A Natural Disaster

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Nom du groupe Anathema (UK)
Nom de l'album A Natural Disaster
Type Album
Date de parution 03 Novembre 2003
Style MusicalMetal Atmosphérique
Membres possèdant cet album312

Tracklist

Re-Issue in 2011 by Peaceville Records.
1. Harmonium 05:28
2. Balance 03:59
3. Closer 06:20
4. Are You There ? 04:59
5. Childhood Dream 02:11
6. Pulled Under at 2000 Metres a Second 05:23
7. A Natural Disaster 06:28
8. Flying 05:57
9. Electricity 03:52
10. Violence 10:46
Total playing time 55:23

Chronique @ Nattskog

26 Novembre 2004
Anathema est sans doute l’un des groupes de metal au parcours le plus curieux : après trois albums de death doom à l’anglaise, mes Anglais préférés se sont tournés vers un style complètement différent, mais pas nouveau du tout, très personnel tout en étant inspiré de toutes sortes de courants préexistants. Comme l’a parfaitement dégagé Disarmonia dans sa chronique de « Judgement », les influences venant de Pink Floyd entre autres sont perceptibles, mais j’élargirais volontiers le champ à tout le mouvement progressif en général, depuis « Alternative 4 » jusqu’à ce jour (et plus tard encore j’espère !).

Donc depuis « Alternative 4 », on oublie le passé. Jamais Anathema ne s’est retourné vers ses premières sonorités, mais l’on sentait toujours dans les trois albums comme une sorte de barrage : en toute sincérité, j’adore le groupe, vraiment, mais je trouve que « Alternative 4 », « Judgement » et « A Fine Day to Exit » sont comme… bridés. C’est difficile à expliquer, je dirai que les chaînes ne sont pas encore bien cassées… La musique est encore trop grossière comme s’ils avaient du mal à accepter leur revirement. Je le ressens, mais c’est très dissimulé. Je pense ne pas être le seul à sentir cela, du moins, j’espère!

Bref, je ne m’étendrai pas plus sur les précédents opus, car le sujet qui nous intéresse là c’est « A Natural Disaster », l’album de 2003, l’album par lequel à mon humble avis qui n’est que le mien (à moi), Anathema s’est enfin totalement libéré de son propre passé. La mise en place des instruments, le chant de Vincent Cavanagh est enfin parfaitement maîtrisé, bien placé, les guitares sont parfaites, les instruments calibrés au micron près. Niveau bases, tout est là. Et ça on l’entend dès l’introduction… Maintenant, c’est bien d’avoir les bases, mais est-ce qu’ils savent ce qu’ils vont en faire ?

OUI ! Plus que jamais déterminés à se sortir du passé qui leur a perdu une partie du public qu’ils méritent aujourd’hui, les frères Cavanagh se lâchent complètement dans leur trip, et le résultat est merveilleux !! Jamais album d’Anathema n’a été aussi réussi, dépressif, mélancolique, triste, sombre, accablé, … beau tout simplement.

Les ambiances ne sont plus aussi légères que dans « A Fine Day to Exit », l’album est absolument personnel, chaque note est pesée, choisie avec une attention toute particulière pour toucher au plus profond l’auditeur. Ce disque ne s’écoute pas à plusieurs. C’est une invitation à la rêverie, à se faire une petite dépression, éventuellement pleurer un bon coup quand ça ne va vraiment pas, et chasser toutes ses idées noires pour se dire « finalement, on est pas si mal ! ». Des indices optimistes parsèment en effet l’album : à côté du chant sublimement dépressif de Vincent, Jamie Cavanagh (sa femme ?) vient ajouter le sien, et on peut penser ce que l’on veut du chant féminin (je ne suis pas fan perso), mais là… c’est comme sortir la tête de l’eau juste avant d’étouffer ! Certains passages où l’on entend une voix de bébé (argh c’est grave cliché ça !) apportent aussi leur dose de positivisme (titre 5 : « Childhood Dream »).

Puisque je parle du titre cinquième, il est bon de préciser que les frères parviennent encore à se défouler. Pour preuve, le sixième morceau, « Pulled Under at 2000 Metres a Second » où le rythme est bien accéléré, le chant se fait aigu, et les riffs énergiques : une violence signe d’une rébellion profondément ancrée qui surgit au milieu d’un calme apparent, c’est ce qu’il y a de plus efficace pour passer un message de révolte.

Alors beaucoup de gens ont été surpris, dans le mauvais sens du terme par cet album. Généralement, "on" préfère « A Fine Day to Exit » à celui-ci, trop rock, trop impersonnel. Pour moi c’est tout le contraire : c’est vrai qu’au premier abord, « A Natural Disaster » est plus rock, éventuellement plus "abordable", mais croyez moi (ou pas), cet opus est le premier où l’on peut entendre le cœur des Cavanagh, leur souffrance profonde est tempérée par les petits bonheurs qui font la vie, et la production plus "propre" peut laisser penser qu’un plus grand public accrochera. Je ne pense pas que ce soit le cas. L’album n’a pas été reçu comme il l’aurait pu par les médias "populaires" ; c’est que la musique d’Anathema n’est pas pour la masse pathétique. Là ou l’accueil a été très chaleureux, c’est dans le milieu du rock progressif, qui a (enfin) fini par reconnaître Anathema comme l’un des leurs.

Anathema porte bien son nom pour deux choses : si l’on en croit la sincérité des compositions de ce disque, les Cavanagh sont vraiment maudits en ce qu’ils voient le monde d’un point de vue blasé, et leur démarche musicale serait alors leur exposition, leur offrande pour en finir avec leur intelligence et ne plus se soucier de tout ce qui peut engendrer du malheur.

En conclusion, pour aller vite, ce disque est l’un des indispensables, l’un des piliers à connaître en matière de musique dépressive. Comme un pied de nez à la bonne humeur, le disque se referme sur un morceau de piano, après un des passages les plus forts de leur carrière, clôturant magistralement cet album, à la façon d’un vieillard qui, pour la dernière fois, regarde le soleil.

4 Commentaires

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Ljosalfheim - 01 Septembre 2009: Belle chronique d'un album qu'il me tarde d'écouter en entier. Pour l'instant je ne connais que le dernier titre dont tu parles, "violence" très beau et expressif même si assez peu original.
CrystalRequiem - 26 Janvier 2011: Superbe chronique, l'un des rares albums que je considère parfait, mais avec Anathema tout est une question d'émotion, donc ça reste subjetif pour la note. Objectivement, impossible de ne pas être conscient du travail apporté sur cet album, et de la beauté de chaque morceau. Bye
 
David_Bordg - 03 Janvier 2015: le dernier tres tres grand opus. le meilleur avec infinity, alternative 4, et judgement!!
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Commentaire @ Vengeful

23 Novembre 2008
Suite à la parution du plutôt décevant A Fine Day to Exit en 2001, on a craint la fin du groupe. En effet, après le départ du bassiste Dave Pybus pour Cradle of Filth, Danny, l’un des deux frères Cavanagh, avait lui aussi décidé de quitter le groupe. Heureusement, il est revenu dans la formation en force. Il signe seul presque toutes les pièces contrairement au dernier album qui avait été plus un effort de groupe. En plus, le troisième frère de la famille, Jamie, revient au sein de la formation à la basse.

À l’écoute de A Naturel Disaster, on remarque un son et une production plus crus et plus organiques qui nous permettent d’apprécier le talent exceptionnel des nos amis de Liverpool. Avec leurs ambiances planantes, leurs guitares émouvantes et des voix qui nous hypnotisent, Anathema mélangent les styles de chaque titre de leur discographie. Des riffs lourds comme à leurs débuts de carrière, des mélodies mélancoliques et des émotions intenses. Il y a certains passages où on voudrait défoncer les murs, d’autres où on ressent un bien-être total et d’autres où on a envie de pleurer.

On voyage à travers l’ensemble du spectre émotionnel de l’âme humaine. Je crois que l’on assiste à la renaissance d’Anathema. À suivre…

-M-A-

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