Il y a des groupes qui ne progressent pas, qui restent sur leurs acquis, qui ne veulent pas évoluer et proposer quelque chose de neuf. Le groupe de l’Ohio
Miss May I en fait partie. Après une démo et un premier album on ne peut plus basique mais qui a quand même su séduit de nombreux fans, les Chrétiens de Troy (sans mauvais jeu de mots) reviennent un an plus tard avec un nouvel opus nommé
Monument et le résultat n’est guère convaincant.
Tout commence avec la mise en ligne de leur titre promo "
Relentless Chaos", une bonne petite surprise bien burnée, mélodique et efficace, un titre accrocheur qui, sans rien révolutionner dans le metalcore, arrivait à tenir suffisamment en haleine l’auditeur déçu d’
Apologies Are for the Weak. L’espoir renaissait en moi :
Miss May I allait proposer du metalcore puissant avec une efficacité prononcée. Confiant, je réitère une belle erreur : commander le CD sans l’avoir au préalable écouté en entier. Qu’importe, je suis confiant. Je suis confiant mais hélas à nouveau déçu : le disque est une déception à laquelle je ne m’attendais vraiment pas, comme quoi un excellent titre promo peut être trompeur par rapport à l’ensemble de la galette.
Toujours chez Rise Records, toujours produit par Joey Sturgis, toujours un son du tonnerre bien mixé, toujours une magnifique pochette,
Monument a le mérite d’être un CD indéniablement bien réalisé. Mais hélas, le son est une toute autre paire de manche : basique, répétitif, sans aucune personnalité, ennuyeux parfois, sans réelle innovation ni claque auditive, on a l’impression d’écouter des pistes cachées de leur précédent opus. J’exagère un petit peu, certes. L’identité du groupe se calque sur
As I Lay Dying (même type de riffs, l’efficacité en moins, même structures, etc…), le scream est d’un commun effarant, le chant clair du nouveau venu Ryan Neff est encore plus insignifiant que celui de Josh Gillespie sur
Apologies Are for the Weak… Bref,
Miss May I continuent de faire le même metalcore qu’il y a dix ans, celui dont on connait toutes les ficelles, celui dont on a vu passer des centaines de groupes tous aussi similaires qu’insignifiants et je reste d’ailleurs bête devant le succès de
Miss May I, la formation ne proposant que des compos aux airs de flagrants déjà-vu.
Petite introspection des quelques titres convenables de l’album : les sympathiquement classiques "Answers", "Gears" et "We Have
Fallen", aux riffs mélo-bourrins déjà-vus (j’insiste sur ce terme, parfait reflet de ce que propose le groupe), et bien sûr le très très bon "
Relentless Chaos", véritable single accrocheur parfaitement construit, perle rare de l’album. On retiendra également le titre itunes "
Rust" avec la présence de Brandan Schieppati de
Bleeding Through, un morceau tout simplement excellent avec ses breakdowns fracassants, son chant constamment nerveux, sa brutalité contrôlée, son efficience inédite (pour le groupe). Dommage en revanche que ces quelques samples brouillons très mal mixés et inutiles viennent parsemer le morceau d’une incohérence artistique. Pour le reste, c’est bien évidemment des titres similaires qui s’entrechoquent et l’inévitable ballade nommée ici "In Recognition" dont le chant rappelle celui de Burton C. Bell de
Fear Factory (si si).
Bref,
Monument a trompé son monde dans le mauvais sens, et s’avère encore plus basique que son prédécesseur (qui arrivait quand même à proposer de temps en temps quelques riffs sympas). Ici, on a l’impression d’écouter encore une fois un énième produit metalcore avec une décennie de retard, un CD pas désagréable en soi mais franchement inutile. À quand une once de personnalité messieurs ?
Et un grand merci à Arachnid pour toutes tes chroniques.
La meilleure chanson de l'album reste "Descending Discovery" qui envoie du lourd.
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