Crush

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Nom du groupe Bon Jovi
Nom de l'album Crush
Type Album
Date de parution 13 Juin 2000
Style MusicalHard FM
Membres possèdant cet album171

Tracklist

1. It's My Life 03:44
2. Say It Isn't So 03:33
3. Thank You for Loving Me 05:09
4. Two Story Town 05:11
5. Next 100 Years 06:19
6. Just Older 04:28
7. Mystery Train 05:15
8. Save the World 05:32
9. Captain Crash and the Beauty Queen from Mars 04:31
10. She's a Mystery 05:18
11. I Got the Girl 04:37
12. One Wild Night 04:18
13. I Could Make a Living Out of Loving You 04:39
Total playing time 1:02:36

Chronique @ Marty

28 Novembre 2010
Il aura fallu 5 ans d'attente après la sortie du chef d'oeuvre que constitue These Days, pour revoir débarquer sur le devant de la scène internationale la bande du New Jersey. Autant dire que l'excitation était à son comble pour les fans quelques jours avant la parution de Crush !

Autant le premier single annoncé, It's My Life, était un pur retour aux sources (talk box de Richie et refrain hyper accrocheur, du BJ par excellence), autant il détonnait par son aspect résolument moderne, tant au niveau du son que dans l'utilisation de samples et autre boucles de batterie. Premier choc donc à ce niveau.

Ensuite, le style de compo - et de textes - prenait une direction tout à fait différente de celle des travaux antérieurs : Say It Isn't So par exemple, avec son refrain puissant et mélodique, mais avec ses sonorités et son chant très pop, évoque clairement John Lennon ou les Beatles. Two Story Town, à la mélodie ultra classique et beaucoup trop passe partout, sonne comme un morceau on ne peut plus « tendance », entendez par là très radiophonique, mais parvient tout de même à être sauvé par la très forte personnalité du groupe et par quelques bonnes idées sur le plan des arrangements.

Il y a quand même des perles sur ce disque, bien qu'elles se comptent sur les doigts d'une main : Next 100 Years, un titre aux accents brit pop, aux ambiances très inspirées des Beatles, une ligne de chant très mélodique. Sauf qu’à la fin le groupe sort la grosse artillerie made in usa, le morceau décolle comme une fusée et Sambora se lâche dans un solo de gratte complètement improvisé, une sorte de déluge électrique traversé ici et là de sons en tous genre : orchestration, claviers, chœurs, trompettes, une vraie cacophonie quoi ! Au final ça reste du Bon Jovi, mais du Bon Jovi déguisé ; la touche roots, indissociable du groupe depuis les années 90, apparaît également avec le classique et entraînant Just Older. Morceau simple mais bien foutu, avec une rythmique carrée, un solo bien senti et un chant parfaitement maîtrisé.

Toujours à classer parmi les morceaux les plus réussis dans le genre on peut citer One Wild Nigth, punchy et contagieux à souhait (surtout en live où il déclenchait l'hystérie en ouverture des concerts du One Wild Night Tour) et surtout, SURTOUT, Captain Crash & the Beauty Queen From Mars, un savoureux mélange de Bowie, de T.Rex, ou encore de Beatles, le tout cuit dans la marmite BJ pour un résultat foudroyant de générosité. Le pari était risqué. Le groupe l'a osé, faisant de ce titre l'un des coups de maître de Bon Jovi dans les années 2000.

Mais le problème avec Crush, malgré quelques bons points évoqués au-dessus, c'est que la moitié du disque manque cruellement d'âme, de tripes, surtout quand on jette une oreille sur les ballades que je ne trouve pas du tout mémorables, contrairement à celles qui figuraient sur These Days et qui, elles, nous flanquaient la chair de poule. Celles de Crush sont trop lisses, voir insipides, malgré des textes intéressants et des ambiances bien travaillées, je pense notamment à Mystery Train ou Save The World. Mais sont-elles inoubliables ? Non. La démarche est honnête, le résultat désiré est obtenu, mais il n'est pas ce qu'il y a de plus plaisant pour le fan de rock, loin de là !

Il y a d'autres éléments déstabilisants dans ce Crush très spécial : c'est tous ces sons bizarres et inhérent à la musique des années 2000, que les musiciens n'avaient encore jamais exploré ensemble et qu'ils intègrent ici à caeur joie, ainsi que le côté à la fois très (trop ?) pop - limite variété ! - de la production. Production qui a au moins le mérite de brouiller les esprits et surtout les oreilles des fans de BJ.

Fraicheur, optimisme et thèmes forts sont au rendez vous, sauf que tout sonne comme du Bon Jovi... mutant. Le groupe se réinvente ici de façon flagrante, et tout ce qui suivra jusque Have a Nice Day viendra de là, pour le meilleur et pour le pire.

Dernier point : je ne comprends pas comment on peut encore qualifier BJ de groupe de Hard FM. Si BJ s'était arrêté après Slippery When Wet, en 1986, j'aurai dit "ok, on peut parler de Hard FM" même si ces 2 lettres derrière le mot hard m'insupportent. Sauf que BJ a sorti tellement de choses différentes, a intégré tellement d'éléments musicaux variés dans son oeuvre, qu'aujourd'hui, à la veille de 2011, après tout ce travail de sape qu'a fourni le groupe (travail artistique, travail de composition et d'écriture) je n'arrive pas à comprendre que l'on puisse encore lui coller cette étiquette. Une étiquette poisseuse dont le code barre s'est pourtant effacé depuis très longtemps.


5 Commentaires

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Marty - 28 Novembre 2010: Je trouve que le style Hard FM s'est figé dans le temps. Il est trop marqué par son époque, et ses représentants font aujourd'hui figure de vieilles reliques sans intérêts, ce qui ne sera jamais le cas de groupes de heavy metal tels que Metallica ou Maiden, qui sont resté extrêmement populaire. Et la musique de Bon Jovi ne s'est justement pas figée, elle, puisque le groupe a toujours progressé et expérimenté, sans resté sur ses acquis. C'est bien pour ça que tous les représentants du genre ont dégringuolé des charts et disparus de la scène musicale au début des années 90, et même avant pour certains, comme Journey justement, tandis que Bon Jovi a conquis tous les marchés du disque et s'est bâti une popularité gigantesque, ne serait-ce qu'en Europe par exemple.
Je ne méprise pas le genre, je dis juste que je suis étonné que l'on puisse écouter un titre comme Hey God ou Dry County (et tous les albums de BJ depuis New Jersey) et dire qu'il s'agit de Hard FM ou de rock FM simplement parce que BJ a été assossié à ce courant dans les années 80. Ces titres n'ont aucune vocation radiophonique, aucune tonalité FM ! Je préfère dire qu'ils ont durci et simplifié le genre. Suffit d'écouter le premier album pour se rendre compte que l'agressivité des guitares est bien plus appuyée, et que les claviers, même s'ils sont bien là, ne s'imposent à aucun moment comme l'élément essentiel des morceaux. Comme je dis souvent, si BJ est un groupe de rock FM, alors U2 est un groupe de pop FM et Greenday un groupe de punk FM.
ZazPanzer - 28 Novembre 2010: "Si BJ est un groupe de rock FM, alors U2 est un groupe de pop FM et Greenday un groupe de punk FM."Ben oui, c'est exactement ce que je pense.
Quant à des morceaux comme "Hey God", aucune vocation radiophonique ? En France peut-être, et encore... Mais aux USA, je pense que c'est un titre complètement ciblé radio. Tout en restant un excellent morceau.
Et c'est bizarre, on dirait que tu associes le fait d'avoir du succès au style joué. Pour moi, le type de musique n'a rien à voir avec le fait de rencontrer du succès ou pas. Non ?
"La musique de Bon Jovi ne s'est pas figée puisque le groupe a toujours progressé et expérimenté, sans rester sur ses acquis" : D'accord avec toi sur ce point. Tout en gardant son identité, la musique a évolué.
Marty - 28 Novembre 2010: Je dis que le hard FM est un genre caduque, et que ses représentants qui n'ont pas été capable de transcender ce genre on vu leur musique péricliter.
Sinon, je maintiens pour Hey God : une chanson de 6 minutes dépasse les limites qu'impose la radio. Ce titre n'a pas la conception d'un "tube", si tu vois ce que je veux dire. Après évidemment, on peut le découper et en faire un single de 4 minutes, ce qui a été fait d'ailleurs. Mais personne n'est surpris de savoir que These Days, l'album, n'a pas été un succès aux us...
Vladax - 28 Novembre 2010: Ben si quand même, si tu fais de la pop ou de l'indé, t'es plus sûr de rencontrer du succès que si tu fais dans le metal aujourd'hui par exemple. Le Hard FM et la pop étaient les genres avec lesquels t'avais les plus grandes chances de trouver un succès aux E.U. dans les années 80.

Par contre j'aurais un avis un peu plus négatif sur l'album. Pour moi on a que 4 morceaux qui valent la peine : It's My Life, Thank You For Loving Me, Next 100 Years et One Wild Night.

Je trouve le reste trop classique. Des morceaux comme Say It Isn't So ou encore Captain Crash sont sympa à écouter mais ne procure pas d'émotion, d'impressions véritables. Je les vois juste comme des enchainements de notes, de chants sans âme.

Et a part pour Thank You, je suis complètement d'accord pour les ballades : insipides et plates.
Merci pour la chronique quoi qu'il en soit :)
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