Childhood's End

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15/20
Nom du groupe Ulver
Nom de l'album Childhood's End
Type Album
Date de parution 26 Mai 2012
Labels KScope
Style MusicalDark Ambient
Membres possèdant cet album49

Tracklist

1.
 Bracelets of Fingers (The Pretty Things Cover)
Ecouter04:12
2.
 Everybody's Been Burned (The Byrds Cover)
Ecouter03:25
3.
 The Trap (Bonniwell’s Music Machine Cover)
Ecouter02:33
4.
 In the Past (The Chocolate Watchband Cover)
Ecouter02:54
5.
 Today (Jefferson Airplane Cover)
Ecouter03:20
6.
 Can You Travel in the Dark Alone? (Gandalf Cover)
Ecouter04:02
7.
 I Had Too Much to Dream (Last Night) (The Electric Prunes Cover)
Ecouter02:54
8.
 Street Song (13th Floor Elevators Cover)
Ecouter05:14
9.
 66-5-4-3-2-1 (The Troggs Cover)
Ecouter03:23
10.
 Dark Is the Bark (The Left Banke Cover)
Ecouter04:03
11.
 Magic Hollow (The Beau Brummels Cover)
Ecouter03:15
12.
 Soon There Will Be Thunder (Common People Cover)
Ecouter02:27
13.
 Velvet Sunsets (Music Emporium Cover)
Ecouter02:44
14.
 Lament of the Astral Cowboy (Curt Boettcher Cover)
Ecouter02:14
15.
 I Can See the Light (Les Fleur de Lys Cover)
Ecouter03:14
16.
 Where Is Yesterday (The United States of America Cover)
Ecouter03:58

Durée totale : 53:52

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Ulver



Chronique @ devil_reject

05 Juin 2012

Ulver surprendra toujours.

Ulver surprendra toujours.

C'est avec émotion que j'ai découvert il y a plusieurs mois que la formation norvégienne préparait un nouvel album. Si vite après l'immense Wars of the Roses ? Et pour cause, Childhood's End est un album de reprises. Et pas n'importe lesquelles. On savait les membres d'Ulver éclectiques et mélomanes au dernier degré, voilà qu'ils nous le confirment avec cette nouvelle offrande : 16 titres issus de groupes rock-psyché anglophones ayant sévi dans la deuxième moitié des sixties.

Un projet excitant qui trouve son aboutissement entre mes doigts frêles. Tout d'abord, parlons un peu de l'artwork et du packaging, deux anglicismes auxquels le groupe a toujours apporté grand soin. N'ayant pas de platine vinyles, je ne peux juger de l'édition en question. Mais au vu de leurs précédentes réalisations dans le domaine, soyez assurés qu'ils n'ont pas fait les choses à moitié. Pour les acquéreurs de l'édition cd, vous aurez le droit à un digibook aussi soigné que pour le précédent album. On apprécie. Le tout en noir et or, c'est si beau. Alors oui, certains ont crié au scandale en voyant la photo qui orne la couverture, version alternative de celle de nos livres d'Histoire présentant des enfants dénudés et brûlés par le napalm lors de la guerre du Vietnam, suivis de près par des militaires que leur sort semble vaguement amuser. A mettre naturellement en rapport avec le titre et la période historique durant laquelle les groupes étaient en exercice. Chacun gambergera sur la profonde signification de l'ensemble. Ou pas, place à la musique.

Sachez tout d'abord que l'album a été enregistré en deux sessions, l'une en 2008 et l'autre en 2011 (deux batteurs différents), puis arrangé et mixé jusqu'à l'hiver dernier (c'est-à-dire 2012, des fois que cette chronique soit lue dans cent ans). Je ne crois pas qu'un album d'Ulver ait jamais bénéficié d'une production aussi claire et travaillée. Du moins, ils donnent l'impression d'avoir apporté un soin tout particulier à restituer la complexité et la clarté des enregistrements de l'époque, notamment en terme de spatialisation, tout en bénéficiant des avancées techniques contemporaines. Autant dire que c'est un délice pour nos oreilles et que l'on pourra se focaliser sur l'instrument de notre choix ou goûter l'harmonie de l'ensemble tout à la fois.
De même, les effets apposés à chaque instrument ainsi qu'à la voix de Garm nous plongent sans effort dans l'âge d'or de la musique psychédélique américaine en même temps qu'ils donnent une cohérence incroyable à l'album. Ce dont on pouvait douter, mais pas avec Ulver.

Les titres s'enchaînent avec une singulière fluidité, passant du calme planant d'un Everybody's been burned au rythme endiablé de I had too much to dream (last night) avec une aisance désarmante. Faut-il évoquer la voix enchanteresse de Kristoffer Rygg ? Il compte parmi les chanteurs les plus doués qu'il m'ait été donné d'entendre, et il parvient encore une fois à me surprendre autant qu'à m'ébahir par sa simplicité. Car oui, on aurait pu craindre raisonnablement que tout cela ne soit qu'une démonstration de maestria un peu agaçante. Mais pas une seule fois je n'ai eu le sentiment qu'ils cherchaient à étaler leur talent indéniable dans un exercice de style vain et longuet. C'est aussi ça le génie. Les 54 min que compte l'album se déroulent sans qu'on ait vu le temps passer, avec une furieuse envie d'y revenir très vite.

Et les groupes en question, alors ? Eh bien je vous avouerai que ma culture dans le domaine était plutôt limitée jusqu'alors, et c'est aussi ce qui fait l'intérêt de ce Childhood's End. J'étais très familier de Jefferson Airplane et un peu moins de The Byrds, mais les autres m'étaient tous inconnus. A ce sujet, un lien vers l'ensemble des morceaux originaux est disponible sur la page Facebook de Garm, preuve supplémentaire de l'honnêteté intellectuelle du groupe s'il en fallait.

Je dois avouer que personnellement, alors même que je révérais déjà Today (Jefferson Airplane), si l'ensemble est intéressant, mon cœur ne balance pas une seconde et ma préférence va généralement à la reprise des norvégiens. Avec une réserve naturellement, chaque morceau est extrait du contexte de son album...

Toutefois c'est un véritable tour de force qu'Ulver réalise avec Childhood's End. Ils ouvrent des perspectives à leurs auditeurs en même temps qu'ils les rassurent sur leur capacité à se renouveler perpétuellement. Outre le plaisir monstre qu'on éprouve avec ces 16 morceaux qui ne sont pas prêts de quitter nos platines, ils augurent du meilleur pour l'avenir de l'une des formations majeures de la musique contemporaine.

Reste à les éjecter une bonne fois pour toutes du rayon metal de nos disquaires.

Bonne écoute à vous tous !

13 Commentaires

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devil_reject - 06 Juin 2012: Sur les deux compilations, c'est-à-dire 8 disques comptant près de 30 titres chacun, on retrouve environ la moitié des groupes repris chantant généralement d'autres titres.

Disons que je ne pense pas que ce soit leur motivation première, mais plutôt celle de se faire plaisir, de rendre un hommage à des artistes qu'ils apprécient énormément (ce qui donne une idée de leur ouverture), et de faire possiblement découvrir à leur auditoire tout un pan de la musique anglo-saxonne qui a influencé nombre de groupes qu'on écoute aujourd'hui.

Par contre effectivement, les deux volumes Nuggets sont un investissement capital pour les mélomanes que nous sommes ! ^^
devil_reject - 08 Juin 2012: Indispensable à qui, à quoi ? Rien n'est indispensable. Mais tu veux dire qu'il est regrettable qu'un bon groupe fasse un album de reprises, si soigné soit leur travail ?

Je ne sais pas bien quoi répondre en fait... non pas que je le doive, d'ailleurs. C'est juste un commentaire un peu bizarre. ^^
Krokodebil - 09 Juin 2012: Sur la premiere compil nuggets en tous cas, ce sont bien les morceaux là qui sont repris (en tous cas pour les groupes que je citais). Mais ça ne me pose aucun problème, je suis juste curieux. En plus je dois faire une recension du disque pour un webzine ^^
St_Camber - 22 Avril 2013: Heureusement que tous les goûts sont dans la nature. Parce que je le trouve loin d'être insipide. Moins accessibles que les titres originaux, mais non moins dénués de passion. Un album, très doux et très travaillé. Moins complexe que 'Blood Inside' ou 'War of Roses', certes, mais bien dense tout de même.
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