En mars 1996, après sept ans d'absence,
Whiplash fait un discret retour avec la sortie de son quatrième album "
Cult of One".
Du line-up de "
Insult to Injury" (1989) ne subsiste que le guitariste-leader Tony Portaro qui, pour l'enregistrement de ce nouveau disque, s'est entouré de Rob Gonzo (chant), Warren Conditi (guitare), Jimmy Preziosa (basse), et surtout de Tony Scaglione le batteur originel du groupe dont la prestation sur le formidable "
Power and Pain" (1985) fut plus qu'appréciable.
Or depuis la séparation de
Whiplash en 1990 beaucoup d'eau a coulé sous les ponts.
En effet différents styles sont apparus au sein de la scène
Metal comme le
Power/Groove, le Stoner, et le
Sludge dont le son des guitares est beaucoup plus grave et épais que celui des années 80.
Au sein de ces divers courants certaines formations telles que
Pantera (
Power/Groove
Metal),
Crowbar (
Sludge Metal), et
Sleep (Stoner/
Doom Metal) se sont imposées.
Même
Metallica a prit en compte l'arrivée de ces nouveaux genres musicaux, ce que l'on constatera cette même année 1996 avec son album "Load".
C'est donc dans ce contexte que les membres de
Whiplash ont composé les morceaux qui figurent sur "
Cult of One".
Si à l'écoute du premier titre "Such Is the
Will", notamment pendant les deux premières minutes certains plans peuvent rappeler
Metallica période "Ride The
Lightning" (1985), dès la troisième le groupe enchaîne sur un Heavy/Groove
Metal sur lequel plane l'ombre d'
Exhorder.
Une comparaison due au timbre de voix de Rob Gonzo proche, sur ce morceau, de celui de Kyle Thomas.
Cette tendance se confirme sur "
No One's Idol", un très bon titre à l'influence Stoner plus que perceptible.
Vous l'aurez compris le Thrash
Metal est peu présent sur ce disque, même lorsque
Whiplash accélère le tempo sur "No Fear To
Tread".
Au contraire, avec "1,000 Times" (et son entame à la
Black Sabbath) on s'enfonce davantage encore dans le registre Stoner/Heavy/Groove
Metal très en vogue à cette période.
D'ailleurs l'incorporation du chanteur Rob Gonzo n'est pas un hasard, sa voix rauque étant parfaite pour ce type de musique.
Pourtant ce dernier ne se cantonne pas uniquement à ce style de chant puisque sur le morose "
Wheel Of Misfortune", le technique "Heavenaut" (où se sont également glissés, à la fin du morceau, quelques réminiscences du deuxième album de
Metallica) ainsi que sur le très beau "
Cult of One" il use de sa voix claire ce qui donne une coloration très
Metal Alternatif à ces différents titres.
Si l'instrumental "
Lost World", avec ses étonnantes parties de guitares (accompagnées de nappes de synthétiseur), aurait pu sans difficulté figurer sur n'importe quel album de guitar-hero des années 80 il n'en est pas de même avec "Enemy" et "
Apostle Of Truth" qui, très influencés par
Pantera, nous ramènent en 1996 en clôturant ce disque de manière très énergique.
Avec "
Cult of One"
Whiplash nous offre un bon album, mais il est cependant indispensable de signaler que le style que le groupe joue dessus n'a plus rien à voir avec celui de ses débuts.
Cet album m'avait dérouté à l'époque et il me déroute encore aujourd'hui. Le groupe avait voulu se mettre à l'air du temps et on a du mal à s'y retrouver même si je ne déteste pas. Je ne l'ai plus écouté depuis des lustres et les morceaux qui sont restés positivement dans ma mémoire sont "Such Is the Wheel" et "Lost World", mais là aussi il faudrait que je retrouve le CD dans mon foutoir pour redécouvrir tout ça avec le recul ...
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