Pour bien comprendre le concept de «
Alive Again :
The Breathing Shadows Part IV », il convient de rappeler que cet opus est le dernier album de l’histoire conceptuelle entamée avec «
The Breathing Shadow » puisqu’il clôt enfin cette épopée en quatre volume.
Aussi, et pour ceux voulant s’attarder sur l’histoire, il est impératif de commencer avec le disque « I », où il était évoqué lors d’une précédente chronique que le personnage principal quittait son foyer violent pour croiser par la suite le chemin d’un autre garçon ayant eu une histoire similaire. Peu de temps après, nos deux compères commencèrent à jouer à des jeux dangereux dont celui du nœud coulant et ce dernier tourna mal puisque le deuxième garçon mourut par strangulation. De ce fait, l’anti-héros tenta de se suicider après cette tragédie mais il en fut incapable et se sentant extrêmement coupable, il décida de retourner dans sa famille violente afin de poursuivre en guise de punition son horrible style de vie.
Par la suite, nous retrouvons notre héros dix-sept ans plus tard après la mort de son ami sur l’album : «
The Breathing Shadow ». Pour faire court, le garçon est maintenant devenu un homme, il a une belle vie et commence à établir un lien avec son vieil ami lors de ses rêves. Lors d’un de ces fameux rêves, l’homme tombe dans le coma et une femme lui sauve la vie. Après avoir quitté la maison de la femme qui l’a aidé, l'ombre de son vieil ami envahit son corps et le pendit dans la forêt avec la corde qui avait servi à leurs jeux dangereux dix-sept ans auparavant.
Ainsi, sur « The Closing Chronicle », l’âme du héros est désormais dans le vide car l’ombre qui a pris possession de son corps vit désormais à travers lui. Par la suite, la femme qui avait précédemment sauvé le héros séduit l’ombre et en tombe enceinte. Elle a fait cela car elle gardait l'espoir de redonner naissance à son ami se trouvant dans le vide. A la fin de l'album, la femme donne naissance à son fils avec l'âme de son ami en lui, et l’ombre, s’en rendant compte, décide de partir.
Enfin, cette quatrième et dernière partie évoquée aujourd’hui va parler d'un vieil ami qui conclut une sorte de pacte avec un être surnaturel appelé «
Shadowman » afin de tuer le héros et sa femme. Cet homme de l’ombre finit par réussir sa mission et, à la fin, le héros revient à la vie quinze années plus tard après avoir été ressuscité par un esprit étrange.
Après ce préambule, il est important de préciser que pour entamer cet ultime chapitre,
Nightingale s’est enfin transformé en véritable groupe avec l’ajout de Tom Björn à la batterie et d' Erik Oskarsson à la basse. Or donc, c’est avec cet effectif au complet que nos Suédois entament le dernier chapitre de leur fabuleuse épopée avec "Recollection", une douce introduction au piano couplée de sons étranges et pourvus d’une ambiance fantastique servant d’ouverture à "
Shadowman" ; un titre grandissime grâce à son rythme mid-tempo entraînant et son refrain merveilleux où la voix de Dan est superbement basse, apaisante, et douce pour les tympans, ce qui en fait l’un des musts de l’album, à l’instar de "
Shadowland Renegade" pourtant plus mélodique.
Dès lors, et tant que l’on évoque les tops de ce disque, nul doute que "The
Glory Days" y trouve sa place puisqu’elle est une chanson réfléchie, à l’introduction captivante au clavier qui rappelle beaucoup "Images and Words" de
Dream Theater. La dernière chanson, "Forever and
Ever", mérite également d'être mentionnée puisque c'est également une excellente piste avec des parties variées, tout comme l'épopée "
Eternal" pour son thème majestueux de plus de douze minutes commençant presque comme une chanson de Pink Floyd avec cette grosse intro de clavier et de son solo de guitare qui reste unique. Qui plus est, cette piste a la particularité d’être la plus longue jamais réalisée par
Nightingale, et qui, grâce à sa composition complexe plus que profonde et à son superbe refrain couplé d’ambiances variées, fait certainement de cette piste la pièce maîtresse de ce disque.
Du reste, ''Falling'' est plus douce mais reste une sorte de vive joyeuse car le refrain en est la partie la plus forte tandis que la partie solo est plus solide (tout comme les harmonies vocales), alors que "Into the Light" est plutôt une chanson pur Rock où les couplets rappellent fortement le titre "
Invisible" présenté sur l’album suivant.
"State of
Shock" est, pour sa part, la piste la plus Heavy du disque en étant la seule à présenter un riff sourd et lourd, tandis qu’à l’inverse, "
The One" est certainement la plus étrange car fortement chargée de claviers, mais elle est également la plus faible du disque en raison de son côté un peu trop générique.
En définitive, «
Alive Again » est un album mature, prenant, envoûtant, et incontestablement l’un des meilleurs de la discographie de
Nightingale. Ce constat repose notamment sur la poignante prestation de Dan, ce dernier chantant sur ce disque avec une émotion inestimable grâce à sa voix sombre et unique en son genre. De plus, étant également un brillant musicien, il va sans dire qu’il a doté cet album de nombreuses textures de style, et quiconque aime le bon Prog mélangé au
Hard Rock mélodique trouvera indubitablement des éléments qui l'attireront vers ce type de musique.
Bref, tous les éléments du son de
Nightingale sont bien représentés sur «
Alive Again » et il en résulte une écoute des plus agréables.
A l’évidence, et malgré la fin de cette aventure dispatchée sur quatre albums, on pourrait être amené à croire que nos Suédois ont fait le tour de leur imagination, mais c’est mal les connaitre, car le disque suivant, ayant pour nom : «
Invisible » (qui aura la lourde tâche de lui succéder), ne sera absolument pas la définition même de son nom puisqu’il sera une belle surprise. Mais ça, ce sera un billet pour un autre voyage!
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