Dedicated to Chaos

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Nom du groupe Queensrÿche
Nom de l'album Dedicated to Chaos
Type Album
Date de parution 28 Juin 2011
Style MusicalHeavy Progressif
Membres possèdant cet album49

Tracklist

1. Get Started
2. Hot Spot Junkie
3. Got It Bad
4. Around the World
5. Higher
6. Retail Therapy
7. At the Edge
8. Broken
9. Hard Times
10. Drive
11. I Believe
12. Luvnu
13. Wot We Do
14. I Take You
15. The Lie
16. Big Noize

Chronique @ Darklau

09 Août 2011

De la difficulté d'être et avoir été...

Vous connaissez tous l'expression : " On n'est pas sorti de l'auberge ". Sans vouloir faire un amalgame douteux, on pourrait dire que Queensrÿche s'évertue, album après album, à nous donner de bons exemples illustratifs de cette maxime.
Après un "American Soldier" insipide et aussi mou qu'une panade de banane écrasée à la fourchette, nous voici carrément propulsé au 36 ème dessous, précisément dans les bas-fonds d'une pop douteuse et soporifique au possible.
L'entrée en matière de ce nouvel album, curieusement agrémenté d'un titre à consonance heavy, histoire de faire naître le doute dans l'esprit des fans de la première heure qui pleurent encore sur les vestiges de "Queen of the Reich", cette entrée (matérialisée par le titre «Get Started») achève déjà d'éteindre en nous tout espoir de voir surgir un sursaut métallique chez les citoyens de Seattle.

Les titres s'enchaînent sur des rythmes navrants et des sonorités pop rock parfois proches de l'univers stadium de U2. L'auditeur métalleux lambda est bien en droit de se demander si Queensrÿche fait encore partie de la sphère metal ou, autrement dit s'ils n'ont pas décidé depuis longtemps de s'en écarter radicalement quitte à renier un passé aussi sulfureux que génial. Comme tout acheteur potentiel de metal serait en droit de se demander pourquoi ce genre d'album porte encore la marque de "Queensrÿche", celle-là même qui a fédéré des armées de fans aux cheveux longs et perfectos de cuir au beau milieu des années 80. Comment ne pas se rappeler la rage évidente des titres des premiers albums et même la complexité sombre et envoûtante des deux opus post Mindcrime. Mais oui, "Promised Land", c'était encore du metal !
Mais ce groupe aujourd'hui a pris le parti d'évoluer vers un univers d'expérimentations power pop ou rock alternatif, si vous préférez. Cette nouvelle orientation n'est pas à blâmer en tant que telle. Elle prouve que le groupe de Geoff Tate ne craint pas de décevoir et de s'aventurer hors des chemins métalliques qui ont fait sa renommée.

Personnellement, je ne retrouve pas dans cette nouvelle orientation les mêmes frissons qu'avant, malgré quelques titres à l'atmosphère vaporeuse comme ce "Broken", sorte de ballade éclair et sentimentale ou ce «Hard Times» plus expérimental que réellement accrocheur. Rien ici ne me transporte vraiment. Trop d'intention pop nuit à l'appréciation objectivement metal que je pourrais donner à cet album. J'imagine déjà Queensrÿche sortir des titres comme «Wot We Do»  en Live devant un public metal au Graspop ou au Hell Fest. Jet de tomates pourries assuré...

Mais cela fait un bail que je n'ai plus vu Queensrÿche en concert, je l'admets. Je ne serais pourtant pas certain de vibrer encore de la même façon sur leurs classiques si ils étaient noyés dans une set list aux accents pop rock comme ceux de ce nouvel album. Bien sûr, on ne peut être et avoir été. Plus que Iron Maiden, Queensrÿche illustre parfaitement cet adage en cette année 2011, en sortant un album de plus aux antipodes de ces productions légendaires. Expérimentation ou pas, on ne peut que déplorer l'ultra radicalisation de leur musique, lorgnant de façon évidente vers des contrées très éloignées du heavy metal, même progressif. Cet album est un concentré de ritournelles pop rock sans goût et sans âme qui envoie le groupe de Seattle une nouvelle fois au panthéon des has-been. Sans ménagement, je ne peux que vous déconseiller ce « Dedicated to Chaos » insipide et ultra mou, surtout si vous étiez un fan des envolées électriques de «Operation Mindcrime» ou «Rage for Order». Par contre, si vous êtes du style à trouver le metal ennuyeux et peu engageant, peut-être trouverez-vous sur ce nouveau Queensrÿche matière à peupler vos nuits désabusées. Mais, même sur ce point, j'émets le plus inamovible doute, tant cet album peine à créer la moindre évocation dans l'esprit de l'auditeur.
Autre temps, autre mœurs...

25 Commentaires

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largod - 23 Août 2011: en conclusion "qui aime bien, chatie bien". Merci pour cette chronique qui a la vertu de nous faire économiser quelques euros même si on a de la peine pour ce fabuleux groupe !..
FBD5367 - 23 Août 2011: OK Darkstef, on m'avait déjà dit du bien de Empire, je ferais l'effort alors ; p'têt' pas tout de suite mais à l'occasion.
Sperma_frost - 08 Fevrier 2012: Quelle m..., en effet !
Sperma_frost - 08 Fevrier 2012: Peut-être allons nous assister au retour du disco bientôt ! lol
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Chronique @ Laxy

08 Octobre 2011

"Une mise en bouteille sans surprise, mais dont la fermentation sur la durée est le meilleur atout"

La plénitude de l’appréciation de l’arôme et de la subtilité des touches fruitées de tout grand cru requiert une longue mise en bouche doublée du recul critique du connaisseur, de manière à ne rien laisser au hasard qui puisse en entacher la saveur.

Geoff Tate est bien placé pour le savoir, lui qui partage volontiers sa passion oenophile d’heureux détenteur de sa propre production viticole.
Malgré la méticulosité et la patience afférentes de rigueur, le consciencieux entretien des vignes de la «Jet City» lui accaparant partie de son temps et de ses efforts, le charismatique vocaliste de Queensrÿche ne semble pas avoir tiré les leçons des contrecoups des raisins de la colère.
Colère baignée d’une incompréhension générale des fidèles qui montrent systématiquement les dents dès les premiers épanchements de la fragrance de chaque nouvelle cuvée du groupe, à laquelle ils réservent effectivement, depuis désormais près d’une décennie, la noyade certaine d’un accueil mitigé.
Là où les réputations actuelles de ses confrères Coverdale et Keenan dans leur domaine de prédilection n’ont pas à rougir de ces investissements combinés, les fûts du porteur du flambeau de la reine ne semblent pas avoir fait déteindre les notes bordeaux de leurs vapeurs éthérées sur son inspiration compositrice, lui qui a de nouveau participé à l’écriture de l’intégralité des morceaux, et ne suffiront certainement pas à obtenir l’unanimité du public.

Le premier constat à l’écoute de leur dernière mouture, en effet, est d’avoir affaire à une mixture hétéroclite décousue, à l’opposé de leur précédent American Soldier, qui, s’il avait généré la controverse auprès de la critique, et laissé pantois certains de leurs plus grands aficionados, avait cependant le mérite de proposer un concept album à part entière offrant un intéressant point de vue compatissant envers l’appelé lambda.
Le principal inconvénient de Dedicated to Chaos est, en réalité, de souffrir de la comparaison avec ses glorieux aïeux : le millésime 2011 ne parvient malheureusement pas à faire montre des mêmes unité, cohésion, ou densité de ses illustres prédécesseurs.

L’ouverture de l’album en grandes pompes avec le très dynamique Get Started, qui, du reste, passe l’épreuve des planches haut la main, présageait pourtant du meilleur : ses riffs accrocheurs et son solo volcanique distordu séduisant aussitôt, à la manière des ambiances sidérales que distillait délicieusement Promised Land à l’époque.

La piste suivante, Hot Spot Junkie, coécrite par «Edbass» Jackson, s’inscrit dans la même continuité, à l’appui de ses vindicatifs couplets hachés et son incisive rythmique acharnée.
Mais en dépit de cette progression, étrangement, la solution ne prend pas encore : le décalage produit par le changement abrupt de décor d’une piste à l’autre, déroute au premier abord, rompant ainsi la vivacité d’une initiation prometteuse.
La patte du producteur Jason Slater, bien trop présente sur les deux livrées précédentes du groupe, avait déjà nuit à leur intégrité, reléguant de fait les contributions, autrefois pléthoriques, du guitariste Michael Wilton au rang de quasi-néant.

S’il partage ici la signature de cinq morceaux, la plume est reprise ailleurs par l’ingénieur son et coproducteur attitré Kelly Gray, avec qui la formation de Seattle collaborait déjà du temps des prémisses de The Mob, puis brièvement de 1998 à 2001, le temps de Q2k, sur lequel il remplaça Chris DeGarmo à la guitare.
À cet égard, les écoulements de ce dévouement au chaos ont précisément tendance à s’étioler lorsque la production, soignée et irréprochable, quoiqu’il en soit, l’emporte sur la composition, charriant par là même le désagréable arrière-goût d’un façonnage trop artificiel, voire même clinique, sans réel corps ou caractère propre.

Queensrÿche opte résolument pour la facilité d’une orientation plus axée sur un rock totalement décomplexé, aux dépens de ses accents progressifs passés, en témoigne notamment la tournure délibérément oralisée de certains titres, qu’il s’agisse de leur orthographe, ou de maladroites interventions vocales relevant directement du discours parlé sur Got It Bad, qui sont toutefois bien vite compensées par les agréables arrangements orientalisants de cette dernière composition.

Mais à trop vouloir séduire un public autrement plus large et diversifié, et revêtir son pot-pourri d’une texture sonore moderne, dont la contrepartie sirupeuse ne manque malheureusement pas de resurgir, le groupe a négligé un détail de taille :
la trop forte hétérogénéité du mélange donne parfois l’impression d’une séquence de pistes sans rapport ni continuité logique entre elles, le sentiment d’incohérence faisant alors occasionnellement surface.

L’abstraction du flacon se révèle tout bonnement impossible, l’ivresse procurée par les planantes mélopées d’« All Around the World », dont les effluves mélodiques, et plus particulièrement la prédominance des guitares, à grands renforts de réverbération, fait directement écho aux leitmotivs d’U2, alternant par exemple avec les relents de la banalité la plus générique des titres les plus faibles.
La mollesse d’un Broken provoque une radicale rupture du rythme de l’album, pourtant jusqu’alors soutenu, et dont la forte teneur soporifique n’a d’égal que le honteux degré de resucée lyrique de son aînée Silent Lucidity.

Déjà moins poussive, et introduite tout en légèreté au saxophone, Hard Times ne se montrera pas non plus suffisamment originale pour prétendre au même rang que la satellisante ballade The Killing Words, néanmoins, là où la succession de ces deux pistes marque une brutale accalmie aux antipodes de l’agitation précédente, elle sert à merveille l’aération d’un ensemble, qui, autrement, risquerait dangereusement la saturation.

La découverte de l’outrageusement répétitif Wot We Do ne fera, en revanche, que consolider l’observation selon laquelle le très bon côtoie l’insipide.
À la lisière d’une variété hybride teinté de hip-hop, influence de Slater oblige, la chanson, à l’instar de son prédécesseur SLiver, trouve difficilement sa place dans le registre du heavy metal habituel de la formation.
Pour autant, embrasser pleinement les délices dont regorge la robe multicolore de l’oeuvre nécessite davantage que d’y tremper timidement les lèvres, et son intérêt se dévoile alors progressivement au gré des écoutes, sa fermentation sur la durée étant son meilleur atout.
Aussi n’est-il pas rare, à la suite d’écoutes attentives répétées, de se surprendre à battre instinctivement le rythme de la plupart des titres, allant même jusqu’à pousser la chansonnette sur leurs refrains accrocheurs.

Première surprise : l’incorporation bienvenue de phrasés de saxophone sur les pré-refrains des variations acidulées des galopantes Retail Therapy et At the Edge apporte son souffle d’air frais au traditionnel orchestre dont le groupe ne s’éloigne qu’anecdotiquement, la présence de choeurs ou la mise à contribution de claviers n’étant pas légion.
Le déconcertant, mais joliment surprenant, goût funk, renforcé par des sections rythmiques endiablées, dont Higher ou I Believe imprègnent le palais, ne sont pas sans évoquer une «Della Brown» des grands jours.

C’est à l’occasion de Drive, une des rares compositions empreintes de la patte du batteur Scott Rockenfield, qu’est atteint le point d’orgue du disque : forte de ses solides fondations rythmiques et d’un climat globalement plus sombre se démarquant outre-mesure, la chanson s’élève lors de son refrain atmosphérique, dans le prolongement direct des envolées mélodiques d’Empire, et confirme ainsi le fort potentiel résiduel d’une formation autrefois fédératrice.
Les sonorités aigres-douces de l’entêtante Luvnu, ou encore l’entraînante ligne de basse du vif mid-tempo Big Noize nous prouvent, pour finir, que les Seattleites sont encore capables de raviver la flamme d’antan.

Conformément aux récentes confessions des musiciens, l’attention toute particulière portée à la structure rythmique, en vue d’exacerber les vertus mouvantes inhérentes à la musique dans son sens le plus primal, voire tribal, leur désir d’expérimentation, ainsi que leur souhait de ne pas demeurer dans la catégorisation sous une sempiternelle même étiquette, émergent bel et bien, ce qui est tout à leur honneur.

On regrettera en définitive que Queensrÿche, encore figure de proue du carcan progressif de la N.W.O.B.H.M. il y a peu, n’offre à la dégustation qu’un album tout juste agréable, mais inégal et absolument pas original, en espérant qu’ils accorderont à leur prochaine mise en bouteille une maturation autrement plus longue et travaillée qu’à Dedicated to Chaos.

4 Commentaires

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ZazPanzer - 09 Octobre 2011: Chronique subtile et fine, savoureuse et complexe à l'instar d'un bon Bourgogne. Tu m'as donné envie de donner une seconde chance à American Soldier, et curieusement je le trouve intéressant après la lecture de ton article. Merci.
Kalamazoo - 10 Octobre 2011: Très bonne chronique .C'est exactement les effluves de mon ressenti après un grand nombres d'écoutes.
Une chronique positive qui montre le travail accomplie par des musiciens hors pairs .Que le résultat soit si peu positif on est d'accord mais tu as fais preuve d'un très bon jugement sans les sempiternelles litanies du "c'était mieux avant "Les parallèles sont juste et la subtilité de l'analyse plus que correct à mon gout .Héé héé LAXY .Tu bosserait pas dans la vente ??
Laxy - 11 Octobre 2011: Merci beaucoup pour vos impressions positives, ça fait franchement plaisir après avoir encaissé un retour autrement plus sec auprès de Chromatique, qui n'en voulait pas dans l'état.

C'est toujours pour ces raisons que je prends le temps d'accorder plusieurs écoutes espacées à un album qui me plaît par moments, mais sans plus (j'ai bien eu du mal avec le "Close to the Edge" de Yes la première fois, et maintenant je l'adore !).

Mais non, je bosse pas dans la vente, ni quoi que ce soit qui mette à profit le boniment et le baratin, même si, du reste, ce sont des compétences que j'ai appris à développer outre-mesure en école d'ingé' ! :)
samolice - 28 Octobre 2011: Merci pour la chronique, vraiment intéressante. Bien plus que l'album, même aprés une bonne vingtaine d'écoute attentive. Un calvaire...
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