To the End

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17/20
Nom du groupe Orden Ogan
Nom de l'album To the End
Type Album
Date de parution 26 Octobre 2012
Labels AFM Records
Style MusicalPower Mélodique
Membres possèdant cet album89

Tracklist

1.
 The Frozen Few
 01:56
2.
 To the End
 05:53
3.
 The Things We Believe In
 05:06
4.
 Land of the Dead
 04:42
5.
 The Ice Kings
 04:54
6.
 Till the Stars Cry Out
 06:16
7.
 This World of Ice
 04:42
8.
 Dying Paradise
 06:07
9.
 Mystic Symphony
 04:16
10.
 Angels War
 07:20
11.
 Take This Light
 03:32

Bonus
12.
 Masks
 04:22

Durée totale : 59:06


Chronique @ Eternalis

14 Octobre 2012

"To the End" permet de parachever la domination d’Orden Ogan sur la sphère power épique actuelle [...]

La couronne ne tarda pas à lui être offerte. Sa domination pris un effet presque immédiat, le nouveau souverain voyait déjà ses ouailles à ses pieds, attendant avec impatience ces nouvelles aventures, ses prochains combats et ses glorieux faits d’armes. L’empire d’Orden Ogan, dans l’enthousiasme absolu de sa supériorité évidente avec "Easton Hope", était d’ores et déjà dans le monde des grands.

Après avoir ravagé l’Europe avec Tiamat ou Freedom Call, les guerriers allemands, sous le joug du charismatique Seeb Levermann (chanteur, guitariste et compositeur) ont pris une dimension bien plus grande et sont désormais fort attendus à l’orée de la présentation de leur nouvelle bataille.
Outre plusieurs changements de line up, avec les arrivées de nouveaux bassiste et batteur, Orden Ogan avait également tout a prouver après un excellent "Vale" et un ultime "Easton Hope" qui les avaient véritablement fait exploser de par leur puissance, leur créativité, leur ouverture d’esprit et surtout cette sensation de virulence, de grandeur et d’agressivité que l’on ne trouve que trop rarement dans le metal mélodique actuel.
Intitulé "To the End", ce cinquième album serait donc l’album de la confirmation ou ne serait pas.

Pour faire court, de la confirmation, cet opus l’est, mais il n’apporte pas une dimension suffisamment supérieure pour emmener le groupe à un niveau encore plus élevé. Que les choses soient claires, "To the End" est un opus très fouillé, technique et impérial d’un point de vue composition et interprétation, mais le niveau et la surprise furent telles avec "Easton Hope" que la même recette n’a pas fonctionné une seconde fois, pour la simple raison qu’Orden Ogan était désormais attendu.
Clairement, que ce soit les chœurs, encore plus en avant, l’interprétation sans faille des musiciens ou de Seeb derrière le micro, la puissance de la musique (parfois moins terrible que sur le précédent, mais du coup plus riche) ou la talent dont ils font preuve pour façonner des hymnes, "To the End" est sans défaut, mais le caractère ultime d’"Easton Hope" n’est plus là, même s’il est certain que cet album permettra de poser définitivement le groupe comme les grands d’aujourd’hui, ceux qui marqueront le style dans les années à venir et dont la popularité ne cessera de grandir avec le temps, loin de n’être que de vulgaires fétus de paille.

Car, après une introduction sympathique et montant doucement en puissance (même si loin du lyrisme éblouissant de "Rise and Ruin"), le morceau éponyme écrase tout sur son passage et démontre que la puissance est toujours le leitmotiv de nos teutons. Vocalement, le timbre si reconnaissable et unique de Seeb est parfait. Le nouveau batteur Dirk Meyer-Berhorn est très impressionnant dans son jeu de toms et enrichit considérablement la composition, tandis que le riff principal évolue constamment et sera déjà un grand moment des concerts. Une grande virilité se dégage de la musique, à la fois agressive mais tellement gracieuse et épique, dont les chœurs permettent à l’auditeur de s’élever au-dessus de la masse. Puis viennent les soli…et là, on se souvient clairement ce qui avait fait la grande force de l’opus précédent. Toujours aussi tranchants, inspirés et démesurément longs, ils sont souvent la colonne vertébrale des longues plages instrumentales et surprennent constamment en prenant à contre-pied l’auditeur, en partant sur des sonorités ou des gammes très différentes entre les parties de Seeb ou Tobi Kersting (le passage en tapping est, comme sur "Nobody Leaves", une véritable merveille).

C’est également pour cela que les compositions évoluent dans une moyenne de cinq minutes, voire plus. Premier clip de l’album, "The Things We Believe In" met en avant le concept principal de l’album, à savoir les dérives de la population acceptant les leaderships abusifs de nos hommes de pouvoir, transformant ainsi le monde en un vaste champ de guerre et un no-man’s land apocalyptique et incertain. Plus lent mais rythmiquement tout aussi costaud, ce titre brille par le caractère imposant de ses chœurs, pour lesquels pas moins de dix-huit personnes ont participé pour renforcer leur aspect solennel et leur donner une amplitude encore plus grande. A l’inverse, la jolie ballade "The Ice Kings" se révèlera plus discrète, presque minimaliste, très belle sur le refrain où Seeb se veut touchant et sincère.
Peut-être un peu plus traditionnel dans son approche des riffs, plus allemande pourrait-on presque dire, des titres comme "Land of the Dead" ou "Dying Paradise" portent clairement la porte de Gamma Ray ou de Freedom Call dans cette volonté de délivrer un metal très épique mais qui ne laisserait jamais en retrait la vélocité de la double pédale de grosse caisse ou la rugosité des riffs. "Till the Stars Cry Out", s’ouvrant sur un riff supersonique, lève ainsi ensuite un peu le pied pour, une fois de plus, se baser presque intégralement sur les chœurs ; à tel point que le titre ne possède presque aucune ligne vocale principale, celle-ci étant plutôt secondaire. C’est ici que l’influence de Blind Guardian prend donc tout son sens, car si le timbre de Seeb renvoie toujours à Hansi (leurs deux voix étant naturellement proches), la manière de composer et cette énorme complexité vocale évoque clairement la période la plus difficile d’accès du gardien aveugle, notamment le très expérimental "A Night at the Opera". Le break de ce titre fait d’ailleurs penser à James Horner, notamment pour les passages à la flûte.

On sent que le groupe cherche à sortir du lot, à créer sa propre musique et son univers unique et c’est donc fort logique que certains passages se cherchent encore tandis que d’autres se veulent sacrément efficaces. Orden Ogan tente de sortir des cases et des schémas que le power allemand distille depuis des années, et "This World on Ice" en est le meilleur exemple. Seeb, avouant être un grand fan de Meshuggah, n’hésite pas à syncoper sa musique et à la rendre bien plus glaciale et mécanique sur ce morceau. Il en ressort une atmosphère nouvelle, suffocante et bien plus sombre que les autres titres, salvatrice tant elle montre cette volonté de surprendre. La marque et la griffe du groupe sont toujours bien là (le refrain se rapproche de celui de "Welcome Liberty") mais elle est en évolution et se pare d’une nouvelle corde à son arc.
Quant au long "Angels War", il va dans une direction complètement différente du très lourd et sombre "Downfall and Decline". Très épique et proche presque d’une musique de film, il se partage entre passages très aériens et d’autres beaucoup plus lourds et épais, aux riffs légèrement syncopées également, où une multitude d’arrangements apportent une couleur très riche à l’ensemble. Ceux qui recherchent de la simplicité à l’écoute seront clairement perdus face à cette profusion d’éléments à discerner.

Si l’attente était peut-être trop importante, du fait de l’exceptionnel opus précédent, "To the End" n’en reste pas moins un excellent disque, qui permet de parachever la domination d’Orden Ogan sur la sphère power épique actuelle, même si une infime pointe de déception revient à la fin de l’écoute. Celle d’avoir entre les oreilles un album quasi parfait, sans failles apparentes, à la maitrise et à la production monumentales, mais dont l’écoute n’aura pas provoquer la jouissance escomptée, cette sensation de toucher le divin et la perfection du genre. Néanmoins, n’en doutons pas, "To the End" est une nouvelle étape de leur évolution, et c’est sans complexe que les allemands s’apprêtent à arpenter les plus hautes marches de l’Olympe metallique…et nous les accompagnerons sans ciller.

18 Commentaires

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Alexis - 14 Octobre 2012: C'est peut-être le manque de surprise qui m'a refroidi, du coup. Faut que je l'approfondisse encore davantage.
MightyFireLord - 08 Juin 2014: Doucement les gars, on va pas commencer à s'insulter sur une chronique de power sympho, y'a les chroniques de néo pour ça. Je suis certain que la remarque de cosmicfusion n'avait rien de personnel.
edenswordrummer - 24 Octobre 2014: En grand amateur mièvre de power épique je dois dire que ça fait longtemps qu'un groupe ne m'avait pas autant subjugué en la matière...c'est une dure période pour le power sympho-mélodique, et ça fait du bien d'entendre des groupes encore en forme ! Merci pour la chronique eter
frozenheart - 16 Décembre 2014: Excellente Chro ! De la musique épique, des chants guerriers bien jouer et superbement composé.
Du Power Symphonique de tout beauté, tout est là pour le plaisir des oreilles!
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Chronique @ dark_omens

08 Mai 2014

Le nouveau chapitre d'une histoire toujours aussi passionnante...

Afin de détailler avec exactitude la nature de ce troisième, et nouvel, album des Allemands d'Orden Ogan, laissons nous transporter par les mots de Sebastian "Seeb" Levermann, guitariste, chanteur et principal artisan de ce projet, qui le décrit comme un aboutissement, à la fois, plus Heavy et plus véloces que ses prédécesseurs, tout en étant plus mélodique. L'affirmation, paradoxale s'il en est, pourrait être de nature à rendre méfiant les plus sceptiques amateurs du genre. Cependant cette crainte ne saurait être tenace face à l'excellence dont, autrefois, ces musiciens firent preuve dans l'expression d'une musique varié mais homogène. Car, en effet, l'une des qualités les plus remarquables, qui éveilla la curiosité des observateurs les plus avertis et qui parvint à définir, en quelque sorte, le caractère exceptionnel de ce groupe résidait dans l'exemplarité de cet équilibre entre différentes aspirations qu'ils arrivaient à concilier admirablement en une musique splendide. A la fois grandiloquentes, symphoniques, prestes, plus intimistes ou mélodique ils surent, en effet, à la perfection nous offrir des titres séduisants, harmonieux mais, surtout, nuancés. Un talent de composition précieux en somme.

Arrivé aux prémices de l'examen de ce nouvel effort, inutile de tenter de préserver un quelconque mystère concernant cette œuvre. L'entreprise est vaine puisque l'un de ses géniteurs l'aura déjà dissipé en définissant l'ouvrage avec une justesse qui caractérise assez précisément l'intelligence artistique de l'homme. De fait ce To the End nous propose un Heavy Power Metal mélodico-symphonique, digne héritier moderne de la mouvance teutonne, d'une rare cohérence qui, effectivement, est, globalement, plus rapide (le superbe To the End à l'emphase délicieusement solennelle et aux magnifiques soli de guitares, les excellents Land Of The Dead, Till The Stars Cry Out au break final délicieux, Dying Paradise...) et plus mélodique.

Puisque le travail de l'analyse aura été fait avec perspicacité et maestria par d'autres, il ne restera donc plus qu'aux chroniqueurs lambda à apprécier, ou non, un opus qui, en l'occurrence, à l'aune des gouts de votre humble serviteur est simplement délicieux.

Et si, par malheur, la démonstration concise faites de mots ne suffisaient pas à vous convaincre, outres ceux déjà mentionnés, ajoutons encore d'autres Valeurs. Par exemple, un The World of Ice superbe avec son démarrage sombre et troublé, puis majestueux et saisissant avant un déroulement nuancé et magnifiquement immersif conclu par un final tourmenté et obscur. Ou un Angels War aux teintes incroyables. Ou un vif Mystic Symphony (ces deux derniers étant extraits de la démo Soli Deo Gloria parue en 1999).

Bien évidemment, difficile de faire l'impasse sur certains poncifs du genre et donc d'ignorer l'exercice, ô combien immuable, de la ballade. Elles sont ici au nombre de deux, The Ice Kings et Take This Light, et participent à la magie du voyage que ces allemands nous proposent.

Afin de conclure cette odyssée au cœur du troisième effort d'Orden Ogan, évoquons brièvement l'illustration très soignée qui orne sa pochette. Sans nous attarder sur un aspect qui, de l'avis de votre modeste obligé (un avis que, soit dit entre nous, nul n'est obligé de partager), est sommaire dès lors qu'il s'agira de s'attacher à une œuvre musicale, notons, tout de même qu'elle est très réussie. Une esquisse dont la lointaine parenté avec celle du fameux single Mirror Mirror de Blind Guardian est, par ailleurs, assez évidente.

Orden Ogan est donc un groupe talentueux qui, en définitive, démontre ici encore toute sa virtuosité. Fort de ce séduisant To the End, il ajoute un nouveau chapitre à une histoire, décidément, toujours aussi passionnante.

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AmonAbbath - 08 Mai 2014: Très déçu pour ma part, pour plusieurs raisons :


- Le mixage de la batterie est moins bon. Je trouve celui de l'album précédent plus imposant, notamment au niveau de la grosse caisse, de la caisse claire et de la ride. Chaque frappe sur ces instruments me fait frémir de plaisir. Par ailleurs, le changement de batteur n'arrange pour moi rien : je trouvais le précédent ("Ghnu") plus inventif (toujours de petits détails que je lui trouvais propres, comme sur "Nobody Leaves" ou la magistrale "Of Downfall and Decline"). Je trouve que les batteurs avec de la personnalité, même minime, manquent parfois... et là à mes yeux ils en tenaient un bon.


- Moins d'orchestrations. Eh oui, pour moi, dans ce style et chez ce genre de groupes, ça participe à la magie. Il me faut du détail, des fioritures. À part la (superbe) chorale et quelques orchestrations bien moins convaincantes que sur l'album précédent, je trouve que ça manque cruellement.


- La qualité des morceaux et des refrains tout simplement. C'est très subjectif, mais je les trouve moins percutants, sauf exceptions (l'hymnesque "The Things We Believe in" évidemment, dont j'adore les paroles d'ailleurs, "Land of the Dead", "Dying Paradise"). Enfin, les surprises dans la composition de l'album précédent sont aux abonnés absents. Aucune trace d'originalités telles que le plus Folk "We're Pirates" ou les incessantes variations, du grandiose à l'intime, d'un "Of Downfall and Decline".


- Enfin, eh bien peut-être pas un manque de mélodies, mais de "mélodieux". Ca rejoint un peu ce que j'ai dit sur les orchestrations : sur "Easton Hope", un morceau comme "All these Dark Years" atteignait pour moi le paroxysme du mélodieux, avec ce rythme de power ballade entraînant, son piano, son refrain mélancolique... Inutile de dire que les ballades de ce "To the End" mon laissé... de glace.


Voilà. Je ne m'étonne pas de cette chronique et de ta note dark_o, venant de toi qui apprécie le Power plutôt brut tel que l'Allemagne en a parfois le secret. Mais tu me connais aussi, et je parie que mon mécontentement au sujet de ce disque ne t'étonne pas trop non plus.


Sinon il s'écoute cet album, je ne vais pas cracher dans la soupe, mais j'attends à la fois un retour en force et en finesse pour leur prochaine galette.
Deloth - 25 Octobre 2014: Je poste un commentaires uniquement parce que l'album est dans la platine là ! ^^





Bonne chronique Dark_Omens, je serais juste un peu plus sympa pour la note mais ça, c'est plus personnel. Sinon, "Mystic Symphony" (et pas "prophecy") ne fait pas partie de Testimonium A.D mais de la démo "Soli Deo Gloria" sortie en 1999.





Sinon enfin content que le groupe est une version de "Angel Wars" correcte, sachant qu'elle se retrouve un peu partout dans la discographie des allemands.





Sinon AmonAbbath : Je trouve moi que le batteur fait très bien le boulot, et je ne vois pas différence entre Ghnu et lui. Ya même des passages que je trouve vraiment bien à la batterie notamment sur "The Things We Believe In




Pour moi cet album est aussi bon que Easton Hope. C'est sûr que Orden Ogan c'est une pointure dans le style et je vois pas trop de groupe qui peuvent tenir tête, d'ailleurs j'espère que le prochain sera aussi bon !
dark_omens - 25 Octobre 2014: C'est corrigé. Merci d'avoir relevé ces erreurs...
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