Far Off Grace

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Nom du groupe Vanden Plas
Nom de l'album Far Off Grace
Type Album
Date de parution 28 Octobre 1999
Style MusicalMetal Progressif
Membres possèdant cet album121

Tracklist

1. I Can See
2. Far Off Grace
3. Into the Sun
4. Where's the Man
5. Inside of Your Head
6. Don't Miss You
7. Iodic Rain
8. Fields of Hope
9. I'm with You
Bonustrack
10. Kiss of Death (Dokken Cover)

Chronique @ vincesnake

17 Mars 2019

Far Off Grace satisfera ceux qui sont à la recherche d’un Metal tout aussi puissant que mélodique.

Il n’est pas rare d’observer un parallèle entre l’ascension d’un groupe et sa maison de disque. On peut constater que la période 1995 / 1999 a été particulièrement riche pour Vanden Plas et par extension pour son écurie CNR music (rebaptisée NTS « Nothing To Say » en 1999). Saluons l’investissement de son ambassadeur Olivier Garnier qui n’était pas étranger à la soudaine montée en puissance des formations peuplant son catalogue. En effet, impossible à l’époque de ne pas entendre parler de ces sorties qui étaient particulièrement médiatisées. A coup de campagnes promotionnelles intensives (magazines, radios et autres flyer) dans les médias jusque dans les salles de concerts, cette génération avait complètement envahie l’hexagone ! D’autant plus que les œuvres qui allaient devenir référentielles ne manquaient pas. Les premières qui me viennent à l’esprit sont : Holy Land (1996) le vibrant hommage d’Angra à leur pays natal, The Divine Wings of Tragedy (1997) de Symphony X qui a mis un sacré coup de jeune au concept «Néoclassique » et Symphony of Enchanted Land (1998) de Rhapsody (Of Fire) qui poussaient encore plus loin la dimension cinématographique dans le Metal. Ce n’est pas pour rien qu’une relation particulière s’est établie pour certains avec la France et cela est d’autant plus le cas chez Vanden Plas.

Pour la petite histoire, Vanden Plas s’est formé en 1986 sous l’impulsion des frères Stephan et Andreas Lill (Guitare et Batterie) et d’Andy Kuntz (Chant) suivis par Gunter Werno (Claviers) et Torsten Reichert (Basse). D’abord appelé Exodus, le groupe changea rapidement pour son patronyme actuel en référence à un constructeur Néerlandais d’automobiles. Le groupe pris son temps pour composer ses premières démos et eut même la responsabilité d’écrire en 91 l’hymne du club de football Kaiserslautern (Keep On Running) dont un des joueurs, l’international Stephan Kuntz, n’est autre que le cousin du chanteur (et fervent supporter) Andy Kuntz. En plus du chant, ce dernier est également acteur et eut tout le loisir d’entrainer les autres dans des adaptations de leur musique au théâtre pour des représentations avec orchestre.

En 95, le groupe s’est distingué avec la sortie de son premier album : Colour Temple. Ce premier essai (sorti originellement un an plus tôt en autoproduction) trouva son public de par ses compositions solides plaçant directement le groupe parmi les grands espoirs de la scène Métal Prog. Pour promouvoir ce disque, le groupe eu l’occasion de passer par la France sur 2 dates à Paris et Lyon. Très prolifiques, les Vanden Plas ont dégainés un an après avec Accult, un EP constitué de reprises et d’arrangements acoustiques de quelques-unes de leurs chansons. Un bon apéritif avant le second album The God Thing qui enfonçait le clou en 97 par son aspect plus sombre, la finesse de ses arrangements et une identité nettement plus affirmée (ce visuel !). Notons qu’une édition est sortie comprenant une version spéciale « bleu, blanc, rouge » du morceau How Many Tears (Combien de larmes). Un beau cadeau pour les fans en guise de remerciement pour leur soutien sans failles depuis les débuts.

Je ne vous apprendrais rien si je vous dis que Far Off Grace s’inscrit dans le prolongement de The God Thing ; à un détail près : La production. Pour la mise en boite de leur troisième album, le groupe s’est arrêté au studio House of Audio situé aux fins fonds de la campagne Allemande. Le cadre idéal pour travailler dans les meilleures conditions sachant qu’ils ont produit eux même le disque avec l’aide de Dennis Ward (Bassiste de Pink Cream 69 et également producteur) à qui la section rythmique doit beaucoup. Sur ce point, Andy Kuntz confiait : « Sur The God Thing nous n’étions pas totalement satisfaits par le son de Batterie et même (…) par celui de la Basse. Pour ça, nous avons expliqué ce que nous recherchions à Dennis, bien avant de commencer l’enregistrement ». (Dans le Hard N’ Heavy N° 51).

Au sujet des musiciens, il me semble utile de préciser que c’est la même équipe que pour les précédents disques qui s’est attelée à la composition (et chose rare, ils sont toujours là 20 ans après !) ce qui renforce la continuité qui se ressent tout au long de leur brillante carrière. Si je devais décrire en un seul mot leur contribution je dirais « versatilité » tant ils excellent dans tous les domaines. Je dois avouer que j’ai toujours adoré le jeu de Stephan Lill pour sa capacité à composer des riffs d’une classe et d’une puissance inouïe. D’ailleurs, son jeu évolue tout autant dans un registre Heavy que dans des motifs plus subtils. Il alterne avec aisance les rythmes endiablés et autres progressions d’accords inventives tout comme les superbes arpèges qu’il compose. Signalons aussi son extraordinaire dextérité dans les solos très fluides qui ne tombent jamais dans le démonstratif. Atout majeur dans le son du groupe, le claviériste Gunter Werno délivre une partition très riche alternant des mélodies au piano légèrement néoclassiques, des nappes de synthé jouant sur les atmosphères qu’elles soient sombres ou au contraire lumineuses jusqu’à l’incontournable touche grandiose et symphonique. A l’image de ses collègues, le chanteur Andy Kuntz exprime différentes émotions au gré de morceaux grâce à son chant parfois tout en retenue et souvent vif et haut perché avec tout le sens de la théâtralité qui le caractérise. Sans en faire des tonnes, la basse de Torsten Reichert est bien mise en valeur et joue sur les reliefs en habillant les morceaux d’un épais velours. La Batterie d’Andreas Lill apporte son concours en offrant une assise rythmique solide lors de ses interventions à la fois sèches et lourdes avec ce qu’il faut de nervosité pour dynamiser les morceaux.

Sur 9 titres (+ la reprise de Dokken « Kiss Of Death » sur certaines version) Far Off Grace offre de quoi satisfaire les plus exigeants. Si d’aucuns connaissent déjà le groupe, ils savent de quoi je parle mais je m’évertue à dire que Vanden Plas est un des groupes les plus puissants du Metal Progressif (les riffs incisifs de I Can See et de Iodic Rain saurons rapidement vous convaincre !). Carrée, efficace mais aussi pleine de variations et de mélodies, la musique de Far Of Grace nous fait voyager dans les contrées les plus lointaines (les touches orientales de Field Of Hope et d’Into The Sun). Méfiez-vous des moments de plénitude car ils peuvent cacher les passages les plus féroces (Far Off Grace, Inside of Your Head). Comme tout bon groupe de Metal Progressif, les duels entre guitare et clavier sont également de la partie (Inside of Your Head sûrement un de mes titres favori). Si la guitare se fait parfois discrète, c’est pour mieux laisser les autres s’exprimer avant de revenir pour un final gigantesque (I’m In You). Vers la fin, une émouvante ballade piano / voix apporte un supplément d’âme intéressant (I Don’t Miss You et cette grande sensibilité vocale).

Comme vous l’imaginez, la tournée fut un succès et un Live enregistré à l’Elisée Montmartre eut les honneurs d’une sortie CD (Spirit of Live en 2000). Loyaux, les membres de Vanden Plas n’ont jamais oubliés les Français pour l’accueil qui leur a été réservé. Malheureusement, leur côte de popularité s’est effondrée dès Beyond Daylight en 2002 malgré d’indéniables qualités. Cette baisse d’intérêt qui sévira jusqu’à nos jours en dépit du démarrage excellent de Christ’O en 2006, est à mon sens causée principalement par la chute des ventes de disque et l’avènement de nouveaux styles dans le Metal. Aujourd’hui, Vanden Plas se consacre davantage aux transpositions de ses concepts au théâtre pour des représentations centrées essentiellement sur l’Allemagne, ces spectacles étant trop coûteux à exporter. Toujours est-il que le groupe n’a rien perdu de sa motivation et continue de sortir des albums généralement bien reçus par la critique.

Pour finir, je pense que Far Off Grace satisfera ceux qui sont à la recherche d’un Metal tout aussi puissant que mélodique. Pour les plus jeunes et ceux qui seraient passés à côté n’hésitez pas, surtout si vous privilégiez l’émotion à la démonstration et êtes amateurs de morceaux très élaborés. En outre, si vous appréciez quand la technique est utilisée au service de l’efficacité, ce groupe va vous combler. Maintenant vous savez ce qu’il vous reste à faire et allez écouter des extraits sur le net. Quant à moi, j’ai juste une dernière chose à dire : « Merci messieurs, nous non plus on ne vous a pas oubliés !».

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