De nos jours, il n’est plus aussi rare qu’un artiste ou un groupe décide de revenir en arrière afin de réinterpréter des chansons qu’ils ont écrites plus tôt dans leurs carrières. Aussi, et afin de surtout faire plaisir aux fans, lors du début de l’année 2005 (qui commémorait le dixième anniversaire de
Nightingale), les frères Dan et Dag
Swanö décidèrent de réenregistrer certains morceaux pour les présenter au monde sous le titre de cet album portant le doux nom de «
Nightfall Ouverture », soit le nom du titre d’ouverture du premier disque : «
The Breathing Shadow ».
A l’évidence, certains pourraient qualifier ce disque comme étant une compilation, voire un Best-of, mais il n’en est rien puisque, comme sur l’ensemble de la setlist qui le compose, huit sont des réenregistrements, tandis que les deux autres sont respectivement un titre inédit et une reprise initialement enregistrée par
Edge Of Sanity, le projet Death
Metal satellite de Dan
Swanö.
Ce faisant, et afin d’évoquer les différences entre cet album et les plus anciens, il est nécessaire de faite un rétroactif des précédentes chroniques sur ce groupe où il était évoqué que sur le premier album nommé «
The Breathing Shadow », nous avions droit à un projet Rock sombre, discret et d'influence gothique écrit, enregistré et produit uniquement par Dan Swano lui-même en seulement une semaine. Par la suite, lorsque «
The Closing Chronicles » fut dévoilé une année plus tard, il était devenu clair que
Nightingale avait rapidement changé de vitesse et abandonné les connotations gothiques pour une ambiance Prog-Rock plus lourde. Enfin, avec « I », «
Alive Again » et «
Invisible », le style de
Nightingale s’est stabilisé en proposant désormais un Rock progressif mélodique avec une touche
Hard Rock occasionnelle, pourvu de quelques éléments Néo progressifs, le tout avec la voix de Dan ayant toujours été au centre du son, lui permettant ainsi de vraiment mettre en valeur sa gamme vocale plus mature sur ces réenregistrements.
Or donc, une fois ces précisions faites, il est temps de s’attaquer au contenu. Une fois n’est pas coutume, à la manière d’un album concept, cette analyse suit l’œuvre au fur et à mesure de sa progression car les réenregistrements vont des plus anciens titres aux plus récents.
Ainsi, l'album commence avec la chanson titre et c'est une interprétation totalement différente et époustouflante par rapport à l'originale. En effet, dès le premier riff, on entend clairement qu’il y a une sorte d'ambiance bizarre dans cette chanson où la voix de Dan est très puissante et émouvante, rangeant, de facto, ce titre dans la catégorie des plus progressives du disque. La même chose s'applique au deuxième morceau, "The Dreamreader", qui avait à l’époque la particularité de ne proposer aucun riff. Dorénavant, c’est chose faite en plus de la présence d’un superbe clavier, doublé d’harmonies vocales ; là ou l'interlude au piano est sublime, permettant ainsi de rendre cette piste encore plus entraînante et plus intéressante.
«
The Closing Chronicles » reçoit ensuite le traitement avec "Revival" et "Steal the
Moon" suivis de "Alonely" et "I
Return" de l'album « I ». Dans les deux premières citées, la structure des chansons est plus Pop car il y a moins de progression, et la mélodie principale reste intéressante dans la première puisque le refrain rappelle beaucoup
Deep Purple, tandis que la seconde est beaucoup plus basée sur la voix de Dan.
Si, cependant, vous recherchez le must, "Alonely" est plus que certainement la meilleure performance vocale de Dan et la meilleure chanson de ce disque. Il s’agit-là d’une belle ballade acoustique, lente et émouvante, où la voix de Dan brille à travers l’entièreté de la composition, surtout dans le refrain. A l’inverse, dans "I
Return", la voix de Dan n'a pas le même impact que dans des chansons comme la chanson titre car elle est trop simple, voire répétitive.
Concernant les morceaux de «
Alive Again » avec "The
Glory Days" et "
Shadowland Serenade", ils vont impressionner les fans d'
AOR qui apprécient également une certaine dose de Rock progressif. De fait, les chœurs sur la première sont vraiment géniaux (rendant ainsi cette chanson plus joyeuse), tandis que le solo de style Blues de Dag sur le second diffère passablement de la version précédente.
Enfin, l’album se conclue sur deux inédits ayant pour nom " Losing Myself" et " Better Safe Than Sorry". La première est à l’origine une chanson de
Edge Of Sanity de l’album «
Infernal » de 1997. L'originale est l'une des rares chansons qui s'écarte en quelque sorte de leur style Death
Metal habituel, cher à Dan pour son autre projet.
Assurément, elle parait être plus à l'aise sur cet album, et c’est certainement ce que Dan a dû se dire au moment de cet ajout. Quant à la dernière, elle demeure encore aujourd’hui un joyau Heavy et prog-Rock avec un superbe refrain accrocheur, un beau travail de synthétiseur, le tout étant agrémenté une fois de plus par l’excellent travail vocal de Dan.
En définitive, si vous faites partie des personnes ne connaissant pas encore
Nightingale, nul doute que cet opus pourrait être un bon point de départ, alors que pour les aficionados de la première heure (dont je fais partie) qui apprécient les albums originaux tels qu'ils sont, c'est plutôt un article indispensable pour les collectionneurs que nous sommes.
Bref, cet album montre simplement à quel point ce groupe est vraiment bon et à quel point les chansons déjà excellentes des premiers disques peuvent être encore meilleures. Alors certes, il serait plus facile de dire que les disques originaux ont leurs propres qualités particulières, et que rien ne pourrait les remplacer ; mais il serait erroné de souligner cela puisque pour quiconque souhaiterait découvrir ce chanteur hors du commun, il est impératif de posséder cet opus qui retrace, si l’on peut dire, une grande partie des différentes étapes de sa carrière.
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