Comment ça ?
Nine Lives même pas chroniqué ?
Nine Lives est selon moi l'un des meilleurs albums toutes périodes confondues du combo bostonien. Rappel historique, le groupe a scellé son contrat discographique chez Geffen avec le best of
Big Ones, retour donc chez Columbia Records pour ce 12ème album studio, éjection du manager du groupe pour avoir balancé de la merde dans le dos de Tyler, comme quoi celui-ci était retombé dans la came, mort du père de Joey Kramer le batteur, bref cet album s'annonce pourtant mal barré.
On appelle Kevin Shirley aux manettes, responsable du
Brave New World et Dance of Death de Maiden et plein d'autres trucs des 90's genre Silverchair si je ne m'abuse. Son boulot ici en tout cas force le respect, on a affaire à une prod "chaude" et un mix très équilibré mettant bien en valeur les diverses couches d'arrangements de l'album, je parle au niveau vocal, cordes ou autres instruments plus orientaux.
Nine Lives où le concept du chat et de ses neuf vies ici signifiant pour Tyler et Perry le fait que pour eux leur 9 vies ont déjà été cramées et que ça tient du miracle qu'ils soient encore de ce monde à faire de la musique, je veux bien les croire.
Rentrons enfin dans le détail. Qu'est ce que
Nine Lives ? Peut être l'un des albums les plus "caméléon" d'
Aerosmith : un rock vraiment dans l'ère de son temps, des touches punk, pop, world music, du rock qui envoie... en bref, ici
Aerosmith synthétise ce qui se fait de mieux en son temps pour se l'approprier.
Cependant la griffe aero est toujours là, que cela soit dans les cuivres du single "Falling in Love..." ou le jeu d'harmonica et les lignes de chant de mister Steven Tyler.
On trouve certains titres qui tabassent vraiment bien comme l'éponyme "
Nine Lives", annonçant un hard rock offensif parfait à balancer à fond au volant de sa Porsche décapotable et se la jouer road-movie californien.
Dans cette lignée on trouvera aussi "Something's Gotta Give" et son riff de guitare tout con mais qui balance bien avec l'harmonica à fond la caisse. Mais je veux surtout mettre l'accent sur le titre "
Crash", où on part sur un tempo vraiment esprit "punk rock", sans temps mort, avec un solo de guitare interminable signé mister Joe Perry diablement rock'n'roll à la fin, appuyé par la batterie martelante de Kramer, décidément en forme ici. On soulignera le taf de Kevin Shirley d'ailleurs pour être le sound engineer qui arriva enfin à rendre un gros son de batterie digne du cogneur qu'est Kramer avec une caisse claire puissante et juste pas comme la téfal de Lars Ulrich, batteur de vous-savez-qui.
Autre point non négligeable, on sent sur ce disque que tout le monde s'est fait plaisir, en témoignera le morceau "The Farm" et un Tom Hamilton solide et inspiré sur ses grooves de basse, les arrangements vocaux "baroque" de Tyler présents partout.
On trouve donc à boire à manger sur cette galette, les ballades classiques ndispensables, ici ça sera "
Hole in My Soul" ; oui c'est de la ballade mais le sens de la mélodie est toujours là, tout comme "
Kiss Your
Past GoodBye" qui encore une fois ne reste pas niveau culcul ras les pâquerettes, parce qu'ici on a un bassiste qui se casse le cul à pondre des lignes de basse qui sortent des sentiers battus et un guitariste toujours au service de la musique, avec un son et un style unique. Je conviendrais néanmoins à reconnaître un côté plus conventionnel à "2
1974", malgré son harmonica bluesy.
Un des derniers aspects intéressants de cet album seraient d'évoquer ces 2 ou 3 titres "ovni" que sont entre autre "Ain't
That a
Bitch", morceau aux allures de ballade avec une intro de cordes assez mystérieuse et une trompette au son feutré, qui finit par débouler sur un morceau plus dur tout en gardant une frontière mince avec l'aspect "ballade", avec un refrain et un couplet très éloigné l'un de l'autre. Les cordes ajoutent vraiment cette intensité dramatique à la chanson pendant que Joe Perry y balance de longs solos rock'n'roll encore une fois sur une impression de jam infinie, et où Tyler ajoute son grain de folie avec sa voie éraillée.
Enfin, ce côté singulier dans la carrière du groupe est vraiment apporté par cette touche orientale avec le génial "
Taste of India", tout droit sorti d'un "Conte des mille et une nuits". Non, cela ne m'évoque pas un dessin du prophète, mais plutôt très bien le visuel du disque avec ce chat égyptien qui danse sur un tapis volant, oui cet intro où la voix de Tyler se mêle à un (ou une ? je sais jamais...) sitar et à la guitare arabisante de Joe Perry, ce côté mystique présent tout au long du titre, même pendant les chorus de guitares typiquement rock de Perry sur les refrains, des arrangements de cordes en veux tu, en voilà... bref, je dirais juste un mot : ambitieux.
Pour en terminer avec cette histoire, je dirais qu'
Aerosmith s'est bien sorti les doigts du cul pour ce disque , entier et sincère, une démarche presque conceptuelle qui réussit bien au groupe. Certes, on est à une époque où pas mal de figures illustres tels Jimmy Page &
Robert Plant sont passées sur le terrain du mélange rock-world music, mais le côté rock reste plus poussé chez
Aerosmith. Cet album n'est pas à aborder comme les autres et d'innombrables écoutes seront nécessaires pour saisir toute les subtilités de ses arrangements orchestraux, que l'on ne retrouvera plus sur les productions plus récentes et aussi plus décevantes d'un groupe se reposant peut-être trop sur ses lauriers.
Quand on commence à effacer du flood on le fait complètement où on ne le fait pas du tout, ainsi les attaques gratuites d'Adrien86.fr envers trônaient encore fièrement ici, alors que mes réponses (légitimes, sans insultes, ni menaces, ni mensonges contrairement à mon interlocuteur) avaient toute disparues.
Désormais j'ai nettoyé, mais où vous faites le boulot comme il faut, où vous vous abstenez, sauf si c'était délibéré...
Je pense cependant qu'il s'agir d'une erreur et je confirme que tes messages étaient irréprochables.
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