L'homme du froid est revenu d'entre ses glaciers pour nous servir sur un plateau l'une de ses plus belles réalisation. "
Einsamkeit"...
Solitude. Comment pourrait-on mieux qualifier l'essence de l'oeuvre de
Paysage d'Hiver, autrement qu'en du froid, de la neige, et des paysages désolés, cristallisés dans un art sonore très élitiste ? On ne pourrait tout simplement pas.
Comme d'habitude avec le père Wintherr, tenter de se procurer une cassette de
Paysage d'Hiver revient à chercher un neurone dans le crâne de Dieudonné. Chose impardonnable, je l'ai téléchargée. En voyant en effet les enchères se monter à des prix astronomiques, et le nombre important de copies pirates circulant également, je me suis ravisé, préférant garder mes sous pour éviter une amère déception. Je l'ai téléchargée, dans sa vraie version, car, en effet, les deux premiers titres de la version circulant majoritairement sur le net ne sont pas de PdH.
Dans les conditions optimales d'écoute (c'est-à-dire en Hiver, par temps couvert, et dans la forêt), l'auditeur est gagné par une vague de froid, bien au-delà de la simple sensation physique. L'ensemble respire la neige pure et le blizzard, chose renforcée par la production, toujours aussi pourrie ("Non, tu ne comprends pas, c'est pas pourri, c'est élitiste" disait un Trve du
Kult), si bien que les trois titres composant cette démo forment de véritables blocs de glace, qu'il est impossible de percer.
"Inneres Licht", titre assez cosmique, ravira les accros de
Darkspace, avec ses claviers éthérés, minimalistes et sublimes. "Einkehr", beaucoup plus posé et à peine couvert par les murmures du vent, aurait pu être composée par le Sieur derrière
Vinterriket (bien plus abordable que la créature du père Möckl). Mais enfin, sur "
Kraft", retrouvons nous tout ce qui fait le charme de PdH : l'absence totale de chaleur. Mur de guitare grésillantes couplé à un clavier des plus purs, pour ensuite se muer en un simple vent hurlant, que seul rythme le tambour perdu dans la neige, marquand la cadence sur laquelle se fond ce clavier oppressant, entêtant, caractéristique de Wintherr.
C'est peut-être élitiste, c'est peut-être très beau, n'empêche que cette démo saoule rapidement l'auditeur, de par le minimalisme parfois trop poussé des compositions ("Inneres Licht" en tête) et la longueur pachydermique des titres (Quarante-cinq minutes au compteur, très beau score). Avaler cette démo en une fois relève de s'enfiler le contenu d'une pelle à neige en une seule fois.
Enfin,
Paysage d'Hiver fera toujours du
Paysage d'Hiver, et cette démo se laisse très facilement écouter dans les conditions adaptées. Trois ans déjà que
Paysage d'Hiver n'a rien sorti, si ce n'est un titre énigmatique balancé sur la page myspace du groupe.
"
Einsamkeit" fait figure d'apéritif en attendant, peut-être, le digne successeur au magnifique "
Steineiche" ? L'avenir nous le dira.
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