Shadow Work

ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
15/20
Nom du groupe Despised Icon
Nom de l'album Shadow Work
Type Album
Date de parution 31 Octobre 2025
Labels Nuclear Blast
Style MusicalDeathcore
Membres possèdant cet album11

Tracklist

1.
 Shadow Work
 02:57
2.
 Over My Dead Body (ft. Matt Honeycutt)
 03:27
3.
 Death of an Artist
 03:41
4.
 Corpse Pose
 03:23
5.
 The Apparition
 04:10
6.
 Reaper
 03:24
7.
 In Memoriam
 03:19
8.
 Omen of Misfortune
 03:02
9.
 Obsessive Compulsive Disaster
 03:29
10.
 ContreCoeur
 01:32
11.
 Fallen Ones
 03:57

Durée totale : 36:21

Acheter cet album

 $16.63  14,20 €  15,91 €  £29.99  $19.88  20,82 €  15,99 €
Spirit of Metal est soutenu par ses lecteurs. Quand vous achetez via nos liens commerciaux, le site peut gagner une commission

Despised Icon


Chronique @ Groaw

02 Janvier 2026

Six années d’attente et un septième essai autoritaire et subtilement singulier

Formé à Montréal au début des années 2000, Despised Icon s’impose rapidement comme l’un des pionniers du deathcore, bien avant que le terme ne se popularise ou ne se fige dans des formules stéréotypées. À une époque où la frontière entre le death metal, le death technique et l’hardcore était encore poreuse, le groupe québécois va jouer un rôle déterminant dans la structuration du genre en posant les bases de ce qui deviendra sa grammaire principale. L’une des signatures majeures de la formation réside dans son duo vocal, une alternance entre growls profonds et screams suraigus et couplé à une musique à la fois carabinée, tranchante et construite autour de schémas rythmiques implacables. Là où beaucoup de groupes misaient sur la surenchère, le septuor privilégiait déjà un équilibre entre brutalité extrême, groove écrasant et efficacité immédiate.

Contrairement à une partie de la scène deathcore qui émergera plus tard, Despised Icon a toujours revendiqué des racines death metal très marquées, tout en intégrant des éléments hardcore assumés, caractérisés entre autres par des breakdowns étouffants, des structures immédiates et une énergie instinctive. Cette approche leur permettra de traverser les modes sans jamais perdre leur crédibilité, ni auprès du public extrême, ni auprès des amateurs de metal plus traditionnel.
Après une première période extrêmement prolifique dans les années 2000, notamment par le biais de The Healing Process (2005) et The Ills of Modern Man (2007), le groupe annonce sa séparation en 2010 et laisse derrière lui une discographie déjà considérée comme fondatrice. Leur retour au milieu des années 2010, davantage en dents de scie, confirmera tout de même leur statut, celui d’un collectif qui n’est pas qu’un simple vestige du passé mais une formation capable de traverser les âges, d’affiner légèrement son propos et de rester pertinente dans un genre qu’elle a contribué à façonner. Leur dernier disque Purgatory (2019) en est une preuve irréfutable, une proposition d’un deathcore dense et frontal, fidèle aux fondamentaux de nos artistes mais qui demeure encore un peu trop conservateur dans ses intentions.

Sur sa septième esquisse intitulée Shadow Work, nos Québécois poursuivent cette trajectoire et affirment une approche toujours aussi impétueuse mais néanmoins plus sombre et nuancée de leur deathcore. Plusieurs compositions révèlent des influences jusqu’à présent peu exploitées, à l’instar d’un The Apparition et son riffing aux accents blackened deathcore, froid et dissonant. Néanmoins, la patte si reconnaissable du septuor refait rapidement surface de par sa batterie frénétique, de cette dualité vocale entre gutturaux abyssaux et cris perçants ainsi que par sa trempe technique. La seconde partie du titre nous emmène d’abord sur un style hardcore avec un rythme plus languissant et des riffs davantage lisibles avant de conclure sur un breakdown purement death, très classique, de plus en plus pesant mais parfaitement ficelé.

Dans une tentative assez similaire d’élargissement du spectre, In Memoriam sort clairement du lot grâce à ses teintes blackened symphoniques perceptibles dans son ambiance solennelle et ses claviers certes discrets mais qui contribuent à un climat plus éthéré. Contrairement à d’autres morceaux, celui-ci préserve globalement son souffle orchestral et obscur jusqu’à l’outro où le combo rebascule dans son esthétique du deathcore traditionnel caractérisée par des riffs plus sommaires et des percussions effervescentes. Les dernières secondes de la mélodie nous proposent un court mais séduisant solo mélodique, un instant éphémère de luminosité au milieu de la noirceur.
Bien qu’assez redondante sur le plan instrumental, Reaper, avec la participation de Tom Barber (Chelsea Grin) et de Scott Ian Lewis (Carnifex), se démarque quant à lui par des prestations vocales caverneuses et oppressantes et flirte avec un registre slam primaire et écrasant.

Ces teintes discrètes sont révélatrices d’une volonté d’explorer de nouveaux territoires, même si ces efforts restent encore ponctuels et parfois sous-exploités. Cependant, cette audace se heurte à une inégalité plus marquée dans l’intensité des morceaux. Si la première moitié frappe par sa rusticité et sa cohésion, certains passages de la seconde se montrent plus prévisibles, reprennent des schémas déjà éprouvés et donnent une impression d’essoufflement qui atténue la force de frappe de l’ensemble. Des titres comme Omen Of Misfortune cristallisent particulièrement cette faiblesse : malgré une exécution irréprochable, le titre s’enferme dans une écriture trop balisée, sans tension durable ni véritable prise de risque et peine à soutenir la dynamique instaurée par les chansons les plus inspirées de l’ouvrage.

Despised Icon confirme sa capacité à demeurer une entité crédible et respectée au sein d’un deathcore qu’il a lui-même contribué à sculpter. Plus intimidant, plus varié et parfois plus aventureux que Purgatory, cette septième toile témoigne d’une volonté d’évolution réelle, même si celle-ci s’enferme parfois dans une écriture trop prudente. Toujours aussi attrayante par sa maîtrise technique, sa férocité intacte et cette dualité vocale toujours aussi redoutable, l’opus laisse encore transparaître quelques signes de relâchement qui l’empêchent de s’ériger en une nouvelle référence absolue. Shadow Work fait figure de disque solide et largement respectable, reflet d’un groupe conscient de son héritage mais encore dans une zone intermédiaire entre confort et élan créatif, à la croisée des acquis et des possibles.

0 Commentaire

2 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire