Manifesto

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17/20
Nom du groupe Loudblast
Nom de l'album Manifesto
Type Album
Date de parution 27 Novembre 2020
Enregistré à Vamacara Studio
Style MusicalThrash Death
Membres possèdant cet album40

Tracklist

1.
 Todestrieb
 03:21
2.
 Relentless Horror
 02:17
3.
 Erasing Reality
 05:10
4.
 The Promethean Fire
 03:59
5.
 Preaching Spiritual Infirmity
 03:08
6.
 Invoking to Justify
 05:19
7.
 Festering Pyre
 03:04
8.
 Into the Greatest of Unknowns
 04:12
9.
 Solace in Hell
 05:03
10.
 Infamy Be to You
 06:32

Bonus
11.
 It Hides Until It Feeds
 
12.
 Shine (Motörhead)
 
13.
 Lamentations of the Gods
 

Durée totale : 42:05


Chronique @ adrien86fr

04 Janvier 2021

Preaching spiritual infirmity..

Avoir un plan de carrière constitue aujourd'hui pour tout salarié ambitieux, un leitmotiv stratégique permettant d'évoluer dans un monde de l'entreprise où les ressources humaines s'avèrent être un geyser intarissable de défis passionnants, et concrètement d'accéder à un poste le plus en adéquation possible avec ses aptitudes et son potentiel. Bilan de compétences, validation des acquis de l'expérience, fixation d'objectifs précis et clairs, identification des moyens à mettre en œuvre pour y parvenir et suivi rigoureux d'une ligne directrice relative sont autant d'étapes permettant de mener à bien un projet de réalisation professionnelle contributif à l'épanouissement personnel du collaborateur concerné. Dans le microcosme du metal, le plan de carrière de Frédéric Leclercq relève quasiment du chef d'œuvre. Ou comment pour le natif des Ardennes, passer en un quart de siècle de groupes amateurs locaux à Loudblast et surtout Kreator, via le tremplin du professionnalisme avec DragonForce et la crédibilité des intentions extrêmes au travers la conception du supergroupe international Sinsaenum.

Formé en 1985 à Villeneuve d'Ascq dans le Nord autour de Stéphane Buriez (vocaux/guitare), Nicolas Leclercq (guitare), Patrick Evrard (basse) et Joris Terrier (batterie) et œuvrant alors dans un thrash énervé à une époque où tout reste à faire en termes de metal extrême dans l'Hexagone, Loudblast est l'un des si ce n'est le père fondateur du death metal en France. Le groupe engrange alors un certain succès sur le marché domestique à l'âge d'or du genre notamment avec les référentiels "Disincarnate" (1991) et "Sublime Dementia" (1993) enregistrés aux Morrisound Studios de Tampa en Floride sous la houlette du légendaire Scott Burns. Après une fin et un début de millénaire plus délicat marqué par un split, une paire d'albums laborieux et quelques changements de personnel, les Nordistes nous  reviennent davantage inspirés depuis dix ans en parallèle du regain d'intérêt des masses pour le metal. Dans son élan et après avoir célébré sur scène son album classique "Sublime Dementia" au cours d'une tournée anniversaire à succès, Loudblast revient en novembre 2020 avec un line-up flambant neuf et son nouveau full-length "Manifesto" sorti sur le label ch'ti Listenable Records.

Officiellement rejoint par l'ex-No Return Jérôme Point-Canovas à la guitare et par le fameux Frédéric Leclercq à la basse sur cette nouvelle galette palliant ainsi les départs successifs d'Alex Lenormand et de Drakhian, le combo de la banlieue lilloise prend directement l'auditeur à la gorge et serre fort avec le puissant "Todestrieb" affichant clairement semble-t-il les velléités de Loudblast sur cette huitième ogive : l'exécution d'un death metal intensément féroce et dopé par la production moderne mais organique d'Hk Krauss du très en vogue Vamacara Studio de Clisson (Mercyless, Bliss Of Flesh..). Dans un registre équivalent de violence acoustique démultipliée, le court mais effréné "Relentless Horror" ainsi que le coup de poing "Erasing Reality" permettront accessoirement d'appréhender la vélocité et la précision millimétrique de la machine irlandaise à blaster Kevin Foley, batteur de session sur cet opus en remplacement exceptionnel du vieux briscard Hervé Coquerel indisponible lors de l'enregistrement pour raison médicale. Alors que le groupe n'a visiblement rien perdu de son indéniable capacité à envoyer des grosses patates dans la bouche de son auditorat, ce dernier pourra cependant être surpris par une facette assez inattendue de Stéphane Buriez et de ses associés sur ce "Manifesto".

En effet, souci remarquable de variété oblige ou dualité des inspirations, ce cru 2020 des Loud's laisse une part non négligeable à des morceaux plus ralentis et marqués par des ambiances solennelles voir ritualistes rappelant un Rotting Christ ou un Mayhem à titre d'exemples. Ainsi, évoquant le feu célèste de la figure mythologique de Promethée qui en fit don aux hommes alors que Zeus les en avait initialement privé, "The Promethean Fire" interpelle et hypnotise à l'instar d'un "Invoking to Justify" alternant passages incantatoires et parties death metal acharnées. Dans une obscurité plus prononcée, relevons les solennels et indolents "Into the Greatest of Unknowns" et "Solace in Hell" aux accents black metal pernicieux hérités de la noirceur sans équivoque du précédent effort "Burial Ground" (2014). Globalement inspiré, "Manifesto" comporte cependant quelques moments dispensables en deçà de la qualité générale de l'album à l'image du quelconque "Preaching Spiritual Infirmity" paradoxalement servi par des lyrics percutants ou encore de "Festering Pyre" fautant par un manque d'impact malgré l'originalité d'une ligne de violencelle émanant du musicien classique Grégoire Korniluk qui va de paire avec l'obédience grave d'un full-length iconoclaste, lequel allant même jusqu'à laisser poindre des relents doom sur le mécanique et final "Infamy Be To You".

Encore et toujours au taquet depuis 1985 et blindé par l'épaisseur de cuir qui résulte d'un tel âge et vécu (petite pichenette au courant revival), le mythique Loudblast revient sonner le tocsin en plein chaos sanitaire mondial avec un disque impactant et charismatique qui oscille habilement entre le death metal classique de sa période faste ayant forgé la Légende et la noirceur ayant constitué le fil d'Ariane de sa dernière réalisation. Fier d'une production puissante vierge de cette surcompression normative insupportable, renforcé par un apport de sang neuf et illustré efficacement par une mise en scène obscurantiste signée de l'artiste israélien Eliran Kantor, "Manifesto" est un album retentissant et sombre à la personnalité ambivalente mais logique qui laisse présager de futurs grands moments en live, le terrain de jeu favori du combo nordiste. Vivement les concerts et la putain de mandale dans la gueule !

3 Commentaires

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Hardos1984 - 25 Janvier 2021:

Rien sur la superbe reprise de Motorhead "shine" par le groupe sur ce (tres bon) album ?

adrien86fr - 25 Janvier 2021:

Ce titre étant un bonus et par souci de concision, je ne l'ai pas évoqué. Merci pour ton retour sur ce très bon cru de Loudblast effectivement. 

mechant - 04 Fevrier 2021:

Excellent cet album....belle chronique.

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Chronique @ odrodzenie

04 Fevrier 2021

Violent, brutal, lourd, sombre, dynamique et parfois mystique

Pionnier du death hexagonal, Loudblast, six années après le très bon « Burial Ground », publie son huitième méfait longue durée, intitulé « Manifesto ». Stéphane Buriez, seul survivant du line-up originel et seul maitre à bord mais toujours accompagné de son fidèle lieutenant Hervé Coquerel, les bougres intègrent en leur sein Jérôme Point-Canovas (ex- No Return) à la guitare et surtout Frédéric Leclercq (Kreator, Sinsaenum, ex-Dragonforce) à la basse, remplaçant respectivement Darkhian Griffon et Alex Lenormand.

Il faut souvent raison gardée des déclarations effectuées lors de la promotion d’un nouvel album, surtout quand les membres prétendent que « Manifesto » comportent les ingrédients de « Burial Ground », mais également de « Sublime Dementia » et de « Disincarnate », deux enregistrements emblématiques de la formation. Mais à la découverte de cet enregistrement, force est de constater que les protagonistes avaient raison.

« Manifesto » débute bille en tête, sans aucune introduction en guise de plantation de décor, avec « Todestrieg ». Cadences effrénées, blasts puissants, césures, breaks massifs, tout y est. Et le reste de l’album sera du même acabit. Ce qui ressort de cette ogive est d’abord son dynamisme, grâce à moults changement de rythmes, les blasts sont souvent suivis de cassures et vice-versa, ce qui met en exergue ceux-ci et confère à « Manifesto » une vraie force impactante, « Relentless Horror », « Erasing Reality », « The Promothean Fire » ou « Invoking To Justify » et « Festering Pyre » en sont les exemples parfaits. Cet état de fait annihile toute forme d’ennui ou de lassitude.

Loudblast sait aussi molester son auditeur à grands coups de breaks massifs et enclumesques comme celui de « Erasing Reality », « Into The Greatest Unknowns », le final de « Promothean Fire », le refrain de « Solace In Hell » ou l’éléphantesque « Infamy Be To You » (aux allures de Paradise Lost, période « Medusa » sur les accords) qui clôt ce « Manifesto » très prenant.

La noirceur de « Burial Ground » est toujours de mise avec l’instauration d’ambiances sombres (« Infamy Be To You », « Erasing Reality » ou « Solace In Hell »), de rythmiques lourdes ou ritualistes, laissant l’impression d’assister à une messe noire, grâce à l’introduction de chœurs inquiétants (« Todestrieg », « The Promothean Fire », « Invoking To Justify » ou encore « Into The Greatest Of Unknowns »). Les lillois savent aussi se faire aériens (toute proportion gardée) sur le break de « Festering Pyre » ou le commencement de « Invoking To Justify » (on y entend même des bruits de vagues), de la souffrance semble ressortir du final de « Infamy Be To You ». L’accent a également été mis sur les arrangements qui sont assez bluffants et hissent encore plus vers le haut ce « Manifesto » qui ne manque pourtant pas d’atouts.

La mise en son organique de cet album est parfaite. Elle a été réalisé au Vamacara Studio, la production, supervisée par Stéphane Buriez et HK Krauss, a du se terminer à domicile à cause du confinement. C’est un mal pour un bien car ce huitième méfait est sans doute le mieux produit de toute la discographie du groupe. L’espace sonore est parfaitement équilibré, avec notamment une basse à la fête, et chaque musicien a loisir d’exercer ses talents. Le père Buriez alterne entre les vociférations entre growl profonds et vocaux aliénés, ajoutant un côté oppressant à la chose. Jérôme Point-Canovas multiplie les solos de haute volée, tout comme son patron d’ailleurs. Il est à noter que les parties de batterie sont assurées par Kevin Foley (ex-Benighted, ex-Abbath) car au moment de l’enregistrement de celles-ci, Hervé Coquerel était blessé au genou. Cependant, ce dernier a scrupuleusement respecté les parties qui avaient été composé par le père Hervé. Pour finir, l’artwork, magnifique au demeurant, est signé Elira Kantor, le contenant collant parfaitement au contenu.

Peu de défauts composent ce « Manifesto » à la qualité intrinsèque élevée mais si votre serviteur voulait joué les rabats joie, il dirait que la dynamique s’essouffle quelque peu sur la fin, avec trois dernières compositions qui sont plus d’obédience mid-tempo ou doom (« Infamy Be To You »). Il y a bien quelques accélérations furibondes mais le final manque d’un morceau plus vif. C’est d’autant plus dommageable que l’édition limitée comporte un instrumental « Mesopotamian March », qui aurait donné plus de vigueur s’il avait été inclus vers la fin de l’album (le dernier bonus est « Shine », une cover de Motörhead).

Violent, brutal, lourd, sombre, dynamique et parfois mystique sont les qualificatifs qui correspondent le mieux à « Manifesto », véritable pamphlet contre la bêtise humaine. Reprenant les atouts de « Disincarnate » (les rythmiques véloces), de « Sublime Dementia » (les mélodies) et « Burial Ground » (la lourdeur et l’obscurité), il n’y a aucune tromperie sur la marchandise. « Manifesto » futur classique de Loudblast ? Seul le temps le confirmera.

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mechant - 07 Fevrier 2021:

belle chronique caracterisant parfaitement l'esprit  d'un Loudblast à la croisée de sa discographie.

 

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