Lingua Mortis

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Nom du groupe Rage (GER)
Nom de l'album Lingua Mortis
Type Album
Date de parution 1996
Labels GUN Records
Produit par Ulrich Pösselt
Style MusicalHeavy Speed
Membres possèdant cet album86

Tracklist

Album recorded in collaboration with Lingua Mortis Orchestra.
Lingua Mortis is not an album of the band but just a collaboration between Lingua Mortis Orchestra and Rage.
1. In a Nameless Time 11:21
2. Alive But Dead 05:57
3. Medley (Don't Fear the Winter / Black in Mind / Firestorm / Sent by the Devil / Lost in the Ice) 15:33
4. All This Time 04:04
5. Alive But Dead (Instrumental Orchestra Version) 06:06
Total playing time 43:01

Chronique @ dark_omens

04 Mai 2014

Historique...

Pourtant connu pour être l’un des gardiens les plus ardents d’un traditionalisme germanique immuable, tout au long d’un chemin où il défendit essentiellement ses convictions à l’aide d’œuvres Heavy/Heavy Speed/Heavy Thrash certes mélodiques mais toujours d’une âpreté achevé, Rage va néanmoins faire preuve d’une géniale audace en nous offrant le témoignage le plus remarquable de son éclectisme insoupçonné. Une démarche créative fascinante dans laquelle il pense sa musique de manière totalement contradictoire. Paradoxalement c’est donc en basculant dans un concept extrêmement opposé à sa démarche habituelle, mise en exergue par la présence de l’orchestre symphonique de Pragues, que Rage va donner vie à ce qui va s’imposer, pour lui et pour nombres d’autre, comme une révélation.

A l’instar de Deep Purple et de son Concerto for Group and Orchestra, retranscrit lors d’un concert au Royal Albert Hall de Londres, accompagné du Royal Philarmonic Orchestra en 1969, les Allemands vont tenter la même expérience avec un orchestre tchèque. L’entreprise demeure périlleuse, l’échec de Jon Lord dans le domaine restant cuisant, l’artiste n'étant, en effet, pas parvenu à créer une osmose satisfaisante entre ces deux mondes, a priori, bien trop divergents, et ce même si le concerto, entièrement composé par Jon, offre des moments tout à fait superbes. L’essai de Rage, né de cette confrontation entre leurs aspirations rugueuses et celles plus harmonieuses des Tchèques prends, quant à lui, la forme d’une œuvre sortis en 1996 baptisée Lingua Mortis.

Enregistré dans les conditions particulières du direct, le mixage de ce manifeste devient très vite problématique. En effet, le déséquilibre entre Rage et l’orchestre de Prague reste bien trop souvent en défaveur des Saxons. Egarés au cœur de cet océan d’harmonies, Peavy et les siens peinent à affirmer toute l'âpreté de leur singulière identité. De telle sorte que l’œuvre manque d’équilibre, pour ceux qui, comme votre humble serviteur, bien qu’ouvert d’esprit, restent attachés à une certaine énergie propre aux musiques Metal. Toutefois si le résultat n'est pas pleinement satisfaisant, l’ensemble précaire donne, tout de même, corps à une démarche courageuse. Cette chair délicieuse, et maladroite à la fois, demeure séduisante de par ses idées enthousiasmantes même si elle ne parvient pas totalement à convaincre de par sa performance.

Quoi qu’il en soit le délicieux In a Nameless Time, ou encore, par exemple, le remarquable medley, comportant d’anciens titres de Rage, à savoir Don't Fear The Winter, Black in Mind; Firestorm, Sent By The Devil; Lost et In The Ice apparaissent comme d’excellents symboles de cette conception musicale délicieusement particulière.

Lingua Mortis, malgré ces imperfections évidentes, définit cependant les prémices d’un changement ‘‘symphonique’’ essentiel à la fois pour Rage et à la fois, plus largement, pour une scène en devenir. Elle s’inscrit comme l’une des premières ébauches, presque, réussi d’une synergie entre un univers grandiloquent classique et un autre plus virulent Metal. L’œuvre est donc historique et à ce titre, oubliant ces défauts négligeables, mérite, tout à fait, les nombreuses éloges dithyrambiques dont elle est l’objet.

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AmonAbbath - 04 Mai 2014: J'ai le digipack de l'album "Carved in Stone" qui contient un dvd bonus avec un concert complet au Wacken, avec l'orchestre, et qui comprend non seulement la "Suite Lingua Mortis" de "Speak of the Dead" mais aussi l'ensemble ce ce premier essai "Lingua Mortis". Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'en live et avec les nouvelles techniques d'enregistrement, on comprend à quel point, comme tu le soulignes, le mixage était le seul vrai problème à résoudre. Parce qu'au niveau de la composition, c'est un premier essai plus que concluant.

Du coup je suis assez content de pouvoir écouter (et voir) "Lingua Mortis" dans ces conditions "2.0".
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Commentaire @ murjlus

25 Septembre 2011

Celui de Rage est, outre son rôle de précurseur oublié, l'album du genre le plus intelligent !

Je pense que des fois, il faut rendre à Cesar... Ou plutôt à Peavy dans le cas présent. Tout commença lors d'une rencontre, celle de Monsieur P. Wagner et de Christian Wolff sur "All This Time" de l'album "Black in Mind". Album qu'il faut d'ailleurs écouter de toute urgence pour ceux qui ne connaissent pas. Album grandiose qui n'a pas pris une ride depuis 1996. Chose assez rare soit dit en passant ! A l'époque la bande teutonne était composée de Peavy, Sven Fis(ch)er, Spiros Efthimiadis, et Chris Efthimiadis. Que cette bande était inspirée à cette époque !!!!

Pas mal de temps avant Metallica dont l'album symphonique n'a rien d'exceptionnel (mis à part de rajouter la bande originale de star wars en arrière fond), ou d'autres artistes ayant essayé cet exercice, celui de Rage est, outre son rôle de précurseur oublié, l'album du genre le plus intelligent ! A l'époque, jouer du métal en mélangeant de la musique classique se faisait assez rare. Peu de groupes (edit: groupes heavy....) y arrivaient avec talent. A ma connaissance d'ailleurs, il n'y avait que Angra...
Alors certes la production de Lingua Mortis n'est pas au top, mais le talent de composition et de recomposition y est géniale ! De In a Nameless Time, dont la version orchestrale peut s'écouter sans aucun souci sans être pénible, au fantastique medley, les trois "nouveaux" titres de cet EP valent une écoute attentive : "dim the light, sit back, relax and let this magnificient symbiosis of classical music and heavy metal creep under your skin". Une mention particulière pour le titre "Black in Mind". Veuillez d'abord écouter la version album avant la version symphonique... Et là... je vous promets une claque en matière d'orchestration...

13 Commentaires

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murjlus - 09 Fevrier 2012: il est vrai que ma phrase était mal tourné... le génie de sir Peavy sur cet album en tout cas a été de ré-arranger avec un certain talent des anciennes compos. (par contre, la pour le coup c'était un vrai precurseur....) Ensuite, je ne parlais que du heavy. ma connaissance en matière de black sur cette époque là s'arrête à cradle of filth ;0) ...
mais ton commentaire me rappelle de grandes lacunes en ce domaine... je vais y remédier! promis!

murjlus - 10 Fevrier 2012: De rien... Je pense sincérement que Rage est un grand oublié de la scène heavy... en particulier l'album Black in mind et lingua mortis qui va avec. quand j'ai vu que y'avait pas encore de chronique, je me suis dit: What the Fuck!
ZazPanzer - 10 Fevrier 2012: Pas si oublié que ça quand même ! C'est sûr que ce groupe n'a pas la popularité d'Helloween, mais il est loin d'être underground. Pour ma part mes albums préférés sont Reflections of a Shadow et Trapped. Black In Mind est très bon mais je trouve que c'est à partir de cet album qu'il commence à y avoir du remplissage avec des titres certes pas mauvais, mais dispensables. Je ne comprends pas le besoin des groupes à balancer obligatoirement des albums de 60 voire 70 minutes. Je préférais le format 45 minutes qui tenait sur une face de cassette.
murjlus - 10 Fevrier 2012: old school quand tu nous tiens Zaz....
une bonne vieille cassette qualité métal avec dolby c activé... ahhhhhhhhhhh
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