Il est parfois difficile de succéder à un chef d’œuvre, c’est pourtant ce à quoi se sont attelés
Lord Byron et ses sbires. Après le phénoménal : Starfire
Burning..., il paraissait difficile voire mission impossible à
Bal Sagoth de faire mieux, et comme on pouvait le craindre l'impossible ne s'est pas produit.
Ce troisième album a lui aussi été enregistré chez eux dans le Yorkshire à l’Academy Studio et le résultat est irréprochable, peut-être un peu trop car les parties rappeuses qui faisaient l’immense charme guerrier de Starfire
Burning sont un peu atténuées ici, donnant un impression un peu trop propre incompatible avec le concept de batailles.
L'introduction de ce
Battle Magic (1998) ressemble d'ailleurs étrangement à celle de Starfire
Burning... avant la première envolée : Naked Steel, un titre de bonne facture mais sur lequel on a un peu de mal à retrouver la bravoure, l'inspiration et le souffle épique à la
Conan le Barbare de l'opus précédent.
A Tale From The Deep Woods confirme cette impression :
Bal Sagoth a pondu ici des compositions honnêtes mais manquant d'un tout petit plus au niveau de la sincérité.
Certes ils reprennent ici les recettes qui ont fait leur succès sur l'album précédent, c'est à dire : paroles heroïc - fantasy, parties symphoniques et narrées, morceaux épiques et guerriers, mais il y a comme un goût de déjà-vu dans cet album.
Heureusement le visuel est toujours très soigné et les textes toujours très recherchés, on notera d'ailleurs la suite du morceau The Splendour Of A Thousand
Swords... présent sur Starfire.
D'ailleurs c'est tout de même loin d'être un album mauvais, certains titres sont très efficaces comme Naked Steel, ou le théâtral
Blood Slakes The
Sand At The
Circus Maximus sur lequel il vous suffira de fermer les yeux pour être immédiatement transporté au cœur de l’arène avec Spartacus ou Maximus, preuve supplémentaire que les anglais excellent dans l'art de raconter des histoires. Byron (chant / paroles) affirme d'ailleurs que son souhait le plus cher serait de composer de la musique de film (mais on en n'est pas là).
On ajoutera que le son a gagné en clarté et tout sonne bien plus distinctement que sur Starfire mais est-ce bien un atout ? Hélas non car on perd ici une bonne partie de l'ambiance "war symphony" qui régnait sur le précédent (un modèle du genre vous dis-je !).
Malgré le talent intrinsèque de
Bal Sagoth sur ce
Battle Magic, quand vous écouterez des titres comme When Rides The Scion Of Storms ou
Return To The Praesidium Of Ys, vous aurez quand même un peu l'impression d'entendre des faces B de l'album précédent. Entendons nous bien / les chansons sont bien construites et l’auditeur découvrant ce groupe appréciera sans problème. Seulement une part de magie s’est envolée ici et l’effet de surprise ne joue plus.
Il faut tout de même relativiser car cet album est plutôt bon et mérite son 14/20 au final, seulement il souffre un peu de la comparaison avec le précédent : la comparaison est impitoyable.
Battle Magic est une nouvelle aventure du groupe, moins épique que son prédécesseur mais de qualité tout de même, permettant d'installer
Bal Sagoth dans la durée parmi les groupes uniques en leur genre
BG
Atlantis ascendant est le pire produit des anglais mais sur The Chtonic chronicles ils avaient brillamment redressé la barre.
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