Machination

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Nom du groupe Secret Rule
Nom de l'album Machination
Type Album
Date de parution 24 Juin 2016
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album8

Tracklist

1.
 Ex-Machina
 04:39
2.
 The Saviour
 03:46
3.
 I Have the Sun
 04:22
4.
 Dolls
 04:12
5.
 I Will
 03:53
6.
 The Image
 05:59
7.
 You're the Player
 03:28
8.
 Your Trap
 03:37
9.
 Foolish Daisy
 04:16
10.
 Short Stories
 03:53
11.
 A Mother
 04:46

Durée totale : 46:51


Chronique @ ericb4

12 Fevrier 2019

Pour son second effort, le collectif trans-alpin frappe fort, très fort...

A l'heure où les cadors du metal symphonique à chant féminin ne laissent que bien peu d'espace aux nouveaux entrants pour se frayer un chemin, il en est qui, sans complexe, se sont lancés dans la palpitante mais périlleuse aventure, dont ce jeune quartet romain sorti de terre en 2014. Aussi, en guise d'introductif message musical, nos quatre mousquetaires accouchèrent un an plus tard de leur discret et néanmoins plantureux bébé « Transposed Emotions ». Poussé par un rare élan d'inspiration, le combo a prestement remis les machines en route, son second effort « Machination » succédant à son prédécesseur pas plus tard qu'en 2016. Ce faisant, on effeuille un manifeste à la fois enjoué, fringant et pétri d'élégance, où s'enchaînent sereinement 11 pistes sur un ruban auditif d'une durée quasi optimale de 47 minutes. Ce faisant, nos acolytes détiendraient-ils déjà la recette miracle susceptible de les démarquer de la féroce concurrence continuant d'agiter ce registre metal ?

Initialisé par l'expérimenté guitariste Andy Menario (Martiria) et la frontwoman au puissant et limpide grain de voix Angela Di Vincenzo (ex-Kyla Moyl), complété du bassiste Michele Raspanti (Graal) et du batteur Nicola Corrente (Stick it out, Starkiller Sound, ex-Enemynside, ex-Inner Void...), le groupe italien évolue dans un rock'n'metal mélodico-symphonique gothique aux riffs épais, aux lignes mélodiques épurées, au propos relativement accessible, dans le sillage de Delain, Xandria, Arven, Sleeping Romance et consorts. De cette étroite collaboration naît une œuvre aux compositions finement élaborées, calées sur des séries d'accords aussi seyantes que singulières. Produit par un certain Tue Madsen (Antfarm Studio), connu pour avoir collaboré avec Moonspell, Dark Tranquillity, Dagoba, Hatesphere, ce second opus témoigne d'un enregistrement de fort bon aloi et d'un mixage parfaitement équilibré entre instrumentation et lignes de chant.

Pour l'occasion, nos acolytes, ont également requis les talents de musiciens aguerris, dont ceux du claviériste Henrik Klingenberg (Sonata Arctica, Silent Voices, Mental Care Foundation...) et du batteur Sander Zoer (ex-Delain, ex-Nemesea...). Ont parallèlement été sollicités les apports des guitaristes Stefan Helleblad (Within Temptation) et Timo Somers (Delain, Vengeance), du bassiste/vocaliste Fabio D’Amore (Serenity, ex-Fairyland, ex-Mirrormaze) et du growler Janneke De Rooy (Paper Doll Decay, Altar, ex-Why She Kills..). Autant d'indices révélateurs d'une sérieuse envie d'en découdre de la part de nos compères...


A la lumière de ses passages les plus enfiévrés, le collectif trans-alpin détiendrait déjà quelques clés pour nous rallier à sa cause. D'une part, le pavillon ne mettra pas bien longtemps pour se voir aspiré par la force émotionnelle générée par les refrains catchy de l'entraînant « Ex-Machina » et du tubesque « The Saviour ». Sous-tendues par des riffs crochetés rivés à une frondeuse rythmique, se parant d'un bref mais truculent solo de guitare, et mises en exergue par les chatoyantes inflexions de la sirène (aux faux airs de Charlotte Wessels (Delain)), ces deux ''delainiennes'' offrandes ne rateront nullement leur cible. Dans cette dynamique, difficile d'esquiver « You're the Player » tout comme « Foolish Daisy », deux saillants et efficaces efforts aux gimmicks effilés, à mi-chemin entre Nightwish et Lacuna Coil, Evoluant chacune sur une sente mélodique aussi exigeante qu'impactante, ces deux rayonnantes propositions se révéleront tout aussi aptes à générer une inconditionnelle adhésion. A bon entendeur...

Parfois, la troupe intensifie d'un cran le rythme de ses frappes, nous projetant alors au cœur d'un insoupçonné et néanmoins galvanisant champ de turbulences. Ce qu'illustre précisément « Dolls », volcanique effort dans l'ombre de Gwyllion. Evoluant sur des riffs en tirs en rafale adossés à une impulsive section rythmique, le magmatique méfait se voit investi par un duo mixte en parfaite osmose, les puissantes impulsions de la belle donnant le change aux serpes oratoires de son acolyte de growler. Dans cette énergie s'inscrivent l'offensif et ''xandrien'' « I Will » et l'up tempo syncopé « Short Stories »; deux plages incandescentes dotées d'un refrain immersif à souhait, où abondent les attaques dans les médiums d'une déesse alors muée en redoutable prédatrice. Enfin, si les félines modulations de la belle inondent le mordant « Your Trap », le vénéneux et organique méfait accuse toutefois une persistante répétibilité de son cheminement d'harmoniques.

Quand le convoi orchestral fait mine de ralentir la cadence, la troupe parvient, là encore, à nous retenir plus que de raison. Ainsi, voguant sur un massif et tonique riffing, octroyant de saisissants gimmicks guitaristiques, et jouissant d'arrangements instrumentaux d'excellente facture, le ''lacunacoilesque'' mid tempo « I Have the Sun » s'imposera au chaland d'un battement d'aile. On ne résistera par davantage à la charge émotionnelle exhalant de « The Image », instant privilégié doté de fondants refrains relayant des couplets finement customisés. Mis en habits de lumière par les troublantes patines de la frontwoman auxquelles répond en écho une muraille de choeurs, ce hit en puissance poussera irrémédiablement à la remise du couvert aussitôt l'ultime mesure envolée.

Lorsqu'il nous immerge au sein d'un environnement ouaté, qu'il rétracte ses griffes, le collectif italien trouve sans mal le chemin de nos émotions, générant alors cette petite larme au coin de l'oeil que l'on tenterait vainement d'ignorer. Ce qu'il nous prouve à l'aune de « A Mother », frissonnante ballade aux airs d'un slow qui emballe, que n'aurait reniée ni Delain ni Sleeping Romance. Mise en habits de soie par l'angélique empreinte vocale de la maîtresse de cérémonie, cette caressante offrande se pare également d'un fin picking à la guitare acoustique, d'une saisissante gradation du corps orchestral doublée de refrains immersifs à souhait. Nul doute que l'on détient-là une pépite qui, assurément, recueillera l'adhésion de l'aficionado de moments intimistes.


A l'issue de notre parcours, un doux sentiment de plénitude nous étreint. C'est dire que la luxuriante galette se parcourt d'un seul tenant, et qu'elle renseigne déjà sur le potentiel logistique, technique et esthétique du combo romain. N'accusant que de rares bémols et ne laissant filtrer que peu de zones de remplissage, la plantureuse rondelle s'avère, par ailleurs, variée sur les plans vocal et rythmique, tout en révélant un bel élan d'inspiration de leurs auteurs dont se nourrit chacune des plages de l'opus. Cela étant, on aurait espéré un message musical plus diversifié eu égard à ses ambiances et à ses exercices de style, un brin d'originalité supplémentaire accolé à ce set de compositions et l'un ou l'autre sillon mélodique un poil plus fluide. A l'aune de cette seconde livraison, et tout comme ses compatriotes de Sleeping Romance, la troupe pourra néanmoins espérer se hisser parmi les valeurs montantes de son registre metal d'affiliation. Bref, un groupe qui a le vent en poupe...

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