Une fois de plus, Wintherr nous revient avec un album terrible. Un titre pour plus d’une heure dix. Comme à son habitude, il ne fait pas de petit truc sans envergure.
Une moitié par face donc, une longue introduction mi ambiant mi chuchotements, derrière laquelle on peut entendre le bruit du vent dans les murailles d’un château ou dans les aspérités d’une montagne enneigée.
Voilà qui plante bien le décors une fois de plus.
Pour les connaisseurs des albums du maître, vous reconnaîtrez le thème du vent qui souffle dans les montagnes. Le sample n’a pas changé.
Au bout d’un petit moment de ce régime, la fameuse guitare au son reconnaissable entre mille apparaît pour une course avec la batterie. Le riff est d’une extrême tristesse. Le chant plus "rocailleux" que sur certains enregistrements aussi, mais l’esprit reste le même, celui qui a ensorcelé la plupart de ceux qui ont un jour écouté un titre de Paysage d’Hiver.
Justement, parlons en de l’esprit. Deux albums se détachent de la discographie du maître : le sans titre, par la sonorité utilisée, par la composition de l’album (trois titres bien distincts les uns des autres, c’est bien la première fois que l’on voyait cela sur les albums cassette – j’exclue volontairement «
Steineiche ») et par la longueur moyenne des titres qui s’était vue diminuer après «
Kerker ». Le second à se démarquer, c’est celui-ci : les deux faces de la cassette ne font en fait qu’un très long titre, et même si le vent (principal leitmotiv de Wintherr pour évoquer la solitude glacée) est présent sur celui ci comme sur les autres, non particuliers («
Kristall & Isa » et « Winterkaelte » principalement), mais la façon de traiter la musique est très différente du fait de cette liberté qu’il s’accorde en n’en faisant qu’un très long titre : les passages ambiant peuvent durer longtemps, les parties black en sont vraiment très mélancoliques et lancinantes, bref, tout un état d’esprit épanoui et libéré !
Je plaisante bien entendu.
La deuxième partie du titre, entendez par là la face B, voit très rapidement arriver la guitare et le chant.
Par contre, la batterie ne fait pas irruption au même moment. Le riff planant malsain reflète tout à fait bien l’image qu’on [ne] voit [pas] sur la pochette : quelque chose pris en photo dans la nuit la plus noire, mais on ne sait pas quoi.
J’avais lu un jour que le « Hvis lyset tar oss » de
Burzum avait fait de Varg le mec capable de créer les atmosphères les plus sombres en matière de black… et bien le petit Varg aurait bien à apprendre auprès du grand Wintherr. Tous les enregistrements de
Burzum sont dépassés en matière de glauque par celui ci seulement.
La tristesse qui se dégage de ce petit riff qui arrive à peu près au milieu de la seconde face a de quoi pousser au suicide tout dépressif en phase terminale. Rarement égalé en black, une telle ambiance doit pas mal à la qualité de la production, "faite maison" qui y est sans doute pour quelque chose : un son étouffé et le souffle de la cassette renfoncent un peu plus dans les abîmes une musique déjà pas franchement gaie.
Le final blasté du morceau achève définitivement toute volonté chez l’auditeur et la suite est inévitable… on remet la cassette une fois encore.
Eh oui, ça ne change pas et vous vous demandez comment ça se fait que le type capable de faire ça ne se soit pas déjà suicidé dix fois. Moi aussi je me le demande, mais pas trop. J’espère bien avoir l’occasion d’entendre de nouveaux enregistrements du sieur ! Le seul capable de créer une atmosphère aussi noire, aussi glauque et qui parvient à rester dans l’underground. Il mérite une profonde révérence, la haie d’honneur de tous les black metalleux avertis qui auront un jour pu entendre au moins un titre de lui.
Avé Wintherr ! In der
Nacht bleiben Sie !
Je suis d'accord avec toi mais pas sur le faite que Varg aurait bien à apprendre auprès du grand Wintherr.
J'aurais plutot dit que Wintherr a tuer le père Varg. Car sans Burzum, je ne pense pas que Paysage D'Hiver existerait.
Hail Wintherr !
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