Im Wald

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17/20
Nom du groupe Paysage D'Hiver
Nom de l'album Im Wald
Type Album
Date de parution 25 Janvier 2020
Labels Kunsthall
Style MusicalBlack Ambient
Membres possèdant cet album19

Tracklist

DISC 1
1.
 Im Winterwald
Ecouter09:33
2.
 Über den Bäumen
Ecouter10:28
3.
 Schneeglitzern
 04:08
4.
 Alt
 10:23
5.
 Wurzel
 03:18
6.
 Stimmen im Wald
Ecouter09:54
7.
 Flug
 11:37

Durée totale : 59:21



DISC 2
1.
 Le Rêve Lucide
 12:28
2.
 Eulengesang
 03:06
3.
 Kälteschauer
 12:21
4.
 Verweilen
 02:20
5.
 Weiter, Immer Weiter
Ecouter11:19
6.
 So Hallt es Wider
 19:24

Durée totale : 01:00:58

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Paysage D'Hiver



Chronique @ Icare

17 Juillet 2020

Une œuvre magistrale, indispensable à tous les amateurs d’un black ambiant glacial, sauvage, exalté et mystique.

Tout fan de black ambiant connaît forcément Paysage d’Hiver. Formation incarnée par Wintherr, qui évolue aussi dans le non moins fameux Darkspace, le one-man-man band délivre depuis 1998 un black ambiant cru et grésillant dessinant de longues plages glaciales et fantastiques noyées de distorsion. En regardant la fiche du groupe, les néophytes pourront s’étonner de voir que Im Wald n’est qu’un premier album, mais s’ils regardent attentivement, ils constateront que Paysage d’Hiver a sorti pas moins d’une quinzaine de splits et démos depuis sa création, dont la plupart dépasse l’heure de musique.
On pourrait d’ailleurs ici parler de « very full length », puisqu’il s’agit en fait d’un double CD qui dure pas moins de 120 minutes. Un sacré morceau donc, et pas du genre qui s’écoute distraitement entre le fromage et le dessert, vous l’aurez deviné ; de toutes façons, ceux qui connaissent la formation le savent : Paysage d’Hiver fait partie de ces quelques élus qui composent une musique unique et émotionnelle extrêmement profonde et immersive, qui nous possède et nous hante.

Le Suisse compose toujours ces longs titres hypnotiques et glacials, à l’intensité saisissante malgré leur minimalisme musical. Dès l’incroyable Winterwald, ce tourbillon de guitares gelées et de blasts nous happe avec, en écho, se perdant dans ces bourrasques de vent et de distorsion, le chant de Wintherr qui vient animer ces paysages nus, vides et recouverts de neige. D’une manière générale, la musique se fait toujours aussi déchirante, tantôt extrêmement rapide, tantôt lente et lancinante, soufflant un flot d’émotions qui nous submergent, avec quelques moments oniriques qui culminent et nous transcendent (ces claviers magiques dès 3,45 minutes qui enveloppent le morceau d’une aura crépusculaire et presque cosmique, le passage central de Über den Bäumen qui nous transporte avec ce riff mélancolique, cette courte séquence épique et furieux à 4,31 minutes de die Stimmen der Wald). Comme à son habitude, Paysage d’Hiver compose des titres longs, dépassant les neuf minutes, et entre deux compos se glisse généralement un titre ambiant, plus court, sorte de liant atmosphérique qui cimente l’ensemble de ces deux heures de musique. Ces pistes sont en quelque sorte le calme précédant et succédant la tempête, nous présentant une nature mystérieuse et menaçante, indomptable et imprévisible, capable de se déchirer en des accès de rage destructeurs puis de faire régner quelques secondes après un silence presque total que seuls le blizzard, les craquements de la nuit et ces claviers d’un autre monde viennent percer, portant notre solitude. Ainsi, l’album s’ouvre et se termine sur les mugissements du vent, acteur indispensable d’un album de Paysage d’Hiver, et qui nous accompagne tout le long de ces treize titres.

Le plus saisissant, c’est que malgré cette simplicité musicale apparente qui est l’une des marques de fabrique du one man band, les morceaux ne sont pas figés et évoluent lentement, comme s’ils s’animaient et vivaient leur propre existence au fur et à mesure que les minutes défilent, se muant imperceptiblement au fil des minutes pour retranscrire des émotions différentes, mais toutes bouleversantes. Ces changements subtils, chevillés au corps de la musique, se font de manière très progressive et naturelle, là un pattern de batterie différent, là une nappe de clavier qui vient renforcer la musique, là une variation de tonalité ou de riff que l’on repère à peine tellement l’ensemble est homogène, nous guidant dans le noir et nous aidant à arriver au terme de ces monstres de glace qui forment d’énormes blocs compacts à la longueur qui peut sembler parfois excessive (le So Hallt es Wider de clôture fait tout de même 19,21 minutes !).
Pourtant, tout est fluide et parfaitement à sa place, et malgré sa durée, l’album ne lasse pas. Certes, en milieu de parcours, l’intensité phénoménale s’émousse un peu, Tobias Möckl proposant des titres plus mid tempo qui ne dégagent à mon sens pas autant de puissance et de majesté que les premiers (le long titre ambiant Flug qui aurait pu être amputé de moitié, le lent Weiter, Immer Weiter qui, s’il est loin d’être mauvais, manque de variations et se fait dispensable en cmparaison aux excellents titres qui composent la galette), et certains trouveront peut-être que deux heures, c’est bien long pour un album de musique, et que Im Wald aurait gagné à être condensé sur 60 ou 75 minutes. Ceci dit, quand on aime on ne compte pas, et je défie les amateurs de black ambiant de ne pas succomber à des morceaux comme Im Winterwald, Über den Bäumen, Alt ou Stimmen Im Wald, ce dernier semblant être l’incarnation de l’âme millénaire de la forêt, avec ces vocaux mâles et fiers d‘un autre âge et ces percussions qui battent comme un énorme cœur païen, nous hypnotisant et nous invitant à pénétrer dans ce sanctuaire d’écorce et de neige en un appel à la fois impérieux et lancinant.

Im Wald est beau et nous transperce le cœur, et tandis que nos oreilles s’emplissent du bourdonnement enivrant des guitares, les larmes roulent et se figent sur nos joues gelées par le froid polaire dégagé par la musique. Une œuvre magistrale, indispensable à tous les amateurs d’un black ambiant glacial, sauvage, exalté et mystique. Paysage d’Hiver, ou comment faire descendre la température en dessous de zéro en plein été…


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