Obscene Repressed

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19/20
Nom du groupe Benighted (FRA)
Nom de l'album Obscene Repressed
Type Album
Date de parution 10 Avril 2020
Enregistré à Kohlekeller Studio
Style MusicalDeath Grind
Membres possèdant cet album29

Tracklist

1.
 Obscene Repressed
 02:26
2.
 Nails
 03:21
3.
 Brutus
 02:49
4.
 The Starving Beast (ft. Sebastian Grimo Grihm of Cytotoxin)
 03:07
5.
 Smoke Through the Skull
 02:59
6.
 Implore the Negative (ft. Jamey Jasta of Hatebreed)
 04:05
7.
 Muzzle
 02:43
8.
 Casual Piece of Meat
 04:04
9.
 Scarecrow
 02:57
10.
 Mom, I Love You the Wrong Way (ft. Karsten Jäger of Disbelief)
 03:56
11.
 Undivided Dismemberment
 02:28
12.
 Bound to Facial Plague
 03:29

Bonus
13.
 The Rope
 03:04
14.
 Get This (Slipknot Cover)
 01:57

Durée totale : 43:25


Chronique @ odrodzenie

07 Mai 2020

MAGISTRALE !!!

Benighted, c’est un peu comme le bon vin, plus il vieillit, plus il se bonifie et, lorsqu’on jette une oreille attentive à l’ensemble de la carrière des stéphanois, cet adage se vérifie parfaitement. Depuis la publication de « Carnivore Sublime », la formation franchit à chaque fois, un nouveau cap, et ce, malgré un line-up fluctuant, Julien Truchan étant le seul membre originel et Romain Goulon a été remplacé par Kevin Paradis (ex-Svart Crown, Mithridatic). Mais tuons le suspens de suite, « Obscene Repressed » fera franchir un nouveau palier au groupe.

Après quelques bruitages de mâchouillement, un énorme hurlement lance les hostilités avec une intensité peu commune, et, cela sera une constante tout au long de cet album. Le boucher Benighted découpe, hache, éviscère sans anesthésier et sans étourdir sa pauvre victime, qui assistera à son propre carnage. « Obscene Repressed » est le disque des « plus » : plus d’intensité, certes, mais aussi plus de vitesse, plus de brutalité, plus de noirceur et plus de glauque. Les sept premiers morceaux en sont les parfaits exemples, jamais Benighted ne s’est montré aussi sauvage, mais sans jamais devenir la caricature de lui-même. En effet, la facette « hardcore », est de nouveau mise en avant et confère à l’ensemble plus de variété, amenant des breaks massifs (« Brutus », « Implore The Negative » ou « Smoke Through The Skull », pour ne citer que ces titres), mais aussi des chœurs bien velus, ainsi qu’un riffing très direct (« Muzzle »). Les cassures rythmiques apportent encore plus d’impact aux accélérations hystériques, et inversement, forçant l’auditeur téméraire à un headbanging intensif.

L’évolution du propos de Benighted réside aussi dans quelques détails, comme l’introduction de « Brutus » à la guitare acoustique (on n’est pas loin d’un petit flamenco), amenant un peu d’oxygène et évitant une asphyxie certaine, au milieu de ce tourbillon sonore et de ce bastonnage en règle. Il faut aussi souligner le break surprenant « jazzy » de « Muzzle », qui trouve cependant toute sa place malgré son côté complètement décalé. Il est indéniable que Benighted a apporté un soin tout particulier aux arrangements. Pour appuyer l’ambiance glauque qui émane de « Obscene Repressed », de multiples bruitages (comme les sons de réjections à la fin du morceau-titre ou les gémissements orgasmiques sur « The Starving Beast ») conférent à l’ensemble une atmosphère gore et peu ragoutante.

Comme toujours, les albums de Benighted tournent autour d’un concept, lié aux pathologies mentales, source d’inspiration inépuisable de Julien Truchan, infirmier psychiatrique de son état. « Obscene Repressed » conte la vie d’un jeune garçon, né avec une fente palatine non traitée, qui est obligé de se cacher derrière des bandages et vouant une haine viscérale envers son père (pour plus de détail, voir l’interview de Julien Truchan). Les textes sont habillement écrits, en anglais, majoritairement et en français (« Brutus » et « Undivided Dismemberment »).

La qualité d’exécution des morceaux est impressionnante, le père Julien éructant de toute sa palette vocale, allant du growl ultra caverneux à la Last Days Of Humanity, en passant par des hurlement « hardcore », du chant typiquement « black », du pig squeal et des cris aliénés de dérangés fou dangereux. Les musiciens sont d’une précision chirurgicale et d’une grande qualité technique, avec une mention spéciale à décerner à Kévin Paradis, qui s’avère être une pieuvre, alternant les rythmiques sans sourciller, délivrant des blasts de folie, et ne pouvant aucunement souffrir de la comparaison de ses prédécesseurs. Une autre mention spéciale est à décerner à Emmanuel Dalle dont la qualité de composition est remarquable, faisant franchir un nouveau palier au quintette. La production, toujours signé Kristian Kohlmannslehner est en béton armée, à la fois claire, puissante et dévastatrice, mettant bien en exergue la brutalité et l’aliénation des compositions du groupe. Il est à noter la présence de trois guests de choix avec Sebastian Grihm de Cytotoxin sur « The Starving Beast », de Karlsten Jäger de Disbelief sur « Mom, I Love You The Wrong Way » et surtout de Jamey Jaste de Hatebreed sur l’énorme « Implore The Negative ».

Le seul grief que votre humble serviteur pourrait avoir à l’encontre de « Obscene Repressed », serait que le propos se fait plus conventionnel et balisé après « Muzzle », certes, les cinq dernières compositions sont intrinsèquement élevées, mais elles demeurent moins surprenantes.

« Obscene Repressed » est désormais l’un des favoris au titre très convoité d’album de l’année tant il frôle la perfection, il se hisse également en tête de la carrière discographique de Benighted. A la fois plus intense, plus rapide, plus sauvage, plus dérangé, « Obscene Repressed » ne laissera aucun survivant, les derniers récalcitrants seront achevés au hachoir. Cet album est une véritable rossée, même pour les auditeurs les plus aguerris, le pire, c’est qu’on en redemande.

MAGISTRALE !!!

8 Commentaires

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Daweed - 09 Mai 2020:

Mettre 19 à un album alors que l on le lui reproche sa baisse d intensité au milieu ....je ne comprends pas. C est un bon album, j ai eu un peu de mal à rentrer dedans, la faute à un necrobreed écrasant, mais un 14/15 oui completement.  19/20 ne colle pas avec la critique je trouve.

Flamma - 09 Mai 2020:

Faut avouer qu'avec le viol d'esgourdes qu'était Necrobreed c'est déjà un exploit de faire encore mieux, Daweed.

supertiptip - 10 Mai 2020:

Je trouve pas qu'il y est une baisse de rythme avec le temps dans l'album. Je l'écoute depuis ça sorti et je m'en lasse pas peu importe la chanson, en plus il est un peu différent.

odrodzenie - 11 Mai 2020:

@Daweed: j'ai dit que le propos était plus conventionnel, je n'ai pas dit qu'il y avait une baisse de rythme. Pour la note, j'avais mis un 18/20 à Necrobreed, Obscene Repressed est un cran au dessus, je voulais mettre un 18.5/20 mais on ne peut pas, j'ai arrondi à l'unité supérieure. Après, les gouts et les couleurs...

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