Ni Dieu Ni Maître

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Nom du groupe Trust (FRA)
Nom de l'album Ni Dieu Ni Maître
Type Album
Date de parution 2000
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album118

Tracklist

1.
 Manque de Trop
 03:53
2.
 Question d'Ethique
 03:04
3.
 Fin de Siècle
 04:36
4.
 Edouard
 04:34
5.
 Môrice
 02:54
6.
 Révolutionnaire
 03:50
7.
 Maréchal
 03:28
8.
 Dieu Est Conservateur, le Diable Est Libéral
 03:50
9.
 Chaque Homme
 03:24
10.
 Drôles de Gens
 03:02
11.
 Chair & Honneur
 05:17
12.
 Pensées
 03:59

Durée totale : 45:51


Chronique @ dark_omens

02 Avril 2014

Un pas supplémentaire sur le chemin de cette profonde mutation...

Si Europe et Haines s’inscrivait, dans une certaine mesure, dans la continuité musicale Rock/Blues d’un Rock’n Roll (1984), mais dans une expression, tout de même, quelque peu plus moderne ; Ni Dieu Ni Maître s’affirme, quant à lui, comme la volonté clairement assumée d’une musique contemporaine plus universelle. Bien décidé à, en effet, ne pas demeurer reclus dans les murs pétrifiant d’un sempiternel souvenir passé ; Trust, dans un éclectisme assumé, va enrichir son propos d’éléments empruntés à d’autres styles pas nécessairement propres aux Metal/Hard Rock, ni même aux Rock d’ailleurs, et ainsi s’éloigner encore davantage de cette image fantasmée que conserve de lui, toute une partie d’anciens adeptes déçus par ce retour ne proposant pas, ou trop peu, de similitudes avec la musique originellement rageuse du groupe. Pourtant pouvait-on réellement croire, connaissant l’anticonformisme, et les aspirations diverses de ces musiciens, qu’ils se contenteraient d’un confortable conservatisme en revêtant simplement leurs costumes d’autrefois ? Evidement, non.

Néanmoins loin de constituer des bouleversements immédiatement profonds, si l’on compare à l’œuvre précédente, ces subtils changements musicaux de ce Ni Dieu Ni Maître, en annoncent pourtant les prémices. Divers aspects sont très révélateurs de cette volonté de diversification et de modernisation estampillée du sceau de l’éclectisme. Ainsi voit-on l’apparition de chants aux phrasés particuliers. Parfois syncopés, pouvant s’apparenter, toutes proportions gardées, à la diction d’un flow presque Hip Hop, tels sur les couplets de Question d’éthique ou d’Edouard par exemple. En d'autres lieux le chant est simplement parlé tels que sur Dieu Est Conservateur, Le Diable Est Libéral. Cette impression accrue de volonté moderniste, mis en exergue par ces voix à la déclamation inaccoutumée, devient plus prégnante encore lorsqu’elle est soulignée par la présence de ces samples, et devient définitivement une certitude lorsque le morceau Pensées, et ses boucles mêlant aux sons de guitares ceux de batteries et de synthé Techno, envahis nos esprits.

Ceci-étant cet opus comporte quelques préceptes suffisamment typiques de Trust, pour que l’infidélité ne soit pas totalement une trahison. Pas totalement. Ainsi des titres tels que Manque de Trop, Question d’Ethique, Fin de Siècle ou le sympathique Maréchal proposent une musique Rock appréciable très caractéristique de celle que le groupe propose depuis son retour. Le sympathique pamphlet à l'encontre de Maurice Papon, comportant quelques phrases délicieusement acerbes telles que « J'te trouve très résistant, au banc des accusés », propose le verbe aiguisé d’un Bernie qui, fort de la maturité acquise au cours des années passées, est devenu bien plus subtil. Cette signature de la langue propre à Monsieur Bonvoisin, et à Trust, est, elle aussi, suffisamment symptomatique des Parisiens pour que le perfide changement soit moins abrupt. Concernant ces textes, notons encore, dans les lignes du titre Chaque Homme, un délectable et sagace « chaque homme est une grenade dégoupillée ».

Il convient d’ajouter des titres plus inhabituels tels que la sombre complainte aux paroles improvisées, Dieu Est Conservateur, Le Diable Est Libéral, mais aussi un excellent Drôle de Gens qui fustigent le mépris de ceux, ces drôles de gens en question, qui pensent avoir saisi ce que d’autres ignorent. Ce dernier, aux riffs et aux boucles étrangement mécanique, est pourtant une très bonne chanson. A noter aussi le retour de la section cuivre, sur le morceau Chair et Honneur.

En considérant l’œuvre dans son ensemble, et en tentant (difficilement) d’envisager le groupe avec une nouvelle virginité, ce Ni Dieu Ni Maître propose les méandres d’un Rock moderne, ornés d’agréments empruntés à d’autres genres de musique peu apprécié sur la scène Hard Rock. Nul doute que le résultat, moyennement captivant, continuera de creuser définitivement ce gouffre entre les adeptes passéistes et ceux plus ouverts d’esprits.

3 Commentaires

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rockyouaxel - 03 Avril 2014: Merci pour ton commentaire.
En ce qui me concerne, je ne me ferai jamais à cet album. Ce n'est pas seulement l'album en lui même qui me dégoute, mais tout ce qu'il y a eu autour de l'album... Le procès entre Bernie et Nono par exemple...
samolice - 06 Avril 2014: Pareil que le com' précédent, ce disque ne passe pas, il m'ennuie à un point ("Edouard" est un massacre). Merci pour la chro Dark.
melpo - 05 Mai 2018:

Je ne connais pas cet album. Je suis un vieux passéiste qui s'est arrêté à Trust IV. Mais la chronique est vraiment bien faite, équilibrée et objective

Merci

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