A l'heure où la carrière de
Live prend un tournant de moins en moins grunge, et où les meilleurs albums font malheureusement déjà partis du passé, le quatuor se dirige alors vers un style plus expérimental, en sortant depuis "V" - des méfaits, certes moins denses, mais bien plus étonnants. Même si le "Birds of Pray" pouvait faire reculer plus d'un fan de grunge à cause de son enrobage de power-pop lumineux et de ses structures parfois assez lisses, les performances vocales de
Ed Kowalczyk avaient su prouver une nouvelle fois, qu'elles pouvaient en étonner plus d'un (cf. "Like I Do" et "She").
2001-2003 : la période expérimentale, qui d'une certaine façon, reste boudé par le groupe si l'on en croit le nombre très réduit de morceaux issus des albums "V" et "Birds of Pray" ("
Overcome" et "Nobody Knows" pour "V" et "
Heaven" pour "Birds of Pray"). Mais peut-être bien qu'elles n'étaient pas à la hauteur de figurer dans ce premier best-of, qui sait ? On a donc préféré, par exemple, détruire la version originale de "Run Away" pour la transformer en une pop réductrice en collaboration avec une illustre inconnue nommée Shelby Lynne, plutôt que d'y insérer des titres plus intéressants comme des B-Sides d'albums plus anciens ("Deeper" de "The Distance to Here" aurait parfaitement su trouver sa place).
Quoi qu'il en soit, cette compilation suit un ordre chronologique bien établi, qui permet à l'auditeur, et de trouver ses repères dans la discographie de
Live, ainsi que de suivre son évolution depuis "
Mental Jewelry". Ainsi, la première partie constituée des hits s'étendant de 1991 à 1995, se voit la plus intense et mélancolique. Certains parleront de nostalgie, mais il faut bien le reconnaître,
Ed Kowalczyk n'a jamais aussi bien chanté que sur "
Pain Lies on
The Riverside" ou encore "Operation
Spirit (The
Tyranny of Tradition)" respirant comme une forme de liberté, associé aux rîtes anciens et au pouvoir d'expression que l'on connaît généralement au grunge.
Quant aux autres inédits présents, si le morceau "We Deal in Dreams" - seul single de ce best-of, fait plutôt mouche au milieu des grandes pièces que sont "Lakini's Juice" ou "
Lightning Crashes" - la cover de Johnny Cash, "I Walk the Line" (enregistrée pour la compilation "Good Rockin' Tonight - The
Legacy of Sun Records" de 2001) se révèle être un brillant hommage pour cette star de la country et du rock'n'roll, éteinte une année avant la sortie de ce "
Awake: The Best of
Live". L'arrivée des claviers dans un esprit un peu hard FM, les solos engagés de Taylor et le charisme de
Ed Kowalczyk, clôturant parfaitement la tracklist.
Une partie audio, qui par ailleurs, est alimentée par un DVD fort complet composé de l'ensemble des vidéos-clips réalisés par le groupe avec leurs versions alternatives (excepté "Forever May Not Be Long Enough" et une seconde version de "
Overcome") incluant notamment la performance de "White, Discussion" dans un ton groovy, accompagné d'une instrumentation massive, et bien sûr, la rage dominante de son leader durant ses six minutes particulièrement éprouvantes. A cela s'ajoute une interview de trente minutes avec
Ed Kowalczyk.
Comme une compilation n'arrive jamais seule, et que les derniers albums, même s'ils n'étaient pas mauvais pour autant, perdaient en efficacité et en intensité, on pourrait néanmoins se poser des questions quant à une éventuelle séparation officielle de
Live dans quelques années, ou l'écartement progressif des productions sorties, une longue pause... Ou est-ce seulement l'heure de dresser un bilan pour l'ensemble de leur carrière, comprenant leurs six albums studio sortis depuis 1991 ?
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