Si je ne suis pas un fan absolu de
Despised Icon, je respecte leur son détonant, leur originalité et leur façon de concrètement s’approprier le style deathcore. Contrairement à leur premier album (trop grindcore à mon goût), j’avais bien aimé
The Healing Process et adoré
The Ills of Modern Man ; tout en n’étant pas mon CD favori, je l’écoute de temps en temps. Pour avoir vu les gaillards sur scène, je dois dire que ça dépote bien, les Québécois mettant le paquet à chaque chanson avec une énergie maladive. J’étais donc curieux de découvrir ce quatrième album.
Déjà sept ans que
Despised Icon propage sa rage et sa volonté d’aller toujours plus loin, une rage contagieuse qui amène de nombreux fans dans leurs rangs. Avec un certain retard, me voici ! En effet, ceux qui lisent mes chroniques savent que l’année 2009 m’a foncièrement déçue en matière de sorties metal, de groupes dont je suis (j’étais ?) fan, des déceptions semi ou entières, des albums ma foi bons mais pas extraordinaires pour autant (DevilDriver,
The Black Dahlia Murder,
Lamb Of God…). Chose rétablie avec la venue de cette bombe sonore quasi-parfaite.
Premier constat pour les fanatiques : enregistré à nouveau aux Projecson Recording Studios dans leur Québec natal, le son est extrêmement net, voire beau, chaque instrument étant mixé de façon équitable et mis en avant au bon moment (la basse notamment). Autre chose beaucoup plus surprenante : fini les pig squeals ! Steve Marois a en effet rayé de ses cordes vocales ses (impressionnants) cris de porc, sûrement afin de proposer quelque chose de neuf pour le groupe et de ne pas sombrer dans la monotonie musicale. Le groupe allant donc plus loin,
Day of Mourning se veut plus hardcore, plus glauque (l’une des deux fameuses chansons en Français Entre le bien et le mal en est la preuve), plus violent aussi, le disque est une vraie mine de tubes interstellaires virulents et burnés. Si sur le précédent album je me lassais de quelques titres (nécessaires pour faire un album mais trop identiques pour moi), ici rien n’est à jeter à mon goût.
Dès le premier morceau, ça envoie sec et ça calme pendant 35 minutes : les Québécois amènent sur un plateau d’argent de la brutalité complètement maitrisée. Tout au long de l’album, la recette reste la même, soit des saccades en triolets bien originales, des passages lourds à souhait, des riffs en aller-retour proches d’un vieux
Dissection et une batterie frénétique, jouant de la cloche et du blast-beat comme seul Alex Pelletier arrive à faire. Je reste étonné de constater que le côté grindcore dissonant soit mis de côté au profit de riffs plus rentre-dedans et par conséquent plus facilement abordables.
On retiendra donc très facilement des titres comme Eulogy, l’impressionnant
MVP,
Diva Of
Disgust ou encore le titre éponyme, tous mémorables tant leur puissance n’a d’égal que leur technicité (les soli sont toujours aussi fabuleux). Bien que l’album soit comme d’habitude principalement composé par Alex Erian et Éric Jarrin, la présence des nouveaux Ben Landreville (chanteur de
Camilla Rhodes) et Max Lavelle (
Goratory, Lecherous…), respectivement aux postes de guitariste et bassiste du groupe, apporte ce petit souffle que l’on perçoit à chaque écoute.
Au final, on peut dire que le groupe a réussi à proposer quelque chose de neuf dans leur discographie, quelque chose qui ne sent ni le réchauffé ni le pompage frauduleux. Enfin un groupe qui s’améliore d’album en album, acquérant de la maturité évidente et un professionnalisme toujours aussi empreint de modestie. Rentre-dedans et novateur, le tout mixé à la perfection,
Day of Mourning n’a rien à envier aux dernières sorties death metal de l’année, s’imposant comme un must en la matière.
18/20 aucunement d'accord, ton pot il est bon.
Désolé d'avoir un opinion divergeant !
DI s'est cassé la gueule sur ce Day of Mourning, et même si tout n'est pas à jeter, la déception comparé aux anciens travaux est immense.
Indispensable pour les amateurs de metal extrême (à condition de savoir apprécier la technique).
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