The Singularity (Phase 1 - Neohumanity)

Liste des groupes Death Mélodique Scar Symmetry The Singularity (Phase 1 - Neohumanity)
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16/20
Nom du groupe Scar Symmetry
Nom de l'album The Singularity (Phase 1 - Neohumanity)
Type Album
Date de parution 06 Octobre 2014
Labels Nuclear Blast
Style MusicalDeath Mélodique
Membres possèdant cet album47

Tracklist

1. The Shape of Things to Come 00:52
2. Neohuman 08:43
3. Limits to Infinity 04:57
4. Cryonic Harvest 06:12
5. The Spiral Timeshift 04:50
6. Children of the Integrated Circuit 02:25
7. Neuromancers 05:11
8. Technocalyptic Cybergeddon 10:12
Total playing time 43:37

Chronique @ Eternalis

09 Octobre 2014

"The Singularity" est ainsi une véritable bonne surprise, qu’il faut déguster avec le temps [...]

Lorsque l’on propose l’une des créations les plus excitantes jamais entendues, que l’on surpasse à l’extrême la concurrence et que l’on devient en un seul album l’étendard d’un renouveau musical, il est évident que les attentes futures sont démultipliées proportionnellement.
Tout ceci arriva lorsque Scar Symmetry traumatisa le monde en 2008 avec un "Holographic Universe" qui donnait suite à un "Pitch Black Progress" intéressant et puissant mais qui ne permettait pas de voir dans ces suédois autre chose qu’un énième groupe de death mélodique. Mais "Holographic Universe" permis de faire littéralement exploser le talent infini de Per Nilsson et Jonas Kjellgren aux guitares et à la composition ainsi que la voix unique de Christian Älvestam, terrifiante de violence et pénétrante de beauté. L’univers spatial déployé par le groupe, la technique instrumentale hors du commun ainsi que la production dantesque mirent sur orbite un album qui reste, pour beaucoup encore, une référence de la décennie précédente.

Une fois n’est pas coutume, le destin tout tracé en décida autrement et le vocaliste surdoué quitta le navire à la surprise générale, lui qui n’arrivera d’ailleurs jamais à convaincre pleinement dans ses autres projets (Miseration, Solution 45…). Scar Symmetry sombra alors lentement, remplaçant l’homme par deux chanteurs différents et proposant un "Dark Matter Dimensions" inégal puis un "The Unseen Empire" complètement raté, montrant un groupe à l’agonie, fatigué, sans idée et complètement à côté de son sujet, entre des guitaristes utilisant raccourcis et facilités et surtout un chanteur clair, Lars Palmqvist, souvent irritant ou insupportable dans ses interventions impersonnelles et niaises. Puis, pour couronner le tout, Jonas décida à son tour de laisser le groupe et de laisser Per unique membre créatif.
Autant dire que plus personne n’attendait grand-chose du combo à partir de ce moment-là…

Ce qui ne tue pas rend plus fort.
Ressortir cette citation de Nietzsche lorsque l’on revient effectivement plus fort est commun mais elle s’applique définitivement à merveille à la découverte de ce "Phase I – The Singularity". Face au départ de Jonas, Per (également impliqué dans le nouveau projet de Finn Zierler) a cherché un nouveau souffle, a voulu créer une nouvelle dynamique à une musicalité certes bien établie depuis trois albums mais qui commençait à sérieusement tourner en rond. A cela s’ajoute un concept complexe et ambitieux sur les nanotechnologies, la mécanique, la place de l’humanoïde dans notre société ainsi que l’influence de plus en plus néfaste de ces éléments sur les relations humaines. Un sujet déjà évoqué certes, surtout depuis quelques années, mais placé d’un point de vue plus technologique que sociologique, entièrement écrit par le batteur Henrik Ohlsson.

Neohuman met d’emblée les choses à plat concernant l’énormité de la production, assurée par Per, très moderne, puissante, écrasante et parfaitement intégrée au concept textuel. Ainsi, l’organique Lars se voit en constante opposition avec la violence rageuse d’un Roberth Karlsson donnant une vie et une voix à ces machines du futur. On reconnait directement l’identité du groupe mais avec un regain de vitalité, de fraicheur et surtout de créativité. Il faut de multiples écoutes pour tout discerner, tout comprendre et prendre mesure du travail impressionnant réalisé par Per à la guitare, que ce soit sur les rythmiques, les dizaines de lead qui jalonnent les morceaux et les soli tous plus gracieux les uns que les autres (le final de "Neohuman", de plus d’une minute). Les morceaux sont d’ailleurs plus longs, plus progressifs et atteignent souvent les six minutes. On notera un passage implacable en plein milieu de ce premier titre, où les vocaux brutaux prennent le dessus qui nous renvoie implacablement à "Holographic Universe". Les deux chanteurs ont fait de gros progrès, notamment Lars qui, s’il choque toujours parfois, particulièrement dans des intonations très pop et claires, semble mieux intégré et logique au groupe.
"Limits to Infinity" suit directement, sans coupure, dévoilant un morceau plus heavy, démontrant ce que voulait dire Per quand il explique que Scar Symmetry n’est pas un groupe de death. On est plutôt en terrain heavy, avec chant parfois extrême mais cela n’enlève en rien la puissance du titre et la violence qui émane du chant de Roberth, de plus en plus impressionnant en growl ou en chant plus criard (le break est simplement énorme à ce niveau-là).

"The Singularity –Phase I" , est avant tout l’album du retour, d’un renouveau qui, sans être un retour aux sources (Scar Symmetry n’a jamais changé de créneau) est avant tout un nouvel élan, une inspiration retrouvée et un line up enfin totalement assimilé. Il suffit d’écouter l’intermède "Children of the Integrated Circuit", totalement progressive dans l’âme, uniquement centré sur un solo de Per, ou l’impressionnante "Technocalyptic Cybergeddon" de plus de dix minutes pour comprendre que ces multiples changements et l’émergence de ce concept monumental a redonné une vigueur aux suédois. Débutant sur une plage mélodique, on se retrouve rapidement confronté à l’antithèse d’un plan très mélodique opposé à un blast beat, ouvrant rapidement sur des riffs de plus en plus rude et des soli de plus en plus techniques. Roberth se taille la part du lion sur la première partie du morceau, laissant entrevoir un futur où l’homme se fait écraser par la machine, étouffé par sa propre création. Une fois de plus, le parallèle avec "Holographic Universe" est immédiat (avec le titre track en particulier) et la sensation d’écouter son successeur direct est tenace, mais bénéfique. Les claviers mécaniques, les samples en tous genres prennent une place prépondérante afin d’offrir une vision plus synthétique propre au concept.

Scar Symmetry retrouve enfin la grâce et la créativité qui a fait de son nom une référence. Sans égaler son album phare, les suédois parviennent surtout à faire renaitre l’espoir chez ses fans et prouvent qu’ils en ont encore sous le capot. L’arrivée d’une trilogie est un pari osé mais qui a le mérite d’attirer l’attention et de faire attendre la suite avec impatience. Tout n’est pas encore parfait, à l’image d’un "The Spiral Timeshift" bien trop commun (même si impeccablement interprété) pour le groupe ou d’un "Cryonic Harvest" un brin trop long, bien qu’il comporte beaucoup de bonnes idées (cette voix apocalyptique à la Terminator lors des derniers instants) et qu’il possède l’une des meilleures performances de Lars depuis qu’il a intégré le groupe.
"The Singularity" est ainsi une véritable bonne surprise, qu’il faut déguster avec le temps et prendre la peine de découvrir. Ce n’est plus du death mélodique comme il en sort à la pelle en Suède, c’est une œuvre progressive en constant mouvement, parfois violente et parfois très mélodique mais avant tout aventureuse et changeante. Reste à savoir ce que les "Phase II" et "III" nous réserve. Nous en bavons déjà d’avance.

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mayhem13 - 10 Octobre 2014: Oui il faut les saluer pour leur courage de continuer, car quand on perd un musicien d'un tel talent, c'est dur de faire sans. Un peu comme Sepultura sans Max...
Laissclayespool - 24 Octobre 2014: Très bon album pour ma part, ça envoie de tous les côtés. je retrouve beaucoup de choses sur certains plans avec le Deconstruction du DTP (8e piste notamment...)
StAnger - 29 Octobre 2014: S'il y a bien un album qui devait figurer parmi la liste de ceux que je n'allais absolument pas m'attarder à écouter, c'était bien celui là. SS m'a tellement déçu que je n'attendais pas beaucoup plus de cet album que d'un disque de Sonic syndicate. Merci pour cette chronique qui va me faire écouter ce disque, j' l'espère, aussi étonnant que le portrait que tu en a dressé.
Djal - 07 Janvier 2015: Personnellement, je préfère cet album au fameux "Holographic Universe" trop systématique dans l'alternance voix claire-growl que çà en devient ennuyeux même si bien interprété. "The singularity" est une très bonne surprise et la fin de l'album est magnifique avec un refrain à couper le souffle. La durée assez courte est finalement parfaite, je l'écoute en boucle !!!
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