Colour Temple

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Nom du groupe Vanden Plas
Nom de l'album Colour Temple
Type Album
Date de parution Avril 1994
Labels Self-Produced
Style MusicalMetal Progressif
Membres possèdant cet album104

Tracklist

Re-Issue in 1994 by Limb Music Productions.
Re-Issue in 1995 by Dream Circle Records.
Re-Issue in 2002 by InsideOut Music with "Accult" (Double CD).
1. Father 05:40
2. Push 04:19
3. When the Wind Blows 07:12
4. My Crying 05:28
5. Soul Survives 09:08
6. Anytime 07:07
7. Judas 06:04
8. Back to Me 05:33
9. How Many Tears 08:14
Bonustracks (French & Japanese Releases)
10. Fire
11. Days of Thunder
Total playing time 58:45

Chronique @ LoupBleu

18 Janvier 2009
Colour Temple est le premier album des allemands Vanden Plas. Sorti d'abord en avril 1994 en autoproduit (avec une couverture d'un violet... disons discutable) puis en Allemagne sous le label LMP (fin 1994), c'est en juin 1995 que ce premier opus sort en Europe sous le label Dream Circle Records.

Une édition limitée (comprenant en bonus tracks les singles "Fire" et "Days of Thunder" précédemment parus en autoproduit ou en démo) vient récompenser le public français, fidèle au groupe bien avant la parution de cet album. Cette édition française sort simultanément à l'édition européenne, ce qui est rare pour un premier album et souligne encore l'attachement du groupe à ce public (rappelons par ailleurs que le seul album live du groupe à ce jour a été réalisé à l'Elysée Montmartre, oui, M'ssieurs Dames !).

Ajoutons que la même version du CD (avec les mêmes bonus) sera proposée au Japon en octobre de la même année et qu'un re-release a été édité en janvier 2002, sur lequel "Fire" a bizarrement été supprimé mais dont la perte est largement compensé par rien de moins qu'un Bonus CD, réédition de l'album acoustique AcCult paru en avril 1996 en France et en octobre de la même année en Allemagne et dont je me ferai un plaisir de parler dans une autre chronique !

Maintenant, soyons clairs. On ne peut pas adhérer à la musique de Vanden Plas sans aimer d'abord le Métal Prog et tous ses attributs : complexité des compositions, technicité des musiciens, titres longs... Enfin, si, on peut adhérer, peut-être, parce que VP n'est sans doute pas aussi extrême dans le prog que peuvent l'être d'autres groupes et que les refrains sont souvent accrocheurs, un poil racoleurs pour certains. Mais on sent chez VP, avant tout, l'envie de monter des compos où chaque musicien pourra s'exprimer tout en restant accessibles au plus grand nombre. Et les bougres ont des choses à dire !

Cet album, pour un premier, contient tout ce qui caractérise justement Vanden Plas et qu'ils n'ont jamais abandonné depuis : aucune note qui ne soit au service de la chanson, pas de problème d'ego, pas de couverture tirée à soi. Pensez donc que le line-up de VP n'a jamais bougé depuis cet album ! Pas commun, dans ce milieu...

Je n'aime pas faire la revue de détail, titre par titre. Sauf s'il faut signaler une ou plusieurs faiblesses et je n'en vois aucune ici. Peut-être "Days of Thunder" et son côté Chochotte Metal, mais c'est un bonus track et c'est à l'origine une Demo Tape parue en 1991. Il faudrait être de bien mauvaise foi pour leur reprocher d'avoir cherché un chemin plus rapide vers la Gloire. Comme disait un poète disparu, it's a long way to the top if you wanna rock'n'roll...

Pour le reste, c'est du tout bon.

L'intro de l'album pose d'emblée la carte Culture du groupe avec un arrangement classique contemporain du "Sacre du Printemps" d'Igor Stravinski où interviennent une clarinette basse et des cordes avant l'arrivée rageuse de celles de Stephan Lill, guitariste virtuose du combo.

"Father" est une composition de celui-ci et le texte est, comme pour l'ensemble des chansons de l'album, d'Andy Kuntz (le chanteur, au cas où vous découvririez VP). Pour Andy, "Father" est la prière moderne d'un athéïste. Cette chanson a longtemps été l'ouverture des concerts du groupe.

"Push", commente Andy dans le booklet de la réédition, est une des chansons les plus dures du disque. Son thème : contre tous les nivellements, suis ta propre inspiration. En gros, n'accepte pas les solutions toutes faites...

Les deux chansons suivantes sont des classiques du groupe, catégorie poids lourds : "When the Wind Blows" et "My Crying". Il n'y a rien à dire, juste monter le son, très fort, attendre que le voisin vienne gueuler et baisser d'un cran -juste un- pour dire qu'on est conciliant. Si vous n'êtes pas conquis avec ces deux titres, j'ai peur que vous soyiez hermétique à VP. Ca arrive, paraît-il...

"Soul Survives" est une compo de Günter Werno, claviériste de VP. Ne vous laissez pas avoir par l'intro au piano. Dans d'autres groupes, vous auriez droit ici à une ballade sirupeuse, dégoulinante de mièvrerie à destination d'adolescentes au coeur brisé et d'adolescents testostéronés grave de la mort qui tue. Pas de ça, Louison, ne vous faites pas avoir, vous dis-je ! Remontez le cran de la chaîne que vous avez baissé pour faire plaisir à votre voisin précédemment, ça vous évitera de l'entendre sonner... Les 9'05 de ce titre sont un pur régal d'intelligence musicale, ça joue de partout, chaque couche fait monter la sauce un peu plus, pas un maillon faible, tout le monde a enlevé les moufles, ça joue, ça joue.

"Anytime" est la ballade, genre "emballez-moi ça, c'est pour consommer plus tard". Vous avez déjà remarqué que sur les disques de Métal (quasi toutes tendances confondues, sauf celles où ne règnent que des mâles odorants aux pratiques brutales et extrêmes), la ballade arrive généralement en plage 6 ? Parfois, 5. Sans doute un concept marketing à la con, style "il faut créer une respiration dans le déroulement de disque, coco, calmer la clientèle, rassurer le patient..." ! M'enfin, ici, encore une fois, on affaire à Vanden Plas, pas à un célèbre groupe de Hanovre, si vous voyez de qui je veux parler, qui nous l'auraient engluée dans le pâté, roulée dans la farine et cuite au feu de bois, le tout dans une jolie boite en carton avec le solo de guitare dans un petit sachet à part pour celles et ceux qui n'aiment pas çà ou qui n'ont pas le temps de se laver les crocs après. Là, c'est une jolie ballade et s'il vous reste un cran sur le potard de la chaîne, n'hésitez pas, invitez la voisine, ça vous fera une autre bonne raison d'être fâché avec le type qui est en train de taper contre votre mur !

"Judas", justement, fait un peu penser à "Hurricane" de ce fameux combo qui fût jadis tellement inspiré. Attention, j'ai bien dit "un peu", on est très loin du plagiat. L'idée de la chanson ? L'éternelle dualité en chacun de nous, Jekyll et Hyde, tout ça...

"Back to Me" est un titre qui a été écrit bien avant l'album, comme "Push". Il n'y a pas grand chose à en dire, rien de mal en tous cas. Peut-être pas le morceau indispensable du disque...

Et on termine par "How Many Tears", standard du groupe que les fans français connaissent notamment pour cette version sur Spirit of Live où Andy reprend une partie du "Ne me quitte pas" de Jacques Brel. De toutes façons, si vous êtes parvenus jusqu'à ce morceau de l'album et ce paragraphe de cette chronique interminable, je n'ai pas besoin d'en dire plus, vous faites sûrement partie -comme moi- des inconditionnels de ces talentueux germains à qui on peut seulement reprocher de ne pas beaucoup sortir de chez eux, ces derniers temps...

Mes amitiés à votre voisin.

6 Commentaires

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shy62 - 18 Janvier 2009: Dommage de ne pas les avoir en tourner en france
..Excellente analyse en tous cas ..!
dark_omens - 22 Janvier 2009: Je suis un peu intrigué de ce côté Prog Metal dont tout le monde parle concernant VP, je trouve que ce premier album est, au contraire, bien loin de l'esprit prog. Les titres y sont directs et construit sans vraiment de réelle complexité, éléments inhérents à ce style. Apparu en même temps qu'Angra on désignait volontiers ces deux groupes comme du Prog-Metal, alors que pour ces deux groupes c'est une classification qui sera d'autant plus vrai, mais seulement à partir du deuxième album. Et pour avoir vu VP, Angra, et Eldritch sur la même scène à l'époque, je peux te garantir que ces groupes n'avait de prog qu'une lointaine appartenance bien flou. M'enfin bon...les étiquettes ont la vie dure...je ferais peut-être un jour une chronique pour sortir ce premier VP de son ghetto Prog Metal...



En attendant bravo à toi, tâche juste d'éviter le titre par titre répétitifs que les chroniqueurs sont invités à éviter. Il s'agit bien plus de titiller l'imaginaire du lecteur que de lui offrir tout sur un plateau.



Merci à toi.

edit: tu serais gentil de mettre une note à ce disque en te servant de l'outil de som prévu à cet effet.
ZazPanzer - 08 Septembre 2011: Chronique sympathique et tout à fait juste. Je suis d'accord avec Dark-o pour dire que ce disque n'a rien de prog, c'est bien du Heavy pur jus et c'est pour ça d'ailleurs que j'aime ce disque alors que les suivants me saoulent. Par contre j'avais les deux premiers Eldritch, et ça me paraissait prog à l'époque... Peux pas dire, je les ai oubliés maintenant ...
dark_omens - 24 Juillet 2013: Je confirme que les premiers Eldritch sont très Prog. J'ai commis une erreur en rédigeant ma phrase. J'ai bien vu Angra, Vanden Plas et Eldritch sur scène mais les deux premiers groupes n'avaient effectivement rien de Prog sur scène à contrario du troisième...

Sinon, pareil que Zaz. J'adore ce premier disque (ainsi que l'EP qui le précède) et je trouve la suite vraiment ennuyeuse (le Prog trop Prog me fatigue). J'ai abandonné après Far Off Grace...
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Chronique @ dark_omens

25 Juillet 2013

Ce premier pas est une œuvre atypique dans la carrière de Vanden Plas...

Considéré comme un des groupes artistiquement majeur dans son genre, Vanden Plas est aujourd’hui enfermé dans les méandres abscons d’une musique progressive, aux constructions recherchées et parfois complexes. Un art qui requièrent assurément un effort consitis de la part de son auditoire le moins agueris et qui nécessitera du temps afin de pouvoir pleinement s’immerger dans ce propos. Incontestablement ces allemands s’emploient donc à défendre une destiné ambitieuse où chaque œuvre s’inscrit dans une démarche subtile et raffinée, mais pas nécessairement simple. Il fut pourtant une époque, bénie selon moi, ou le groupe sut mettre en exergue de cette mouvance alambiquée et technique, sa face la plus simplement Metal, laissant son visage le plus progressif n’être rien d’autre qu’une cicatrice, certes, forte mais uniquement inspiratrice.

En ces heures immémoriales, où naquit, aussi, d’autres espoirs préservés par les talents prometteurs de groupe aussi adroit qu’Angra ou Eldritch, il fut communément acquis de regrouper ces diverses formations sous l’estampille maladroite de "Prog Metal". Pourtant si les influences apparaissent comme indéniables, avec notamment ces aspirations aux métissages ou cette présence prépondérante des claviers ou aussi la technicité impressionnante de musiciens habiles, l’appartenance, au sens le plus strict, de certains de ces groupes à cette scène, demeure, selon moi, discutable. A ce moment là du moins. Et en effet sans la complexité inhérente au genre consistant à composer des morceaux abstrus, longs et dédaléens, sera peut-être une notion importante mais pas nécessairement structurellement symptomatique dans les œuvres de ces groupes là. Le souffle prog qui balayent admirablement le travail d’Angra ou de Vanden Plas est, en effet, selon moi, d’une importance capitale mais ne suffit pas à les catégoriser définitivement dans ces mouvances. Du moins, une fois encore, pas à ce moment là.

Quoi qu’il en soit démarrant plaisamment dans la volupté d’un arrangement de musique classique nous évoquant, dans une certaine mesure, le Sacre du Printemps d’ Igor Stravinski, l’excellent premier titre, Father, entreprends de nous offrir cette confrontation savoureuse née de ce premier riff de guitare venant, après ce préambule délicieux, superbement se fracasser contre cette douceur infinie. Dans un esprit Heavy très prononcé les allemands s’ingénient à construire une œuvre accessible, où l’aisance immédiate de titres évident est incontestablement réussie. Indéniablement Heavy, indéniablement communicatif, l’ensemble de ces morceaux savent aussi se faire plus subtile. Ainsi en dehors, par exemple, d’un Father, du féroce Judas ou d’un Push admirablement énergique, l’atmosphère plus délicate de certaines introductions, ou de certains breaks, tels que sur le superbe When the Wind Blows ou sur le magnifique Soul Survives définisse admirablement le discernement avec lequel Vanden Plas est capable de composer des nuances séduisantes.

Au chapitre des ballades Anytime apparait comme quasiment dispensable, et ce d’autant plus que l’exceptionnel How Many Tears, autre romance plus remuante, vient nous subjuguer, laissant nos esprits submergés par une multitude d’émotions colorés poignantes, et notamment grâce à cette introduction.

Ce premier pas est donc une œuvre atypique dans la carrière de Vanden Plas. Elle propose les plaisirs d’une musique simple et directe, agrémentée d’influences diverses et variées, dans laquelle pourtant on sent un dessein, subtile, d’éclectisme latent. Nul doute que bientôt ces Allemands iront explorer d’autres contrées bien plus obscures que celles de ce Heavy au léger parfum progressif. En attendant ce Colour Temple demeure captivant. Injustement méconnu, mais captivant.

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