Après quatre œuvres accueillies positivement qui tournaient thématiquement autour d’un concept racontant l'histoire d'une ombre vivante, ce cinquième opus de
Nightingale ayant pour nom «
Invisible » vit le jour sur un coup de tête une année seulement après «
Alive Again », et celui-ci fut le premier album ne faisant pas partie du concept initial. En effet, sur celui-ci, Dag
Swanö fut plus impliqué dans l’écriture des chansons, permettant ainsi d’emmener le groupe dans un territoire plus axé sur le
Hard Rock, tandis que Dan conservait son style Progressif. Ainsi, dès la première écoute, vous remarquerez trois différences assez nettes !
Tout d’abord, une production très remarquable, puisque
Nightingale a réussi à obtenir un son parfait, fort, moderne et sélectif, avec des parties d'instruments individuels clairement audibles, étant en même temps chaleureux et organique. La seconde différence, c’est la limitation considérable des claviers, auparavant omniprésents, permettant dès lors d’ajouter de la couleur et de la saveur aux chansons individuelles. Enfin, la dernière particularité se situe au niveau vocal puisque Dan est accompagné sur ce disque par le bassiste Erik Oskarsson, qui le soutient très fortement. Par ailleurs, la voix de ce dernier est en opposition directe avec celle de Dan, car elle est pleine de fougue et atteint parfois des registres plus aigus. Bref, avec ces petites modulations, «
Invisible » est certainement l'album le plus orienté guitare et le plus traditionnel de l'œuvre de
Nightingale, et l’on pourrait sans aucun doute le définir comme assez Rock puisqu’il élargit le son vers des chemins plus tortueux sans toutefois compromettre ni la douceur ni les mélodies des chansons.
A l’évidence, ce qui saute aux yeux sur cet opus, c'est la positivité et le bonheur qui en émanent à travers la musique. En effet, «
Invisible » se caractérise uniquement par des guitares modérément déformées, des voix claires et une écriture dynamique, dépourvue de sang, de tripes, de mort et de tout autre sujet sombre évoqué sur les quatre sorties précédentes. Ce faisant, seul le morceau "
Still Alive" fait une référence à ses prédécesseurs en scellant définitivement la fin de l'épopée « Breathing
Shadow » vécue auparavant. Par ailleurs, ce titre dynamique est très prenant avec ses riffs efficaces et son superbe refrain polyphonique, à l’instar de "
Misery", plus rapide, bourré d'énergie Rock et brillamment chanté par le duo Swano -Oskarsson.
Tant qu’à évoquer les titres les plus prenants du disque, la chanson-titre suit la lignée de l’ouverture grâce à ses lignes de guitare accrocheuses et quelque peu blues, couplées de son refrain énorme et de ses arpèges acoustiques astucieux. Cependant, c'est avec le début de "A Raincheck on My
Demise" que les claviers caractéristiques de
Nightingale refont surface en étant intégrés au mix, souvent évocateurs du travail des groupes
AOR et Néo Progressif des années 80, où Dan opte pour une prestation plutôt agressive à la fin de cette piste ; état de fait donnant à l’auditeur l’envie de sourire.
De surcroît, si l’on souhaite sourire encore plus fort, il faut se diriger sur "Atlantis
Rising" afin de découvrir le chant incroyable de Dan voyageant à la recherche d’or et de promesse de l'Atlantide.
Assurément, tandis qu’il raconte peut-être un voyage fictif dans la cité perdue, il décrit plus que symboliquement un événement ou un voyage de sa propre vie qu'il a toujours rêvé de réaliser. A l’évidence, il s’agit-là d'une des mélodies les plus entraînantes de toute la discographie de
Nightingale, et il est presque certain qu'elle restera gravée dans la tête après quelques écoutes, tout comme "Stalingrad", le titre final, se révélant être sans conteste un digne successeur de "
Eternal" qui se trouvait sur son aîné. Ce titre a la particularité de contenir un incroyable solo de clavier joué par Dag, le tout accompagné de tambours envoûtants et du chant plus agressif de son frère, où la ligne mélodique familière de "One of the
Lonely Ones" suit le même schéma.
Du reste, "
The Wake" suit la trame captivante du disque en raison de son introduction acoustique et de sa batterie envoûtante, tandis que "To the
End" délecte littéralement le tympan de l'auditeur (surtout s’il décide de l’écouter au casque), permettant ainsi de se laisser transporter par le chant de Dan et les riffs acérés qui composent ce titre. Enfin, citons "
Worlds Apart" qui, même en étant le morceau le plus court de l’album, parvient à remplir malgré tout son rôle en faisant frissonner l'auditeur par son côté joyeux.
Bref, l’impression générale à l’écoute de ce cinquième effort reste positive et, comme on peut s'y attendre, «
Invisible » offre une fois de plus une richesse de morceaux entraînants avec un effet durable, car il n'est jamais superficiel et comble tous les vides. Incontestablement, même s’il ne contient pas de solos de guitare époustouflants, le plus grand atout de «
Invisible » réside dans le fait qu'il s'agit d'un album dynamique et bien réalisé en termes de musicalité, mais aussi suffisamment accessible et agréable à écouter pour que n'importe qui puisse l'apprécier.
En définitive, «
Invisible » démontre qu’il n'est pas nécessaire de créer des compositions complexes de plusieurs minutes, ni de faire preuve de compétences techniques excessives pour captiver l’attention, puisque des chansons bien écrites, bien jouées et bien chantées suffisent à charmer l’auditeur. De plus, si l'on y ajoute la passion, l'engagement, ainsi que l'énorme aisance et la distance qui se dégagent de cet album, il se peut que nous ayons-là l’un des meilleurs albums (sinon le meilleur) du groupe.
Salut, et merci du compliment ça me fait très plaisir! J'essaie de retranscrire au mieux le ressenti que j'ai sur ce groupe et je fais pas mal de recherches pour compléter l'historique! Ton compliment me réjoui car cela signifie que j'ai réussi à transmettre ce que je voulais.
Comme toi, la voix de Swanö me transporte, (surtout le chant clair) et c'est dommage qu'à l'heure actuelle, on ne l'entende plus vraiment!
J'avais écouté il y a quelques années son autre projet que tu cites "Whiterscape", mais j'avoue ne plus vraiment m'en souvenir! Tout ça que je sais c'est que j'avais apprécié! Il faudrait que je m'y remette!
Mais me concernant, son projet que j'admire le plus est bel et bien Nightingale! Encore deux albums à chronique et la boucle sera bouclée pour ce groupe!
J'espere qu'un jour nous reverrons Dan, soit sur scène, soit dans un projet!
A propos de concert,je n'ai hélas jamais eu l'occasion de voir Dan Swano en chair et en os.Il est de toute façon de notoriété public qu'à la grande époque de Edge of Sanity le leader du groupe avait horreur de la scène et des tournées donc les apparitions du groupe en public ont été très rares me semble t'il....notre homme préférant le travail en studio.Cela a peut être changé avec Nightingale,son frère l'a t'il poussé à tenter de prendre la route.Il faudrait que je jette un coup d'oeil sur You tube pour me renseigner,qu'en est il de ton coté ?
Malheureusement comme toi je n'ai jamais vu Dan en concert! Il y a un live complet de Nightingale sur YouTube qui date de 2003! Je te mets le lien ci-dessous si cela t'intéresse :
https://youtube.com/watch?v=V_1KKw6G0Q4&si=EIKxyHnXBp50QZK4
Par contre, pour de la nouvelle musique c'est définitivement mort! Il a fait une interview il y a deux ans, je te mets le lien également:
https://metalbite.com/interviews/1601/dan-swan%C3%B6-with-dan-everything
Merci pour ces liens.Je viens de lire la passionnante interview il est très très bavare!!Son point de vue sur le music buisiness bien peu rémunérateur n'est guère surprenant et explique sa volonté de tourner sensiblement la page.D'un point de vue strictement artistique je dirais aussi qu'il a fait le tour de la question depuis longtemps du moins dans l'univers du métal.A noter il faut écouter le disque Moontower qu'il a sorti sous son propre nom,il en parle d'ailleurs comme une de ses meilleures réalisations.Je n'irais pas jusque là mais je vais m'y replonger comme pour les Nightingale hé hé.Une dernière chose assez étrange vue sur Spirit:Dan Swano a sorti en 2023 sur un label totalement inconnu un disque tout en suédois avec une pochette vraiment zarbi.Qu'est que c'est que ce truc??? La seule certitude c'est que c'est passé mais alors totalement inaperçu !?!
PS je vais bientôt jeter un coup d'oeil sur le show You tube de Nightingale je te dirai ce que j'en pense
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