Entity

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Origin (USA)
Nom de l'album Entity
Type Album
Date de parution 07 Juin 2011
Labels Nuclear Blast
Enregistré à Chapman Recording
Style MusicalDeath Technique
Membres possèdant cet album202

Tracklist

1. Expulsion of Fury 02:50
2. Purgatory 01:25
3. Conceiving Death 04:00
4. Swarm 02:15
5. Saligia 06:52
6. The Descent 01:31
7. Fornever 02:09
8. Committed 01:56
9. Banishing Illusion 01:41
10. Consequence of Solution 07:09
11. Evolution of Extinction 04:43
Bonustrack (Digipack Edition)
12. You Fail 03:15
DVD (Digipack Edition)
1. The Making of "Entity"
Total playing time 36:31

Chronique @ BEERGRINDER

13 Juin 2011

la référence Death Metal universelle

Trois albums de Death Metal étaient attendus de pied ferme en cette année 2011. Si Phoenix Amongst the Ashes de Hate Eternal a tenu son rang, il n’y a pas de mot pour qualifier l’immense déception ressentie par les fans à l’écoute du Illud Divinum Insanus de Morbid Angel. Entity (2011) est donc l’occasion rêvée de prendre place sur un trône vacant d’où viennent de dégringoler Trey Azagthoth et ses amis rock stars.

Malgré deux albums ayant fait date, Informis Infinitas Inhumanitas (2002) et le monumental Antithesis (2008), Origin avait jusqu’ici du mal à s’installer parmi les formations Death incontournables, d’une part à cause d’un style difficilement assimilable par le Deathster de base, et surtout à cause d’une fâcheuse tendance au « un coup sur deux », c’est à dire alterner disques redoutables et moins inspirés.
Ayant quitté son label historique Relapse, la bande à Paul Ryan passe ici un cap avec la signature chez Nuclear Blast, rejoignant les légendaires Nile, Behemoth et Suffocation. On notera avec intérêt qu’après avoir boudé un temps le style qui fit sa renommée début 90’s, le « superlabel » allemand de Markus Steiger revient à ses premières amours en signant de nouveau des groupes Death Metal (et quels groupes !).

Sans s’encombrer de la moindre intro, Expusion of Fury déboule sans prévenir avec le sweeping caractéristique de Ryan, les plans impossibles de l’araignée-bassiste Flores et les blast-beat hystériques de Longstreth. Origin déploie d’entrée la panoplie complète sur ce titre : furie millimétrée dans le riffing, mid tempo central écrasant et final vitesse lumière absolument époustouflant. Nous sommes rassurés : Entity propose un Death Metal technique et violent de très haut niveau, sans plan Electro à la Rob Zombie ni refrain à la Marilyn Manson : ceci paraît évident au premier abord, mais par les temps qui courent mieux vaut préciser…

Puisque la comparaison avec Antithesis est inévitable, on peut dire que le contenu et la qualité sont sensiblement les mêmes, avec toutefois quelques variantes, un peu comme un autre duo mythique : Screaming for Vengeance / Defender the Faith de Judas Priest.
Toujours axé sur une imagerie cosmique qui sied parfaitement au caractère irréel de leur maîtrise technique et de leur énergie, Origin joue plus que jamais sur le registre voyageur galactique / destructeur de planètes grâce à une pochette adaptée de Colin Marks. La production est quant à elle semblable à celle du disque précédent : puissante mais claire, aucunement synthétique comme c’est trop souvent le cas dans ce style de Death, d’ailleurs comme pour Antithesis c’est Rob Rebeck qui s’en est chargé.
Quelques évolutions sont à souligner : Entity est légèrement moins compact, violent et impitoyable (quoi que, tout est relatif…), mais aussi plus varié : Mike Flores et ses acolytes ont exploré de nouvelles facettes, en témoignent l’étonnant Committed aux sonorités dissonantes Post brutal Death ou Fornever et ses cassures rythmiques inhabituelles.

Les brutes de Topeka avaient pourtant un problème de taille à régler : le départ du performant James Lee les avait laissé sans chanteur. L’intermède Mica Meneke (ex The Faceless) s’étant avéré peu convaincant, Paul Ryan et Mike Flores ont tout simplement décidé d’assurer les plages de chant eux-mêmes, avec un résultat probant d’ailleurs, même si le débit de paroles impressionnant du gros Lee fait un peu défaut. Origin a d’ailleurs embauché un chanteur à part entière pour défendre l’album live en la personne de Jason Keyser (ex Skinless).

Pour le reste le deathster tombera à genoux devant l’incroyable puissance de feu de Swarm, l’énergie littéralement Grindcore qui émane de Banishing Illusion, et bien sûr devant l’apogée de l’album : la fresque brutal Death Saligia avec ses riffing et soli à couper le souffle. Les 7 minutes de Consequence of Solution sont aussi un condensé épique de dextérité, de démonstration de force et de vitesse, le tout avec de nombreuses variantes (dont un solo atmosphérique néo classique de toute beauté) et sans jamais se perdre dans la démonstration. Lorsque des musiciens d’exception donnent le meilleur d’eux-mêmes, le résultat ne peut être que l’excellence.

On notera qu’inclure You Fail uniquement en chanson bonus est très judicieux : ce bon titre aux influences Black Metal ne colle pas vraiment avec le reste du disque mais constitue un appréciable digestif une fois le repas terminé. En revanche on aurait bien repris un peu de dessert avant, 36 minutes (sans le titre bonus) c’est un peu juste, à l’image d’un Purgatory intense mais express (1 : 25) qui nous ramasse le plat sous le nez alors qu’on savoure seulement la troisième bouchée. D’un autre côté ça incite à y revenir…

Malgré quelques détails plaçant Entity un petit cran en dessous de Antithesis, Origin parvient cette fois à enchaîner deux tueries consécutives, et s’installe enfin parmi les leaders incontestés du Death Metal. Avec le soutien de Nuclear Blast (plus grosse structure indépendante du circuit), le quatuor est désormais armé pour s’imposer comme la nouvelle référence Death Metal universelle.

BG

161 Commentaires

41 J'aime

Partager

DeCRePiTBiRTH - 17 Mars 2012: Beergrinder, oui, leur première démo se rapproche de leur premier album Origin (:
Sinon, d'accord avec toi, Informis Infinitas Inhumanitas est un petit bijoux (: Peut-être mon album préféré du groupe.
1001nuits - 24 Mars 2012: Bon, cet album, il est quand même moins bien que Antithesis et qu'Informis, non ?
Il y a un côté surréaliste, exceptionnel, monument qui a été un peu perdu par Origin dans Entity. Antithesis portait la tension très haute durant tout l'album, avec des moments d'hystérie très convainquants, des riffs vraiment primaires et quelques mélodies très bien placées, le tout dans un déchaînement totalement hallucinant. Un peu comme comme du black extrême mais en death ultra technique... (sais pas si je suis clair).
Entity est plus intellectuel, plus saccadé. Par exemple, la fin de Conceiving death est très Origin classique (et assez génial) mais le début du titre, quoiqu'hyper technique, est plein de breaks, si bien que perso, j'ai parfois du mal à accrocher vraiment.
Sinon Swarm tue bien, Saliga est proche du Wrath de Antithesis par sa mélodie un peu arabisante/indienne. En fait, certains titres sont assez courts pour qu'on ait du mal à accrocher parfois. Fornever est très efficace, Consequence est d'un très haut niveau mais les breaks le rendent plus proche d'un titre de brutal death accessible à un autre groupe.
Sinon, très bon album, très très bourrin (même si c'est très très très "technique"). Mais j'aime mieux Antithesis pour son côté "ovni" et Informis pour son côté primaire.
Les Origin sont redevenus des humains très forts, après un passage chez les aliens.
BEERGRINDER - 03 Juin 2012: Réponse simple : Oui....
bojart - 03 Juin 2012: Pour ma part, je trouve cet "Entity" en dessous du niveau de "Antithesis" et bien loin du jubilatoire "Informis Infinitas Inhumanitas"
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Chronique @ dark_omens

22 Juin 2013

Ceux qui auront été pleinement séduit par les attraits d'Antithesis le seront, une fois encore...

Au gré des instincts subjectifs de chacun, il était possible d'envisager Antithesis, quatrième véritable album des américains d'Origin, comme l'expression impénétrables et démonstratives d'un talent atypique. Car, en effet, si certains avouaient ne pas parvenir à apprécier pleinement ce monolithe compacte, nul n'en niaient les qualités de vélocité, de virtuosité et de technicité qui en faisait l'un des symboles de ce Metal de la mort à la brutalité, à la rapidité et à la férocité délicieusement nouvelle et délicieusement renforcée. Icone incontestable de cette mouvance plus agressive, Origin se devait de confirmer.

La complexité de la tâche qui s'offrait alors au groupe était soudainement accrue par le départ de son chanteur emblématique au débit si impressionnant, James Lee. Remplacé un temps par Mica Meneke (ex-The Faceless), Origin décidera finalement de se passer de lui et de se concentrer sur ses propres forces. C'est donc Paul Ryan et Mike Flores qui, en plus des parties guitares et des lignes basses, assureront les chants de ce nouvel effort.

La décision est d'autant plus courageuse que l'alchimie qui donne toutes ses vertus à un univers créatif est souvent constitué de nombreux éléments pouvant apparaitre comme insignifiants pris séparément, mais qui conjugués les uns aux autres donnent toutes ses saveurs à une expressions artistiques. Le bouleversement d'un seul de ces détails peut parfois abimer un équilibre précaire et briser pour toujours une excellence durement acquise. Et comment se définis plus précisément un groupe sinon par son chanteur? Et combien de formations ont disparues suite à la perte d'un musicien aussi fondamental?

Nos craintes étaient donc légitimes. Elles se devaient impérativement d'être apaisée par la sortie de ce cinquième album répondant au nom d'Entity.

D'emblée il faudra souligné que ce nouvel effort s'inscrit, principalement, dans la continuité de son prédécesseur. Vif et virulent, technique et rapide, fort et intense, Origin aura décidé de ne pas s'exprimer en des tentatives inutilement audacieuses. Sur les fondations solides de ces œuvres passées récentes, il bâtit donc un nouvel opus dédié à l'excellence (les superbes Conceiving Death, Swarm, Saligia, Banishing Illusion...).

S'agissant de ces nuances que Paul Ryan et ses comparses auront subrepticement disséminés sur ce Entity, évoquons donc quelques morceaux aux accointances quelques peu moins familières pour ce groupe. Parlons donc de Committed aux sonorités de guitares dissonantes assez particulières. Citons aussi un You Fail aux influences Black Metal assez notoires. Décrivons encore l'exceptionnelle Consequence of Solution qui, de ces multiples facettes, ne pourra laisser indifférents les adeptes les plus réfractaires aux progressisme tant il nous propose de nous égarer en des lieux délicieusement différents.

L'album s'affirme donc comme l'union d'une perfection affichée et d'une subtilité aux nuances, certes, infimes mais réelles. Et dans l'inévitable analogie qui devra l'amener face à Antithesis, il sera ardue de lui trouver quelques défauts susceptible de la départager de son illustre prédécesseur. Seul son aspect moins propice à la surprise pourrait, éventuellement, la rendre moins déterminante. Il est clair qu'avec Antithesis, Origin était attendu. D'ailleurs, il est claire aussi qu'avec Antithesis et Entity, Origin le sera davantage encore.

Ceux qui auront été pleinement séduit par les attraits d'Antithesis le seront, une fois encore, par ceux de ce Entity. Quant à ceux qui y furent insensible, il est à craindre qu'ils ne soient pas davantage conquis cette fois ci. Dans tous les cas, à nouveau, nul ne pourra nier les redoutables aptitudes de ces musiciens remarquables.

0 Commentaire

3 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire