Troisième album de
Nightingale sorti quatre années après le précédent, « I » est un préquelle de l'histoire des deux premiers albums qui voit le jour afin d’expliquer plus en profondeur les origines troubles du personnage principal.
En effet, devant se clôturer à l’origine avec le deuxième disque «
The Closing Chronicles », les frères
Swanö n’eurent pas envie de s’arrêter là, et ils envisagèrent alors un antépisode du concept en remontant le temps afin de raconter l’épopée d'un jeune garçon qui s'est enfui de son foyer violent qui, durant son périple, va croiser le chemin d’un autre garçon ayant eu une histoire similaire.
Par la suite, l'aventure progressera en se concentrant notamment sur un point essentiel : "la domination de l’autre". Aussi, pour se départager sur ce sujet, les deux jeunes se lancèrent le défi du jeu du nœud coulant pour voir qui peut mieux défier les lois de la nature. Bien évidemment, l’un des deux enfants meurt, et le protagoniste survivant, se sentant extrêmement coupable et ne sachant pas quoi faire, décida de retourner dans sa famille violente afin de poursuivre en guise de punition son horrible style de vie.
Dès lors, cette atmosphère de changement, de trouble et d'instabilité a sans aucun doute laissé sa marque sur l'ambiance générale de « I ».
A l’évidence, bien que nous y retrouvions l'environnement sombre, lugubre et inquiétant de la musique qui caractérisait auparavant «
The Breathing Shadows », elle est beaucoup plus marquée ici. Qui plus est, bien que ce disque soit aussi fluide que le premier, le tout est joué de manière plus brute, ce qui est particulièrement frappant dans le son de la batterie, tandis que les réverbérations de style rétro appliquées sur la voix incroyable de
Swanö ne sont pas aussi claires que ce qu’elles auraient pu être même si la production constitue une avancée par rapport aux deux opus précédents.
Cependant, ce qui est particulièrement captivant, c’est que malgré ce petit inconvénient, nous avons toujours affaire à un monde dans lequel des moments plus lourds et plus calmes s'entrelacent, et où des riffs aigus et lourds de guitares déformées côtoient des sons plus délicats. Bref, ce mélange stylistique fait que la musique de
Nightingale s'inscrit dans son tournant du siècle et ne sonne pas archaïque, ce qui n'est pas difficile lorsque l’on reconnait le talent des deux frangins puisque l'une de leur force reste certainement leur brillant sens de la mélodie qui est capable de créer des chansons parfaitement émouvantes.
Ainsi, dès l’ouverture, nous avons droit successivement aux deux musts de ce disque avec "
Scarred for
Life" et "Still in the
Dark", étant toutes deux des
Hard-Rockers classiques avec un rythme soutenu et des mélodies entraînantes. Si la première possède une excellente instrumentation et un solo génial, la seconde devrait susciter tout l’intérêt car c’est la chanson la plus vivante et la plus optimiste de tout l’album. Aussi, dès l’entame de ces deux titres, il parait évident que musicalement, c'est un album qui diffère à la fois de ses prédécesseurs et de ceux sortis ultérieurement puisque, cette fois, les frères ont décidé de se présenter sous un angle plus dynamique et simple afin de démontrer que l'amour pour le
Hard Rock classique des années 70 (allez je mets le chiffre) coule aussi dans leurs veines. Ce faisant, c’est pour cette raison qu’il y a beaucoup de chansons courtes, simples, dynamiques et entraînantes sur cet opus, à l'image de "I
Return" qui résume parfaitement ce ressenti.
Ce faisant, nous avons droit à deux pistes particulières ayant pour nom "The Game" et "
Game Over" dont la principale caractéristique est l’indissociabilité entre elles par le fait qu’elles évoquent les deux enfants qui jouent à ces fameux tests du nœud évoqués dans l’introduction. Dans ces deux cas, il convient de préciser que, grâce à la capacité d'écriture de Dan, ces deux chansons créent vraiment l'atmosphère de cette ambiance mélancolique et sombre qui est présentée sur le disque, à l’instar du moment le plus sentimental ayant pour nom "Alonely". Il s’agit-là de l'une des plus belles ballades de
Nightingale, même si l'atmosphère sombre et mélancolique se trouvant dans "The Game" et "
Game Over" est encore présente.
Du reste, les choses deviennent légèrement gothiques avec "
Dead or Alive", piste étant agrémentée de riffs très tranchants dans les refrains, mais cela ne veut pas pour autant dire que les musiciens de
Nightingale aient oublié le jeu plus calme ou leur passion pour le Rock progressif puisque dans "
Remorse and regret" et "
Drowning in
Sadness", nous retrouvons cette caractéristique couplée de superbes dialogues entre les parties de guitare et l'orgue classique.
Enfin, les musiciens ont réussi à atteindre un fond sombre comparable au
Doom Metal dans la lente "The
Journey’s
End" avant de conclure ce disque avec un instrumental des plus envoutant : "Breathing".
Bref, même s’il diffère quelque peu des deux premiers opus de
Nightingale, « I »vaut la peine d'être écouté. A l’évidence, certains auditeurs aimeront peut-être le caractère plus amer et sombre de cet album par rapport aux autres sorties, tandis que les aficionados de musique progressive trouveront, eux, cet opus un peu en dessous mais reconnaîtrons certainement qu’il contient malgré tout des moments qui peuvent les charmer et rester longtemps dans leur mémoire.
En définitive, il est plus qu’évident que
Nightingale ne se concentre pas sur le marketing puisque c’est la musique qui reste le point central de leurs différentes réalisations, et c'est pourquoi ils prennent leur temps entre les sorties d'albums.
Bref, ce « I » est certainement l’un des disques les plus accessibles de
Nightingale car, après son petit succès, les deux frères
Swanö ont décidé de transformer le projet en un groupe avec Tom Björn à la batterie et Erik Oskarsson à la basse afin de clôturer ce concept en quatre parties avec le successeur «
Alive Again –
The Breathing Shadow Part IV » ; mais ça, c’est une autre histoire !
Ha j'étais sûr que tu allais tôt ou tard faire une deuxième chronique de Nightingale hé hé
Bon j'ai pas mal fait tourner les 6 albums du groupe que je possède ces derniers temps.Avec du recul j'ai un faible pour le premier,c'est celui qui est assez logiquement le plus proche du style Edge of Sanity par son coté sombre,la production,le songwriting...Mais l'évolution vers le gothique le rock ou le hard rock sur les albums suivants est sympa aussi.
Pour rebondir sur un autre groupe dans un style assez proche on peut écouter les Suédois de Katatonia dont les musiciens sont des vieilles connaissances de Dan Swano,ce groupe a une sacrée discographie...
Et je compte faire les suivants car ce groupe un peu oublié le mérite! J'ai déjà pas mal avancé sur "Alive Again", et je vais bientôt m'attaquer à "Invisible".
Pour ma part, je les apprécies tous, j'ai du mal à en choisir un en particulier! Si j'étais obligé de choisir j'irais tout comme toi vers le premier, mais j'apprécie énormément "Invisible" et "Retribution"!
Katatonia, je t'avoue que l'on m'en a souvent parlé mais je ne m'y suis encore jamais attelé sérieusement! J'ai bien écouté un titre ou deux qui m'ont plus et au vu de ce que tu en dis à l'instar d'autres personnes, je devrais sérieusement m'y coller car je n'en entend que du bien!
Hé bien au plaisir cher ami de lire une prochaine chronique de Nightingale
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire