seul Origin a le secret mais qui finit par retomber rapidement en proposant un mid-tempo assez sommaire et à la progression d’accords prévisibles.

Parler d’Origin sans évoquer le travail titanesque qu’abat John Longstreth derrière ses fûts serait une hérésie. On connaissait déjà sa capacité à user des blast-beats à une vitesse supersonique mais il faut croire que depuis son passage en studio avec Gorguts sur l’énorme Colored Sands paru l’année dernière, John a diversifié son jeu et c’est sur ce point qu’Omnipresent marque une forme d’évolution pour le groupe. Même si certains morceaux se montrent classiques, allant même jusqu’à rappeler Informis Infinitas Inhumanitas ("Manifest Desolate"), d’autres titres sortent du lot grâce l’assise rythmique en béton déroulée par Longstreth comme sur "Source of Icon O" et son break central au groove tribal. De plus, la batterie bénéficie d’une production claire et puissante, bien loin des standards death techniques actuels ultra-synthétiques. Robert Rebeck a donné à Omnipresent un son proche de celui d’Entity à l’exception de la guitare de Paul Ryan qui se voit dotée d’une épaisseur façon "mur du son", absent de la précédente réalisation du combo. Le jeu au doigt de Mike Flores passe un peu à la trappe mais il n’en reste pas moins audible lors des parties les plus techniques.

Mention spéciale également aux interludes qui joue un véritable rôle au sein de ce disque. Bien plus que de simples samples faisant office de bouffées d’oxygène, elles permettent la mise en place d’une atmosphère "astronomique" de qualité, permettant de mieux s’immerger dans l’univers d’Origin comme sur "Continuum" où les plans en tapping paraissent filer à toute vitesse dans le cosmos qui se révèle tour à tour inquiétant et fascinant. Enfin, "The Indiscriminate" achève ce voyage aux 4 coins des cieux de la plus belle manière en associant une première partie 100% black à un final totalement dissonant, à la montée en puissance inéluctable, qui s’impose à nous peu à peu…

Cet opus est donc dans la plus pure lignée d’Entity, Origin reprenant les choses là où il les avait laissées. En conséquence, les inconditionnels d’Antithesis et d’Echoes of Decimation seront certainement déçus, tant les parties survoltées et supersoniques que le groupe utilisait en permanence dans le passé sont cette fois-ci reléguées au second plan. Le groupe a orienté ses compositions dans de nouvelles expérimentations qui diviseront à coup sûr leur public. Avec Omnipresent, Origin se maintient depuis maintenant 6 ans au sommet de la scène death brutal technique. Retour sur Terre, mission remplie avec succès : vous pouvez disposer. Hail Space !

92 Commentaires

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mayhem13 - 22 Juillet 2014: Oui j'essaye en général de ne pas être influencé, mais c'est difficile lorsque tu vois la majorité descendre un disque, de faire une totale abstraction. J'ai fait ça pour le dernier mayhem, étant un grand fan du groupe, de ne pas me fier aux mauvaises critiques qu'il a eu. Ce ne fut pas facile car cela demande un vrai travail d'écoute en profondeur; surtout en voyant leur côté difficilement accessible. Au final je l'ai trouvé très bon. Ai je raison? Suis je totalement dans le faux? Doit on au final se poser ce genre de questions...?
mayhem13 - 23 Juillet 2014: Tu nous diras ce que t'en penses?
mayhem13 - 23 Juillet 2014: Tu m'étonnes lol!
 
El_Totor - 25 Août 2014: A la première album je trouve ce dernier Origin très bon ! Est ce mauvais signe docteur ? Habituellement un origin c'est bien dense et ça s'apprivoise progressivement, est ce le signe qu'il sera plus lassant à la longue ? On verra mais ça a l'air cool ! Pour le débat Entity Antithesis, je fais parti de ceux qui préfère Entity. Certes les albums se ressemblent beaucoup et certains riffs seraient carrément interchangeables, mais je trouve qu'Entity est l'aboutissement d'antithésis. Il apporte le 20% en plus de finission qui en fait un album parfait, plus magistral, plus grandiose, mais aussi plus percutant où je ne vois rien à enlever ni à ajouter. Pour la petite phrase qui fait débat, vous ne devriez pas vous battre pour si peu les amis ! On se croirait sur des commentaires youtube du dernier Justin Bieber !
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Chronique @ growler

30 Mai 2014

Origin accouche avec « Omnipresent, d’un opus à la qualité intrinsèque élevée

Il est très gratifiant pour une formation d’avoir la chance et le talent de pouvoir publier, durant sa carrière, un opus dit « référentiel ». Origin en fait partie, grâce au pavé monstrueux que représente « Antithesis ». La tâche se révèle encore plus ardue lorsqu’il s’agit d’y proposer un successeur, et Origin, bien qu’en évitant la « plantade », proposait un « Entity », certes de bonne qualité mais qui n’atteignait pas les sommets de « Antithesis », de par ses cassures rythmiques plus marquées et d’une durée globale plus courte.

Trois années se sont écoulées (intervalle règlementaire chez Origin) avant que les américains ne décident de remettre le couvert. « Omnipresent », qui succède donc à « Entity », est doté d’un artwork sublime signé Colin Marks (Nevermore, Kataklysm, Exodus), qui avait déjà illustré « Entity ». De multiples interprétations sont possibles, la mienne serait que l’anneau représente toutes les espèces que l’univers ait pu enfanter et anéantir, l’homme, au centre, en fait partie. Malgré son arrogance et sa soi-disant supériorité, notre race ne représente rien face à l’immensité sans fin du cosmos, et notre fin est inéluctable.

L’opus est une nouvelle fois produit au Chapman Studio par Robert Rebeck et masterisé par Colin Martson. Suite au départ de Mica Meneke, le groupe avait embauché Jason Keyser (ex-Skinless) en tant que frontman sur la tournée qui avait suivi la sortie de « Entity », avant de lui confier un contrat à durée indéterminé à l’issu de celle-ci, faisant de lui le hurleur officiel de Origin.

« Omnipresent », tout comme « Entity », démarre en trombe avec « All things dead », sans aucune note introductive et sans même que les présentations ne soient faites. La patte Origin est immédiatement identifiable, les « blasts beat » sont « omniprésents » et le growl de Jason Keyser est très convaincant, le bougre utilisant également des vocaux écorchées vifs. Ce morceau est doté d’un gros break, soutenu d’une double pédale rapide qui renforce l’impact de l’accélération finale. Comme à son habitude, Origin n’est pas là pour enfiler des perles et, l’arrivé de « Thrall : fulcrum : apex » sonne comme un énorme uppercut en pleine face, pas loin de laisser votre serviteur K.O. Cette composition, dont le départ est ultra violent, est soutenu par un débit vocal très rapide, une des spécificités de « Antithesis », avant qu’une cassure rythmique ne vienne « calmer » le jeu, mais également, encore une fois, appuyer la force de la reprise d’un rythme frénétique, initié en début de morceau, dont le but est de laisser des traces indélébiles.

Ces deux morceaux sont loin d’être orphelins, puisque tous les titres de « Omnipresent » sont dotés de break, qu’ils soient massifs et très puissants comme sur « The absurdity of what I » ou « Unattainable zero » et « All things dead », ou saccadés sur « Thrall : fulcrum : apex » et « Malthusian collapse ». Ces ralentissements rythmiques ont pour but de donner de la variété à « Omnipresent », et ils mettent en exergue la violence des accélérations comme sur « Retribution of filth », « Source of icon O », « All things dead » ou encore « Thrall : fulcrum : apex, « The indiscriminate » et « Malthusian collapse ». Même si Origin tient l’auditeur à la gorge, il sait lui donner des respirations salvatrices au travers des trois interludes, comme s’il prenait plaisir à le voir souffrir, retardant le moment où il rendra son dernier souffle. En effet, celles-ci sont judicieusement placées, comme, par exemple, « Permanence » qui vient juste après l’enchainement terrible de « All things dead/Thrall : fulcrum : apex ».
Cependant, « Redistribution of filth » a plus interpellé mes cages à miel, non pas que les autres titres soient moins bons, loin de là, mais celui-ci est différent et tranche du reste de la galette par sa simplicité de base, domaine où Origin nous a habitué à des structures plutôt complexes et alambiquées. Cette composition est dotée d’un riff principal, que je qualifierais de « thrash/death old school », très efficace et très entraînant, l’accélération « blastée » nous rappellera que nous avons bien à faire à Origin. Ce morceau risque de faire grincer quelques dents, surtout chez les fervents amateurs de « brutal death » technique, pour ma part, j’ai bien apprécié même si je fus assez surpris à la première écoute.

Côté musiciens, on ne rigole pas chez Origin, en tête desquels John Longstreth, déjà présent sur « Entity » et bien connu pour avoir officié chez Gorguts et Angelcorpse, semble être le fruit d’une expérience génétique avec une pieuvre tant il est insolent de maîtrise aussi bien dans les « blasts » frénétiques (« The indiscriminate » ou « Source of icon O ») que dans les breaks à la double « kalachnikov » (« Thrall : fulcrum : apex » ou « Unattainable zero »). Jason Keyser s’en sort également plus qu’avec les honneurs, le gaillard sait parfaitement alterner entre vocaux « criards » et « growl » caverneux et épais. Paul Ryan et Mike Flores sont à l’avenant, comme à leur habitude.

Contrairement à « Antithesis », « Omnipresent » présentes quelques défauts. D’abord par la reprise de la recette de « Entity » avec ces nombreux breaks, pas toujours de bon aloi comme sur « The absurdity of what I » ou celui de « Manifest desolate ». L’opus souffre également de deux morceaux légèrement en dessous de la qualité des autres titres avec, avec les titres sus cités. Le premier sera sauvé pour son départ ultra rapide et le second est, au final plutôt convenu, et sent même un peu le morceau de remplissage. Aussi, la présence de quelques longueurs sur la fin de « The indiscriminate » finira de noircir le tableau. Pour finir, « Omnipresent » est plus immédiat, votre serviteur est vite entré dedans (contrairement à « Antithesis » où il m’a fallu un plus grand nombre d’écoutes), ce qui peut représenter un atout non négligeable, mais j’ai la sensation d’en être aussi assez vite sorti, ce dernier m’a moins tenu en haleine qu’avait pu le faire « Antithesis ».

Vous l’aurez compris, Origin accouche avec « Omnipresent, d’un opus à la qualité intrinsèque élevée, certes, dans la même veine que « Entity, mais qui n’atteint pas les sommets de « Antithesis ». « Omnipresent » demeure un disque alléchant, par son artwork magnifique, mais surtout, parce qu’il est estampillé du sceau Origin. L’album est doté de quelques titres de bravoures comme « All things dead », l’ultra brutal « Thrall : fulcrum : apex », ou encore « Source of icon O » et le plus accessible « Redistribution of filth », la production est millimétrée et, il est interprété par des musiciens talentueux. Cependant, quelques longueurs, ici ou là et, deux titres en dessous de l’ensemble du disque viendront freiner mon enthousiasme.

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Hellsheimer - 07 Juillet 2014: Ca m'étonnerait, il a un vrai travail.
Chrisalice - 07 Juillet 2014: Il faudrait peut-être lui demander avant de répondre à sa place.
Hellsheimer - 07 Juillet 2014: C'est une idée comme une autre. De toutes façons, va y avoir du bannissement pour connerie aggravée. C'était juste histoire de.
zabuza - 07 Juillet 2014: Non c'est pas moi . J'ai même pas vu le signalement donc bon...
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