Curse of Existence

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16/20
Nom du groupe Miss May I
Nom de l'album Curse of Existence
Type Album
Date de parution 02 Septembre 2022
Style MusicalMetalcore
Membres possèdant cet album5

Tracklist

1.
 A Smile That Does Not Exist
 03:33
2.
 Earth Shaker
 03:24
3.
 Bleed Together
 04:36
4.
 Into Oblivion
 04:16
5.
 Hollow Vessel
 04:11
6.
 Free Fall
 03:20
7.
 Born Destroyers
 03:57
8.
 Unconquered
 03:47
9.
 Savior to Self
 03:10
10.
 Bloodshed
 03:33

Durée totale : 37:47


Chronique @ Groaw

13 Octobre 2022

La maîtrise des classiques sans la moindre fioriture

Fortement décrié à ses débuts par son manque indéniable d’identité et de personnalité, le classicisme de Miss May I est devenu depuis quelques années une véritable force. Alors que le metalcore vit actuellement sa plus grande transformation à travers les dernières compositions d’un Architects ou d’un Parkway Drive, un abandon de plus en plus prononcé des racines hardcore et une accentuation de mélodicité pour ne pas parler d’un virage plus rock, le style initial a presque disparu des radars, seulement supporté par une poignée de groupes dont notre quintet fait partie intégrante.

Pourtant, à la sortie du dernier opus Shadows Inside, on a senti une formation qui a voulu sortir un peu de sa zone de confort avec une musique moins hargneuse, plus harmonieuse et qui nous a même initiée à des balades. Bien que l’on puisse encourager le collectif américain pour ces petits bouleversements, la galette fut finalement assez bancale avec une première partie assez intransigeante et une deuxième section plus discutable avec des prestations vocales pas toujours bien amenées mais surtout une perte assez drastique de vitalité. Pour leur seconde toile sous la maison de disques SharpTone Records, nos Américains vont tenter de rectifier le tir avec leur septième offrande baptisée Curse of Existence.

Comme sur l’ensemble de leur discographie, les musiciens nous proposent dix titres de durées équivalentes comprises entre trois et quatre minutes. Pas d’introductions, pas d’interludes ou même de séquences finales : le quintet américain est dans le conformisme le plus total. Il ne s’agit aucunement d’un mal bien au contraire puisque ce choix permet un enchainement fluide des morceaux. Néanmoins, on s’attend à ce type de format à ne pas perdre en intensité, d’être pris de court quitte à expérimenter et de ne pas non plus tomber dans une certaine simplicité. Et sur ce plan, le groupe n’est pas toujours exempt de tout reproches.

Sur ce Curse of Existence, le défi est partiellement relevé. En termes de dynamisme, la formation est en terrain connu avec des compositions directes aux lignes mélodiques omniprésentes. En ce sens, Miss May I flirte quelques fois avec le death mélodique d’un In Flames ou d’un Arch Enemy. C’est le cas d’un Into Oblivion avec un riffing acéré, une rythmique plutôt soutenue et quelques belles sonorités aériennes.
L’esprit death se manifeste aussi par le travail vocal toujours aussi pointilleux du vocaliste Levi Benton. Born Destroyers exprime pleinement cette frontière entre death et metalcore avec un screaming très déchirant et mordant. On appréciera dans ce morceau d’entendre de manière significative les basses parfois noyées par les guitares.
La formation se rapproche même sur certaines mélodies au deathcore avec des gimmicks traditionnels, un riffing pondérant et combattif. La chanson finale Bloodshed répond à ces critères par son instrumental que l’on peut aisément rattacher aux pièces de Thy Art Is Murder, un attrait certes ordinaire mais diablement performant. Le breakdown n’est qu’une confirmation de cette malveillance et de cette lourdeur.

Si le challenge est plutôt réussi, le quintet remontre ses difficultés à se séparer de son étiquette initiale. La qualité de composition est totalement en rendez-vous et le collectif démontre sa maîtrise des codes mais ne cherche pas spécialement à montrer de nouvelles facettes. En termes de rythmiques et de schémas, les morceaux suivent la même directive et il est compliqué de citer une chanson au-dessus d’une autre. Seule Into Oblivion avec son solo de guitare ou Unconquered avec son imposante rusticité et une introduction plus soignée, plus moderne pourrait sortir du lot sans que l’on soit complètement dérouté.
La présence de chant clair, en grande majorité durant les refrains est une fâcheuse habitude qu’une bonne partie des groupes de metalcore ont. Bien qu’encore une fois, l’exécution est irréprochable, on aurait sûrement aimé un peu plus de diversité pour être stupéfait. Cependant, la qualité technique du groupe et sa cadence dans l’ensemble élevée permet partiellement de faire abstraction de ce défaut.

On passe un bon moment à l’écoute de ce Curse of Existence. Même s’il ne réinvente rien au niveau du style, rare sont les formations à préserver la nostalgie et l’authenticité du metalcore, surtout après une décennie et demie de carrière. Si Miss May I a beaucoup été pointé du doigt sur ces premières esquisses, la formation américaine est désormais un atout solide sur qui l’on peut faire confiance sur la scène core. La plupart regretteront sans doute ce manque de fantaisie et un album qui ne se différencie pas tant de la discographie des Américains mais un peu de conformité dans un monde musical en constante évolution est parfois nécessaire. Et sur ce secteur, le quintet conserve une bonne longueur d’avance.

3 Commentaires

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fufupue - 13 Octobre 2022:

Chaque style musical connaît des périodes de remise en question où quelques groupes semblent jouer le rôle du phare au milieu de la tempête; il semble que cela soit le cas pour le metalcore en ce moment. Je ne suis pas assez calé dans ce style pour en parler mais le death metal a connu cela et il est revenu plus fort que jamais. Bravo de parler si brillamment d un style trop peu mis en lumière.

Groaw - 13 Octobre 2022:

Ta remarque est tout à fait juste. N'importe quel style est voué à un moment ou à un autre à évoluer. Parfois, ce n'est qu'un simple effet de mode et d'autres fois, c'est plutôt du définitif. Honnêtement, j'espère que ça ne sera pas une transformation permanente car vu le dernier disque de Parkway Drive et l'opus en préparation d'Architects bien que j'ai apprécié certains titrees, j'ai sacrément peur du rendu.

Merci à toi pour tes lectures fréquentes de mes écrits !

Jibe - 14 Octobre 2022:

"La présence de chant clair, en grande majorité durant les refrains est une fâcheuse habitude qu’une bonne partie des groupes de metalcore ont." Complètement d'accord avec toi, c'est très facheux et ça me fait cliquer sur le bouton STOP dès qu'il survient. Je suis allergique au Neo Metal à cause de ça donc ce n'est pas pour l'entendre dans le Metalcore. Reste le Deathcore vraiment brutal ou carrément le Slamming Brutal Death pour retrouver un son Metalcore sans craindre ces chants clairs.

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